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La carcasse du bouquetin - [Commun | Okha / Hiss / Libre | J19]
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Hiss
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Messages : 121

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Mer 8 Fév 2017 - 19:43

Aël marchait en tête de file, suivie de Okha, puis de Hiss. Ces deux dernières transportaient la carcasse du bouquetin, difficilement. La blonde n'arrivait pas a déterminer le poids du bétail, mais elles étaient essoufflées et devait souvent faire des pauses. Le chemin se faisait donc dans un silence relatif, trop concentrées pour parler et voulant garder un maximum de souffle. Si Okha avait moins de mal que Hiss, elle était en nage et semblait avoir mal à un bras. La petite rousse avançait prudemment, partant parfois un peu en avant pour prévenir un quelconque danger. Mais rien ne troubla leur marche, et lorsque le ciel se fit un peu plus lumineux, elles s’arrêtèrent pour se reposer.

« Je prendrais le relais, quand on repartira. Hiss, tu m'aidera. La grande, tu n'auras qu'à faire l'éclaireuse. »

Hiss hocha la tête, reprenant son souffle. Elle boitait encore beaucoup, et sa hanche la lançait. Elles étaient toujours loin de la grotte, et pourtant c'était déjà la mi journée. Heureusement, elles avaient choisi de se rapprocher du Lac, et Hiss alla tremper ses mains graisseuses dans l'eau, avant de se rafraîchir le visage. L'eau était glaciale, et le froid la tenaillait. Elle se roula en boule sur la berge, et contempla un moment la surface du Lac. C'était sombre, mystérieux. Un frisson parcouru son échine lorsqu'elle repensa à la veille, au sauvetage in extremis de son compagnon. Depuis qu'elles avaient reprit la route, toutes les trois, Hiss s'était mis en mode automatique, et ne pensait qu'à la charge, au sol sous ses pieds, à l'effort qu'elle devait produire. Son cerveau reprenait le cours de ses pensées, tout doucement. Elle se sentait un peu groggy, mais pas mal non plus.

La curiosité d'Okha vis à vis du collier trouvé par Staz dans les profondeurs lui revint en mémoire, et elle chercha les raisons qui pouvaient la motiver. C'est vrai que de tels objets ne pouvaient qu'attirer l'attention. A la réflexion, la blonde se dit qu'elle n'aurait pas du en parler avec elle. C'était un objet apportant la convoitise, le questionnement, et Okha avait eu un air étrange, pressant. Mais peut être aurait elle des réponses à apporter, relatifs à ce mystère. Hiss s'interrogea encore quelques minutes, avant de se relever doucement et de rejoindre ses comparses.

« Okha, tu sais quelque chose sur le collier de Staz ? T'as eu une drôle de tête tout à l'heure, quand j'en ai parlé. »

La stratégie de la blonde était toujours naïve et frontale, elle avait du mal à cacher des choses aux autres. Et puis, elle était curieuse. Mais avant qu'Okha ne puisse répondre quoi que ce soit, Aël s'était levée, brutalement, avec les yeux noirs.

« Tu lui a parlé de ça ? Mais qu'est-ce que tu as dans le crâne, espèce de gogole ? Ce truc va probablement nous attirer que des emmerdes, on avait pas besoin que tu cries sur les toits qu'on l'a avec nous ! »

Hiss fronça les sourcils, bouche entrouverte, saisissant l'énormité de sa gaffe. Elle cligna des yeux, regardant un point au sol pendant quelques secondes, avant de parler tout bas.

