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Rendez-vous au sommet /CLOS/ [Commun / J19 : Matin / Okha|Hiss]
AuteurMessage
Hiss
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Messages : 70

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Mer 4 Jan 2017 - 23:37

Son ventre grondait. Près d'elle, les autres n’émettaient que des sifflements doux et des respirations apaisées. Ils n'avaient plus rien à manger, mais pour l'heure, ils n'avaient pas besoin d'y penser. Ils dormaient.

La blonde se leva délicatement, la hanche encore piquante de douleur. Elle quitta la chaleur de Staz, encore endormi, puis marcha sur la pointe des pieds vers Aël, qui était allongée contre Halya. Les reflets de la lumière extérieure - faible, mais suffisante pour discerner les formes de la grotte - faisaient danser la chevelure rousse dans les yeux de la blonde, comme une tache floue et étincelante. Mais ce n'était qu'une impression, parce qu'Hiss cligna des yeux, et les couleurs s’estompèrent. Elle se baissa et posa sa main sur l'épaule pâle de son amie, en murmurant son nom.

Aël ouvrit un œil, vivement. Puis le deuxième, et une fois qu'elle fut rassérénée par la vision de la blonde en surplomb, les referma.

"Il est trop tôt pour les conseils de guerre, chérie."

Elle avait murmuré, tout doucement, en se repositionnant contre Halya, qui semblait émerger durement. Hiss n'avait pas bougé d'un iota.

"S'il te plaît. J'ai besoin de toi."

La rousse failli lui rétorquer qu'elle n'avait qu'à aller rejoindre les bras de son trembleur pour chercher du réconfort mais s'abstint. Simplement parce que si la veille, la blonde était venue requérir son aide et celle d'Halya, le ton avait clairement changé. Hier, Hiss pataugeait dans la trouille. Aujourd'hui, bien qu'il y reste un ton de fierté emmerdée, sa voix était grave et maîtrisée, et ses yeux exprimaient quelque chose
d'étrange. De froid, d'impétueux peut être.

Elle poussa un soupir.

"J'arrive."

Quelques minutes plus tard, elle s'asseyait à côté de la blonde devant la grotte. La lumière était encore un peu bleue, et grise. Il faisait encore froid, et la neige n'avait fondu que partiellement.

"On a plus rien à se mettre sous la dent."

C'était calme, assuré. Son regard était plongé dans l'observation de l'horizon invisible, caché quelque part derrière les Montagnes qui crevaient  le ciel terne. Hiss ne lança pas un seul regard vers la rousse. Elle se sentait à la fois fatiguée, un peu en colère - allez savoir pourquoi - et triste. Mais pas une tristesse mauvaise, plutôt une sorte de mélancolie douce.

"C'est pour ça que tu m'a réveillée? T'aurais pu t'abstenir."

Hiss se tourna vers elle, étudia un instant son visage, marqué d'une moue agacée.

"On est les deux seules à savoir chasser. Halya et toi êtes les deux seules qui soyez vraiment en forme, moi ça s'arrange, mais les autres... Ils sont tous faibles."

Aël ne répondit pas. C'était vrai, et il n'y avait rien à ajouter. Alors elle attendait la suite, les sourcils froncés.

"Du coup, il va falloir qu'on s'y colle. Chasser, je veux dire. Mais on peux pas laisser ceux qui sont trop faibles seuls. Alors Halya reste ici. Et on ramène à bouffer."

"Mouais. Et si jamais on se fait avoir, nous? Qui va les nourrir? Parce que tu sais parfaitement qu'à deux, on a pas énormément de chance face à un groupe de guetteurs."

"Gràr est toujours dans les parages."

Aël eut un rire bref qui ne ressemblait pas à un rire.

"Gràr est mort. Ou bien c'est en cours. Arrête avec ça."

Elle se leva, frissonnant légèrement. En fait, elle était assez d'accord avec Hiss. Elle n'aimait juste pas recevoir d'ordres. Alors elle ne dit rien, et alla secouer un peu Halya. La blonde l'avait suivie pour aller chercher sa lance, et écoutait attentivement les mots d'Aël pour son amie. Lorsqu'Halya fut suffisamment réveillée et certaine d'avoir bien compris le sens de ses mots, la rousse l'étreignit et sortit, précédée de la blonde.

...

"Tu n'as rien dit à Staz?"

