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Le "Connard" & la Faim.
AuteurMessage
Kaal
Membre
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Messages : 5

Jour d'éveil : Jour 13
Race : Echoué
Métier : Chercheur
Groupe : Errant
Lun 17 Avr 2017 - 16:24

- "Connard."
Kaal ouvrit les yeux brutalement.
- "Cooooooooooooonnaaaaaaard".
Il se redressa rapidement, essayant d'ignorer la douleur dans tout son corps. Mais grimacant tout de même.
- "Connardconnardconnardconnardconnardconnardconnard."
Il tourna la tête à droite. A gauche. Personne. Kaal reconnut la forêt dans laquelle il déduit qu'il avait dû faire une overdose.
- "Connard."
Encore ce mot, encore cette voix qui résonnait tel un écho infini. La source de ce son semblait partout et nulle part à la fois.  Soudain la personne vient lui taper sur l'épaule :
- "Eh Connard."
Kaal, sous l'effet de la surprise, se retourna d'un geste quasiment reflexe. Mais rien ni personne. Et pourtant, cette empreinte froide d'une main glacée posée sur son épaule.
- "Connard." chuchote la voix, pas loin de son oreille.
Kaal se leva, prit de Colère d'avoir si peur et hurla à qui pourrait l'entendre tel un animal sauvage. Epaules sorties, bras tendus et poings fermés. Peut-être pour effrayer l'individu ou peut-être pour se redonner de la rage. Quoiqu'il en soit, il n'eut qu'un rire en guise de réponse. Un rire insultant qu'il se jurait de faire payer.
Une drôle d'impression le fit se retourner encore. Face à lui maintenant : son reflet. Debout comme lui, comme un miroir sans glace. Il s'approcha prudemment et reflet fit évidemment de même. C'était à ça qu'il ressemblait alors ? D'un rapide coup d'oeil, il observa son visage creux, sa barbe conséquente, ses côtes saillantes et puis ses jambes, maigres. Puis il revient à son regard d'où les cernes d'un noir quasi horrifiant semblait peser sur lui avec une peine immense. Il se sentait coupable de ce qu'il devenait : un homme qui ne survivait pas. Un homme faible et drogué. Pitoyable.
Kaal se retourna afin de ne plus avoir à se regarder dans les yeux et murmura en serrant des machoires :
- "Viens si tu l'oses."
Et ce fut les premiers mots de Kaal. A l'instar de son existence, ils étaient une provocation à la Mort et à la Folie. Le processus de parole lui revint mais il ne s'y attardait pas.
Après un long silence où Kaal reprit son souffle comme il put, tant il avait hurlé, et tant son coeur battait dans sa poitrine, le silence se brisa avec humiliation :
"Je ne cède pas à la provocation. C'est puéril. Mais pour voir ton visage déconfit, je me délécterais d'apparaitre sous tes yeux."
A la suite de cette réplique, il y eut davantage de silence. De ce silence lourd et pesant qui tranche à vif la chair. De ce silence qui alimente en tension tous les fibres d'un corps. De ce silence atroce qui ruisselait en une douce agonie. C'était l'attente provocatrice par excellence. L'angoisse révelait sa présence comme avec déléctation et elle arrivait avec une amie nommée la Mort. Kaal ne le comprit que lorsqu'un bras vient se plaquer contre sa trachée et l'étrangler sans qu'il ne puisse faire quoique se soit. L'étreinte était trop forte et ses yeux humides troublaient sa vue. Il aurait voulu tousser, mais il n'y parvient pas. Les deux mains sur les bras de son agresseur, essayant de se libérer, il perdait oxygène et espoir.
- "Alors ? Vas-y, hurles maintenant, bâtard de chien sauvage. Je n'ai aucune raison de te libérer, alors Kaal, qu'est ce qui te maintient en vie finalement ?"
Kaal ne pensait à rien d'autre qu'à son envie de vivre encore, encore un peu. Il se promit que si il s'en sortait, il sentirait à nouveau la terre, il fermerait les yeux pour sentir le vent sur son visage, qu'il apprécirait même la douleur du froid qui lui rappelerait qu'il en vie. Il ne voulait pas mourir. Pas maintenant et pas comme ça. A la suite de cette reflexion, l'inconnu libéra son emprise, à la suite de quoi Kaal s'effondre au sol. Il toussa, prit son oxygène comme il put, suffoqua, larmoyant, bavant puis crachant, et après quelques minutes, finit enfin par se retourner.
- "Tadaaaaaaaa ! Eh ouiiii c'est moi ! Mais tu le savais n'est-ce pas ? Alors ? Heureux ? ... Connard." fit-il en lui tapotant ensuite sur la joue comme on le ferait à un vulgaire chien, de façon condescendante.
Le même. Le même que lui. C'était son reflet. Celui qui avait failli le tuer n'était personne d'autre que lui-même.  Son cerveau semblait s'entremêler avec lui-même et la logique paraissait se mutiler afin de ne devenir qu'invraisemblable. L'homme lui tendit la main pour se relever. Kaal la saisit non pas sans une certaine hésitation et ainsi, les deux êtres se retrouvèrent face à face, comme deux parfaits semblables.
- "J'hallucines. Je suis dans une hallucination." résonna Kaal.
- "Le soleil est-il verdâtre ? Te sens tu davantage léger, fort, en transe quelconque ? Tes cauchemars prennent-ils vie sous ta peau afin de te dévorer ? Tu es dans la réalité Kaal. Encore faut-il savoir quelle réalité." Expliqua calmement l'inconnu.
- "Quelle réalité ? Mais qu'est ce que ça veut dire... ?"
- "Fuir le réel pour se fonder son propre réel. Suis-je moi-même réel ou est-ce toi qui est irréel ?"
- "Je suis irréel."
essaya d'analyser Kaal.
- "Non tu es réel !"
- "Mais tu m'as dis que..."
- "Toi, le cerveau, n'est tu donc incapable d'avoir une reflexion propre ? Je t'ai dit donc tu t'es convaincu de la veracité de mes propos. J'ai parlé et tu as cru. Bref tu es bête. Maintenant réfléchis."