« Elle nous fera pas de mal, je pense pas. Et puis à vrai dire, je préférerais qu'on se débarrasse de ce machin... Tu nous suis pour le voler ? »

La dernière question était pour Okha. Hiss réfléchissait vite, mais elle disait vrai. Staz était comme fou avec ce collier étrange. Alors sûrement qu'il en serait malade, de le perdre, mais Aël avait raison : ça ne leur apporterai que des ennuis.
Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Mar 14 Fév 2017 - 23:14

Okha sentait son coeur battre de plus en plus fort, à mesure qu’elles avançaient vers ce qui semblait être la direction du camp d’Aël et Hiss. Même si cette dernière semblait s’essouffler plus rapidement, elle n’en menait pas large, gardant difficilement son équilibre sans rendre son épaule douloureuse.
C’est avec bonheur qu’elle accueillit donc la proposition d’Aël. C’était d’ailleurs plus un ordre qu’autre chose. Alors que la Cime s’approchait de l’eau Okha renifla ses mains avec hésitation. L’odeur de l’animal envahit son odorat et la fit saliver malgré elle. Regardant le cadavre inerte du bouquetin, elle commença à se demander s’il ne vallait pas mieux commencer à le manger maintenant, elle avala sa salive.

Ce ne fut pas la voix de Hiss mais celle d’Aël qui la tira de ses réflexions d’affamée, relevant la tête avec surprise alors que le ton de la rousse montait, Okha mit quelque temps avant de comprendre ce qu’il se passait, en attrapant au vol la fin de l’invective. Un lourd silence tomba et, de là ou elle était, Okha pouvait voir une foule d’émotion défiler dans les yeux de Hiss. La racine sentit son organisme se crisper. Son cerveau commençait déjà à élaborer ses chances de rentrer en emportant une part du bouquetin lorsque la Cime prit la parole.

- Elle nous fera pas de mal, je pense pas. Et puis à vrai dire, je préférerais qu'on se débarrasse de ce machin... Tu nous suis pour le voler ?

Okha se retint de répondre immédiatement. Bien sûr ce collier l’intéressait, énormément. Mais le voler ? Elle n’y avait en fait même pas songé jusqu’à présent. Que pourrait-elle bien en faire ? Le ramener à Serpe. L’idée rayonna soudain dans sa tête avant qu’elle la muselle aussitôt. A quoi pensait-elle ? En dehors de Terre Rouge, ces deux femmes étaient les seules personnes à peu près saines d’esprit qu’elle ait croisé dans cette vallée et elle pensait déjà à les déposséder ? L’image du visage de Serpe flotta un instant devant ses yeux et elle soupira, elle savait très bien pourquoi un part d’elle voulait le collier.
Réalisant que son soupir pouvait être interprété comme un aveu, la Racine secoua la tête avec douceur.

- Non. Je… ne peut pas nier qu’il m’intéresse.

Pouvait-elle leur parler de l’échoué ? Bien sur que non. Comment pourraient-elles comprendre ce qu’il représentait pour elle ? Elle-même n’y parvenait d’ailleurs que confusément.

- J’ai seulement envie de comprendre, ce qui se passe ici. Et… ce collier dont vous parlez pourrait-être une preuve que quelqu’un était là avant nous non ?


Les deux autres la regardèrent, l’une avec circonspection, l’autre avec curiosité.

- De la d’où je viens, des cavernes, on pense que ce monde n’est que le reflet d’un autre… Ce collier pourraît peut-être venir de l’autre côté ?


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Lun 27 Fév 2017 - 23:00

Hiss fixait Okha avec curiosité. Ses mots tournaient dans sa tête, comme dans un grand tourbillon. Comme tout le monde, elle s'était demandé ce qu'était cet endroit, ou elle était, ce qu'il y avait derrière les Montagnes ou bien au fond du Lac. Mais elle n'avait pas émit de grandes hypothèses ou théories. Elle n'avait pas franchement trouvé le temps de se pencher sur ce genre de questions.

Forcément, lorsque Staz était remonté des profondeurs avec ce collier contre la peau, elle s'était questionné. Parce que c'était la première fois qu'elle voyait quelque chose de ce genre, fabriqué avec autant de soin, même si assez grossier lorsqu'on se penchait dessus. Mais les considérations sur le monde filaient vite de son esprit quand la santé de Staz la tracassait. Ou bien ses sourires, ou encore son contact. Son cerveau avait visiblement des priorités. Elle grimaça un peu en y pensant. Ce qu'elle pouvait être mièvre.

