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Okha
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Okha
Membre
Messages : 62

Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Ven 11 Nov 2016 - 22:30


Prénom : Okha
Nom/surnom :

Éveil : Jour 7
Sexe : Féminin

Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Croyance : Okha, influencée par Serpe, détient une croyance confuse en l’existence d’un monde reflet de celui-ci et en la possibilité d’y accéder.

Magie : Aucune

Capacités physiques : Okha est forte. Face à l’effort par nature, au combat par expérience. Son métabolisme plutôt rapide bien qu’imposant ne lui accorde pas une grande résistance à la faim ou à l’intoxication. Elle n’est pas particulièrement agile, sauf en ce qui concerne ses mains, dont elle se sert pour tisser avec lenteur mais précision.

Talents divers : Au delà d'une certaine justesse dans ses gestes, la Racine n’a pas de réel talent à elle. Hormis peut-être celui d’accepter le fardeau de ses erreurs passées et présentes sans les nier ni broncher.

Équipement : Okha possède une tunique de bandes de feuilles tressées, grandement inspirée des techniques de la défunte tisseuse de Terre Rouge, Fadone. Elle est tenue en place par des broches en os confectionnées par Serpe, constituant un ensemble relativement stable mais léger. Son ami échoué lui fournit également des aiguilles de la même matière qu’elle coince précieusement dans les entrelacements les plus épais de son habit.
Pour arme elle ne possède qu’une lance de bois, datant elle aussi de leur passage à Terre Rouge et dont la hampe commence à accuser le choc des combats menés.

Apparence physique et charisme :

Okha est très grande. Son épaisse ossature se dresse une tête au dessus de la plupart des habitants de la vallée. Son tronc sec s’étire vers deux larges épaules surplombées d’un cou musclé, que viennent frôler des cheveux blond cendrés. Elle les coupe comme elle peut, ne supportant pas de sentir leur contact sur son dos. Sa peau, oscillant entre l’ocre et l’argile et formant d'étranges dessins, est bardée d’entailles et de cicatrices mal pansées. Son visage est brut, bordée d’une mâchoire légèrement carrée, surplombée d’un nez droit et de deux yeux fauves, accusateurs.
Elle n’est pas gracieuse. Mais, loin d’être désinvolte ou maladroite cette rudesse dans son port et dans ses mouvements semble l’habiller d’une certaine prestance, semblable à celle d’un acteur incarnant à perfection son personnage. En revanche, ses yeux et leur couleur chaude et pâle sont d’une beauté notable. Elle déteste qu’on lui en fasse la remarque.
Sa voix n’est pas nécessairement agréable, pour qui l’entend la première fois. Légèrement cassée, à peine nasillarde, tirant sur un grave sans profondeur, elle peut être agaçante à l’oreille de certains. Mais à celui ou celle qui s’habitue à son étrange ton, elle est capable de révéler une subtile chaleur harmonique, claire et rassurante.

Caractère et personnalité :

Okha n’est pas quelqu’un de fondamentalement agréable. Sans être agressive elle a souvent tendance à cacher une empathie remarquable derrière une défiance envers quiconque l’approche sans exposer clairement ses intentions. Sa confiance a été malmenée au cours de sa brève existence au sein de la vallée et elle ne désire plus réellement l’accorder à qui que ce soit pour le moment.
Néanmoins elle ne peut vivre sans un groupe, quelque-chose autour duquel graviter, même de loin. Aider les autre et se faire aider a quelque-chose de rassurant pour elle, de sensé. C’est sa réponse à l’angoisse que chacun ressent ici. Okha évolue donc au gré de ses rencontre entre cette méfiance acerbe et ce désire de vivre en collectivité.
Elle n’a pas beaucoup d’aisance avec le langage mais détient tout de même une certaine vivacité d’esprit pragmatique pouvant surprendre un interlocuteur non averti. Peu audacieuse, elle effectuera souvent les choix les plus sûrs ou ceux permettant de temporiser au mieux une situation délicate.

