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Une première approche [J20 | Important]
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Nev
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Messages : 19

Jour d'éveil : 17ème jour
Race : Cime
Métier : Guérisseuse (niv. 1)
Groupe : Errants
Mer 2 Aoû 2017 - 20:43

Les dernières heures du jour passé avaient été moins brusques pour Nev. Après sa rencontre à l’issue troublante avec un de ses semblables nommé Arimav, elle avait pris l’initiative de s’éloigner du lac et de la forêt, inquiète de savoir qui - ou quoi - régnait en ces lieux. L’état de sa blessure avait été en s’arrangeant, et elle marchait désormais presque sans heurts. Elle était certainement plus lente qu’avec une condition physique optimale, mais n’en demeurait pas moins une bonne marcheuse ; suffisamment pour envisager un trajet plus long que celui parcouru depuis son éveil embrumé, sur les pentes ardues et enneigées des hauts sommets. Nev avait donc démarré sa route, décidant de longer les bois : ils constitueraient un abri éventuel, tout en lui permettant d’avancer aisément et à vue, en ne s’aventurant pas dans cette masse de racines nouées où la seule lumière du jour parvenait difficilement à percer. Elle avait marché jusqu’à la tombée de la nuit, puis avait saisi cette opportunité pour s’établir pour la nuit. Nev avait étudié les méthodes d’Arimav pour la confection du feu, et avait alors tenté d’en faire de même. Ses quelques essais infructueux eurent raison de son entrain, et très vite, elle avait préféré s’abandonner à son sommeil à l’abri d’un arbre.

Le lendemain, elle s’éveilla à l’aube. La température était devenue moins pénible, et si les conditions n’étaient toujours pas optimales, elles n’en restaient pas moins bien plus agréables. Nev s’aventura brièvement au milieu des arbres entrelacés, et se procura champignons et baies, qu’elle savait comestibles pour les avoir vus mangés par quelque bête vivant dans les bois. Elle entreprit de rejoindre son campement de fortune, qui n’avait de campement que le nom, tant il ne représentait en réalité que l’endroit, vaguement isolé par les troncs, où elle avait trouvé refuge pour la nuit. Elle s’attarda enfin sur ce qui l’entourait ; son trajet de la veille s’était achevé dans l’obscurité de la fin du jour, et elle n’avait rien pu en apercevoir. Là, elle put constater qu’au loin se dessinaient des massifs rocheux, à l’aspect bien différent de ceux au coeur desquels elle avait vu le jour. Ce devint son objectif, son repère : elle reprit la route. Approchant des roches, elle aperçut d’autres êtres de son espèce. Elle se cacha, observant leurs moindres et faits et geste. Ils semblaient se connaître et discutaient vivement, tout en se dirigeant vers la roche, puis en y pénétrant. Ne réfrénant pas sa curiosité, et bien moins précautionneuse qu’à son habitude, elle s’avança vers les murs en pierres qui en barraient l’entrée.

Alors qu’elle s’approchait de l’entrée, elle s’immobilisa soudain. Les personnes qu’elle avait aperçues lorsqu’elle se trouvait à son aplomb, au delà du mur de pierre, ne s’y trouvaient plus. A l’entrée de la grotte, en face d’elle, des couches faites de mousse et de peau semblaient abandonnées, à côté, sur une pierre plate, des graines en partie pilées semblaient avoir été abandonnées à la hâte.
La cime n’eut pas le temps de pousser plus loin son observation, une pierre roula derrière elle, la forçant à se retourner. Un homme lui faisait face. Les épaules voûtées, il la dépassait malgré tout d’une bonne tête. Ses yeux proéminents la fixaient, inexpressifs, alors que ses longs bras pendaient le long de ses flancs.

Elle le fixa en retour, le toisant, détaillant successivement chaque partie de son anatomie. Il avait beau ne sembler que peu vigoureux, il n’en restait pas moins manifestement supérieur à elle, en taille comme en poids. Nev en vint à la conclusion qu’elle n’avait que peu de chances de sortir vivante d’une confrontation, et espérait qu’il ne soit pas belliqueux.
Il n’était en tous cas en rien semblable aux autres individus qu’elle avait rencontrés : contrairement à ses précédents interlocuteurs, lui restait mutique et inerte. Cela inspira à la cime, jusque là avare de paroles dans ses interactions humaines, l’étrange besoin de s’exprimer.