La blonde attendait une remarque d'Aël, mais rien ne vint. Elle lui lança un regard un peu mitigé, puis planta son regard dans celui de la grande Okha, avant de pousser un soupir et de s'asseoir en face d'elle.

"Je sais pas vraiment quoi te répondre. On s'est pas étendus sur la provenance de ce truc. En tout cas, moi j'ai pas de théorie sur le monde."

Elle hésita un moment, avant de regarder les jointures de ses doigts, sales, moitié pâles comme sa peau, moitié bleuis par le froid.

" Le collier a été fait par un d'entre nous, c'est sûr. Enfin, pour moi, en tout cas. Mais ça nous avance pas trop. Le reflet ? D'un autre monde ? C'est bizarre. Comment il aurait pu arriver ici ? J'avais jamais pensé à ça. "

" Ça n'a pas de sens. "

C'est la rousse qui avait parlé. Elle avait le regard rivé vers le Lac, et son visage était étrangement serein. Hiss fronça les sourcils en la regardant. Son ton n'avait pas été dur ni moqueur. Elle avait dit ça comme elle aurait pu dire « tiens, l'eau est froide ». Captant que les deux femmes la regardaient, elle secoua la tête, puis termina sa pensée.

" Ça n'a pas de sens, de chercher à comprendre ce monde affreux. Ça ne change rien au fait qu'on crève tous les uns après les autres, bouffés par les monstres, par nos semblables, ou juste terrassés par la faim. Le fait qu'il y aie un monde reflet au nôtre ne nous donnera pas de vie meilleure. Ce collier est juste l’œuvre de quelqu'un assez stupide pour fabriquer une parure plutôt qu'une arme efficace. Et encore plus stupide, pour le balancer dans le lac. "

Hiss avait écouté la tirade avec un air triste, puis avait finit par baisser la tête pour fixer les feuilles au sol. Aël, le cœur de pierre. Aël, la pragmatique. Aël, qui se battait tout les jours sans donner le moindre signe de ce qu'il se passait au creux de son crâne. La blonde poussa un énième soupir.

" Bon, on aura tout le temps d'en discuter à la grotte. En plus, avec le collier sous les yeux. Enfin, si Staz est bien luné. Personne n'a pu y toucher, mis à part lui. Depuis qu'il est revenu du Lac, il est comme fou... "

Elle se massa les tempes un instant, puis ouvrit les yeux et sourit.

"On devrait s'occuper du bouquetin, enfin, trouver une solution pour rentrer plus vite et sans forcer. Ma hanche me lance, et j'imagine que ton bras te fait mal aussi, Okha. Peut être que si on le découpait en quelques morceaux, ce serait plus simple ? Je veux dire, le bouquetin. "

Revenir à un terrain familier, celui qu'était la nourriture et le pratique, lui fit du bien. C'était terre à terre, c'était cohérent, sous leur yeux, palpable. Et puis, elle avait hâte de retourner au campement, d'enlacer son compagnon, de lui raconter avec légèreté leur matinée. Partager la viande, tous ensemble, et là, peut être que le sujet de leur monde et de sa nature aurait plus de sens. Pour le  moment, il fallait continuer la route, sans s'esquinter, sans se faire tuer, sans prendre de risques. Ainsi pensait Hiss, sourire figé plaqué sur les lèvres.