Elles marchaient depuis environ une heure, se faisant discrètes au possible, évitant de parler. Hiss était toujours nue, mais avait recouvert une partie de son corps de boue grise, et presque tout avait séché, s'écaillant à certains endroits, se lézardant à d'autres. Aël portait sa tenue simple de feuilles, qu'elle avait rafistolée à certains endroits.

Hiss ne répondit rien. Aël le savait, de toute manière. Tout le monde savait maintenant, mais elle ne voulait pas en parler. Staz avait plus besoin de sommeil que de savoir ce qu'elle faisait. Et quand il s'éveillerait, il aurait besoin de manger. Alors la blonde partait chasser. Mais dire qu'elle faisait ça en priorité pour Staz lui arrachait la gueule, alors elle s'abstint. La rousse savait, voilà.

Elles avaient longé le Lac de loin jusqu'à présent, mais il fallait bien se rendre à l'évidence : aucun gibier ne rôdait par ici. Alors elles s'enfoncèrent un peu plus vers l'est, s'aventurant là ou elles n'étaient jamais allées jusqu'à lors. Elle devaient grimper un peu au début, et la végétation se fit de plus en plus rare. La terre sous leur pieds changea de teinte, et les rochers se firent plus nombreux. Alors qu'elles apercevait des reliefs plus escarpés, un peu plus loin, Aël eu un claquement de langue et tapota l'épaule de la blonde. Un renard avançait, une vingtaine de pas plus loin. Il ne les avait pas encore vues, qu'elles se baissaient déjà au sol, les yeux rivés sur lui, retenant leur souffle. Elle se séparèrent sans faire de bruit, tentant de l'avoir en tenaille. Mais il du les flairer et s'immobilisa un instant, avant de détaler plus vite que le vent, loin de leur portée. Ce petit échec les agaça.

Elles avançaient plus doucement maintenant qu'il fallait grimper et concentrer le regard sur plus d'étendue. Lorsqu'elles arrivèrent à des parois rocheuses plus abruptes, elles s'arrêtèrent un moment  pour souffler.

"On ne peut pas continuer par là. Déjà, parce qu'à moins de chercher du bouquetin, rien ne doit vivre dans le coin et ensuite parce que tu es trop lente pour avancer sur un terrain escarpé."

Hiss soufflait fort. Elle serra les dents et les poings, consciente que la rousse disait la vérité. Sa hanche la lançait. C'était une douleur plus sourde qu'auparavant, moins gênante. Mais ça restait une faiblesse.

"On arriverait pas à choper un bouquetin, même si j'étais en forme, de toute façon."

Elle se leva et fit quelques pas, dos au Lac, le regard perdu dans les roches pâles veinées d'ocre. Et quelque chose attira son attention. Quelque chose était apparu à l'angle d'une énorme pierre. Elle fit un mouvement vers la rousse et ramassa sa lance, avant de lui prendre le bras et de la plaquer contre la paroi d'un rocher.

"Y'a un truc vivant qui approche. C'est pas un monstre. Mais je crois pas que ce soit un animal."

Elle chuchotait, tentant de jeter un œil vers la source de ses palpitations sans se faire voir. Puis elle la vit. C'était une femme, très grande et massive. Impressionnante. Elle leur tournait le dos et s'était arrêtée, Hiss ne pouvait pas voir son visage.

"On fait quoi? Elle est toute seule, on est deux."

"Qu'est ce que t'en sais, qu'elle est seule? Ça se trouve, il y a une horde de gens avec elle et ils sont cannibales. On reste la, on fait rien et on l'évite, basta."

Aël avait passé sa tête au dessus de celle de Hiss, et observait l'inconnue. Mais quand cette dernière se tourna vers elle dans un mouvement, elles ne furent pas assez promptes à disparaître. Peut être une seconde trop tard.

"Et merde, elle nous a entendue!"

Hiss serrait fort sa lance entre ses doigts, ne sachant plus vraiment quoi faire mis à part attendre, dans l'espoir que la grande femme un peu plus loin n'aie pas remarqué leur présence. Aël grogna tout bas, les muscles bandés.

Elles n'attendirent pas longtemps la réponse.
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Okha
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Messages : 72

Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Jeu 5 Jan 2017 - 23:29

Alors que l’aube pointait dans un ciel violacé par le froid, Okha prit le chemin du sud.

- Musaraignes dans tes entrailles. Grouillent dans tes boyaux. Mangent ta force et tes mots.

