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Oh, il pleut ! [Important, Jour 15, privé : Elin, Miliel]
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Miliel
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Messages : 8

Jour d'éveil : Jour 5
Race : Racine
Métier : Chasseur (2)
Groupe : Errants
Fiche de présentation :
Ven 1 Juil 2016 - 3:16

Jour 14 ; nuit

La journée d'hier s'était passé dans un silence presque total. On avait regardé le corps de Dahar s'éloignait de la rive pendant un moment. Ce fut l'estomac grognant d'Osile qui nous ramena à la réalité, il fallait qu'on rentre, qu'on continue de se battre.
Une fois fait, on s'est rendu compte de l'état de la carcasse du chevreuil, une mauvaise odeur s'en dégageait, je me suis légèrement approché avant de déglutir.

"Dahar nous avait prévenu."
"Ouais."

Osile s'est dirigé vers l'abri, là où Sérya rangeait ce qu'elle cueuillait la journée, il espérait trouver quelque chose à manger. Il est revenu avec quelques herbes et racines et commença à les séparer de manière équitable. Il était sur le point de m'en amener quand je lui ai dit de poser le reste dans l'abri. Il m'a brièvement regardé comme pour être sûr que j'allais bien pour finir par retourner dans l'abri avec ce qui restait de la cueuillette.
J'ai soulevé ce qui restait du chevreuil, manquant de vomir tant l'odeur était forte d'aussi près.

"Tu fous quoi ?"

J'ai pas répondu. J'ai descendu la pente avant de marcher un peu et de jeter le corps dans l'herbe.
En revenant j'ai vu Osile assis à ma place sur le bord de la falaise. C'était la première fois que je le voyais se mettre ici, lui qui d'habitude restait à quelques pas du bord. Je l'ai rejoint sans rien dire, il a posé sa tête sur mon épaule sans quitter l'horizon des yeux. On avait pas bougé, il faisait nuit, Osile s'était endormi et je n'osais pas bouger de peur de le réveiller. J'étais perdu dans mes pensés, pourquoi Sérya avait-elle sauter de la falaise, il y avait forcément une raison. J'ai senti une larme couler sur ma joue, je l'ai immédiatement effacé d'un geste de la main. Dire qu'elle m'a sauvé la vie et que je n'ai rien fait pour aller vers elle quand elle en avait sans aucun doute le plus besoin. Morfale me tournait autour, il miaulait, mais pas assez fort pour réveiller Osile. Il avait sûrement faim, tout comme moi. J'ai poussé un soupir, demain allait être journée difficile avec seulement les restes de ce que nous a laissé Sérya.

Jour 15 ; aube

J'ai déplacé Osile dans l'abri en réussissant à ne pas le réveiller, Morfale me suivait, il miaulait de plus en plus fort. J'ai senti une goutte d'eau tomber sur mes épaules nues, j'ai levé les yeux au ciel, une masse de nuage noir s'étaient agglutinés ensemble. D'autres gouttes me tombèrent sur le visage, j'aurais pu réagir et me mettre à l'abri, mais j'étais fascinée par ce phénomène. Je n'avais jamais connu une telle pluie, seulement quelques petites gouttes par-ci par-là.

"Ça promet."

Difficile de dire s'il faisait jour ou pas, il faisait sombre, ça c'était une certitude. J'ai regardé Morfale avant d'éclater de rire, ses poils mouillés collé à la peau lui donnait une apparence des plus ridicules.

"Un sac d'os sur pattes."

Il miaulait encore plus qu'avant, mais le bruit battant de la pluie m'empêchait de l'entendre. J'ai attrapé la lance qui m'avait servi contre l'ours, je n'avais aucune idée de comment elle ne s'était pas brisée, mais je n'allais pas m'en plaindre. J'ai réveillé Osile. Il m'a regardé après s'être frotté les yeux, ne comprenant pas trop pourquoi je le réveillais aussi brutalement.

"Faut que tu te surveilles tout seul." Dis-je en quittant l'abri.

J'ai poussé un soupir, ça allait être une longue journée. Je n'avais pas du tout dormi et je n'avais rien mangé depuis presque deux jours. Je présumais de mes forces, je le savais... Je n'avais pas la moindre idée du pourquoi j'agissais comme ça, peut-être par égard envers Osile. Peut-être était-ce à cause de Dahar qui m'avait demandé de prendre soin de mes compagnons ou peut-être était-ce ma façon de porter mon deuil.
Morfale me suivait, le pauvre, il ressemblait vraiment plus à rien. Ça allait être une première pour moi, partir à la chasse sous une pluie battante, même si les arbres allaient bloquer une partie de la pluie. Le sol sur lequel je marchais était mou, j'ai marché dans plusieurs flaques d'eau qui petit à petit se transformaient en flaques de boue. J'ai frissonné, mon corps mouillé n'avait jamais connu ça et il ne savait définitivement pas comment réagir. Il faisait pas froid, c'était même tout le contraire, alors pourquoi frissonnais-je. J'ai rapidement atteint l'orée de la forêt, cela ravivait des souvenirs, surtout ceux de mes chasses sans résultat. Avec cette pluie, j'avais déjà des doutes sur l'utilité de ma présence ici, mais c'était ça ou mourir de faim. Il fallait que j'essaie.

Ce fut Morfale qui pénétra en premier dans la forêt, je le suivais de près. Ce dernier s'était déjà mis à l'abri près d'un arbre, il a essayé de se débarrasser de l'eau en se secouant, sans succès. Quand bien même la pluie était moins forte, elle était encore présente, ce que venait de faire Morfale était totalement inutile. Je me suis rapidement enfoncée dans la forêt, je me doutais que traînait à la lisère des arbres seraient peu efficace. Les animaux qui traînaient dans la forêt s'étaient sans doute aventuré plus avant pour se protéger de la pluie. Je me rappelais très bien des sensations qu'on pouvait avoir au beau milieu des arbres. J'avais l'impression d'étouffer, il y avait un peu de lumière, mais cette fois-ci, ça allait être différent. Il faisait déjà noir à l'extérieur de la forêt... J'étais prise de légers tremblements, j'avais peur, les souvenirs que j'avais du centre de la forêt ne m'aidèrent pas à me calmer. J'ai eu la vision de la créature au visage blanc soudainement devant moi, j'ai secoué la tête, éclaboussant les alentours au passage à cause de mes cheveux mouillés. La vision a disparu, ce n'était pas le moment de me faire submerger par mes souvenirs.

"Atchaaa."

Morfale a tourné la tête vers moi alors que je reniflais pour éviter d'éternuer à nouveau.

"Tu veux te battre sac d'os ?"

Ce n'était pas moi qu'il regardait, j'ai tourné la tête dans la même direction que lui, il y avait quelque chose, mais j'étais encore trop loin pour être certaine. J'ai avancé aussi discrètement que possible, la forme se dessinait plus clairement. C'était une personne, allongée face contre terre. Morfale a couru vers elle sans la moindre prudence, son pas de course éclaboussant quelque peu les alentours. Ce chat causera ma perte s'il continue à agir ainsi. J'ai accéléré mon pas pour le rejoindre, j'ai glissé à cause du sol mouillé. Ma main libre a essayé de trouver quelque chose sur quoi retrouver mon équilibre, en vint. Je suis tombée au sol dans un bruit sourd, faisant peur à Morfale qui s'éloigna immédiatement. Je suis restée par terre gémissant ma douleur, j'étais retombée sur le dos, ma tête avait cogné le sol au passage. Je me suis à demi-relevée avant de me tenir l'arrière de la tête avec mes deux mains.

"Maaaaaal."

J'ai entendu un grognement, le même genre qu'on pouvait avoir lors d'un réveil pénible. J'ai tourné la tête, les deux mains toujours dessus, vers le bruit. Ça venait de la personne près de moi. Sa tête s'est relevée, c'était une femme, plus aucun doute là-dessus. Elle avait les yeux mi-clos, s'habituant au peu de lumière qu'offrait cet endroit. Je ne la quittais pas des yeux, son corps était dans un sale état. Qui sait depuis combien de temps elle se trouvait là, une flaque de boue s'était formée près d'elle, cela devait faire un moment... À bien regarder, je n'étais pas vraiment dans un meilleur état, quoi que... Un petit peu quand même. Par-dessus tout, ce fut son visage qui m'interpela le plus, il me faisait ressentir exactement la même chose que le lac. Une certaine plénitude qui se mélangeait à la peur de l'inconnu. Morfale s'était caché derrière moi au moment même où elle avait poussé son grognement, il regardait l'inconnu, mais ne bougeait pas d'un pouce, que pouvait-il bien penser. Les yeux de la femme, désormais habitués à la lumière se mirent à me fixer.