Ne les écoute pas, ne plie pas. Tu es seule.
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Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Dim 5 Mar 2017 - 16:39

Okha écouta la réponse d’Aël sans surprise. D’autres avaient réagi comme ça. Néanmoins elle éprouvait toujours une pointe de tristesse face à une attitude butée, résignée, refusant de chercher à comprendre, à expliquer comment, tous, ils en étaient arrivés là. Elle se contenta donc de rendre son regard à la rousse, sans animosité. Peut-être que si elle rencontrait Serpe il saurait lui faire voir les choses autrement ?
La Racine serra imperceptiblement les dents. L’idée de faire se rencontrer ces deux nouvelles connaissances avec ceux des Cavernes lui était étrangement désagréable. Comme s’il s’agissait de deux mondes qui, dans son esprit, ne gagneraient rien à se mêler. Mais après tout, que savait-elle de l’endroit ou les deux femmes l’emmenait ? Après tout, lors de leur première rencontre, Santre s’était montrée avenante et conviviale. Non, c’était différent. Il fallait que ce soit différent.

- On devrait s'occuper du bouquetin, enfin, trouver une solution pour rentrer plus vite et sans forcer. Ma hanche me lance, et j'imagine que ton bras te fait mal aussi, Okha. Peut être que si on le découpait en quelques morceaux, ce serait plus simple ? Je veux dire, le bouquetin.

La proposition de Hiss la conforta dans ce sentiment et elle se détendit. Il est vrai qu’à l’inverse des mots, la viande ne pouvait attendre. L’atmosphère se détendit alors qu’elles s’accroupissaient toute les trois autour de l’animal. Il n’était pas particulièrement gros. Mais son balancement constant posait problème pour le transport.
Les abords du lac étaient parsemés de galets. Comme elle avait vu Serpe le faire, Okha en brisa un d’un coup sec afin d’obtenir un tranchant rudimentaire. Elle aurait bien eu besoin des lames d’os de l’échoué, ou même de sa capacité à briser la pierre jusqu’à obtenir une outil capable de couper branches et chairs… Il faudrait se contenter de cela. Après une brève concertation, il fut décidé que l’on emporterait seulement les côtes et les pattes arrières de la bête, le reste représentant un effort trop important au vu de l’énergie et du temps qu’il leur restait avant la nuit.
La racine avait estimé un temps de travail conséquent, mais elle avait surestimé leurs capacité et l’efficacité de leurs outils. Bien que précise dans ses mouvements, Okha peinait à séparer les morceau de chairs qui s’élidaient sous ses doigts et sous la morsure de l’éclat de galet qui raclait plus qu’il ne découpait. De plus, le temps du transport, les muscles de la bête s’étaient rigidifiés, rendant la tâche plus ardue. La nuit et le froid commençaient à s’annoncer dans l’air alors que, hagardes, les trois femmes fixaient leur tâche accomplie, des nuages clair s’échappant de leur bouches.
Elles lavèrent les morceau de viande dans le lac et se remirent en route en silence. La racine se sentait exténuée mais heureuse, proche de celles avec qui elle avait partagé son travail. Aux Cavernes, même si chacun contribuait à la survie du groupe, chaque tâche était spontanément individualisée. Travailler dans le silence, s’entraidant sans un mot inutile, avec détermination, lui avait fait un bien fou. La tête dans les nuages, elle ne vit pas le temps passer, ses pas suivant automatiquement ceux des autres. C’est donc avec surprise qu’elle découvrir, au détour d’un fourré, une large entaille dans la roche d’où s’échappait une odeur de fumée. Sans hésiter, Aël et Hiss se dirigeaient vers elle.


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Mer 22 Mar 2017 - 0:08

Plus elles se rapprochaient du modeste campement établi par leur groupe décharné, plus Hiss trépignait d'impatience.

Dans sa tête se mêlaient la joie de pouvoir retrouver les autres et se reposer, l'appréhension que les autres ne soient pas ravis de découvrir qu'elles rentraient avec une inconnue, et une sorte d'anxiété sourde, latente, qu'elle ne s'expliquait pas. La blonde voulait arriver le plus vite possible, mais la charge du bouquetin ne le permettait pas, et sa hanche ne lâchait pas l'affaire. Ainsi, elle se retrouva à retenir régulièrement sa respiration et à perdre ses yeux dans le vague.