“Bonjour, je m’appelle Nev”, se présenta-t-elle, puisqu’il lui semblait bon d’en commencer par là avant de poursuivre son investigation.
“Toi, qui es-tu ? Et qu’y a-t-il ici ?” Ajouta-t-elle en désignant le mur qui leur faisait face.

Si l’endroit lui avait en première instance paru abandonné, force était désormais de constater qu’il n’en était rien. L’homme faisait certainement partie des habitants des lieux ; mieux valait donc ne pas s’attirer de problèmes.
Il ne lui répondit pas. A peine se contenta t-il d’osciller légèrement d’une jambe sur l’autre, comme un arbre rachitique sous un brise légère. Peu visible de par l’inclinaison de son buste, une longue plaie courait de sa clavicule gauche à son flanc droit. Superficielle, sa taille la rendait malgré tout impressionnante.
Nev n’eut pas le temps de relancer davantage le dialogue. Un objet froid et coupant apparut soudain sous sa gorge, sans doute une pierre effilée, accompagné par une parfum étrange, mélange de lavande et de charogne.

“Eh bien, qu’avons nous-là?”

La voix qui avait prononcé ces mots était claire et calme. Alors que la lame de pierre faisait pression sur sa pomme d’adam, Nev put sentir une main frêle à la chaleur surprenante assurer sa prise sur sa hanche, elle ne tremblait pas. Tournant la tête autant que le lui permettait celle qui l’avait prise par surprise, elle ne put apercevoir qu’une épaisse toison blonde.

“Qu’est-ce que tu viens faire ici?”

Nev ne se débattit pas et décida de rester absolument stoïque face à cette soudaine altercation. Si l’homme présent auparavant lui avait semblé flegmatique, c’était loin d’être le cas de l’hostile créature qui s’adressait désormais à elle. Prenant le parti de ne pas céder à la panique - ou plutôt, de ne pas le montrer - la Cime répondit avec de légers trémolos dans la voix qu’elle tentait de masquer.

“A vrai dire, pas grand chose. J’erre. J’ai vu les cavernes et j’ai voulu m’approcher, voir ce que c’était. C’est tout.”

Alors qu’elle parlait, Nev étudia les options dont elle disposait pour s’échapper du joug de sa détentrice. Elle sentait le contact de la lame sur sa gorge, et jugea plus prudent de ne pas faire de tentative hasardeuse pour le moment.

“Et vous, qui êtes-vous? Qu’est-ce que vous faites ici?” Se risqua-t-elle tout de même  à demander.

Dès sa première réponse, elle sentit la main de son interlocutrice tressaillir légèrement. Un long silence précéda ensuite sa question. Des bruits de pas lui indiquèrent que d’autres personnes les avaient rejoint. Puis la voix repris :

“Gren très cher, auriez-vous l’obligeance de vérifier que notre invitée surprise est bel et bien désarmée?”

Un clopinement saccadé se fit entendre et un petit homme aux yeux clairs et surpris apparu dans son champ de vision.

“Pour te répondre, nous habitons tout simplement ici.”

“Elle n’a pas l’air de cacher quoi que ce soit.”

“J’espère que tu ne nous tiens pas rigueur de cet accueil pour le moins cavalier…”

Malgré ses paroles, l’inconnue ne semblait pas décidée à relâcher son emprise. Le premier homme à la silhouette insectoïde s’était désormais accroupi, le regard dans le vide, comme s’il écoutait le vent.

“… mais nous avons eu des visiteurs ce matin, et eux n’avaient pas d’aussi bonnes manières que toi.”

Ce groupement d’individus hétéroclite laissait Nev un peu perplexe, mais néanmoins quelque peu rassurée lorsqu’elle s’aperçut qu’ils n’étaient pas foncièrement hostiles, seulement méfiants.

“Ah oui ? Je n’aurais pas pensé que quiconque viendrait vous déranger ici.”