- "Non tu es irréel."
Un coup de poing vient faire vibrer le côté droit de la machoire de Kaal. Qui n'eut comme seul geste que de tourner la tête.
- "Tu ne réfléchis pas là. Tu supposes par l'inverse ! Je suis tout aussi réel que toi. Ou peut-être pas finalement. Es-tu dans le monde qu'est le tien ou es-tu dans celui que je voulais que tu vois ? Tu ne sais plus Kaal. Tu perds pied. Es tu encore capable de percevoir le réel des hallucinations ? Non, non ! J'ai encore mieux, écoutes ça : Es tu encore capable de percevoir le fruit de ta Folie et le fruit de tes hallucinations ?" s'extasia l'inconnu.
- "Je ne suis pas Fou." répondit sèchement Kaal.
- "Bien sûr, et moi je suis ton exacte copie et je trainais par hasard dans la forêt parce que j'adore les champignons. Tête de noeud."
- "Pourquoi m'insultes-tu ?" Demanda calmement Kaal.
- "Parce que tu m'as oublié. Et je déteste être oublié. Tout comme ces phrases qui tournent en boucle dans ta tête. Faire le choix de ne pas les écouter ne marche qu'un temps mais tu sais qu'elles sont là. Que représentent-elles ? Que sont-elles, d'où viennent elles ? Mais ça, ce sera un tout autre débat. Quant à nous, je ne te dirais qu'une chose : Poses la bonne question."
- "Qu'est ce que je fais ic..."
- "Poses la bonne question."
Insista t-il.
Kaal s'interrompit un moment, essayant de faire le point sur la situation et rétorqua finalement :
- "Qui-es tu ?"
- "Je suis la Faim."
finit par avouer l'inconnu.
- "Tu es... la Fin ?" répéta Kaal.
- "Non, la Faim ! Celle qui règne dans tes entrailles. Celle que tu ignores, celle que tu négliges. Celle qui hurle mais que tu n'écoutes jamais. Celle qui te frappe mais que tu ignores toujours !" expliqua t-il, les poings fermés et la machoire sérrée.
- "Celle que je... néglige ?" répéta encore Kaal.
Un coup de poing rapide lui arriva tout droit en plein visage. Kaal s'effondra au sol et se retrouva avec la bouche en sang, l'interieur de la joue ouverte. Regardant la Faim avec un air perplexe, un peu pitoyable.
- "Tu comptes répéter tout ce que je dis avec un air débile ou bien tu comptes un jour faire avancer cette conversation ? Je fais des efforts moi, j'essaie de t'expliquer les choses ! Ce n'est pas à ta folie de t'expliquer que tu es fou, tu es sensé le comprendre seul ! Non mais dans quel monde vis-tu Kaal ?! Ah, j'avais oublié... Tu n'en sais rien...." L'inconnu sarcastique rit un temps avant de continuer :
"Comment on peut en avoir autant dans la cervelle et être aussi demeuré non mais je vous le demande !"
monologua t-il.
La Faim regarda Kaal et Kaal regarda la Faim. La Faim s'approcha de Kaal et s'accroupit :
- "Je suis là pour t'aider Kaal. Sincèrement. Je suis la sonnette d'alarme de ton esprit. Le danger psychique ambulant. Fais moi confiance au moins autant que tu te méfies de moi. Je suis toi. Et à la fois, seulement une partie de toi que tu n'es pas. Complexe... Marionnette ou marionettiste ? Le prochain défi est de savoir qui de toi et de moi jouons le meilleur rôle. Et surtout lequel. Mon cher Kaal, je te souhaite bien du courage. Peut-être dans ton désespoir arrêteras tu d'être un Connard et m'apaiseras-tu. N'oublies pas : Je suis la Faim. Mais peut-être pas celle que tu imagines. " finit la Faim.
Kaal l'écoutait avec peur embuée de fascination, tandis que la Faim se rapprochait davantage et conclut :
- "Si tu veux venir m'emmerder avec tes questions, il n'y a qu'un seul moyen, en attendant que tu te grilles vraiment le cerveau : Alors n'oublies pas, si tu as besoin de causer..."
La Faim finit sa phrase en sniffant son index qu'il frottait sous son nez. Il souriait.
Kaal avait compris. Après quoi, La Faim se leva et asséna un coup de poing violent au visage avant qu'il ne s'évanouisse sous sa brutalité écrasante . Et avant de sentir son esprit devenir néant, il lui semblait entendre au loin un ultime :
- "Connard."
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