La journée était déjà bien avancée, les trois femmes ayant passé un bon moment à découper les morceaux de viande les plus intéressants pour éviter de s’échiner à ramener la carcasse entière jusqu'au campement. Cela faisait un moment que personne n'avait rien dit, et même les sifflotements de la blonde n'avaient pas percés régulièrement. Aël aussi semblait avoir hâte d'arriver, et Hiss se demanda si ce n'était pas par impatience de retrouver Halya, saine et sauve. La blonde réfléchit un moment à la relation enchevêtrée des deux Racines, se demandant jusqu'à quel point elle s'étendait. Elle était curieuse, et étrangement, ce genre de questionnements avaient commencés à germer dans son crâne depuis que sa relation avec Staz avait pris un tournant nettement différent.

Lorsqu'elle entrèrent dans le bosquet en prenant résolument le chemin de la grotte, qui était tout près, Aël avait le menton levé avec fierté et son regard rayonnait. Hiss peinait un peu plus mais tentait de le cacher, un maximum, sous un sourire un peu éberlué par la fatigue. Et alors que quelques pas seulement les séparaient de la grotte, un petit cri retentit, et Halya sorti précipitamment de l'anfractuosité pour prendre Aël dans ses bras avec une force tendre, témoignant de son inquiétude. Elles étaient parties sans rien dire à personne, et Hiss ne réalisait que maintenant l'angoisse qui avait dû percer toute la journée. Aël avait laché son colis de viande, et la grande brune s'était détachée d'elle, des larmes dans les yeux, la lèvre tremblante.

« Ou étiez vous ? On a eu tellement peur, ici ! J'ai eu tellement peur … »

Elle s'arrêta lorsque son œil s'attarda sur Okha, qui était restée légèrement en retrait. Elle fronça les sourcils et son regard se transforma en quelque chose que Hiss ne sut interpréter. Elle n'avait jamais vu cette expression chez Halya.

« C'est qui ? Pourquoi elle est avec vous ? »

Hiss alla poser son chargement de viande au sec, dans la grotte, tandis que la rousse se tournait vers la grande inconnue, lui faisant un signe de la tête pour qu'elle se rapproche.

« Halya, je te présente Okha. On l'a rencontrée sur la route, elle nous a filé un coup de main pour la viande. »

Hiss était déjà ressortie de la grotte, n'y trouvant pas l'objet de ses pensées. Staz n'était pas là. Peut être au Lac. La brune n'avait plus l'air aussi heureuse qu'avant, et Aël avait un sourire en coin étrange et une lueur dans les yeux. Sa voix dure continua, puisque Halya ne disait pas un mot.

« T'en fais pas, si elle avait de sales intentions je ne l'aurais pas laissée venir ici. Elle nous veux pas de mal. »

Halya sembla peser le pour et le contre, avant de se tourner vers Hiss, lâchant un soupir bref avant de parler.

« Staz n'est pas avec vous ? »

Ces mots tombèrent comme des pierres sur le cœur de la blonde. Elle cligna des yeux, se demandant si la brune lui faisait une espèce de blague. Elle ouvrit la bouche, fronça les sourcils, rigola sommairement, d'un accès nerveux palpable et entendit malgré elle les mots d'Aël, à quelques pas d'elle même.

« Comment ça, avec nous ? On est parties toutes les deux ce matin, seules. Staz dormait. »

Halya se mordait la lèvre. Aël avait son regard dur sous ses sourcils froncés. Hiss ne savait plus qui croire.

« Staz n'est pas ici ? Quoi ? »

« On pensait qu'il était avec vous, vu que quand on s'est réveillés vous étiez tous partis ! »

La blonde avait les bras ballants. Elle se tourna vers Aël, qui soupira et alla mettre la viande dans la grotte. Désemparée, Hiss fit volte face et marcha vers le Lac, une ou deux larmes coulants sur ses joues. Sa gorge était serrée et elle peinait à déglutir. Automatiquement, elle se retrouva sur les berges du Lac, plongea ses pieds sans même de réaction conséquente dans l'eau, et se roula en boule, observant la surface froide et lisse de l'étendue d'eau noire. Là ou Staz avait failli mourir, là ou elle l'avait sauvé.