Elle poursuivit sa découverte oculaire des environs, et s’agita un peu, comme pour inciter l’inconnue à détendre sa prise sur son corps frêle, ce qu’elle fit d’ailleurs. Si elle ne se sentait pas encore en pleine sécurité, la Cime prenait un semblant de confiance peut-être prématuré.

“Vous êtes nombreux ici ?”

L’inconnue desserra totalement sa prise et elle pu lui faire face. De petite taille, son visage rond était surmonté d’une épaisse toison blonde clair et arborait deux yeux bleus profonds en leur centre, comme crevant cette peau d’albâtre de leur éclat froid. Derrière elle se tenait un homme imposant, à la mine taciturne.

“Eh bien, nous étions huit hier soir.”

Alors que les yeux de Nev passaient d’un individu à l’autre, elle put remarquer leurs traits tirés et les marques de luttes qui parcouraient leur membres. Elle se retourna vers le premier homme mais celui-ci avait disparu.

“Nous avons été attaqués tôt ce matin, par un groupe de ces créatures noires. Deux d’entres nous n’y ont pas survécu… Et puis il y a Okha qui a disparu également…”

“Je suis sûr que c’est cette connasse qui nous les a ramenés par ici! Tout ça parce que…”

L’homme imposant s’interrompit soudain, quelqu’un d’autre les avait rejoint. Il semblait être apparu comme par magie de derrière un rocher sur lequel il s’appuyait d’un bras désormais. Malgré la large balafre qui traversait le haut de son buste rachitique, son expression restait impassible. Sans se retourner, la petite blonde hocha imperceptiblement la tête, comme si elle avait perçu sa présence.

“Au fait, je me nomme Santre.”

Son ton avait légèrement changé alors que le petit homme était apparu.

“Celui qui t’as accueilli avec verve répond au nom de Moream, voici Gren, le grand la-bas c’est Tusk, notre chasseur, et voici Serpe.”

Nev les salua tour à tour d’un signe de la tête, mais ne pouvait plus concentrer son attention sur autre chose que les créatures noires et manifestement meurtrières mentionnées plus tôt par Santre. Au regard de cette nouvelle information, se rapprocher du groupe ne pouvait qu’être une bonne chose. Ne s’étant pas présentée à l’assemblée réunie, elle entreprit son introduction.

“Moi c’est Nev. Je viens du lac, où j’ai rencontré des hommes étranges, mais je ne connais pas ces créatures dont vous parlez… Elles vous attaquent souvent ?”

Elle hésite un instant, avant de poursuivre.

“Je me suis blessée il y a peu. Je ne vous apprends peut-être rien, mais le froid de l’eau du lac et certaines plantes peuvent soulager les plaies.”

Tentative modeste de mise en avant de ses quelques connaissances de guérisseuse en vue de son acceptation par le groupe. Il lui sembla un instant qu’elle pourrait apprécier la vie ici, avec eux, malgré l’accueil rustre qui lui avait été réservé en premier lieu.
Kahrra
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Jour d'éveil : 16
Race : Cime
Métier : Chasseuse (1)
Groupe : Errant
Jeu 17 Aoû 2017 - 15:13

Kahrra n'avait jamais envisagé de quitter la forêt. Depuis son réveil la forêt lui donnait une impression de protection constante, bien que celle-ci était, dans un mélange équilibré, aussi dangereuse que bienfaitrice.
Ce subtil équilibre entre la vie et la mort, de la beauté comme de l'immonde laideur. Non, Kahrra n'envisageait pas de quitter son refuge.

Mais en s'aventurant plus à l'Est de la forêt, elle ne s'attendait pas à rencontrer quelqu'un, ou plutôt, à observer.
Ayant chassé un maigre butin, la rouquine s'était cachée dans les arbres. Kahrra passait d'arbre en arbre, grâce à leurs robustes articulations, leurs feuillages épais, observant comme une ombre sans pour autant se faire voir.
C'est là qu'elle l'a vit.