"Quoi ? J'ai un truc sur le nez ?"


Hrp:
 
Elin
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Jour d'éveil : Jour 14
Race : Racine
Métier : Aucun
Groupe : Errants
Fiche de présentation : Fiche
Sam 2 Juil 2016 - 22:02

Incapable de bouger, Elin gisait là, face contre terre et sous une pluie battante. C’est un bruit de corps s’écrasant au sol qui la tira de sa torpeur. A l’odeur de la boue et de la forêt vint alors se mêler un autre parfum, plus âcre, désagréable. C’était une nuance discrète, que la pluie avait dû effacer quelque-peu, mais pas suffisamment pour la faire disparaître. Ça sentait la mort.

Elin émit un râle de douleur avant de tourner péniblement la tête vers la source de l’odeur. Au fracas du corps qui s’abat s’étaient succédé des gémissements de souffrance. Une jeune femme se tenait là, allongée au sol : elle avait dû glisser. Une flaque d’eau boueuse s’était formée entre elles. Elin put y distinguer leurs reflets, bien que troubles et déformés par la pluie qui continuait de s’abattre. En y regardant de plus près, elle crut reconnaître certains de ses traits chez l’inconnue : la couleur de leur peau, le teint sombre de leurs cheveux… Maintenant qu’elle avait recouvert ses esprits et ouvert totalement les yeux, il lui était possible de discerner plus clairement la nouvelle venue. Son visage était dur : elle avait les yeux creusés de cernes et les traits tirés. Juste en dessous de l’œil, une cicatrice, qui zébrait sa joue, trahissait les efforts qu’elle avait dû fournir pour tenir jusqu’ici.
"Quoi ? J'ai un truc sur le nez ?"


Elin ne prit pas la peine de répondre. C’était bien cette inconnue qui exhalait le cadavre et la pluie. La désinvolture dont elle faisait preuve, la fatigue que trahissait son visage et son parfum n’auraient trompé personne : elle était là depuis un moment, et elle avait dû croiser la mort. Mais la mort de quoi ? Avait-elle vu mourir un ami ? Avait-elle elle-même tué ? Était-ce un animal ou un homme ? Elin plongea son regard dans celui de son interlocutrice et la fixa ainsi, longuement, comme pour y trouver une réponse. Ses yeux étaient intelligents et vifs. Elle crut y voir passer, fugace, un éclair de tristesse.
- Désolée, fut tout ce qu’elle se sentit le courage de dire. Puis elle ajouta, calmement : Elin.


Elle trouva la force de se relever et regarda à nouveau cette fille qui lui ressemblait un peu, du moins avec toute cette boue. C’est alors qu’elle aperçut une petite chose, blottie contre la nouvelle venue. L’animal était en aussi piteux état que sa maîtresse : il n’était pas plus épais qu’une brindille. De grosses gouttes coulaient le long de son pelage avant de retomber au sol. Elin ne put s’empêcher d’esquisser un sourire à l’idée qu’on aurait dit un petit rat. Le chat la toisait avec méfiance et, semblait-il, une pointe d’orgueil.
- Et ça c’est… ? dit-elle en observant l’animal.


Un bruit attira l’attention d’Elin, qui détourna le regard du chat. Il y avait quelque chose sur leur droite, à une centaine de pas. La jeune femme plissa les yeux, comme pour mieux y voir. Les branches qu’elle avait vu s’agiter étaient désormais immobiles : tout semblait calme. La Racine n’était pas convaincue pour autant : elle avait la désagréable impression que quelqu’un l’observait. Quelqu’un ou quelque-chose.

Machinalement, elle se retourna pour scruter les environs. Elle se tenait immobile, les muscles tendus, les deux pieds bien campés au sol. Elle sentait une présence. Une présence froide et menaçante. Son cœur battait la chamade.
- Il faut partir, lâcha-t-elle d’une voie ténue, et ce sans quitter des yeux les fourrés environnants.


Elin se retourna vers l’étrangère et son chat. Le sentaient-ils aussi, cet irrépressible besoin de fuir ? Cette conviction intime qu’ils mourraient tous les trois s’ils ne s’éloignaient pas très vite…  Oppressante. Sinistre. Impérieuse. Un frisson lui parcourut l’échine.
- Il faut partir, répéta-t-elle encore, en tendant cette fois la main à l’inconnue pour l’aider à se relever.


Elle n’avait aucune idée de l’endroit où elles se trouvaient, mais tout serait mieux qu’ici. L’étrangère n’était-elle accompagnée que de son chat ? Possédait-elle un abri, des vivres ? Elin se gardait bien de poser toutes ces questions maintenant. Il y avait un moment pour tout. Et puis elle avait la gorge nouée, elle n’était même pas sûre de pouvoir parler.  Et quand bien même elle réussissait à parler, il n’était pas certain que les réponses à ses questions soient très rassurantes... Il lui faudrait se montrer patiente, du moins le temps de se mettre en sécurité.

Un rapide coup d’œil en direction de sa nouvelle compagne la fit grincer des dents. Elle avait l’air crevé… Elle semblait de bonne constitution, certes, mais était-elle capable ? Fallait-il attendre grand secours d’une inconnue qui ne tenait même pas sur ses jambes ? Quoi qu’il en soit, elles avaient besoin de repos, l’une comme l’autre. La peur d’Elin ne se dissipait pas, mais la conviction qu’il leur fallait sortir de la forêt prit le dessus sur le reste. Elle se sentait à nouveau confiante. Sans vraiment savoir pourquoi, la vue de cette étrangère au regard vif et sombre lui fit un pincement au cœur, et elle sentit que leur rencontre n’était pas anodine. Si sa route l’avait amené à Elin, il devait y avoir une raison. Elle attendit donc, silencieuse, que l’autre se mette en route, prête à la suivre.
Miliel
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Jour d'éveil : Jour 5
Race : Racine
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Dim 3 Juil 2016 - 20:11

Elle a dit qu'il fallait partir, elle me toisait de toute sa hauteur. Partir ? Pas moyen. Si on partait maintenant, c'était fini. Avec la mort de Dahar, on avait perdu notre pêcheur, si je ne ramenais rien aujourd'hui, je ne tiendrais sûrement pas la fin de la journée. Le même sort attendait sans aucun doute Morfale, Osile arrivera sûrement un passé un jour de plus. J'ai secoué la tête, partir était hors de question, fuir pour vivre quelques heures de plus et manquer de vivre, un sort peu enviable.
J'ai regardé dans la même direction qu'elle, comment avait-elle pu ne serait-ce que sentir quelque chose avec cette pluie, même Morfale n'avait eu aucune réaction. Avait-elle un instinct supérieur à lui ? Si c'était vrai cela avait de quoi susciter de l'admiration, mais surtout de la peur. Partir répéta-t-elle en me tendant une main, j'ai accepté son aide et me suis relevée non sans pousser un léger grognement. À peine m'étais-je relevée que Morfale a commencé à miauler, avait-il aussi senti quelque chose ? Pourquoi n'avait-il pas réagi avant ?
Je me suis baissée pour poser une main sur sa tête pour qu'il se taise, mais il s'est dérobé, il regardait dans la même direction que la femme et ne voulait pas que je lui cache la vue. Elin, ce mot me revint en tête, c'était son nom, enfin, je crois. Elle n'avait pas dit grand chose, mais ça avait du sens, ça, ça n'en avait aucun, à moins que ce soit effectivement son nom. Ça aurait été plus simple de dire un truc du style "Hey moi c'est Elin", mais non, fallait compliquer la tâche de compréhension.

"Moi c'est Miliel."

Elle m'avait donné son nom, alors pourquoi ne pas lui donner le mien, qu'avais-je à y perdre ? J'ai cligné des yeux, j'avais du mal à les garder ouvert. J'ai assuré ma prise sur mon arme avant de me tourner vers Elin, je lui ai montré d'un geste d'où je venais.

"Si tu veux fuir, va par là. Tu pourras quitter la forêt."
"Mais ?"
"Je dois quelque chose à quelqu'un." Dis-je en m'efforçant de sourire.