Et elle se perdit en réflexions, sans savoir quoi faire. La journée serait bientôt terminée, laissant la place à la nuit. Elle était épuisée. Elle ne savait pas ou chercher. Et si c'était Gràr qui l'avait emmené ? Ou bien des guetteurs qui l'avait trouvé ? Elle s'en voulait de ne pas l'avoir réveillé, pour lui dire ou elle allait. C'était stupide. Pourquoi n'avait elle pas pensé à ça ? Hiss se mordait le poing alors que des sanglots silencieux soulevaient son dos, trahissant son désespoir.

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Ne les écoute pas, ne plie pas. Tu es seule.
Rien d'autre qu'une bourrasque qui menace les hommes.
Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (2)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Mer 29 Mar 2017 - 21:59

La racine se sentait débordée par ce qui se déroulait devant elle. De nouvelles personnes, de nouveaux sentiments, des inquiétudes qu’elle ne comprenait pas… Elle se sentit soudain très fatiguée, les Cavernes lui manquaient presque. Alors qu’Hiss s’éloignait, Okha se retint de la rattraper. Elle éprouvait de la sympathie pour la Cime filiforme, mais ne savait finalement pas grand-chose d’elle. Et puis elle suscitait déjà assez de méfiance sans tenter de s’isoler avec l’un des membres de leur groupe. La blonde qui se dirigeait vers le lac disparut bientôt dans le paysage.

Aël avait conservé une partie de la viande qu’elle s’appliquait désormais à détacher de l’os. Après un bref temps d’hésitation, elle la rejoint et l’aida à maintenir la jambe du bouquetin en place afin qu’elle puisse manier son silex.
Alors qu’elle s’agenouillait à côté d’elle, la rousse la regarda avec surprise. Ayant compris ses intention, elle ouvrit la bouche, sans doute pour lui dire qu’elle n’avait pas besoin de son aide mais, devant le regard calme et insistant d’Okha, décida de s’abstenir. Les lambeaux de viandes, après avoir été découpés avec énergie, étaient posés de manière longiligne sur une pierre arrondie, tout près du foyer. Sa tâche ne requérant pas beaucoup d’attention, Okha laissa son regard divaguer sur les alentours. Le coin lui plaisait. Pas encore réellement aménagé, mais on sentait que l’ensemble était tout de même habité, malgré le froid glaciale qui continuait à maltraiter le paysage. Un bosquet se dressait même non loin, ajoutant à l’ensemble une sorte d’équilibre apaisant si bien que même l’esprit carré de la raçine se détendait peu à peu alors que le doux jeu de couleurs presque hivernales atteignaient sa rétine.
Alors que ses pensées s’élidaient en rêve éveillé, la racine fut ramenée à la réalité par deux yeux hostiles la fixant sans ciller. Elle avait du mal à se rappeler de son nom. Ha..lya ? C’est comme ça qu’Aël l’avait appelée. Une brassée de petit bois dans les bras, elle traversait le camp sans sembler réellement aller quelque-part. Lorsqu’elle prit conscience qu’Okha la regardait avec curiosité, elle finit par poser son chargement avec fracas. La rousse lui jeta un regard mi-condescendant mi- excédé avant de revenir à son travail.

- Ce Staz, il n’a pas pu tout simplement aller faire un tour ?

Aël lui jeta à peu près le même regard qu’à Halya, la tendresse en moins. La racine crut qu’elle n’allait tout simplement pas lui répondre.

- Eh bien, disons qu’il n’est pas dans sa plus grande forme.