Cette jeune femme, marchant vers un but qu'elle-même ne semblait savoir. Visible de tous. Elle semblait ne pas oser s'aventurer dans la forêt, préférant être à découvert. Avait-elle peur de la forêt ? De ces arbres aux allures de géants, prêt à bloquer quiconque voudrait entrer ou déranger leurs repos. Cet air impassible sur son visage et ses cheveux d'une couleur inhabituelle, du bleu tirant vers le gris. La rouquine se demandait presque si elle n'était pas une apparition.

Il ne lui fallu que peu de temps pour s'arrêter, la nuit était tombée et Kahrra en profita pour l'observer plus attentivement, ne se rapprochant que de quelques mètres. Et elle eu bien fait. Elle voyait cette jeune femme tentant de faire du feu, Kahrra ne savait pas comment en faire, elle apprendrait des choses et cela l'incita à rester.

Lorsque le lendemain elle s'aventura plus loin, vers ses massifs près de la forêt, elle la suivit aux travers des arbres. C'est là qu'elle vit d'autres Hommes au loin près de la roche, s'engouffrant dans celle-ci. L'inconnue les suivit et Kahrra resta un moment caché, ne sachant quoi faire. La suivre ? Rester ici ?
Elle suivit timidement les pas de la bleuté et se cacha rapidement contre des rochers, un grand mur de pierre trônait en face de la bleutée qui s'était retournée pour voir un autre homme se tenir en face d'elle.

Plusieurs autres personnes vinrent, et Kahrra décida de changer de position afin qu'elle puisse tous les voir. Elle savait qu'elle prenait le risque de se faire voir et de se faire tuer, ses pieds tout écorchés lui lançaient des lames à chaque pas. Mais la curiosité l'emportait sur le reste.

Ainsi accroupi derrière un rocher, Kharra avait une vision assez large de la scène qui était entrain de se dérouler. Ces personnes semblaient hostiles, mais en observant un peu plus elle pouvait apercevoir des marques bleuâtres et de différentes couleurs qui étaient significatives de combats. Ils étaient tous différents et tous impressionnant. Jamais elle n'avait été aussi près d'un groupe de son espèce.

Nev
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Jour d'éveil : 17ème jour
Race : Cime
Métier : Guérisseuse (niv. 1)
Groupe : Errants
Dim 27 Aoû 2017 - 21:15

Santre haussa les épaules.

- Non. On dirait qu'ils n’osent pas attaquer en sous-nombre. Cette fois ils étaient beaucoup, et c’est comme s’ils avaient senti…

Pour la première fois, Nev vit les yeux de la blonde ciller. De toute évidence, elle ne s’invitait pas au moment le plus confortable pour eux. Peut-être était-ce une bonne chose.

- Tu as des connaissances en guérison? Certaines plantes peut-être?

- Je… Oui, un peu. Je ne suis pas experte, mais j’en connais que l’on peut manger. Et j’ai pansé ma plaie avec une plante. Je crois que ça a aidé, je pourrais vous montrer, si j’en trouve par ici. Le terrain n’a pas l’air d’être le même...

D’abord déstabilisée par ce soudain étalage de son savoir qu’elle savait minimal, elle avait finalement gagné en confiance dans son explication. Nev sentait ses interlocuteurs intéressés et bien que l’idée lui traverse l’esprit, se garda bien de mentir et de s’inventer des savoirs inexistants, ne voulant risquer une demande de démonstration supplémentaire.

Nev sentit du mouvement à sa gauche, et lorsqu’elle tenta un regard, il lui sembla apercevoir l’extrémité d’un corps, comme si quelqu’un se cachait pour les épier.

- Vous avez vu ? J’ai cru apercevoir quelqu’un… Est-ce que ça pourraient être les créatures qui reviennent ?

