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Meor
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Messages : 8

Jour d'éveil : 11
Race : Racine
Métier : Bûcheron
Dim 18 Déc 2016 - 23:41

Après-Midi Jour 13


J'étais resté longtemps comme cela, la tête ensevelie sous une immensité de sable et de terre.
Ces petites choses brûlaient mes joues, ils me faisaient suer, mais malgré cela, je me résignais à ne pas quitter mon cocon, ma protection; ma torpeur. La notion du temps m'était inconnue. Jour, nuit ? Comment savoir. À vrai dire, je m'en foutais. Cela ne m'aiderait pas à résister à la mort et ses caprices. J'étais lâche, faible et trouillard. La honte me collait à la peau.

Néanmoins, je ne désirais pas mourir tête dans la poussière. Je méritais une mort décente après tous mes efforts. Je-le-méritais, et personne ne pourrait dire le contraire. En un soupire, je levais péniblement ma tête vers l’horizon, et je ne vis rien. Ma vue était floue, et mes gestes lents.

Je toussais un peu et un nuage de poussière s'échappa de ma bouche. À sa suite, un rire nerveux secoua ma gorge. Bien que la voix ait arrêté de me parler, la folie, elle, ne m'avait pas quitté.
Je me redressais, étouffant quelques gémissements de douleur. Je passais une main sur mon visage afin de dégager ma vue. E-... et je vis enfin un espoir. Une petite forêt trônait fièrement au milieu de la plaine, à quelques centaines de pas de moi. En respirant comme un chien en chaleur, je m’élançais en direction du boisé, ou du moins j'essayais.
Après une course interminable, je m’écroulais au pied d'un arbre, fatigué mais heureux. Quitter mon lieu de réveil fut une grave erreur. Une action inconsciente et stupide, mais j'étais vivant et en... santé. C'est tout ce qui comptait.

Je restais de nombreuses heures au pied de l'arbre, étendu comme un mort. Je regardais fixement le ciel et les cimes des arbres. La force me revenait lentement, en contrepartie, mon ventre gargouillait de faim. Je devais rapidement trouver des vivres, et surtout de quoi étancher ma soif. Je ne savais pas chasser, ce qui m'obligerait à me contenter de baies et autres petits fruit qui parsemaient les buissons. Pour l'heure, la nuit approchait, je devais me trouver un abri au plus vite.  

En fouillant un peu les alentours, je tombais sur un arbre avec des racines suffisamment écartées de l'une des autres pour pouvoir m'y glisser sans trop de mal. Je ramassais le seul objet en ma possession, - c'est-à-dire un bâton - et pénétrais dans mon nouvel abri. Je me fis un peu de place en écartant les pierres et les feuilles mortes d'un geste lasse, et je me roulais ensuite en boule. Je déposais ma tête sur le sol et fermais lentement les yeux, au moment même où le soleil disparaissait à l'horizon.

Finalement, ma vie n'était pas si éculé que cela...


Mâtiné Jour 14


Le réveil fut particulièrement difficile.
Je restais pendant une demi-heure, coincer entre les racines, déterminé à y rester. C'était la première nuit où j'avais bien dormi, et j'espère, pas la dernière. Conscient que je ne n'accomplirai pas grand-chose dans ce trou, je sortis de ma cachette, boudeur et maussade. Il fallait tout d’abord chercher de quoi manger. Je fis donc le tour des lieux, espérant y trouver de quoi me rassasier.

Tout ce que la nature daigna à me donner fut une poignée de champignons douteux. N'étant pas prêt à mourir d'empoisonnement, je les jetais par-dessus mon épaule et m’enfonçais à l'intérieur de la forêt, désireux de trouver des aliments plus comestibles.
À travers les bois, les rayons du soleil venaient se planter sur mon chemin, tel un guide aidant un voyageur perdu. Remerciant intérieurement l'orbe incandescente pour son aide, je continuais à marcher sans réel but, si ce n'est trouver de quoi subsister.