Histoire :

J7

Un grognement rageur, teinté d’anxiété, vint s’étouffer contre les parois poreuses de la cavité. Ses bras ankylosés par les mouvements brusques qu’elle effectue pour essayer de se libérer la lançent violemment. Dans sa bouche, le goût prononcé d’une terre riche se mêle à l’amertume de la sève, suite à ses tentative infructueuses pour sectionner avec ses dents les larges racines qui la retiennent prisonnière. Si seulement il y avait un peu de lumière… Okha regarde machinalement au dessus d’elle. Dans son esprit jaillit alors l’idée qu’elle n’était en aucun cas sûre de la direction vers laquelle se diriger pour sortir. L’anxiété se mua en angoisse et, poussant un cri de désespoir la racine cambre son dos avec force.
Un éclair de douleur parcourt sa colonne vertébrale et, de nouveau elle s’affaisse, des larmes d’impuissance perlant sous ses paupières closes. La tête lui tourne, l’oxygène commence à manquer. Il lui faut garder son calme. Ses mains cessent de tirer ses bras vers l’avant et tentent d’effriter la terre qui se trouve derrière ses fesses. A sa grande surprise, celle-ci se détache et, petit à petit, un espace suffisant lui permet de faire coulisser son bassin vers l’arrière. L’euphorie se liguant au manque d’oxygène, d’étranges formes concentriques dansent désormais sur sa vision. Son buste libéré des sarments qui l’entourent, la Racine, s’appuie brusquement sur ses talons, se redressa vers la direction ou elle estime se trouver l’extérieur.  Crevant une nappe de mousse claire, son visage brut sortit à l’air libre

Immobile, surprise par la lumière du jour, elle laisse ses yeux s’y habituer. Petit à petit, du blanc aveugle qu’enregistre sa vision, se détache un canevas bleu-vert. Elle se trouve au pied d’un large conifère qui projette ses branches épineuses sur la trame d’un ciel pâle. Les rayons du soleil caressent sa peau. Comme un long geyser de vapeur, un rire de contentement s’échappe de sa gorge.

Libérée de sa prison souterraine, Okha explore ses environs directs. La forêt est en pente douce et il semble qu’elle s’étende loin en contrebas. Si elle se tourne vers le sens de la pente, sa lisière semble proche, à sa droite. Le vent s’est doucement levé et la lumière décroît. Un oiseau nocturne ulule soudain. Une inquiétude sourde naît dans les entrailles de la Racine. Soudain, le trou d’ou elle vient de sortir lui semble davantage accueillant. Il lui semble qu’un œil attentif l’observe, quelque-part. Il faut partir.
Suivant son intuition, elle descend vers l’intérieur de la vallée. Plus bas, ses pas croisent un épais buisson de fougères ou, après un instant d’hésitation, elle se glisse et se tient immobile.
La lumière aura disparu depuis longtemps avant que le sommeil ne s’empare finalement de son esprit.

J8

Des ombres au sud. Hurlantes, courant dans la plaine et s’enfonçant dans la forêt. Okha est remontée plus au nord. N’osant sortir du couvert des arbres qu’en terrain accidenté, elle longe désormais les contreforts des montages, laissant peu à peu la plaine se dévoiler sous elle.
Ses plans de progression vers l’est se sont vus contrecarrés par une pluie fine, enveloppant le paysage de voiles troubles et dansant. De nouveau sous le couvert des arbres, ses yeux cherchant un abri, elle avise un autre bosquet de fougères et, machinalement, en cueille quelques unes avant de s’appuyer contre un arbre. Ces feuilles ne la protégeront pas de la pluie. Mais peut-être qu’en les entrelaçant ? Les gouttes tombent autour d’elle, plus grosses désormais, mais les frondaisons tiennent la Racine au sec.