L’inquiétude perçait dans sa voix, car Nev n’était encore que peu aguerrie au combat, et ces êtres hostiles mentionnés par les habitants des cavernes semblaient bien peu amènes.
Autour d’elle, les membres des Cavernes s’étaient soudain tassés sur eux-même et se coulaient derrière les pierres comme autant d’ombres méfiantes. Se déplaçant avec une rapidité dérangeante, Moream commençait désormais à contourner le point qu’elle leur avaient désigné.
Kahrra
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Jour d'éveil : 16
Race : Cime
Métier : Chasseuse (1)
Groupe : Errant
Lun 4 Sep 2017 - 14:41

Que faire lorsque nous sommes découverts ? Certains se laissent prendre par la peur, d'autres par la colère et d'autres encore arrivent à garder leurs sang-froid. Quand on est découvert, deux possibilités s'offre à nous : S'enfuir le plus vite possible en prenant nos jambes à notre cou, ou bien foncer, foncer dans le tas.
Kahrra n'était pas de ceux qui gardent leurs sang-froid. Peureuse qu'elle était, ses pensées s'embrouillaient, défilaient à une vitesse vertigineuse tandis que les autres commençaient à se rassembler sur leurs gardes.


Et alors qu'elle réfléchissait encore et encore, une odeur de charogne mélangé avec du sang et de la transpiration parvint à ses narines. L'espace d'un instant elle tourna la tête et fit face, accroupi, à un géant.
Son regard immense sans expression semblait la détailler. Tremblante, Kahrra ne savait que faire, il était désespérément immense tandis elle n'était qu'un grain de poussière sous ses pieds. Allait-elle se faire écraser par cet homme ? Allait-elle mourir ici ? Plusieurs secondes qui semblèrent des heures se passèrent sans que les deux ne fassent un geste. Quelles possibilités avait-elle ? S'enfuir en sautant sur le rocher ou bien passer à travers le géant ?


Le pouls s'accélérant, la rouquine sembla retrouver ses esprits à temps pour éviter la main du géant qui allait lui empoigner les cheveux. Elle n'eut pas le temps cependant de réfléchir aux alternatives qu'elle se faufila telle une anguille entre les jambes de son assaillant. Courant à quatre pattes, Kahrra se râpait les genoux tandis qu'elle se sentait soulever dans les airs et agrippée avec force autour d'elle. La pauvre Kahrra se débattait de toutes ses forces, mené par la colère cette fois-ci, ouvrant la bouche comme pour pousser un cri, rien ne vint.

Maintenant découverte, à la vue de tous, Kahrra mordit sa lèvre inférieure inconsciemment avant de tourner sur elle-même, le visage figé, les yeux angoissés passant en revu toute la structure du terrain pour trouver un moyen de s'enfuir.

Le géant exerçant une forte pression sur elle, par désespoir, elle le mordit de toute ses force, mais ce n'était qu'une vaine tentative qui ne marchait pas le moins du monde.  Kahrra était prise au piège et elle ne savait pas comment allait se dérouler la suite.


Nev
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Jour d'éveil : 17ème jour
Race : Cime
Métier : Guérisseuse (niv. 1)
Groupe : Errants
Dim 17 Sep 2017 - 22:35

Nev regarda silencieusement la scène se dérouler sous ses yeux. Tous assistèrent à la capture d’une jeune rousse, cachée derrière un rocher. Elle était manifestement inconnue du groupe d’habitants des Cavernes. Le plus grand d’entre eux l’attrapa, pour la ramener vers le centre de leur cercle restreint, la maintenant toujours dans une étreinte hostile. Sa tentative de morsure ne fit rien, sinon empirer la situation, tandis que l’homme qui la maintenait fermement gardait le même regard absent.

Nev ne put s’empêcher de se sentir soulagée, tant elle avait espéré qu’il ne s’agisse pas des mystérieuses créatures noires que ses interlocuteurs avaient évoquées plus tôt. Elle était presque prise de sympathie pour cette frêle semblable, qui se trouvait dans une situation similaire à celle dans laquelle elle se trouvait, quelques instants plus tôt. Elle avait réussi à s’en sortir, mais avait fait preuve de bien plus de diplomatie, évitant toute confrontation physique dont elle savait ne pas pouvoir sortir vivante.

Hasardeusement, la Cime décida d’interpeller cette nouvelle venue, sans animosité, mais véritablement intriguée.

- Qui es-tu ? Tu m’as suivie ?

- Tusk, vérifie qu’il n’y en ait pas d’autres.