C'était pathétique, mais j'étais ainsi. J'ai baissé la tête, essayant de ne pas pleurer devant Elin. Alala, Dahar, ce que je ne ferais pas pour tes beaux yeux.
Bien que je ne visse ou ne ressentisse toujours rien, j'ai décidé de marcher directement là où mes deux compagnons regardaient. Morfale me suivait, pour ce qui était d'Elin, je la savais hésitante. Je n'allais rien lui forcer de faire, les mots de Dahar résonnèrent dans ma tête. *Tu es libre, si tu veux partir, tu peux.* Être libre, c'était un doux euphémisme ici, c'était pourtant resté dans mon esprit. Ne rien exiger de personne, les laisser choisir, c'était l'une des choses qu'il m'avait, sans vraiment le vouloir, appris.
J'ai assuré ma prise sur la lance, Morfale avait pris un peu d'avance. Plus je m'approchais, plus je commençai à ressentir une certaine angoisse qui se faisait plus fort à chaque pas. Fuir ne me semblait plus être une si mauvaise idée que ça a présent, cela restait pourtant impossible. J'ai poussé un bref soupir avant de m'enfoncer plus avant dans la forêt, c'est à ce moment précis que j'ai vu quelque chose se faufiler entre les arbres. Morfale aussi l'avait vu et était déjà parti à sa rencontre. Je l'ai suivi comme je pouvais manquant de glisser plusieurs fois. Foutu pluie et foutu forêt. Je me suis immédiatement arrêtée quand j'ai vu Morfale qui ne bougeait plus en train de cracher.

"Le temps apporte d'autres tourments."

J'ai lâché ma lance qui tomba à mes pieds, je me suis bouché les oreilles avant de tomber à genoux sur le sol. Cette phrase se répétait en boucle dans ma tête, j'ai essayé de penser à autre chose, mais la voix était plus forte que n'importe laquelle de mes pensées. J'ai hurlé pour que ça s'arrête, je n'entendais même pas ma voix, avais-je réellement crié ou n'était-ce que mon imagination qui me jouait des tours.
Soudain, ce fut le calme plat. Je n'entendais plus rien, j'ai relevé la tête et c'est là que j'ai vu un bras énorme d'un noir total, une main crochue à son extrémité, elle avait des griffes énormes, Morfale n'avait plus qu'à se rhabiller. La main s'est abattue vers ma direction, je voulais bouger, mais c'était bien trop rapide pour que j'en aie le temps. Morfale s'était précipité vers la créature pour lui sauter dessus, ralentissant de je ne sais quel façon son coup. J'ai pu m'extirper de là, en attrapant de justesse la lance avant que la main s'abatte violemment sur le sol. J'ai dégluti en voyant le trou que sa frappe avait formé. Ce truc possédait une force au-delà de ma compréhension. Je me suis relevée tant bien que mal, je voulais fuir. Loin, très loin. Mais il était hors de question que je laisse Morfale seul contre ce truc. Lui qui était sur le point d'attaquer à nouveau.
J'ai assuré ma prise sur ma lance, et même si j'étais complètement terrorisée, je devais tenter un truc. Peu rassurée, j'ai chargé vers le guetteur, arme en avant. Celui-ci a réagi immédiatement en effectuant lui aussi une charge, le choc allait être terrible. C'est à ce moment que Morfale à décidé d'attaquer à nouveau, il s'est agrippé sur le dos du guetteur qui surprit glissa avant de se retrouver par terre. Comme quoi la pluie n'était pas une si mauvaise chose. Je me suis arrêtée tant bien que mal en voyant un truc comme ça simplement perdre l'équilibre. Une bonne chose à raconter à Osile. J'ai fait quelques pas pour m'approcher du guetteur et lui planter ma lance dans le corps faisant fuir Morfale par la même occasion. Aucune réaction de la part du monstre, c'était comme s'il n'avait rien senti, pourtant, je savais que j'avais transpercé quelque chose. Je l'ai frappé de nouveau, à mains nues cette fois. J'ai su que j'avais touché quelque chose quand du sang, totalement noir lui aussi, a giclé sur mon visage. Faisant fi du sang, j'ai commencé à ruer de coups la monstruosité, j'avais peur que ce truc ce relève simplement comme si de rien n'était...
Elin
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Jour d'éveil : Jour 14
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Mer 6 Juil 2016 - 20:01

"Si tu veux fuir, va par là. Tu pourras quitter la forêt.

- Mais ?

-Je dois quelque chose à quelqu'un."

Miliel -puisque c’est ainsi qu’elle s’appelait- adressa à Elin un pauvre sourire. Puis elle se mit à foncer, tête baissée, en direction du danger, faisant fi de ses imprécations. Exaspérée, Elin leva les yeux au ciel. Ce qu’elle avait pris pour de la détermination était en fait de l’inconscience. Elle n’aimait pas ça. Avant même qu’elle ait pu prendre une décision, l’autre disparaissait déjà, happée par les arbres. La Racine ne pouvait se résoudre à la suivre, comme paralysée par la terreur que lui inspirait les profondeurs de la forêt. Il faisait sombre et l’épais rideau de pluie qui s’abattait partout n’arrangeait rien à la chose. Tournant les talons, elle ramassa une grosse branche au sol et partit dans la direction qu’on lui avait indiqué.

A peine avait-elle fait une vingtaine de pas qu’un cri déchirant l’arrêta net. Elle n’aurait pas dû laisser l’autre seule. La pluie redoubla d’intensité. Elin fit demi-tour et se mit à courir. Elle n’entendait plus rien. La pluie l’empêchait de se repérer. Elle tournait en rond, frénétiquement, heurtant les arbres. Elle releva la tête, prit un instant pour respirer, et se remit à courir. Dieu ce qu’elle pouvait être lente. Il lui fallait régulièrement se baisser pour esquiver les branches ou enjamber des souches.
Au terme de sa course, elle aperçut Miliel, qui lui tournait le dos et semblait donner des coups répétés sur quelque-chose. La peur qui tiraillait les entrailles d’Elin tomba d’un coup. Elle avait soudain les idées plus claires et s’était suffisamment rapprochée de l’autre pour comprendre. Un spectacle macabre se déroulait sous ses yeux.

L’étrangère martelait frénétiquement une chose difforme à ses pieds. C’était un être abject, complètement noir et muni de longues griffes. Miliel semblait prise d’une rage incontrôlable.  A chacun de ses coups, du sang giclait de la créature en vagues noires et visqueuses. Le chat se tenait en retrait, les oreilles baissées. Elin eut un haut le cœur. Elle attrapa les bras de la fille, les maintenant dans son dos pour l’immobiliser. Ce n’était pas du goût de cette dernière, qui tentait furieusement de se défaire de son étreinte. Son chat non-plus ne le voyait pas de cet œil : il se jeta dans le dos de l’assaillante et y planta ses sales petites griffes. Elin gronda contre cette stupide bestiole. Et puis elle s’écria, dépassée par la situation :
- Calme toi ! Miliel ! Cette chose est morte !

L’autre ne se laissait pas faire, se débattant sauvagement. Elle était sacrément forte. Elin prit un méchant coup de coude dans le ventre qui lui coupa le souffle, mais elle ne céda pas. Visiblement épuisée, Miliel tomba dans ses bras, inconsciente.  Mais qu’est-ce qui l’avait mis dans un état pareil ? Etait-ce cette chose lugubre qu’elle avait massacré ? A la regarder, la Racine se sentait fébrile. Mais quel était donc cet endroit où elle avait atterri ?

La gorge d’Elin lui brûlait. Elle n’avait rien bu ni mangé depuis qu’elle s’était éveillée. Il fallait trouver une source d’eau. La Racine souffla un coup et ramassa la lance de sa compagne d’infortune. Elle n’eut pas le réflexe de vérifier ses blessures et se contenta de la hisser sur ses épaules. Ses genoux faillirent se dérober sous leurs poids à toutes deux. Elle avança un pied, puis l’autre. Lourdement, elle se mit en route. Elle oublia le chat pour un temps, accaparée par sa précieuse charge.

Quand elle eut parcouru une certaine distance, Elin se retrouva dans ce qui semblait être une clairière. La végétation y était moins épaisse. Le sol y était piqué de plantes aux longues feuilles creuses qui offraient autant de vases où boire l’eau de pluie. La jeune femme ne savait pas si y boire était une bonne idée ; elles auraient pu tomber malade. Mais c’était risquer ça ou mourir déshydratée. Elle se décida alors à allonger Miliel, toujours inerte, au pied de l’une de ces plantes. Elle se saisit de l’une des feuilles et la porta à la bouche l’autre pour la faire boire. Le liquide coula le long de sa joue sans grand résultat. N’y tenant plus, elle se dirigea vers une autre de ces plantes et se mit à boire elle-même, vidant les quelques gouttes contenues dans les feuilles. Ça n’était pas suffisant, mais ça soulageait un peu sa gorge en feu. Alors qu’elle se tenait là, agenouillée et exposée, un bruit se fit entendre derrière elle. Elle eut à peine le temps de se retourner pour constater ce que le destin lui réservait.
Elin
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Jour d'éveil : Jour 14
Race : Racine
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Mer 6 Juil 2016 - 20:06

Jet de dés :

1-4 : Elle comprit alors l’horreur qui avait saisi Miliel un peu plus tôt. Le sang d’Elin ne fit qu’un tour. Une créature semblable à la précédente se tenait là. Sa gueule ouverte découvrait une rangée de dents aiguisées. Au bout de ses trois pattes, ses griffes l’étaient tout autant. Elle se jeta sur Elin qui n’eut pas le temps de se relever et tomba à la renverse. Elle esquiva de justesse un coup de dents et se retourna avec l’intention de se munir de la lance, restée à côté de Miliel. Mais elle était trop lente.