L’os était désormais complètement équarri. La rousse le posa lui aussi près du feu, sans doute pour en extraire la moelle plus tard.

- Comme tu le sais sans doute déjà, grâce à Hiss, il a plongé dans le Lac hier. Sauf que, tu l’auras remarqué, la température n’est pas des plus clémentes ces jours-ci. Quand Hiss l’a sortie de la il respirait à peine, et c’était hier. Dans son état, c’est normal qu’elle s’inquiète qu’il se ballade de-ci-de-là.

Halya s’était désormais rapprochée et, les bras croisés les fixait désormais tout deux, ses yeux jetant des éclairs. Okha avait du mal à comprendre son attitude. Elle ressemblait à de la jalousie mais c’était un peu excessif. Aël fit quelques instant mine de ne pas la remarquer puis, en poussant un soupir las se redressa.

- On devrait d’ailleurs sans doute partir à sa recherche. Okha… tu peux aller chercher Hiss pour qu’on en parle tous ensembles ?

La grande racine n’avait pas pour habitude de prendre des ordres d’inconnus, elle allait lui renvoyer sa suggestion au visage mais Aël, la main sur l’épaule d’Halya, s’était déjà détournée d’elle. Bouillant de l’intérieur, elle hésita un instant avant de se relever et de partir à grande enjambée dans la direction ou la Cime avait disparu.

Elle ne mit pas longtemps à la retrouver, immobile, les pieds dans l’eau. Okha l’avait déjà vue se tenir ainsi, lors de leur pause sur le chemin. Seulement maintenant les épaules d’Hiss semblaient plus affaissées, sa nuque offerte au ciel. La Racine se fit la réflexion qu’elle devait avoir froid. La colère sourde qui emplissait sa poitrine s’évaporait peu à peu.

- Hé, Hiss…

Comme si cela pouvait la rapprocher d’elle, Okha mit elle aussi les pieds dans le lac, tout en restant à une distance respectueuse de la Cime.

- Aël parlait d’aller chercher Staz… Tu veux bien revenir pour qu’on en parle tous ensemble ?

Les bras ballants elle hésitait à ajouter quelque-chose, Hiss restait immobile.


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
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Mer 12 Avr 2017 - 20:20

Ses oreilles bourdonnaient, son cœur battaient fort, et des larmes ne cessaient de couler sur ses joues, rentrant dans ses narines, dans sa bouches, gouttant sur ses genoux et ses mains. Elle avait les yeux dans le vague, et n'arrivait pas à contenir toutes les pensées qui s'entrechoquaient dans sa tête.

Hiss était en colère, triste, lasse aussi. Mais surtout en colère. Elle s'en voulait. Le silence autour d'elle n'existait pas réellement. L'eau glacée lui léchant les pieds, non plus. Elle n'avait pas froid, pourtant de longs frissons venaient lui hérisser l'échine. Lorsque les pas d'Okha se firent entendre, la blonde n'y fit pas réellement attention. Ils furent noyés dans la masse de ses pensées. Elle entendit également la voix de la racine, sans pour autant l'écouter. La seule chose qui lui fit relever le menton fut le nom de Staz. Elle renifla bruyamment, avant de plonger ses mains dans l'eau pour débarbouiller un peu son visage. Sa peau était encore pleine de boue sèche, effritée un peu partout. Des taches de sang constellaient ses bras, et Hiss eut un grondement sourd avant de frapper la surface du Lac de son poing. Elle n'avait cure de sa crasse, mais paradoxalement elle l'énervait. C'était comme si son corps portait sa culpabilité sous forme de saletés agrippées à sa peau. Elle finit par se lever, pour se tourner vers Okha.

« C'est de ma faute. Si je lui avais dit que je partais, il serait encore la ce soir. Il pourrait manger, se réchauffer. Va savoir ou il peut être, maintenant. »

Sa voix était cassée, les mots passaient difficilement sa gorge. Elle ne voulait même pas imaginer dans quel état il était actuellement. S'il était encore en vie...
Elle secoua la tête, mâchoires serrées. La blonde repoussait cette pensée au maximum. Les larmes remontèrent encore une fois, et elle se sentit d'autant plus stupide de pleurer devant quelqu'un qu'elle ne connaissait pas.