L’épais racine à l’air mauvais jeta un regard sombre à Serpe avant de disparaître derrière un rocher. Sans prendre la peine de relever cette marque évidente d’animosité, l'Échoué s’avança jusqu’à Santre. Sous sa pommette droite une étrange cicatrice noircie dessinait un symbole à la symétrie imparfaite. Une impression de chaleur émanait de ses yeux clairs, contrastant avec la moue brute qui comprimait sa bouche. En silence, il semblait attendre la réponse de Kahrra.
Kahrra
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Jour d'éveil : 16
Race : Cime
Métier : Chasseuse (1)
Groupe : Errant
Mar 26 Sep 2017 - 15:11

Un animal. Frêle. Chétif. Fragile.

Un vers de terre. Qui se débat. Dans le vide.

Une plume. Un grain de poussière.

Enterrée dans cet espace circulaire vivant. Où la vie se meut, observe, sans pour autant agir. Ce cercle humain qui, à bien des égards, regarde ce pitoyable spectacle.
Ce cercle qui regarde le vers de terre gesticuler, hurler muettement de le libérer.

Le pouls qui s’accélère, les sueurs froides coulant lentement, insidieusement sur sa fine peau. Le goût du sang dans la bouche. Le regard perdu. Combien sont-ils à former le cercle ? Deux, trois, des milliers, peut-être n’est-ce qu’une seule personne. Peut-être a-t-elle une hallucination, une déformation optique.

Puis une voix, féminine, qui résonne dans sa tête comme un lien vers la réalité, vers ce qui se tends à redevenir calme, à se reprendre.
Le vers redevient calme, il gesticule de moins en moins, concentrant son attention vers la voix, celle de cette mystérieuse créature humaine aux cheveux si étrange.

Le vers plonge ses yeux bicolores dans ceux de son interlocutrice, ce simple contact visuel, sans une once d’animosité, remet le vers de terre dans son état originel. Il redevient humain, il redevient femme, il redevient Kahrra.

Le souffle court, ses yeux se baissent, ses lèvres se pincent comme l’enfant qui aurait fait une bêtise. Les yeux reviennent vers cette femme et la rouquine hoche la tête. Oui elle l’a suivi et la voilà maintenant entouré par des êtres de la même espèce.

D’autres discutent, vérifient que Kahrra est bien la seule personne à s’être cachée. Et là voilà devant ces personnes, inconnus, qui semblent attendre quelque chose, une réponse, des explications.

Des explications muettes, voilà ce qu’il se passe, Kahrra ne peut parler, sa voix enlisée dans le silence, cet handicap qui ne peut et ne veut s’améliorer, se détacher de cet abysse qu’est le silence.

La peur se tasse petit à petit, sans pour autant s’en aller. Regardant chaque individu, un par un, petit à petit, Kahrra ne peut que communiquer par le geste.

Ses mains se lèvent, paume vers eux, ses mains tremblantes s’ouvrent en signe de paix. Une bonne minute ses mains se tiennent comme cela, avant de se baisser, avant que Kahrra reprenne totalement ses esprits.
Nev
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Jour d'éveil : 17ème jour
Race : Cime
Métier : Guérisseuse (niv. 1)
Groupe : Errants
Jeu 2 Nov 2017 - 9:19

Face à la timide tentative de communication de la frêle inconnue, tendant ses paumes nues vers le cercle l’entourant, l’assemblée reste impassible un instant. La méfiance semble s’apaiser un peu face à cette brindille manifestement dénuée de toute arme, de toute virulence et même de parole.

Nev observe les autres silencieusement, espérant voir sur leurs visages un signe de détente : il lui est très clair que cette petite n’entretient aucune animosité à l’égard du groupe. Si elle ne dit rien, c’est qu’elle ne veut s’imposer, elle qui vient d’arriver.

- C’est bon. Elle est seule.