La pluie s’est arrêté depuis longtemps mais Okha continue de sélectionner des plantes pour les tresser, au moins grossièrement, en cherche d’autres, décroche du lierre. Elle tente même d’en goûter quelques-unes mais sans grand succès. Sa soif se réveillant, elle compresse une touffe de mousse entre ses mains puissante pour en extraire l’eau de pluie.
Le jour baisse, de nouveau. Tout à ses expérimentation, la Racine se fait surprendre par la disparition de la lumière. Les ombres qu’elle a vu plus tôt lui traversent de nouveau l’esprit. Aux aguets, le cœur battant, elle retrouve tant bien que mal sa couche de la veille et s’y enfonce. Cette nuit, le sommeil ne viendra pas.

J9

Faim.
Son estomac s’était déjà manifesté à plusieurs reprise la veille mais, agacée, elle avait décidé de ne pas en tenir compte. Le jour s’est levé mais l’humidité ambiante semble ne pas vouloir s’atténuer. La température est légèrement remontée cependant. Okha passe la matinée abritée, s’appliquant à tresser grossièrement un corde de lierre, fixée par des attaches de lin sauvage qu’elle a trouvé à la lisière. Les résultats sont peu concluants, la plante est bien trop élastique et les nœuds rudimentaires ne tiennent pas. Il faudrait qu’elle essaie de le faire sécher.
Son besoin de nourriture la pousse enfin à sortir de nouveau pour longer les reliefs des montagnes. Désormais un tressage de fougères protège son dos de l’averse. Sa confection épaisse se gorge d’eau et s'y colle, mais c’est mieux que rien. Empruntant un autre chemin que la veille, elle trouve un buisson de baies bleues sombres, de la taille d’un œil. Leur goût est âcre et son estomac ne va sans doute pas apprécier. Elle continue sa route.

Le corps doit-être là depuis un certain temps désormais. Ses os, en grande partie libérés de leur chair par les charognards, tiennent encore ensemble malgré tout.  Okha n’a pas envie de s’approcher mais, la perspective de se mettre au sec après tout ce temps passé à marcher sous la pluie l’emporte. Se courbant pour entrer dans la cavité ou le cadavre est affaissé, elle tente de ne pas regarder les plaies béantes qui criblent son torse, ni les larges traînées de sang sec qui traversent le mur au dessus du corps.
Partagé entre le dégoût et la curiosité, son esprit se demande qui était cet homme, comment, est-il mort ?
Est-ce que la chose qui l’a tué est encore loin ?
Okha jette un regard inquiet vers le fond de la cavité. Celle-ci lui paraît moins sûre désormais. Un petit trou ne se cacherait-il pas dans l’ombre ? Duquel pourrait sortir… quelque-chose ? Ses yeux se portent sur le haut des parois de la cave. Quelque-chose de large et de tranchant à raclé la roche, comme d’immenses griffes. La Racine tente de calmer son souffle et tend l’oreille. Seule le son de la pluie parvient à ses oreilles, entrecoupé par les pépiement d’une mésange, surprise par l'averse.
Restant sur ses gardes Okha jette de nouveau un œil au corps disloqué qui lui fait face. Sa main gauche tient quelque-chose. Jetant de rapides coups d’œil vers l’entrée, elle tente d’écarter les doigts de l’homme. Sa peau putride se délite alors que ses muscles, raidis par la mort, refusent de bouger. La nausée monte de ses intestins. Détournant le visage, elle finit son travail à l’aveugle.
Un court bout de racine à la chair blanche, prometteuse. Retenant son désir d’enfourner tout de suite cette nourriture consistante dans sa bouche, la Racine sort prudemment à l’extérieur pour nettoyer sa trouvaille.
La pluie a cessé et le soleil dispensera encore assez de lumière pour explorer les alentours. Malgré la présence du cadavre, Okha a décidé de rester dans la grotte. Une fois explorée le fond de cette dernière s’est avéré sans risque et offrant une protection appréciable contre le vent et la pluie. L’odeur de cadavre y est entre-autres, moins forte.
Alors qu’elle escalade les contreforts au dessus de son abri, Okha observe la vallée en contrebas. Le lac qu’elle avait vaguement aperçu est désormais bien visible. Sa surface lisse lui renvoie les derniers rayons du soleil filtrant à travers les nuages gris. Bientôt elle descendra dans cette direction. Mais pas ce soir.
Les plantes sont rares ici, il lui est impossible de trouver quoi que ce soit qui puisse atténuer la dureté du sol de la grotte. Tant-pis, demain elle retournera dans la forêt récupérer de la mousse. Pour l’heure, l’air frais qui descend de la montagne a engourdi son esprit, éreinté par deux nuits sans repos. Elle rentre en titubant dans la grotte, ses larges épaules se cognant contre ses parois exiguës. L’odeur du corps en décomposition se fait de plus en plus forte. Demain, elle devra le sortir. Demain…