Elle n’eut pas le temps d’éviter le coup de griffe qui suivit. Le monstre l’atteint de plein fouet, creusant son dos d’entailles profondes. Elle cria de douleur. Pendant un instant, ce fut la fin. La Racine les voyait déjà toutes les deux, le corps maculé de sang, leur corps entier réduit à une seule plaie béante. Mais elle parvint à attraper la grosse branche qu’elle avait ramassé auparavant et asséna un coup puissant à l’ennemi. Ceci eut pour effet de projeter l’ennemi un peu plus loin.

Elle ne perdit pas une seconde et revint à la charge, plaquant la bête contre un tronc d’arbre. Elle appuya sa lance contre la gorge de la chose, essayant de rester hors de portée de sa puissante mâchoire. La créature était plus forte qu’elle. Sans parvenir cependant à se défaire, elle se mit à griffer le dos d’Elin, qui renforça la pression qu’elle exerçait sur la gorge de son assaillant. C’était un véritable bras de fer. Elin ne voulait pas abandonner. Elle se mit à hurler et appuya de tout son poids sur la branche. La gorge de la créature finit par céder sous la pression exercée, et une gerbe de sang gicla dans le visage d’Elin.

Cette-dernière tomba à genoux, le souffle-court, le regard hébété. Nouveau haut le cœur. Sans même jeter un œil à sa compagne, elle se mit à vomir. Tout son corps criait de douleur. Elle n’avait toujours rien mangé. Ce monde avait un goût de sang, de pluie et de bile.

5-8 : La terreur qui s’empara d’Elin était incomparable. Devant elle, un groupe de créatures semblables à celle qu’avait tué Miliel.  

*Celui qui tombe voit l'horizon tourner.

Cette phrase s’imposa à elle, angoissante. La formule la frappa de plein fouet et se répétait inlassablement dans sa tête.

*Celui qui tombe voit l'horizon tourner.*

Quatre silhouettes noires surplombées de visages blancs. Horreur. Elin, prise d’un instinct de survie, s’empara des pieds de Miliel et la tira vers elle. L’effort était considérable, mais la peur lui conféra soudain une force qu’elle ne soupçonnait pas. Il fallait qu’elles survivent. Elles allaient survivre.
Alors que les créatures s’élançaient vers elles, Elin ferma les yeux. Elle sentit alors son corps tomber à la renverse. Puis elle sentit le poids de celle qui l’accompagnait s’écraser sur elle. En ouvrant à nouveau les yeux, elle constata qu’elles étaient tombées dans une crevasse. La cavité ressemblait en tout point à celle où elle s’était éveillée. Le même rideau de racines cachait le plafond de la cavité.

A quel point ces créatures étaient-elles intelligentes ? Avaient-elles compris où avaient disparu les deux femmes ? Allaient-elles renoncer à les poursuivre dans ce trou ? Au moins, si c’était le cas, elles n’auraient pas la place pour rentrer toutes d’un coup. D’un autre côté, les deux Racines étaient prisonnières, en quelque-sorte.

Elin grinça des dents en réalisant que le chat ne pourrait pas les suivre ici. Mais c’était une créature maligne, il trouverait bien un moyen de les retrouver.

9- 12 : Elin demeura immobile. Elle ne voulait pas effrayer la créature qui venait de les rejoindre. Très lentement, elle tendit le bras en direction de la lance qui reposait à côté de Miliel. Ni une ni deux, elle projeta l’arme vers le blaireau, qui semblait gratter le sol à la recherche de nourriture. Par une chance incroyable qu’elle ne s’expliquait pas, la Racine fit mouche. La lance vint se planter dans le corps touffu de l’animal qui s’éteignit dans un feulement. Est-ce qu’on pouvait manger cette chose-là ?

13-16 : Elin demeura immobile. Elle ne voulait pas effrayer la créature qui venait de les rejoindre. Très lentement, elle tendit le bras en direction de la lance qui reposait à côté de Miliel. Ni une ni deux, elle projeta l’arme vers la biche, qui l’observait sans bouger. Comme on pouvait s’y attendre, l’animal détala alors même que la jeune femme lançait l’objet. Pantoise, elle se frotta la nuque avec embarras.

17-18 : Un miaulement vexé eut tôt fait de la rassurer. Le chat, dont elle avait complètement oublié ne serait-ce que l’existence, s’était décidé à refaire son apparition. Il trottina en direction de sa maîtresse, daignant à peine regarder Elin qu’il n’avait pas l’air de porter en affection. Là, il se mit à laper le visage de Miliel, bien décidé à la sortir de son hébétude.

19-20 : C’était un homme, qui venait de sortir des fourrés. Il avait l’air en meilleur état que les deux femmes. Il remarqua à peine la présence d’Elin et se jeta aux pieds de l’autre en s’écriant d’une voix étouffée :
- Miliel !
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Mer 6 Juil 2016 - 20:13

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Miliel
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Jour d'éveil : Jour 5
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Sam 9 Juil 2016 - 7:49

C'était la première fois que je la voyais dans un tel état de rage, c'était comme si elle avait perdu la raison. Ce n'était jamais arrivé depuis que je la suivais, pourtant, elle en avait fait des choses différentes. Je m'étais éloigné d'elle en quelques enjambées quand elle a frappé pour la première fois. Depuis je n'avais pas bougé, je la regardais massacrer cette chose, tout en faisant attention à ce qui pouvait bien se passer autour de moi. Une odeur que j'avais déjà sentie plus tôt me vint au nez, c'était l'autre humaine. Elle qui semblait savoir ce qui se cachait à l'ombre des arbres et avait préféré s'éloigner. Froussarde. Elle faisait une grimace horrible alors que mes oreilles, à défaut des clapotis de la pluie, continuer de me faire entendre la rage de celle qui je suivais depuis plusieurs jours. La deuxième humaine s'est précipitée vers elle pour l'éloigner du prédateur noir par la force. Je ne pouvais laisser faire ça, je me suis approché avant de sauter toutes griffes dehors sur le dos de la deuxième femme.

« Calme-toi ! Miliel ! Cette chose est morte ! »

Son cri m'avait fait peur, je me suis éloigné d'elle sans attendre. Je me suis approché du cadavre du prédateur noir, il n'en restait pas grand chose, je faisais bien attention de ne pas marcher sur le liquide noir par terre. J'ai reniflé la bête avant de mordre dedans, j'ai immédiatement recraché ce que j'avais dans la gueule et me suis écarté du prédateur. J'ai à peine fait quelques pas que je fus pris de plusieurs spasmes qui se terminèrent par un vomissement. J'ai passé ma langue sur les contours de ma bouche pour me nettoyer. Les deux humaines avaient disparu, mais je pouvais aisément savoir où elles étaient. À peine m'étais-je dirigé vers leur odeur que je les avais rattrapée, c'était ça d'être sur deux pattes, on était lent. Je les suivais sans qu'elles puissent me voir quand j'ai entendu un bruit à côté de moi. J'ai immédiatement tourné la tête, mes yeux m'informaient qu'un animal, plus gros que moi traînait dans les environs. J'ai silencieusement fait le tour pour lui arriver dans le dos, je ne voyais plus ma proie, mais je la sentais toujours. Une fois le tour fait, je la voyais très bien, elle s'était approché des deux humaines, je m'apprêtais à lui sauter dessus quand un morceau de bois l'a transpercé. Effrayé, j'ai attendu un petit moment, les sens aux aguets, avant de bouger. Ce fut en voyant la deuxième femme s'approchait que j'ai décidé de sortir de ma cachette, il n'était pas question que je lui laisse me voler ma proie, c'était la mienne, je l'avais vu en premier !

Ma tête était lourde et elle me faisait souffrir. Pas le genre de souffrance physique, ça se passait à l'intérieur, c'était supportable, mais franchement désagréable. Il pleuvait toujours, je pouvais sentir l'eau tombait sur ma peau nue. Me relevant à demi pour m'asseoir, j'avais devant les yeux une scène pour le moins distrayante. Morfale tournait autour d'Elin en miaulant et lorgnant sur ce qu'elle tenait dans la main, allant jusqu'à sauter pour lui retirer des mains.