Conclut Santre face au mutisme de la frêle jeune femme dont même le nom leur est encore inconnu. Au loin, le soleil commence à s’abaisser vers l’horizon, plongeant la vallée dans un début de pénombre. Malgré les températures qui ont été plus agréables ce jour, la fraîcheur du soir arrive et s’empare de chacun de leurs corps. Les plus vêtus se recouvrent, remettant peaux et fourrures en place sur leurs épaules, tandis que les autres restent en proie au frisson.
Ils restent un instant muets, dans une observation silencieuse et réciproque, se toisant les uns les autres, jaugeant, évaluant les capacités de nuire.
Tusk rompt le silence d’un grognement et regagne la caverne, bientôt suivi par d’autres membres du petit groupe. Avant qu’ils ne disparaissent tous, Nev se risque à une demande :

- Est-ce que… Sa voix parcourue d’un tremblement mêlant le doute et le froid la rend particulièrement hésitante. Est-ce qu’il serait possible que je passe la nuit ici avec vous ? Je serai repartie dès demain matin si vous le souhaitez.

Elle adresse un regard à l’inconnue, à l’aspect toujours aussi faible et peu avenant.

- Peut-être qu’elle peut rester aussi ?

Nev sait qu’elle n’a que peu à leur offrir et l’hospitalité n’est pas apparu comme l’un de leurs traits particuliers. Sans un mot pourtant, Serpe s’avance vers la Caverne, leur faisant signe de le suivre. La Cime s’empresse de s’exécuter et s’engouffre sur ses pas.

Des traces de lutte, n’importe qui pourrait les voir. Une fois passé le mur de pierre, étayé par de larges troncs d’arbres, c’est un tableau presque chaleureux qui s’offre aux deux nouvelles arrivantes. Foyer entouré de pierres, lits de mousse, parfois couvertes d’une peau, quelques morceaux d’os et de silex, posés avec application sur une large pierre plate… Mais quelque-chose cloche. Là une lance brisée, ici une trainée rouge-brune sur la roche grise, une goutte de désordre morbide, dissoute par la lumière du soir. Dans un coin près de l’entrée, quelqu’un est allongé, face au mur.

- Serpe, qu’est-ce qu’on fait de lui?

L’échoué qui avait presque rejoint la grotte se retourne, au fond de ses yeux verts, quelque-chose semble s’agiter.

- Il n’était pas des nôtres, il était aveugle. Portons son cadavre loin du camp, les bêtes noires se chargeront de lui.
Kahrra
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Jour d'éveil : 16
Race : Cime
Métier : Chasseuse (1)
Groupe : Errant
Ven 1 Déc 2017 - 14:10

Elle n’avait jamais eu l’idée de rester loin de chez elle, de rester loin de la montage, loin de sa minuscule grotte.

Elle n’avait jamais pensé rencontrer de si près ses congénères.

Elle n’avait jamais voulu se faire prendre.

La froideur de ses congénères, cette animosité présente, cette peur glacée irradiant chaque membre de leurs corps, à tous. Kahrra ne voulait pas rester, partir loin et ne jamais revenir vers cette partie de la forêt. Ne jamais revenir, ne jamais les revoir.

Mais la curiosité était si forte, si palpable, si proche d’être rassasié, qu’elle ne put repartir. Non il fallait, elle devait voir.

Le destin –si jamais il en avait un- voulait qu’elle reste, et cette jeune femme aux cheveux bleu, si mystérieuse soit-elle, avait parlé pour elle. Alors quand le groupe s’avança vers vers la roche, la rouquine s’approcha d’un pas rapide vers la bleuté, lui offrant ses remerciement par un signe de tête.

Dans ce gouffre qu’était la caverne, tout était brillant, tout était nouveau, tout était excitant. Kahrra ne voulait voir les traces de luttes, les traces que la mort avait laissé. Elle s’avança d’un pas presque énergique, oubliant la méfiance, oubliant le danger ; regardant tout autour, la bouche grande ouverte, un sourire presque heureux au visage : une enfant elle était, un assoiffé voyant l’eau pour la première fois.

Dans le tumulte de sa joie, des voix s’élancèrent, des regards fixèrent une ombre près du mur. L’odeur du sang envahit ses narines, la réalité reprit sa place, la mort avait fait son choix, la mort avait reprit sa place dans l’esprit de la rousse. La peur revint, le corps de ce pauvre malheureux, allait être jeté dehors, il allait être offert à ses meurtriers.

Elle s’approcha du cadavre, sans se baisser, elle toucha la joue du pauvre malheureux du pied, un soupir d’exaspération s’échappa inconsciemment : le pauvre n’a pas eu de chance.
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