J10

- C’est toi qui a fait ça ?

L’homme la contemple sans bouger, le doigt tendu vers l’entrée de la grotte. Ses yeux couleur olive la fixent sans ciller, sans colère ni joie. Dans son autre main il tient un long bâton droit, taillé en pointe. Sa morphologie longiligne et émaciée dégage une impression de flegme, contredite par la brusquerie de ses rares mouvements. Un poil noir et dru couvre son visage et son crâne.
Derrière lui, accroupi sur un rocher un autre homme la regarde de ses yeux gris, aussi inexpressifs que ceux de son camarade. Ses longs cheveux blonds, presque blancs, surplombent un large front et un visage imberbe. Dans ses mains il triture ce qui ressemble à d’épaisses lanières de peau entourant un galet clair.

Le bras de l’homme qui a parlé retombe. La Racine, interdite, tourne la tête vers la direction qu’il indiquait. Le mort. Elle aurait dû le sortir avant de partir pour la forêt. Les bras pris par l’épais ballot de mousse qu’elle a entrepris de ramener jusqu’à la grotte, elle reste immobile.

- Tu peux parler ?

Sa voix est étrange, faussement mélodieuse, comme s’il tentait de conter une histoire à chacune de ses paroles, sans jamais en dévoiler l’intrigue.

- N...Non

Alors qu’elle entend sa propre voix un sursaut de surprise soulève ses épaules. Elle est grave, chaude, légèrement fêlée.
Sa réponse n’en reste pas moins inadéquate et son interlocuteur penche la tête sur le côté en fronçant légèrement les sourcils. Okha le trouve inquiétant désormais.

- Non, il était déjà mort quand je suis arrivé. C’est quelque-chose de gros qui l’a tué.

Le regard de l’homme l’étudie de haut en bas. Comme s’il il suggérait que, vu sa taille imposante, elle n’aurait eu aucun mal à causer ces blessures.

- Quelque-chose de plus gros.

Pourquoi se justifie-elle ? L’homme blond, toujours accroupi, laisse échapper un rire bref, sardonique.

- Tu vis ici ? Avec lui ?

De plus en plus désemparée, Okha a de plus en plus de mal à remettre de l’ordre dans ses pensées. Elle n’a d’ailleurs pas le temps de répondre, le premier homme éclate de rire et lève sa main en l’air.

- Je te taquine. Pose ça, on va le sortir de là.

Et sans attendre de réponses de la part de la Racine, il se dirige vers l’entrée de la cavité. Son compagnon descend de son rocher et, alors qu’ils arrivent au niveau du cadavre, ils tournent leur regards vers elle.
Un instant interdite, elle laisse précipitamment tomber la mousse qu’elle a amassé et va les rejoindre. Les deux nouveaux arrivants laissent échapper des grognements de dégoût alors qu’ils traînent le corps vers le lit d’un pierrier ou ils le jettent. Il roule quelques pas sur lui-même, avant de s’immobiliser.

- Merci

Le ton n’y est pas. Quelque-chose la dérange chez ces deux hommes. Comme une sorte de non-dit qu’elle lit dans la manière dont ils posent leur regard sur elle. Le premier homme s’en rend compte et la fixe un instant sans rien dire. Est-ce un sourire qui naît à la commissure de ses lèvres ? Il jette un œil derrière eux.