Okha serra les dents et se concentra sur l’herbe qui défilait doucement sous ses pieds. Elle avait quitté les contreforts des montagnes depuis quelques temps maintenant et évoluait sur le plateau rocailleux sans trop se soucier de sa direction. L’être noir, elle le revoyait maintenant en rêve. Il avait assailli sa nuit de cauchemar corrosifs et, malgré un réveil difficile, elle avait quitté ses songes avec un soulagement qui lui avait presque arraché une larme. Personne n’était levé. Seul Ateul s’était éveillé et, immobile, la fixait de sa couche. Le bras de Santre barrait son torse. Elle avait failli lui proposer de l’accompagner mais s’était abstenue. Elle ne voulait pas réveiller les autres. Durant sa marche, alors que ses visions nocturnes s’effaçaient, l’étrange regard de l’échoué vint immiscer dans ses pensées. Elle n’avait toujours pas entendu sa voix. Il lui évoquait un petit animal crispé mais réfléchi, n’attendant que la bonne occasion pour s’enfuir d’une tanière de loups. Peut-être l’avait-il déjà ratée.
Le pied de la racine buta contre un caillou et, poussant un juron, elle releva la tête. De la ou venait ses pas, les montagnes paraissaient légèrement plus petites désormais. Devant, un pic imposant, à la cime rabotée, se dressait sous le ciel. Après s’être gourmandée quand à son manque d’attention qui aurait pu lui coûter la vie, Okha frissonna son sa fourrure et observa le relief. Il n’était pas insurmontable. Il n’était en tout cas pas aussi menaçant que les montagnes qu’ils avaient gravi il y a deux jours. Sa main vint avec précaution se poser sur les contours de sa blessure à l’épaule, alors que ses yeux cherchaient un chemin jusqu’au sommet. Alors que ses doigts s’approchaient plus près de la plaie désormais bien refermée elle tressaillit. Non, ce n’était pas prudent. Peut-être qu’ici aussi des êtres noirs vivaient.

- Musaraignes dans tes entrailles. Grouillent dans tes boyaux. Mangent ta force et tes mots.

Quel étrange litanie. Elle ne se rappelait pourtant pas avoir entendu l’être noir la lui adresser une seule fois. D’où venait-elle ? Son esprit encore fiévreux aurait pu l’instiller dans ses rêves, mais elle ne se connaissait pas un tel lyrisme. Frissonnant de nouveau elle entreprit de contourner le volcan par l’ouest.
L’entreprise ne fut pas des plus aisées. Les rochers étaient aussi escarpés et coupant qu’autour des Cavernes et elle devait constamment s’appuyer sur sa lance. En meilleure forme que la veille, elle n’arrivait toutefois pas à avancer à un rythme normal sans risquer de chuter et de rouvrir sa blessure. Valait-il mieux faire demi-tour maintenant ? Le sourire de Santre, les yeux de Moream, la peur de Leora, leur odeur… Elle continua sa route.
Le soleil se levait dans le ciel, et malgré le froid qui enserrait ses membres, elle pouvait maintenant apprécier sa caresse le long de sa peau bariolée. Le terrain redescendait à peine et les plaques d’herbe se faisaient plus nombreuses, piquetées de petites fleurs blanches. Okha failli se pencher pour en ramasser un mais s’abstint soudain. Des voix. Deux, trois personnes ? Quelques pas plus loin. La racine se pencha pour jeter un œil derrière la déclivité rocheuse qu’elle allait dépasser, juste à temps pour voir deux formes floues disparaître derrière une aspérité, elle s’immobilisa. De la ou elle était, il lui semblait percevoir des murmures diffus entrecoupés de silence. La racine jeta un œil autour d’elle. Elle pouvait difficilement être encerclée. Et puis la réaction de ceux qui lui faisaient face ne semblait pas indiquer une confiance excessive en leur position, bon point pour elle. Il valait toutefois mieux se montrer prudent. Un être acculé peut beaucoup, Okha en savait quelque-chose. Se mettant de profil pour ne pas exposer son épaule meurtrie, la grande femme se redressa, la lance abaissée mais maintenue fermement à quelques centimètres du sol.

- Allons, montrez-vous, je vous ai vu.