« Hé, tu te calmes ! »

Ils se sont, tous les deux, retournés vers moi, le visage d'Elin exprimait un certain soulagement, peut-être autre chose, mais je n'ai pas cherché à en savoir plus. Morfale, après un instant d'hésitation s'est approché de moi, j'ai levé une main pour le caresser avant de pousser un léger cri de surprise. J'ai regardé ma deuxième, le résultat était le même, elles étaient couvertes de sang, un sang noir. L'espace d'un instant je me revis frapper le corps du guetteur, je n'ai pas pu m'empêcher de retenir un frisson. J'ai immédiatement retiré ma main ne voulant pas toucher Morfale avec tout ce sang sur les mains, ça allait sans doute bientôt partir avec la pluie de toute façon. Il me tournait autour alors que je posais mes yeux sur Elin qui avait l'air de cacher quelque chose. Elle souriait bizarrement, visiblement mal à l'aise. Je n'ai pas insisté détournant les yeux pour savoir où on était et... Je n'en avais pas la moindre idée. Elle s'est approchée de moi, elle était visiblement épuisée, peut-être autre chose, mais je n'ai pas cherché à en savoir plus, si elle voulait m'en parler, elle le ferait toute seule. J'ai fini par briser ce silence d'observation en lui demandant d'où on venait, avec l'espoir de parvenir à retrouver notre chemin. Elle m'a montré la direction d'un geste las, comme si elle ne souhaitait pas repartir d'ici. C'était compréhensible, je n'avais pas non plus envie de partir, se reposer et manger semblait être la meilleure solution. Toutefois, je ne pouvais m'empêcher de penser à Osile, je me suis relevée non sans mal, mes jambes ne me tenaient pas vraiment, mais c'était suffisant pour marcher. Elin m'a regardé d'un air presque suppliant, j'ai haussé les épaules, ce n'était pas vraiment de ma volonté.

« Désolée. » Réussis-je à dire sans camoufler mon impuissance face à la situation. « C'est simplement qu'il n'y a pas que ma vie en jeu. »

Que pouvais-je dire d'autre, c'était la simple vérité, à croire que la promesse faite à Dahar m'avait privé d'une certaine liberté, je me suis esclaffée à cette idée, il m'aurait sans doute frappé si j'avais dit ça en sa présence. Ses dernières paroles me revinrent en tête et je ne pus camoufler la larme qui coula sur une de mes joues, il était vraiment temps que je dorme, si j'étais capable de plus penser à tout ça ne serait-ce qu'une minute... J'ai entrepris de retourner là d'où on venait pour mieux me repérer, j'ai dépassé Elin qui me regarda en me demandant où j'allais. Je me suis retournée vers elle au moment où j'allais passer la ligne d'arbre séparant la clairière et la forêt plus dense.

« Je rentre. » Dis-je simplement. « Tu devrais venir, je ne voudrais pas te forcer, mais Morfale à pas l'air de vouloir te quitter. »

J'ai baissé les yeux vers ses pieds, où ce con de chat cherchait désespérément à s'emparer du blaireau qu'Elin tenait dans la main. À chaque fois qu'il sautait Elin levait un peu plus bras mettant l'animal hors de portée des griffes de Morfale. Je me suis retournée en riant, m'enfonçant dans la forêt.

Hrp:
 
Elin
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Jour d'éveil : Jour 14
Race : Racine
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Dim 17 Juil 2016 - 3:22

Après avoir lancé l’arme, Elin dut accuser le coup. Elle n’avait pas l’habitude de tuer et la sensation était toute nouvelle. Ce moment d’absence fut pile ce qu’il fallait au chat pour surgir des fourrés et se jeter sur son butin. Il les avait donc suivies. Elin tolérait sa présence ; elle admirait même la rapidité et la fluidité avec lesquelles se mouvait le chat. Pour autant, il était hors de question qu’il lui pirate sa pitance.

La Racine s’empara donc du blaireau, non sans grincer à la vue de la lance, brisée en plusieurs morceaux. Elle fut également surprise du poids de la bestiole, qu’elle tint difficilement hors de portée du félin. Ce-dernier ne voulait pas lâcher l’affaire : il miaula, se frotta contre ses jambes, tendit la patte, sauta.
La voix de Miliel les fit se retourner dans un même mouvement. La Racine laissa échapper un sourire timide, soulagée de constater que sa seule connaissance ici-bas se portait bien. Mais celle-ci avait l’air sur la défensive. L’expression de satisfaction mourut sur le visage d’Elin et laissa place à une moue d’exaspération.

« Désolée. » lâcha-t-elle enfin, avant d’ajouter :
« C'est simplement qu'il n'y a pas que ma vie en jeu. »

Alors voilà tout ce qu’elle trouvait à dire ! Elin avait dû la porter sur son dos, pendant un long moment, alors qu’elle-même tenait à peine debout. Elle avait pris soin d’elle, tentant de la faire boire. Elle avait pâli à l’idée de la laisser seule au milieu des bois. Et Miliel n’en faisait strictement aucun cas. Sans chercher les louanges, la brune aurait apprécié un minimum de reconnaissance. Ou même de sympathie. Mais l’autre s’était remise en marche sans même la concerter, elle qui l’accompagnait et l’avait porté au péril de sa propre sécurité.

« Je rentre. »
« Tu devrais venir, je ne voudrais pas te forcer, mais Morfale a pas l'air de vouloir te quitter. »


Mais qu’elle le garde son foutu chat ! Épuisée, Elin commençait à céder à l’agacement. Non-contente de n’afficher que mépris et indifférence à son égard, Miliel les mettait en danger toutes les deux à vouloir se précipiter ainsi. Elles avaient à peine bu, n’avaient pas mangé et ne s’étaient pas non-plus reposées. La pluie, quant à elle, ne manifestait pas d’avantage de compassion : son acharnement discontinu laissait Elin dépourvue, dépossédée de tout sens de l’orientation. Et puis enfin : les créatures. Si Miliel avait dû se battre contre l’une d’entre elles un peu plus tôt, il n’y avait aucune raison de penser qu’elle était la seule qu'elles croiseraient.

Partir dans ces conditions ébranlait le naturel mesuré de La Racine. Elle ne garda le silence que parce qu’elle avait cru surprendre une larme sur le visage de l’autre. Après tout… elle ne connaissait pas suffisamment les Hommes pour leur prêter querelle. Et puis Miliel devait avoir une bonne raison d’agir ainsi. Elle s’engagea donc, à contrecœur cependant, sur le chemin de terre battue qu’avait emprunté la première.

Elle était rapide, trop rapide d’ailleurs. Elin commençait sérieusement à fatiguer. Elle se savait lente, elle le sentait, mais la charge que représentait le blaireau ralentissait encore sa course. Tout autour, des arbres. Désordonnés. Qui défilaient à la mesure des pas de Miliel. Pressés, déterminés. Elin suivait sans comprendre, haletante, ses yeux scrutant péniblement les alentours. Miliel semblait accélérer à mesure qu’elle approchait de son but. Le blaireau glissait, échappait des doigts crispés d’Elin, qui essayait d’affermir sa prise sur les poils visqueux et ensanglantés.

Obscurité. Les pas de Miliel s’accélèrent encore. La pluie étouffe tous les sons autour d’Elin. Elle n’entend que son cœur, qui bat furieusement dans ses tempes et sa gorge. Son bras est douloureux. Elle peine à suivre l’autre. A mesure que les arbres défilent, sa vue se brouille : elle croit voir se dessiner des silhouettes noires aux visages blancs. Ses mâchoires se serrent. son cœur s’emballe quand elle entend ceci : « Le ciel n'a pas d'étoiles. Devrais-tu y jeter ta torche ?»

Elle se met à tituber, chancelante, et manque de s’écrouler sous son propre poids. Elles sortent de la forêt, guidées par Miliel dont le visage ne laisse transparaître aucune émotion. Elin est exténuée mais elle ne pipe mot. Elle jette un regard au blaireau mort qu’elle tient entre ses doigts. Quand elle relève la tête, son sang ne fait qu’un tour. Elle ne se laisse pas le temps d’avoir peur : elle prend une grosse branche, ferme les yeux et se jette en avant. Elle frappe de toute ses forces la monstruosité qui vient d’apparaître. Et là, triste constat.