- Bon, maintenant que l’on t’a privé de la compagnie de ton hôte, j’imagine que le minimum que l’on puisse faire c’est de t’inviter à notre camp ? Ce n’est pas très loin.

Tout cela va bien trop vite. D’ou sortent ces gens ?

- Vous êtes nombreux ?

- Seulement moi et Domo.

Devant son hésitation, le sourire de l’homme s'agrandit. Il baisse les yeux un instant puis, à la grande surprise d’Okha, lui tend son arme et attends.

- Qu’est-ce que…

- On ne te fera pas de mal.

Leurs regards se rencontrent, il semble franc. Par défiance, Okha lui prend tout de même son arme. Elle est plus lourde qu’elle ne le pensait, mais son équilibre est appréciable. La tenir en main lui donne confiance. Elle fait sonner sa hampe contre le sol.

- Je vous suis.

Ils traversent le pierrier et finissent par descendre encore davantage vers la plaine. L’homme aux cheveux noir a de la conversation. Il lui explique qu’il s’est éveillé il y a huit jour de cela et qu’il a rencontré le dénommé Domo, toujours silencieux, deux jours plus tard alors qu’il fuyait un guetteur. Devant le regard interloqué d’Okha il hocha de nouveau la tête et marqua un silence.

- Des monstres, comme des hommes, mais noirs comme la nuit, avec un visage hideux et déformé. Ils sont très dangereux.

- C’est peut-être ça qui a tué…

- Non. Ils l’auraient mangé.

Le soleil atteignait à peine les montagnes lorsqu’ils arrivent au camp des deux hommes. Il était situé sur un replat granitique parsemé de touffes d’herbe, surgissant de la pente. Un foyer est adossé à la face plate d’un rocher qui fait deux fois la taille d’Okha. En se retournant, la Racine aperçoit la falaise dans laquelle l'entrée de sa grotte se dessine. D’ici, elle semble franchement visible et cette exposition lui déplait.
Le feu fut allumé. Ils n’avaient pas grand-chose à manger hormis la moitié d’un lapin que Domo avait tué la veille en chassant dans les plaines, mais les deux hommes insistèrent pour le partager avec Okha.
Alors que la nuit tombe, ils continuent à discuter de la vallée. Eux n’avaient pas mis un pied dans la forêt dont ils se méfiaient mais s’étaient aventurés dans les plaines avec prudence, il ne s’y trouvait que peu d’endroit ou se cacher. La conversation dérive ensuite et Domo n’a toujours pas laissé échapper un mot. Alors que les premières étoiles leur apparaissent, il se lève et disparaît derrière la large roche qui leur fait face.
A plusieurs reprises, l’autre homme a évoqué l’idée qu’Okha puisse passer la nuit avec eux. Elle avait jusque là réussi à détourner la conversation, mais désormais ses allusions sont trop évidentes pour qu’elle puisse les ignorer. Il faut qu’elle parte.

- Non. Je vais retourner dans la caverne.

Alors qu’elle prononce ces mots, elle sait qu’elle n’en fera rien. Ils savent ou elle habite et la timide confiance qu’elle avait réussi à leur accorder après qu’ils l’aient accueillie s’est désormais envolée.

- C’est idiot, tu seras en sécurité ici.


L’homme s’est relevé. Son visage n’exprime pas la déception de la voir partir, ni même l’envie de la convaincre. Il sourit, ouvertement, un sourire crispé, dur. Quelque-chose ne va pas pas. Alors qu’elle se relève, en cherchant des yeux la lance de l’homme, elle reçoit un violent coup sur la tempe et elle perd connaissance, le temps de tomber au sol.
Lorsqu’elle reprit ses esprit, Domo l’immobilise au sol. L’une de ses main tient ses lanières de cuir, enroulées autour des poignets de la Racine, l’autre écrase sa gorge. L’autre homme, de deux têtes plus petit qu’elle, la surplombe désormais de toute sa hauteur, son sourire toujours affiché sur ses lèvres. Sans un mot, il se penche sur elle.