Rien ne bougea pendant un instant. Continuant à regarder furtivement autour d’elle, la racine jugea que son ton n’avait pas du être très convaincant, elle se savait peu douée dans l’exercice du tact et de la négociation. Elle allait tenter d’employer un ton plus doux, sans trop de conviction, quand deux silhouette se détachèrent soudain du pan de roche qui lui faisait face. Deux femmes, une grande et svelte blonde et une rousse, plus petite, l’une la fixant avec un regard curieux, l’autre avec une méfiance presque agressive. Bon. Et maintenant ?
La racine releva sa lance à la verticale et tendit sa main droite.

- Je me nomme Okha, je n’ai pas d’intention agressive à votre égard. Si je me trouve trop près de votre camp ou de votre bien je peux rebrousser chemin.

Elle assura sa prise sur la hampe de sa lance.

- Mais, dans ce cas, je vous conseille de me laisser partir. Je ne porte rien de valeur et je défendrais chèrement ma vie.

- Tu ferais peut-être mieux de revenir d’où tu viens alors.

La petite rousse nerveuse avait parlé, Okha se morigéna intérieurement. Comment pouvait-elle comprendre les êtres qui l’entourait et ne pas parvenir à communiquer avec eux ? En temps normal elle aurait sans doute bifurqué vers le lac. Mais cela faisait maintenant plusieurs jours qu’elle n’avait pas parlé à quelqu’un qui ne soit pas dément, illuminé, cannibale ou mort de trouille qu’elle rechignait à interrompre là cette conversation. Jetant un œil à la blonde, une cime peut-être ? Elle la vit jeter un regard intéressé à sa fourrure et à ses attaches en os. Il est vrai qu’elle n’était vêtue que de boue, sa camarade avait au moins un pagne de feuille rudimentaire, peut-être était-elle simplette ?

- C’est mon habit qui t’intéresse ? Nous les avons confectionné récemment…

Alors que le mot « nous » sortait de sa bouche elle sentit la tension monter entre elles, mauvaise tactique, encore une fois. Maladroitement, Okha se tourna vers le nord et d’un geste large désigna la direction d’où elle venait.

- Heu… nous, c’est les Cavernes Rauques, c’est plutôt loin par la-bas.


Parfait, maintenant elle leur confirmait qu’elle était seule et loin de son camp. La racine s’insultant intérieurement de tout les nom crispa la mâchoire ; cesser de parler était sans doute le meilleur moyen de ne pas envenimer la situation pour le moment.

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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Dim 8 Jan 2017 - 19:53

La blonde tressailli en entendant la voix de l'inconnue. La vision d'un ocre pâle, stridulé et languissant passa dans sa tête pendant un court instant. Elle se tourna vers Aël, qui leva les yeux aux ciel.
Alors elle se levèrent, calmement, et s'avancèrent vers cette femme immense. Hiss n'était pas vraiment confiante, mais ne pouvait s'empêcher de détailler cette inconnue, entourée d'un halo de force calme, des vêtements bien plus élaborés qu'elle ai pu voir jusque là. Et ses yeux, d'une couleur étrange, l'impressionnaient beaucoup. Elle écouta ses paroles pacifiques et imprégna son nom dans son esprit.

Lorsque Aël lui rétorqua une de ses phrases cinglantes, ce fut à Hiss de pousser un bref soupir par le nez. La rousse n'était pas une alliée diplomatique. Rien que pour ce genre de phrases, elle pouvait causer des guerres.

Okha eut un regard énigmatique, et Hiss en profita pour plisser les yeux vers les fixations en os apposées sur sa fourrure. Elle voulait juste attendre quelques secondes réglementaires avant de savoir si oui ou non, bataille il y aurait. Mais elle devinait le menton relevé d'Aël, ses épaules tendues et sa poitrine bombée, tentant de se faire plus grande qu'elle n'était - et généralement, ça marchait.

"C’est mon habit qui t’intéresse ? Nous les avons confectionné récemment…"

Ces mots lui étaient adressés directement, alors Hiss leva la tête vers son interlocutrice, son sourcil gauche froncé et un air un peu interrogatif. Elle avait eu l'impression d'être un enfant à qui on parle avec calme et en détachant bien les syllabes. Ce ne fut qu'après qu'elle pris en compte le "nous" inclut dans ces mots, et sentit se tendre la rousse près d'elle. La grande le comprit tout de suite et lâcha :

"Heu… nous, c’est les Cavernes Rauques, c’est plutôt loin par la-bas."

La blonde regarda vaguement le point présenté, et se dit qu'elles étaient assez semblables, finalement. Et puis elle n'avait pas vraiment l'air mauvais. Alors Hiss lui sourit.