Suite bientôt
Meor
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Messages : 8

Jour d'éveil : 11
Race : Racine
Métier : Bûcheron
Ven 30 Déc 2016 - 1:19

Jour 14


Quelques heures avaient passé depuis mon départ. Le soleil semblait toujours plus majestueux, montant lentement dans le ciel, nous surplombant tous, nous simples mortels.
Plus que le temps avançait, plus mon respect pour l’orbe incandescente prenait forme. Cette chose nous  éclairait la voie. Tel un guide aidant un voyageur perdu. Le soleil nous protégeait de l’obscurité et de ses méfaits. Il me protégeait. Celui-ci ne méritait qu’une profonde admiration. De toute façon, c’est tout ce que je pouvais lui donner. Du moins, pour l’heure. Ainsi, je marchais pendant un bon moment. J’avais abandonné mon arbre pour me lancer dans une exploration plus approfondie des lieux. Quelques temps après, je m’arrêtais brusquement, en raison de la pierre qui avait pénétrer ma chair, ou plutôt celle de mon pied. Grimaçant de douleur, je baissais la tête afin d’observer la blessure. C’est à ce moment-ci que je remarquais mon extrême maigreur .

J’étais maigre . Ça, c’était irréfutable.

Du plus loin que je me souvienne, c’était la deuxième fois que je prenais la peine d’observer mon torse et ce qui lui précédait. Je soupirais. Raison de plus pour que je trouve de quoi me remplir le ventre. Ma gorge devenait aussi de plus en plus sèche, signe que la déshydratation se faisait sentir.  Sortant de mes pensées, je saisis délicatement la pierre, ne voulant pas abîmer les tendons et ainsi causer une hémorragie interne, ou une hémorragie tout court. Dans les deux cas, ce n’était pas souhaitable. Un rictus apparut sur mon visage quand je la retirais d’un coup sec. Pour arrêter le saignement, je décrochais une feuille d’un arbre afin de l’appliquer sur mon égratignure. Je restais plus d’une dizaine de minutes, comme cela, accroupis bêtement au milieu de la forêt, essayant de penser une blessure.

Une fois le sang séché, je retournais à mes recherches, accélérant la cadence afin d'avoir de quoi me remplir le ventre avant la tombée de la nuit. Mon voyage se poursuivit pendant plus d'une heure, avant de m'arrêter pour fouiller un regroupement de buissons. C'était la troisième fois que j'en trouvais. Mes précédentes recherches avaient été infructueuses, mais j’espérais que cette fois ce serait la bonne. En écartant quelques branches et en glissant ma tête à l'intérieur de l'un d'eux, je trouvais afin ce que je cherchais. Une dizaine de baies, environs. Rien d'exceptionnel, mais ça aurait le mérite de retarder mon échéance. De plus, il restait plusieurs autres buissons à ma disposition. S'il y en avait dans chacun d'eux, alors j'avais trouvé le gros lot.
Et j’eus raison. Il y en avait beaucoup plus de ce que je pensais. Néanmoins, je n'étais pas assez idiot pour croire que les réserves ne s’épuiseraient jamais. Un jour, je devrais repartir à nouveau. Mais au moins, ma trouvaille me laisserait le temps de me pratiquer à la chasse. Ce que je n'avais jamais eu le temps de faire jusqu'à maintenant.

Après avoir regroupé une trentaine de ces petites choses sucrées, je me mis à l'ouvrage. Je les mangeais lentement, pour savourer le moment. Ce genre de plaisir serait rare à l'avenir. En profiter était donc la seule chose que je pouvais faire. Une fois finie, je léchais mes doigts avec soin pour faire continuer ce bonheur. Je me levais ensuite pour regarder l'ensemble des buissons. Pour être parfaitement honnête, j'étais déçu. Je savais que je devais en garder pour plus tard, mais j'avais si faim. Je me pinçais les lèvres et regardais autour de moi. J'étais dans une clairière, et celle-ci était entourée d'arbres. Un bon endroit pour pouvoir me cacher rapidement des intempéries. Je n'avais plus qu'à m'installer et je serai tranquille pendant un bon moment. Du moins, si quelqu'un ou quelque chose ne venait pas piquer dans mes réserves. Cette pensée me fit soudainement prendre conscience que ce bout de terre ne se défendrait pas tout seul. 

Vint ensuite une question. Comment trouver de l'eau ? Bien que j'ai affreusement besoin de m'abreuver, le jus que contenaient les baies - en petite quantité - m'avait donné une nouvelle... fraîcheur. Peut-être était-ce le fruit de mon imagination, mais je pouvais maintenant produire des sons avec ma bouche sans avoir un gros mal de gorge. Malgré ce constat, je n'étais pas dupe. Ce n'était pas des fruits de quelques centimètres qui allaient étancher ma soif. Demain, je devrais me bouger les fesses, et en vitesse.
Sinon, mes heures étaient comptées.  
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