Elle se débattit longtemps, hurla, les empêcha d’entrer en elle. Mais alors qu’ils semblaient sur le point de renoncer, il la frappaient de nouveau et tordaient ses membres avec une rage inouïe. Sonnée par les coups et les strangulation, épuisée par une lutte qui ne voulait pas finir, elle finit par céder du terrain à leurs coups de hanche et à leur bouche cruelle. La machoire serrée, proche de la tétanie, Okha ferma ses yeux aux étoiles alors que son corps se déchirait, toujours un peu plus.


J11

La brume coulait doucement sur les contreforts des montagnes lorsqu’elle rouvrit ses yeux tuméfiés. L’aube venait à peine de poindre. Son corps s’éveilla peu à peu à un nombre incalculables de douleurs, cinglantes, constantes, sourdes, aigues, externes, internes… Il lui semblait que l’aspect sensible de ses perception se résumait désormais à une plaie brûlante. Le goût du sang envahissait sa bouche. Son esprit lui semblait aussi brumeux que le paysage qui l’entourait, gonflé de nuages lourds, à l'étrange couleur.
Ses mains étaient toujours liées dans son dos mais, de là ou ils l’avaient laissée, elle pouvait voir l’ensemble du camp. Une silhouette était allongée de l’autre côté du foyer. Domo, sans doute, quelle importance. Il ronflait. L’autre homme n’était visible nulle-part.
Faisant jouer ses liens en serrant les dens, Okha parvint à les desserrer et elle finit par se libérer. Aucune inquiétude ne l’habitait, bien qu’elle soit parfaitement conscience que l’autre puisse revenir dès qu’il le désirait. La Racine se redressa sans prendre la peine de se faire discrète. Son dos lui faisait affreusement mal. En grognant, elle s’approcha du foyer et saisit un galet. Domo avait cessé de ronfler. Machinalement elle effleura sa tempe. Elle était couverte d’une épaisse couche de sang coagulé, tenue en place par ses propre cheveux, elle soupira. L’homme blond laissait désormais échapper des grognements suggérant un éveil imminent. Okha s’accroupit doucement à côté de lui, comme si elle attendait quelque-chose.
Et alors qu’il ouvrait des yeux endormis et les tournait vers elle, avant que la surprise ne puisse se lire dans son regard, elle abattit son lourd caillou sur le côté de sa tête. Il mourut sur le coup mais elle le frappa tout de même une seconde fois, pour être sûre d’entendre son crâne se fêler. Puis, comme dans un rêve elle traîna son corps inerte jusqu’au foyer et enfonça son visage dans les braises couvantes. Rapidement l’odeur de la chair brûlée lui parvint, elle s’étira. Soudain un bruit lui parvint, derrière elle. L’autre homme se tenait à quelques mètres, son arme pointée vers sa poitrine, ses yeux étaient grand ouverts et, enfin, elle pouvait y lire quelque-chose. Sa lance de bois vibrait sous la pression qu’il mettait à maintenir sa garde. Elle fit un pas vers lui.
Son attaque fut rapide mais bien trop précipitée et emportée. Elle érafla à peine l’avant-bras d’Okha qui d’un mouvement du bassin se mit hors de sa trajectoire. Profitant du déséquilibre de son adversaire et de son allonge considérable, sa main droite agrippa la gorge de l’homme qu’elle tira à elle. Sa lance était désormais inutile mais il tenta tout de même de la frapper avec la hampe, ne réussissant qu’à ajouter quelques bleus supplémentaires sur ses cuisses et ses mollets. Ce temps précieux aurait pu lui sauver la vie alors qu’Okha finissait d’enserrer son cou de sa seconde main. Quelque-chose se brisa et l’homme, après un dernier spasme, devint inerte. La Racine le laisse tomber.

La brume se dissipe. Elle ne sait plus depuis combien de temps elle se tient debout à contempler le premier homme qu’elle a vu, le deuxième qu’elle a tué depuis son éveil; il ne lui a même pas dit son nom. Des larmes coulent de ses yeux mais elle n’y prête aucune attention.
Saisissant l’arme de l’homme et, s’appuyant sur la hampe, la grande Racine quitte doucement le camp.