"Moi c'est Hiss, elle c'est Aël. On cherche de la nourriture, mais on a rien trouvé d'autre qu'un renard fugueur pour le moment."

Aël haussa les épaules en claquant la langue. Cependant, elle ne dit rien, laissant Hiss faire la conversation pendant qu'elle croisait les bras sur sa poitrine, un air fier luisant dans ses yeux.

"On est loin de notre campement, nous aussi. C'est la bas, vers le gros bosquet près du Lac."

Hiss tendait le doigt vers la position de leur grotte, l'endroit ou se trouvait pour le moment tout ces gens qui constituaient un sorte de groupe. Et son Staz, qui devait crever la dalle après son hypothermie et sa journée comateuse de la veille. Elle s'égara un instant dans ses pensées, comme à son habitude. Aël reprit, d'un ton toujours dédaigneux.

"Pourquoi t'es seule, aussi loin de chez toi? Tu m'as pas l'air d'être en grande forme non plus, pourquoi pas rester avec eux?"

Hiss revint sur terre, et s'appuya sur sa lance en baillant longuement, et sa mâchoire claqua dans un petit bruit sec que toutes entendirent nettement. Puis elle cligna des yeux, avant de les replonger dans ceux de Okha.

"Tu sais chasser, Okha? Parce que si tu as besoin d'un abri temporaire, on a de la place. Juste si tu peut nous filer un coup de main pour ramener à bouffer, et aussi me montrer comment tu fais tes vêtements, ce serait super."

Elle fit quelques pas pour s'asseoir sur un rocher, et releva la tête en comprenant que sa proposition était un chouilla maladroite. Elle avait toujours du mal à faire la discussion avec des inconnus.

"Enfin, à moins que tu aie d'autres plans! On ne cherche pas d'ennuis, notre groupe est faible et tout ce qu'on veux c'est un peu de paix."

Hiss repensa à sa rencontre avec Staz, puis avec Aël et Halya, quelques jours plus tôt. Avant de croiser la route de Staz, elle n'avait rencontré que deux hommes, très furtivement. Elle sourit à ces pensées, un pincement au cœur en pensant au grisonnant. Elle avait hâte de rentrer le retrouver.


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Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Mer 11 Jan 2017 - 23:38

Okha écoutait chaque mot de Hiss tout en observant d’un œil attentif l’effet que les mots de cette dernière avaient sur sa camarade. Aël se renfrognait à vue d’œil alors que la blonde cime énumérait avec une candeur légèrement maladroite un certain nombre d’information qu’il n’était peut-être pas des plus avisés de dévoiler à une inconnu. La Racine sourit, elle n’avait pas fait beaucoup mieux et, que son interlocutrice se soit mise à nu intentionnellement ou non, elle ne pouvait qu’apprécier sa franchise.
Elle semblait loin d’être demeurée mais, néanmoins, elle avait une manière étrange de s’exprimer, de détacher les mots peut-être, comme si elle essayait de les articuler sur une fragile structure, par curiosité.

- Pourquoi t'es seule, aussi loin de chez toi? Tu m'as pas l'air d'être en grande forme non plus, pourquoi pas rester avec eux?


Okha ne put s’empêcher de froncer les sourcils. La question était légitime, plus que pertinente, mais elle n’aimait pas ce ton. Se retenant de répondre aigrement à la rousse elle haussa les épaules.

- J’avais besoin de prendre l’air. Les Cavernes peuvent parfois être un lieu… légèrement oppressant.


Le claquement de langue de Hiss retentit dans l’air froid presque aussitôt après qu’Okha ait fini sa phrase. Celle-ci, le croyant dubitatif quand à son explication, s’apprêtait à enfin laisser libre cours à son sale caractère mais n’en eut pas le temps.

- Tu sais chasser, Okha? Parce que si tu as besoin d'un abri temporaire, on a de la place. Juste si tu peut nous filer un coup de main pour ramener à bouffer, et aussi me montrer comment tu fais tes vêtements, ce serait super.

Avait-elle seulement écouté ce qu’elles venaient de dire ? Plongeant ses yeux dans les siens, Okha se posa franchement la question. Soit cette Hiss avait un sérieux problème de concentration, soit elle était beaucoup plus intelligente qu’elle n’y paraissait. En tout les cas, elle avait réussi à attiser la curiosité de la Racine. Prise de court, empêtrée dans des vagues de sentiments contradictoires,  elle n’eut pas le temps de répondre avant que la Cime ne reprenne.