« Je suis désolée, Okha. J'aurais pensé qu'à notre retour, l'air serait plus léger. Et bien, je me suis plantée... »

Elle se détourna légèrement, regardant le Lac d'un œil humide. Tout lui semblait encore plus terne qu'à l'accoutumée.

« Je ne me le pardonnerais jamais, s'il est... S'il ne revient pas sain et sauf. Mais tu as raison, allons en parler avec les autres. Il faut que je... Il faut qu'on fasse quelque chose. »

Elle lança un regard vers la grande racine, tenta de lui faire un sourire, qui ressembla à un rictus étrange.  
Alors qu'elle remontait la légère pente menant à la grotte, des sentiments contradictoires tempêtaient dans sa tête. Rien n'était clair, et elle n'arrivait pas à réfléchir posément. Ce fut Halya qui l’accueilli, le regard triste et la mine compatissante.

« Ne t'en fais pas, Hiss, il va revenir. Ou bien on va le trouver ! Il a sûrement récupéré des forces cette nuit, il ne doit pas être en si mauvaise posture... »

Hiss lui jeta un regard mi-amer mi-reconnaissant, sachant très bien que Staz n'allait pas bien, et n'avait probablement pas récupéré de son hypothermie de la veille. Cependant, elle pinça les lèvres et ne dit rien. C'était inutile.
Elle croisa le regard d'Aël, qui s'occupait toujours de préparer la viande. La rousse comprenait très bien ce qui avait traversé la tête de Hiss, mais ne dit rien. La blonde s'installa près du feu, regardant le plafond de la caverne. Ses yeux suivaient les fissures dans la roche, les courbes brutes de la pierre, les saillies tranchantes à certains endroits. Elle avait envie de la rendre plus belle. Elle imagina des formes étranges qui pourraient venir s'imbriquer à la perfection dans ce dédale brut et sombre, dansant à la lueur des flammes.  

« Hé. Tu sais dans quelle direction il aurait pu partir, le Staz ? Parce qu'à la limite, demain matin, on pourrait partir à sa recherche. Aujourd'hui, c'est cuit, il est trop tard. »

Aël baissa la voix, avant de reprendre :

« Et puis sincèrement, je suis vannée, et tu m'as pas l'air en meilleure forme. »

Hiss ferma les yeux. Elle n'avait pas bougé d'un poil. Elle avait envie de donner des coups de tête dans la roche derrière elle. Son sang battait à ses tempes, sans vouloir se calmer.

« Oui. Demain. On verra. Et non, je ne sais pas ou il aurait pu partir. Il... Je sais pas. »

Elle avait voulu dire quelque chose, qui n'arrêtait pas de tourner dans son crâne, mais les mots étaient trop durs. Ils ne voulaient pas sortir de sa gorge. Aël poussa un soupir et lança un regard vers Okha. Halya fronça les sourcils et jeta la baguette de bois avec laquelle elle jouait depuis un moment droit dans le feu.

« Il ne doit pas être loin, en tout cas. On va le retrouver, ton bonhomme, te bile pas. Et vous nous ferez plein de petits miséreux tout gris avec des yeux noirs, va. »

Aël rigola mollement à sa blague, Halya sourit, et même Hiss eut une expression moins lamentable à cette pensée. Ses joues pâles rosirent même en entendant la phrase de la rouquine. Elle fit mine de rien, et se pencha pour prendre un morceau de viande cuite qui reposait parmi d'autres, posés sur une grosse pierre plate.

Couleurs ::
 


Ne les écoute pas, ne plie pas. Tu es seule.
Rien d'autre qu'une bourrasque qui menace les hommes.
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