J12

Elle ne se rappelle que confusément ce qui s’est passé la veille, après son départ. Puisqu’elle se trouve désormais dans la grotte elle a du retourner s’y allonger. Elle sait qu’elle a dormi, beaucoup, toute la journée et une bonne partie de la nuit. Elle sait aussi qu’elle doit partir d’ici. Les deux hommes sont venus jusqu’ici, jusqu’au fond de cette grotte, elle doit partir. Ce n’est pas un sentiment de peur, ni même de dégoût qui l’habite c’est juste la façon dont les choses doivent être. Elle ne veut pas réfléchir. Elle se lève, son dos lui fait encore plus mal que la veille.

Okha rejoint le lac en longeant la forêt. Elle s’arrête pour  cueillir quelques plantes et les agencer de manière à ce qu’elle couvrent sa poitrine et son sexe.  Suivant sa berge vers l’ouest, elle choisit un endroit discret mais d’ou elle peut avoir une vue dégagée, notamment de l’orée de la forêt. Le temps a fraîchi mais, après avoir jeté un regard alentour, elle s’enfonce dans l’eau et entreprend de nettoyer son corps meurtri, avec application. Un éclat de voix jaillit loin à l’est et elle s’immerge jusqu’au cou. Elle y reste un temps puis, sûre de ne plus rien entendre, elle se glisse hors de l’eau, se rhabille, récupère et rejoint le couvert des arbres.


La suite de l’histoire d’Okha correspond à celle de Serpe, à peu de choses près. L’histoire ci-après est donc un résumé de leurs péripéties jusqu’au jour 18. Le détail de ces dernières se trouvent dans les RP de Serpe, disponible chez votre marchand de journaux.


Serpe rencontre Okha alors que cette dernière le surprend à proximité du campement de Terre Rouge. Elle manque de le tuer mais est rapidement séduite par l’étrange charme de l’échoué. La nuit du même jour, ils sont attaqués par deux cannibales qu’ils neutralisent mais Okha est blessée. Ils décident de rallier le camp des Terre Rouge pour demander de l’aide. Ils y sont accueillis et soignés. Okha s’attache de plus en plus à Serpe. A sa mystique qui la font espérer un échappatoire de cet enfer et à sa douceur respectueuse de son intimité.
Le quinzième jour, les membres de Terre Rouge tentent de venir en aide à deux hommes attaqués par des Brises-Crânes. Leur tisseuse tombe sous leurs coups mais ils sortent victorieux du combat. Serpe de son côté, prend cette attaque comme un signe. Il incite Okha à quitter Terre Rouge pour aller chercher ailleurs une vérité que ceux qui sont devenus leurs compagnons se refusent à voir. La Racine le suivra à contrecœur, se sentant en sécurité et entourée au camp. Mais son affection pour Serpe prendra le dessus et elle le suivra.

Ils partiront à l’aube du dix-septième jour vers les montagnes au nord-ouest. Ils y feront la connaissance de Santre, une Cime qui les accueillera au sein de son camp. Les deux compagnons ne comprendront que plus tard qu’ils étaient initialement destinés à être dévorés par les membres des Cavernes Rauques. Mais Santre, rendue curieuse par les propos de Serpe, sur un échappatoire, l’existence d’un Reflet de ce monde et de portes y menant, décide de les épargner et, usant de sa magie, convainc le reste du groupe. Il est évident pour Okha que Santre s’accapare Serpe et que celui-ci éprouve une certaine fascination pour elle. Cette éloignement la blesse, d’autant plus qu’elle sent que la plupart des membres des Cavernes sont proches du basculement. Elle ne se décide à rester que parce qu’elle craint pour la sécurité de Serpe.