- Enfin, à moins que tu aies d'autres plans! On ne cherche pas d'ennuis, notre groupe est faible et tout ce qu'on veux c'est un peu de paix.

Le silence se fit, un instant, à peine ; puis Okha éclata de rire. Trébuchant sur les pans de roche morcelés qui les entouraient, son ton grave semblait bondir en sursauts sacadés vers le ciel d’un azur profond. Audace calculatrice ou naïveté bienveillante, Hiss avait finit de surprendre Okha. Elle avait prononcé ces mots d’un ton si léger ! Pouvait-il encore s’agir d’un piège ? Alors que la Racine reprenait à peine son souffle, un léger grondement se fit entendre.
Aël était en train de gravir un petit pierrier avec agilité. Hiss et Okha se tournèrent vers elle. Une fois arrivée en haut elle les jaugea d’un air furieux.

- Vous pouvez rester ici à vous raconter des blagues jusqu’à en crever de faim, je me suis pas levée pour taper la causette à des géantes déguisées en ours. Restez ici si vous voulez, moi je vais me trouver une bestiole à tuer.

Sur ces mots, elle disparut de leur vue. Se tournant vers Hiss, Okha sourit.

- Ta camarade n’a pas le meilleur caractère du monde.


Elle s’assit elle aussi, dans un soupir de soulagement qu’elle ne parvint pas à réprimer. Hiss ne sembla pas lui en tenir rigueur même si elle jeta un regard curieux sur son épaule, désormais visible, elles se mirent à converser. La Cime était loin d’avoir le verbe facile et, parfois, leur échange s’interrompait sans que ni l’une ni l’autre ne semble manifester l’envie de s’en aller. Dans ces blancs, Hiss parfois se mettait à siffler en observant le paysage évoluer avec la lumière et Okha l’écoutait avec plaisir. Elle n’avait pas beaucoup de sensibilité pour la musique, mais l’insouciance et la spontanéité avec laquelle la blonde produisait des notes la touchait. Lorsqu’elle s’arrêtait, après  un court silence, elles se remettaient à parler.
Hiss lui parla de son séjour en haut de son arbre et de sa fourmilière. L’expérience parut étrange à Okha. Comment des êtres si petits pouvaient-ils susciter autant d’intérêt ? Elle se passa de commentaires. La Cime lui posait des questions en retour mais Okha répondait évasivement, tout en s’efforçant de ne pas se montrer grossière. Le fait est qu’elle aurait aimé pouvoir parler plus librement de son passé, au moins pour donner le change à la Cime. Mais il lui était difficile de délivrer à une quasi-inconnue l’enchaînement d’expérience traumatique qu’avait été sa vie depuis son éveil dans cette vallée. Elle lui parla un peu de Terre-Rouge et de son chef, Telod, des Brises-crânes.
Puis Hiss évoqua Staz et sa plongée dans le lac. A l’évocation du collier, le coeur d’Okha s’emballa. L’échoué avait-il approché une porte vers le reflet ? L’avait-il dépassée et ramené quelque-chose ? Voyant le visage de la Racine se décomposer, Hiss interrompit son récit, interloquée.

- Ce collier, à quoi ressemble t-il ?


La Cime ouvrit la bouche pour répondre, quand un cri de fureur surgit de la falaise au dessus d’elles. C’était la voix d’Aël. Se redressant d’un même mouvement, elles se saisirent de leurs lances et fixèrent le pierrier. Le cri semblait lointain, Okha l’estima à une quarantaine de pas, mais son écho était accompagné d’une rumeur. Une rumeur de cailloux qui roulent, ricochent, de tintements. Une poursuite.

- Attrapez-la bordel, bougez vous !


Une forme brune surgit aussi dessus du pierrier que la rousse avait escaladé, avant de le dévaler dans un grondement minéral et de sabots. La créature s’immobilisa brutalement, en apercevant les deux humaines qui lui faisaient face, ses membres vibrant de tension. Face à elles se tenait un être caprin, plutôt jeune au vu de sa taille et doté de longues cornes, recourbées vers l’arrière. Il ne lui fallut qu’un instant avant de se remettre de sa surprise et, d’un bon, le bouquetin changea de trajectoire pour foncer vers la droite, suivant la pente qui longeait la paroi. Deux lances fusent.
______

Jet de dé 1 : Okha
1-5 : La lance manque sa cible
6-8 : Entaillant l'une des pattes de la bête, la lance ne la blesse que légèrement et elle continue à s'enfuir
9 : La lance se fiche dans le flanc du jeune bouquetin qui roule au sol
10 : La pointe en bois s'enfonce entre les vertèbres cervicale de l'animal qui est tué sur le coup.