Lancer de dés :

1 : Le cadavre d’un monstre se tenait là, sous ses yeux ébahis. Dans sa fureur, Elin venait de décapiter la créature. Elle s’étonna que l’une de ces choses s’aventure au-delà du couvert des arbres. Miliel ne lui laissa pas le temps de s’attarder pour autant et elles se mirent à parcourir la distance qui les séparait encore du campement.

2 : Elle venait malheureusement d’asséner un coup, violent et gratuit, dans le crâne de Miliel. La réaction de cette dernière ne se ferait pas attendre… Plutôt que de se confondre en excuse, Elin eut pour réflexe de brandir ses mains devant son visage, pour parer une éventuelle riposte.

3 : Sa cible s’avéra en fait être un inconnu, un homme visiblement, mais pas une créature. Au vu du regard noir que lui jeta sa compagnonne, il devait s’agir de l'autre personne qu'elle avait mentionné. C’était lui qu’elle avait voulu protéger, et ce au péril de leurs vies à toutes les deux. Si l’oisillon de Miliel était amoché par le coup, il y avait fort à parier qu’elle allait s’énerver. Aussi Elin se dépêcha-t-elle de s’éloigner, les laissant se retrouver, et se mettant à la recherche de bois pour allumer un feu.

4-5: Triste constat c’est le cas de le dire… Car la Racine venait de se jeter sur un arbre qu’elle s’attachait à occire avec une détermination touchante. Il était difficile de ne pas s’émouvoir devant pareil spectacle : Elin, grande guerrière un peu lente, le front en sueur et le regard dur, bataillait contre un simple tronc. Quand elle eut donné quelques coups, la fatigue eut raison de son délire. Elle se laissa donc tomber, penaude, et bailla bruyamment.

6 : Elin se réveilla essoufflée et en nage. La course effrénée dans la forêt, le défilé macabre des arbres et des silhouettes noires, tout ceci n’était visiblement qu’un rêve. Elle se redressa, cherchant à comprendre où elle était. Un feu de camp brûlait doucement à côté d’elle. Une odeur agréable se dégageait des branches ; une odeur qui fit gargouiller son ventre. Avait-elle perdu connaissance dans la forêt ? Comment l’avait-on transporté jusqu’ici ?

Elle attendrait des explications. Ne voyant pas Miliel, elle massa son estomac douloureux, le regard absorbé dans les flammes.
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Dim 17 Juil 2016 - 3:22

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'd6' :

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Miliel
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Jour d'éveil : Jour 5
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Mer 27 Juil 2016 - 18:46

J'ai envie de m'arrêter et de dormir, là directement sur le sol. Exactement comme lors de ma première nuit dans le tunnel. Ça n'avait pas été un repos réparateur mais j'avais au moins eu le privilège d'avoir un toit au-dessus de la tête. Là, dormir avec le clapotis incessant et aucun véritable endroit pour s'abriter semblait impossible. Voilà pourquoi j'avais décidé d'avancer vite, sans vraiment me soucier d'Elin qui avait du mal à suivre, moins que les échoués, mais tout de même... Était-ce à cause du cadavre qu'elle tenait dans les mains, des tentatives incessantes de Morfale pour lui voler ? Elle ne parlait pas, ce qui n'était pas réellement pour me déplaire, je pouvais au moins me concentrer sur le chemin à prendre. D'habitude je n'avais pas besoin de faire attention, ça venait comme ça, je ne l'expliquais pas. Mais là, avec la pluie, mes pieds traînant dans une sorte de flaque d'eau géante qui recouvrait chaque parcelle de terrain me donnait une sensation de mal-être que je n'expliquais pas. Sans parler des réclamations faites par mon corps. J'avais faim depuis ce matin, je m'étais accommodée comme je le pouvais à cette sensation, mais elle était bien présente... La soif, elle se faisait un peu moins pressante qu'avant sans que je ne l'explique. Pour le sommeil, eh bien, je luttais contre lui...
On a finalement atteint la lisière de la forêt, on avait fait le plus dur, au moins à partir de maintenant on verrait les dangers venir de loin, si on était encore capable de voir devant nous. Je me suis retournée pour voir où en était Elin, j'ai écarquillé les yeux quand je l'ai vu frapper un tronc à coup de branche. C'était inquiétant, mais malgré ça je n'ai pas pu m'empêcher de rire avant de me reprendre aussi vite que possible. Elle ne semblait même plus faire attention à moi, mais uniquement à sa cible ô combien dangereuse. Je n'ai rien fait pour l'arrêter, trop occupée à ne pas me moquer, elle s'est arrêté de frapper l'arbre avant de se vautrer sur le sol et de bailler à s'en décrocher la mâchoire. Étrangement je n'ai pas pu m'empêcher de faire de même. Morfale se frottait contre Elin en miaulant, les yeux à demi sur le blaireau près d'elle, il avait compris, après maints réprimande à ne plus chercher à lui voler. Mais il voulait manger, ainsi que nous tous... Bientôt.

Elle avait le regard vide, comme si elle était déjà ailleurs. Je me suis approchée sans qu'elle ne réagisse, j'ai essayé de la mettre sur ses pieds mais elle ne tenait plus debout.

« Hé là... »

Notre marche avait-elle été aussi difficile ? Je ne me sentais pas plus fatiguée qu'avant, enfin si, mais pas au point de m'écrouler sans pouvoir marcher. Je l'ai soutenu comme j'ai pu pour ne pas qu'elle tombe avant de l'adosser à un arbre. C'était pas vraiment possible de l'aider à marcher et d'en plus de porter le cadavre du blaireau... Rester ici pour se reposer était la meilleure solution. Quand bien même je n'étais pas vraiment d'accord, ce n'était pas si comme j'avais le choix, je n'allais pas l'abandonner là. J'ai déplacé le corps de l'animal près de moi avant de m'asseoir à mon tour. Morfale miaulait, j'ai passé ma main sur son dos mouillé pour le calmer un peu.

« Va falloir attendre, comme tout le monde. »

Je me suis réveillée à demi en sursaut, légèrement honteuse de m'être endormie dans un endroit pareil. Heureusement pour nous rien ne s'était passé, même Morfale n'avait rien fait de mal, comme bouffer pendant que je dors, saloperie... Elin, elle, dormait encore. Je me suis relevée non sans mal avant de la réveiller, elle avait l'air en un peu meilleure forme et rechigner quelque peu à partir. Je connaissais ce sentiment, celui de vouloir dormir encore et encore, mais hélas on ne pouvait pas se le permettre, on avait déjà trop traîné. Je l'ai aidé à se relever, elle tenait sur ses jambes, c'était déjà un progrès en soi. J'ai tourné la tête vers la direction de la falaise avec l'espoir d'y arriver le plus vite possible. Nous avions à peine quitté, une nouvelle fois, la forêt que j'ai vu Osile au loin, il mit un certain temps avant de nous voir aussi et de s'approcher de nous. On s'est rejoint aussi vite que l'on a pu, le voir m'avait quelque peu raviver et un sourire se dessina sur mon visage. Il s'est précipité vers moi avant de me sauter dans les bras, un peu comme lorsqu'ils s'étaient retrouvés avec Dahar. Quand bien même j'en aurais été capable, je n'ai rien fait pour l'arrêter, à croire que je m'étais vraiment attachée à ce petit truc tout maigre. Il s'est écarté après un temps pour se tourner vers Elin. Il l'a brièvement regardé avant de se retourner vers moi.

« On dirait toi en plus belle. »
« Sans aucun doute. »

Elin semblait trop épuisée pour réagir, ou peut-être ne savait-elle pas comment réagir du tout. La première fois que j'ai vu Osile je n'aurais jamais pensé qu'il était comme je le connais maintenant. Comme quoi juger quelqu'un sur les premiers instants était une belle erreur. Un peu comme avec Sérya, si j'avais su... J'ai secoué la tête, non on ne peut pas changer ce qui s'est passé, je devais vivre avec maintenant. On était plus très loin de ce qui nous servait d'abri, endroit qui semblait bien désert maintenant que nous n'étions plus que deux. J'avais marché aussi vite que ma fatigue et ma faim le permettait, Elin et Osile était encore à bonne distance alors que je posais mon postérieur à l'abri de la pluie, dans l'abri. Morfale m'avait suivi à l'intérieur, s'ébouriffant pour se débarrasser de l'eau et me mouillant davantage au passage, il s'est roulé en boule près de moi. Tout ce que je voulais maintenant, c'était ne plus bouger et dormir, la même idée que Morfale en somme. J'ai regardé en l'air, le toit fuyait, je pouvais voir et entendre la pluie tomber à l'intérieur, c'était comme une douce musique à mes oreilles.
Elin
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Jour d'éveil : Jour 14
Race : Racine
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Lun 1 Aoû 2016 - 16:17