Au début du dix-huitième jour, poussés par la faim, ils escaladent les montagnes, suivant une Cime venue leur demander de l’aide. Leur intentions sont loin de suivre ses espérances, mais ils n’ont pas le temps de les mettre en pratique. Le camp est dévasté et la jeune femme qui est venue à leur rencontre est tuée par un monstre qui semble capable de contrôler les esprits. Ils se décident à l’attaquer mais sont alors isolés les uns des autres par une illusion collective. A sa dissipation, le monstre a disparu et ils sont tous relativement indemnes, hormis Leora et Okha, gravement blessée. Ils s’emparent des fourrures des morts, d’un peu de nourriture et, portant leur blessée, redescendent jusqu’à leur camp. Sur le chemin du retour, Okha perd connaissance.

En ce qui vous concerne :


Prénom / pseudo : Okha, ou Serpe pour les nostalgiques
Age : 25, bientôt
À quelle fréquence serez-vous présent(e) sur le forum ?

Une fois par semaine au minimum, au-delà je préviens. 4 jours sur 7 en général.

Comment avez-vous découvert le forum (par internet, on s’en doute) ?

Top-site !

Avez-vous des remarques à propos du forum ?

Toujours aussi prenant ^^

Telod
Administrateur
Messages : 119

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
Lun 14 Nov 2016 - 23:13

Bonjour Okha et re-bienvenue sur Musaraignes !

Quelle élégance, quelle classe, quelle puissance ! Okha me fait plaisir dans cette histoire très bien écrite ! Vraiment je te tire mon chapeau inexistant très cher ex-Serpe, je n'ai rien à redire.

Par conséquent...

Très cher Serpe, ou plutôt devrais-je dire Okha,

Je m'appelle Telod, et je te fais parvenir cette missive pour te dire que je vais très probablement te Ici est inscrit un mot raturé plusieurs fois, une tâche d'encre cache finalement les quelques lettres que l'on aurait pu discerner. Par conséquent, dans cette optique, je voudrais t'envoyer mon affection car je sais que le début de cette ère signe la fin d'une autre. Certes, Serpe sera toujours présent, mais il y aura quelque chose en moins. Donc je voudrais parler de ce Serpe que j'appréciais fort :
Il était terriblement flippant, très bizarre et, par moments, j'ai bien cru qu'il allait me buter. Mais dans le fond nous savions tous qu'il était.. on sent dans les nombreuses ratures et indécisions qu'il y a eu une grande hésitation en cet instant. très.. enfin, qu'il était, vraiment... quoi ? Comment pourrait-on dire cela ? Disons qu'il... était. Voilà, ça c'est certain.
Et c'est pour cette très bonne raison que je l'appréciais tant.

J'espère pouvoir aimer Okha autant, voire plus, que je n'aimais Serpe. Car, dans le fond, il se pourrait bien qu'elle devienne encore plus flippant que Serpe, parce que ce dernier, lui, il avait quand même un sacré corps de faible. Enfin, pardon de le dire hein, c'est pas contre toi, c'est juste que c'était quand même une sacré femmelette. Une fois je crois que je l'ai vu, il se baladait à poil, j'avais l'impression que j'avais affaire à une mante religieuse tellement il était fin. Le mec tu lui soufflais dessus il voguait sur tout le lac direction sud jusqu'à atteindre les montagnes et tout. Nan sérieusement j'ai pas compris comment il avait fait pour rester en place si longtemps, en toute logique il aurait du se foutre le camp par delà les pics rocheux avec les premières brises matinales, et encore je dis ça mais je suis sûr qu'il y aurait eu besoin de moins que ça, limite tu sais le moment où Jean-Eude il en a largué une grosse, tu vois de quoi je parle ? Sérieux cette fois là on avait mangé un sale truc, je sais pas trop ce qu'il s'était passé. Mais je m'égare...

Quoi qu'il en soit, je souhaite à Serpe une belle vie de PNJ, et quant à toi, Okha, je te blabag... le reste du mot est illisible.

PS : Ou quelque chose comme ça.


Phrases de Okha :

- Debout sous l'orage. Debout dans la cage. Debout devant le monde et sa rage.

- Tout cela doit s'envoler, partir et disparaître.



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