Jet de dé 2 : Hiss

1-4 : La lance manque sa cible.
5-7 : L'arme s'emmêle dans les pattes de la bête, la faisant trébucher et la ralentissant un instant
8-9 : La lance s'enfonce sous l'épaule de l'animal qui chute dans un cri de douleur
10 : Le pieu traverse la gorge du bouquetin et lui brise la nuque


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Mer 11 Jan 2017 - 23:38

Le membre 'Okha' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'd10' :

#1 Résultat : 8

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#2 'd10' :

#2 Résultat : 9
Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
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Groupe : Errant
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Mar 24 Jan 2017 - 16:24

Lorsque la rousse disparut avec son air empreint de colère et de ressentiments, Hiss haussa les épaules. L'étrangère l'intriguait, elle était fatiguée de leur marche et elle se doutait qu'Aël ne se mettrait pas en danger. Elle espérait juste qu'aucune bestiole noire ne lui tomberait dessus.

La blonde passa donc un moment avec Okha, discutant, sifflant de temps à autres, essayant de percer à jour son interlocutrice, sans succès. La grande blonde n'en disait jamais trop, se contentant de répondre vaguement, sans dire ce qu'elle avait au fond des yeux. Hiss se doutait qu'elle n'était pas du genre à déballer sa vie sur la table, peut être même pas avec les gens, la bas, aux "Cavernes". Alors la blonde lui raconta une partie de sa propre vie, courte, évitant le sujet de Gràr parce qu'elle ne voulait pas y penser.
Elle avait eu en tête son regard toute la veille, son rire aux oreilles. Alors discuter de choses plus ou moins légères lui allait parfaitement.

Et puis, lorsqu'elle commença à parler de l'aventure de la veille au Lac, Staz qui avait plongé et en était presque mort, le collier étrange venu des profondeurs, elle remarqua le changement radical dans les traits d'Okha. Elle fronça les sourcils lorsque la grande lui demanda à quoi ressemblait le collier. Et alors qu'elle failli répondre, la voix d'Aël se fit entendre, elles se mouvèrent en même temps, attrapant leur lances par réflexe.

"Attrapez-la bordel, bougez vous !"

Une chose sauta du pierrier, une chose que la blonde n'avait jamais vu avant mais qu'elle identifia immédiatement. Et, lorsque le bouquetin voulut prendre la fuite, les deux femmes avaient lançé leur lances, et visèrent juste. L'animal s'effondra, mort, dans la seconde qui suivit. Hiss eut un grand sourire et se tourna vers la silhouette d'Aël qui les avaient presque rejoint.

"T'as vu ça Aël? C'est génial! Il était loin d'ici?"

La rousse arriva à hauteur du cadavre du bouquetin, vérifia promptement si il était bien mort, puis tourna son regard dur vers Hiss. Elle était légèrement essouflée, les joues rouges, et ses yeux lançaient des éclairs.

"Heureusement qu'il y en a qui bossent ici, il serait passé juste à côté si je m'étais pas bougée. On dit merci qui?"

La blonde lui sourit, parce que bien que sa mine affiche sa sévérité habituelle, son ton n'était pas aussi blessant qu'il aurait dû. Aël était juste vraiment fière. Alors Hiss la remercia dans une exclamation joyeuse, un peu trop exagérée pour faire rouler les yeux de la rousse.
Celle ci tira d'un coup sec la lance d'Okha, puis lui lança en ignorant la blonde.

"T'as de bons réflexes, la grande."

Puis elle tendit sa lance à Hiss, qui la récupéra avant de se tourner vers Okha.

"Du coup, tu viens avec nous?"

Hiss arborait son sourire d'enfant naïf, et lorsque Okha acquiesça, elle émit un sifflement bref et joyeux. Aël faisait mine de s'en foutre allègrement et s'activait autour de la carcasse du bouquetin. Et une fois qu'elles trouvèrent la meilleure façon de le transporter sans trop de peines, elles se mirent en route vers le campement minimaliste en ayant hâte de profiter de la viande fraîche et d'un peu de chaleur.
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