Elin jetait son regard sur la forêt en contrebas. Le vent soufflait fort et le soleil cognait dur, à cette hauteur du moins. Dans son dos s’agrippaient le chat et Miliel, que cette dernière bataillait à maintenir contre sa poitrine. Un regard par-dessus son épaule donna à la Racine le loisir de les contempler tous deux. Sur le visage de Miliel trônait un sourire, une sourire grand comme les arbres au-dessous d’eux. Dans les yeux du chat, outre un éclair de malice dansait le reflet des oiseaux qu’il convoitait au loin, et qu’une patte vagabonde tentait parfois d’attraper. Elin regarda à nouveau les arbres qu’ils surplombaient et fendit les cieux. Ses cheveux partaient en tous sens et chatouillaient la frimousse du chat qui siffla, mécontent. Ce drôle de convoi traversait les cieux à toute allure, porté par les zéphyrs et les bras déployés d’Elin. Passée l’épaisse ondée verte, un lac énorme apparut. Au creux d’une des rives se lovaient quelques habitations, comme un village au bord des eaux. Les deux femmes échangèrent un regard entendu et Elin partit en piqué vers le hameau. Un groupe d’oiseau vint s’ajouter à cet étrange cortège. Ils volaient ensemble, s’amusant à tournoyer autour d’Elin. Le chat s’élança soudain dans les airs, griffes en avant, avec l’idée -certainement- de croquer l’un des volatiles. Ni une ni deux, Miliel se jeta à la poursuite du chat, dans le vide.

L’image se dissipa tout d’un coup. Le froid, la boue et la faim frappèrent la Racine de plein fouet. Elle ignora les imprécations de sa compagne de route et garda ses yeux clos. Dormir encore un tout petit peu... Voler encore quelques secondes ! C’est tout ce qu’elle demandait... Mais elle ne parvint pas à retrouver le sommeil. Ses plaintes restèrent sans réponse et des bras déterminés l’arrachèrent à ses songes et à sa paillasse de feuilles humides. Grognement sourd. Elin se frotta le visage pour se débarbouiller un peu, s’empara de la carcasse du blaireau et s’engagea à la suite Miliel.

Leur marche était on ne peut plus supportable qu’avant ; la pluie ne leur offrait aucun répit, certes, mais le rêve qu’avait fait la Racine lui avait rendu son enthousiasme habituel. Il commençait à faire un peu plus sombre. La lune, bien qu’encore dissimulée, ne tarderait pas à poindre dans le ciel qui rougissait déjà. Il ne lui semblait pourtant pas avoir passé si longtemps dans la forêt. Elin fronça les sourcils. Son front se rida à la mesure de son inquiétude. Si la nuit venait à les surprendre, elles ne seraient pas du tout en sécurité.

Ces idées sombres s’évanouirent dans le sourire de Miliel. Elin ne l’avait pas vu, mais un homme leur faisait face, un peu plus loin. Il était difficile de distinguer ses traits, mais on devinait une silhouette fine et élancée, surplombée d’une chevelure brune. Sa voix brillait d’une joie rauque, il riait, visiblement soulagé de retrouver Miliel. C’était donc lui, la deuxième vie dont il était question. Alors qu’il approchait à grand pas, une angoisse s’empara d’Elin. Pour la première fois depuis son éveil, elle prit conscience de sa nudité. A cet instant précis, elle réalisa combien elle était vulnérable. Les cheveux trempés et plaqués contre ses épaules nues, le corps glacé, non pas chétif mais pourtant dépouillé. Offert aux regards, aux dangers, aux intempéries. Elle rougit. Les deux autres semblaient heureusement trop préoccupés par leurs retrouvailles pour faire attention à son embarras. Tiraillée entre la gêne et l’envie de saluer chaleureusement le nouveau venu, Elin parvint à se réfugier derrière une prétendue expression de neutralité. Elle se composa un visage si impassible qu’elle ne sut pas réagir quand, enfin, on s’intéressa à sa personne :

« On dirait toi en plus belle. »

« Sans aucun doute. »

Miliel se remit en route sans tergiverser, comme elle l’avait fait jusqu’à présent. La célérité de ses pas donnait une idée de la proximité du camp. L’homme, quant à lui, resta au niveau d’Elin et lui adressa un sourire rassurant. Maladroite, elle parvint à peine à dissimuler sa nudité derrière le blaireau avant de lui rendre un regard rieur.

« Je m’appelle Elin. Miliel m’a trouvé dans la forêt… Sacré personnage, d’ailleurs. »

Tous les reproches qu’elle avait pu lui adresser étaient désormais évanouis. Elin était simplement ravie d’être arrivée. Et puis ses espoirs étaient récompensés : comme elle l’avait imaginé, d’autres âmes habitaient ces contrées menaçantes. Elle trouva d’ailleurs un grand réconfort en la personne d’Osile. Ce-dernier constituait un parfait miroir au caractère optimiste d’Elin. Ils échangèrent quelques banalités et arrivèrent enfin au campement. Des braises humides indiquaient qu’il avait dû y faire beau dans les jours précédents. La Racine sourit : au moins une bonne chose. Elle balaya leur refuge du regard. Il semblait…vide. Miliel, boudeuse, fixait tranquillement le plafond de son abri.

Elle avança encore de quelques pas et ce qu’elle vit la piqua au vif. Une grande étendue sombre narguait toute la vallée en son centre. Un lac, pareil à celui dont elle avait rêvé un peu plus tôt. Il les épiait de son œil pourpre, grande masse immobile aux côtes rocailleuses. Ainsi, ils étaient sur une falaise.

« Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! »


Un léger silence s’ensuivit. Elin déglutit bruyamment en réalisant qu’elle avait parlé à haute voix. Elle posa ses mains sur ses hanches, arborant un air satisfait, puis prit une grande inspiration. Elle regarda le vide qui les séparait du lac en contrebas. En détaillant plus attentivement la roche, Elin nota son aspect curieux. Elle était parfaitement lisse, mais comme composée d’un amas de plaques très fines. La paroi était lézardée et fêlée en certains endroits. Là, les superpositions de couches créaient des sortes d’escaliers aux dents plates. A première vue, elles semblaient suffisamment fragiles pour les briser. Un nouveau coup d’œil en direction du blaireau mort lui arracha une expression de contentement.

« Je reviens. »

La nouvelle venue posa son gibier un peu plus loin, pour ne pas incommoder Miliel qui semblait s’être enfin calmée. Du moins c’est ce qu’il semblait. Mais elle n’offrait que la vue de son dos, toute ramassée qu’elle était autour de son chat. Elin ne s’en préoccupa pas plus longtemps : elle avait un plan. Osile n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il était embarqué à la suite d’Elin. Ils longèrent la falaise. La Racine marchait si près du bord qu’elle pouvait sentir l’autre se crisper à chaque pas. Elle guettait la paroi à la recherche d’un endroit friable, mais accessible. Il faisait sombre mais elle trouva enfin ce qu’elle cherchait. Elle prit une large pierre au sol et s’agenouilla au bord, sous l’œil circonspect d’Osile.

« Est-ce que tu veux bien tenir mes jambes s’il-te-plaît ?

Il demeura interdit. Elin le considéra à nouveau du regard et réalisa qu’il était bien plus chétif que les deux Racines. Elle était convaincue que son idée était bonne. Et comme à chaque fois que ça arriverait à l’avenir, elle ferait tout pour la réaliser. Aussi ajouta-t-elle, pour le rassurer :

- Tu te mets comme moi et tu appuies sur mes jambes de toutes tes forces. J’ai confiance. »

Il s’exécuta non sans avoir grommelé un peu, mais Elin ne l’avait pas écouté. Elle avait les yeux rivés sur son objectif. Quand ils se furent assurés qu’il la maintenait bien au sol, la Racine pencha son tronc dans le vide pour atteindre la paroi rocheuse. Son sang ne fit qu’un tour. Elle essaya de ne pas penser à Osile, dont les frêles bras seulement la séparaient du vide. Une fois ressaisie, elle prend une grande inspiration et frappe avec sa pierre sur la paroi rocheuse.

Jet de dés :

Un peu plus loin, à une centaine de pas de là, une créature se tapissait dans les fourrés, observant, guettant, épiant. Patiente. Affamée. Elle s’élança discrètement en direction de sa proie. Cette-dernière était si proche, vulnérable, concentrée sur sa tâche. C’est à ce moment-là qu’elle lança l’assaut. Un vrombissement fendit l’air, à l’oreille d’Osile. L’être sanguinaire vint lui chatouiller le visage, cherchant désespérément à goûter au sang de l’homme…

« Putain d’insecte.. Il me.. aaaaaaaatch.. »

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1 – 2 :
Elin glissa de la falaise dans un éternuement. La pierre qu’elle tenait dans la main un instant plus tôt vint s’écraser sur les rochers au pied du monstre d’ardoise. Elle, par un hasard qu’elle ne s’expliquait pas, d’échoua sur une corniche un peu plus bas. Celle-ci s’engouffrait dans la roche ; c’était en fait l’entrée d’une cavité, nichée dans la falaise. La Racine souffla un peu et fit un rapide bilan de la situation. Elle s’était certainement cassé quelque-chose, car elle était incapable de bouger son bras. Peut-être était-ce l’épaule. La cavité était peu profonde et ne semblait déboucher sur aucune issue intérieure. En revanche, elle s’écria, ravie :

« J’suis vivante ! Et j’ai réussi à avoir ma pierre plate ! »

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« Concentre-toi. »

Elin tenta de faire aussi vite qu’elle le pouvait. Assez rapidement et comme elle se l’était figuré, la pierre céda et elle put extraire une longue plaque fine qui pouvait certainement couper ; du moins si l’on trouvait un moyen de l’aiguiser. Le plan, maintenant, c’était de s’occuper du blaireau. De séparer la chair de la fourrure, déjà, puis d’allumer un feu pour cuire la viande. Ça ne devait pas être si compliqué !

3 – 4 :
Quand ils rentrent au camp, la pluie a redoublé d’intensité. Grâce à la pierre, Elin parvient à séparer la viande de la peau. Pourtant, l’humidité ne leur permet pas d’allumer un feu. Avec la chaleur, la viande est perdue. Elin peut conserver la fourrure du blaireau, bien qu’elle ne puisse pas en faire un vêtement pour l’instant.

4 – 5 :
Quand ils rentrent au camp, la pluie semble miraculeusement s’être calmée. Ils allument alors un feu, non sans mal, et entreprennent de cuire le blaireau tel quel. Les nuages se font menaçants et personne ne souhaite prendre le risque de voir revenir la pluie avant d’avoir cuit le blaireau. Elin ne prend pas le temps d’enlever la fourrure, qui brûle avec la chair. Cette technique ne leur permet pas de récupérer grand-chose, les pertes sont irréversibles.  La fourrure et perdue et ils obtiennent une faible quantité de nourriture.

6 – 7 :
Quand ils rentrent au camp, Osile arbore un regard brillant, le port altier et le sourire fier.
Il s’empare d’un tas de branche qu’il décale un peu plus loin, découvrant une sorte de niche de pierres empilées. Elin met quelques instants à comprendre. C’est une sorte de four. Pendant l’absence de Miliel, il a dû entreprendre de bâtir ce modeste foyer. C’est précaire et la pluie tombe toujours, mais ils peuvent ainsi cuire le blaireau relativement bien. Ils perdent la fourrure mais obtiennent une grande quantité de nourriture.

8-10 :
Quand ils parviennent au camp, Miliel semble avoir entrepris de s’occuper du blaireau : un feu est allumé. Ils ne perdent pas de temps. Elin parvient à séparer la viande de la fourrure à l’aide de son bout d’ardoise. Chacun s’affaire à une tâche précise. Miliel entretient le feu, Osile s’occupe de nettoyer la carcasse et Elin nettoie sa peau. L’homme lui donne, enfin, un os assez fin et pointu : la queue du blaireau.
La Racine se lance alors dans la confection d’un pagne. Elle s’enroule la peau du blaireau autour de la taille et perce deux trous dans le cuir, à l’aide de l’os. Puis elle enfile l’os dans les deux trous, épingle de substitution, et tente de faire quelques pas. Ce n’est pas particulièrement pratique mais on peut marcher avec.
La viande est conservée en grande quantité et Elin s’est fabriqué un pagne en fourrure de blaireau.

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Lun 1 Aoû 2016 - 16:17

Le membre 'Elin' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'd10' :

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Miliel
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Jour d'éveil : Jour 5
Race : Racine
Métier : Chasseur (2)
Groupe : Errants
Fiche de présentation :
Ven 12 Aoû 2016 - 18:44

C'est dans ces instants que j'ai simplement envie de dormir pour ne jamais me réveiller. Je regardai les gouttes d'eau tombaient au même endroit encore et encore. Plip, plop et ça recommençait. J'étais quelque peu hypnotisé par ce simple phénomène. J'ai légèrement souri, cela m'amusait quelque peu. Osais-je imaginer que nous étions comme ces gouttes d'eau. Elles qui tombent, vivent et s'écrasent pour rejoindre un tout. Étions-nous pareil ? Vivre puis mourir pour rejoindre autre chose, avec tout ceux qui ont disparu ?
La flaque d'eau qui s'était formée était maintenant assez grande pour que j'y boive, je n'ai pas attendu mon reste, comme cela j'avais enfin l'impression d'avoir quelque chose dans le ventre. J'ai quitté l'abri après ça, pour voir le cadavre du blaireau, sans personne autour, j'ai tourné la tête pour voir qu'Osile et Elin était un peu plus loin à faire je ne savais quoi. J'ai entrepris d'allumer un feu, tâche qui fut facilité par l'aménagement d'Osile, c'était incroyable comment il était simple de faire un feu quand on possédait les bonnes choses. Je me souvenais très bien avoir été incapable d'en allumer un il y a quelques jours, à mon grand désespoir.
Morfale me tournait autour, il avait compris depuis longtemps que lorsqu'un feu était allumé, ça voulait souvent dire nourriture. J'étais accroupi à essayer d'allumer le feu, lui se tenait juste en dessous de moi pour m'utiliser comme abri contre la pluie. Il s'était allongé à me regarder me battre avec le feu, une fois allumé, c'était là que les problèmes venaient. Il fallait le garder allumer, peut-être aurais-je dû l'allumer à l'intérieur de la cabane. Oui définitivement, j'y penserai la prochaine fois. J'ai fini par gentiment pousser Morfale sur le côté, mais il vint à nouveau pour me gêner, ou s'amuser, cela dépendait du point de vue.

Alors que le feu était enfin stable et que j'étais sur le point de m'occuper du blaireau, Osile et Elin revinrent de leur petite escapade. Je me demandais bien comment Elin faisait pour tenir encore debout, on n'avait pas pu atteindre le camp d'une traite en partie à cause d'elle. Elle semblait en bien meilleure forme maintenant, était-ce à cause de l'idée qu'elle pourrait bientôt reprendre des forces ? J'ai poussé un soupir, à quoi me torturer pour rien, tout le monde allait bien, et c'était l'essentiel. Au moins avec eux de retour, je pouvais me concentrer totalement sur le maintien du feu, ils allaient s'occuper du reste.

Une fois ce reste fait, nous n'avions plus qu'à attendre que le feu fasse son effet. Je me suis approché du bord de la falaise, demandant à Osile de surveiller le feu. La vue de l'horizon me fit du bien, je voulais me vider la tête, sans succès... J'ai fermé les yeux, le noir total, le vide total dans mon esprit, cela faisait longtemps que j'avais ressenti une telle tranquillité. Cela me faisait beaucoup de bien. Il serait tellement facile de ressentir cela pour toujours, il suffisait de me laisser tomber dans le vide, mon corps s'écraserait contre la falaise avant de finir dans le lac. Je finirais sûrement comme nourriture pour poisson, juste retour des choses au vu de ce que j'avais tué pour survivre. J'ai sursauté au contact physique d'Osile, j'ai levé la tête, il me regardait d'un air presque sévère, comme si Osile était capable de se mettre en colère. Il n'a rien dit, je me suis simplement éloigné du bord, comprenant ce qui le tracassait. Alors qu'il s'éloignait, je l'ai retenu par le bras, le forçant à se tourner vers moi, son regard me fuyait.

« Lâche-moi, s'il te plaît. »

J'ai immédiatement desserré ma prise sur son bras, le laissant s'éloigner, à l'instant je venais de comprendre une chose. Chose à laquelle je devrais le confronter un jour, dès que nous serons seuls.
On est revenus vers Elin qui s'était improvisé un pagne avec la peau du blaireau. Je ne savais pas qu'elle avait des talents de couture. Quand j'y pensais je ne savais pas grand chose d'elle, après tout, si elle était comme nous, elle ne savait pas grand chose d'elle-même non plus.

On a mangé autant qu'il était possible, pouvais-je maintenant dire que je n'avais plus faim, non, je n'irais pas jusque là, mais au moins les réclamations incessantes de mon corps avait cessé. On avait survécu un jour de plus, allions-nous survivre à demain ?
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