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Le saule et l'hirondelle [Staz][Fin du jour 19, jour 20][Important][CLOS]
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Maitre du jeu
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Mer 13 Sep 2017 - 13:57

Gallya s'endormait paisiblement sur les genoux de Staz, fatiguée par son éveil mouvementé et rassuré par la présence du jeune homme. Un moment passa sans que le moindre bruit ne vienne déranger les deux jeunes Échoués paisibles. Les guetteurs s'en étaient allés, on ne les voyait plus parmi les tronc, on ne pouvait pas vraiment savoir quand ils étaient partis. Pendant que Staz et Gallya profitaient de cette après midi calme, Ka sortit de la maisonnée avec la peau de la biche encore sale, quelques fruits verts étranges et un grand récipient contenant de l'eau chaude - il avait du la faire chauffer sur un feu, la cheminée crachait une petite fumée grise qui volait vers les nuages.

Le vieil homme salua Staz d'un signe de tête, souriant, et s'assit avec la peau sur les genoux et le récipient d'eau chaude à côté de lui. Lentement il se mit à travailler l'arrière de la fourrure avec un couteau et un peu d'eau qu'il versait de temps en temps. Sa main était experte, encore plus qu'elle ne semblait l'être pour faire du feu ou pour couper la viande de biche : s'occuper d'une peau de bête, personne ne savait le faire comme lui le faisait. Il allait véritablement vite, et ne laissait rien dépasser, on aurait dit de la magie. En un instant la peau était passée de sale à propre, et il continuait de la travailler : il lui donnait une forme, procédait à diverses manipulations pour l’aplatir, la sculpter. Une fois formée il coupait un des fruits verts curieux et en faisait couler le jus sur les poils en le pressant dans sa paume. Une fois qu'une matière transparente coulait sur la fourrure il passait très rapidement ses doigts dedans pour répartir le liquide et les faire rentrer entre les poils tout en donnant un sens à ces derniers. Il recommençait cela plusieurs fois, toujours au même endroit. Il allait vite mais cela prenait du temps.

Au bout d'un long moment, qui paraissait tout de même agréable par son côté paisible, Gallya se réveilla. Elle garda un petit moment ses yeux sur le vieil homme pendant qu'il passait les doigts dans la fourrure comme s'il coiffait des cheveux, et elle finit par dire avec un air de reproche sur le visage :

- Vous m'avez menti. dit-elle. Les choses noires n'étaient pas juste curieuses, Staz m'a dit qu'elles étaient comme des loups et nous des biches. Pourquoi vouliez-vous me cacher cela ?

Ka sourit, tout en continuant son travail. Ses yeux restaient sur la peau, il ne les bougea pas tout en répondant calmement :

- Je ne mens jamais sauf si j'y suis contraint. Ces choses noires que tu as vu je les nomme des guetteurs. Elles étaient curieuses de ton arrivée. Elles t'ont observé et sont reparties.

- Mais elles veulent nous manger ! Pourquoi appelez-vous ça de la curiosité ?

Gallya se redressa tout en restant près de Staz. Lorsqu'elle parla, sa tête tourna d'un homme à l'autre, comme pour leur faire comprendre qu'elle s'adressait aux deux :

- Moi je préfère qu'on me dise la vérité, directement, plutôt qu'on la masque pour me protéger.

Et elle hocha la tête vers Staz comme pour lui indiquer qu'elle lui était reconnaissante de lui avoir dit la vérité - lui. Ka sourit et inspira avec force, ses yeux partirent vers la jeune femme, il semblait réfléchir. Gallya ne le laissa pas en faire davantage :

- Je suis comme vous, ce n'est pas parce que je suis petite et que je suis une femme qu'il faut me protéger. Je veux savoir. insista-t-elle.

Ka secoua la tête, puis pressa à nouveau sur un des fruits verts. Gallya continuait ce qu'elle semblait considérer comme un sermon :

- Si Staz ne m'avait rien dit, vous ne m'auriez rien dit non plus ? Imaginez que je considère ses créatures inoffensives alors qu'elles sont dangereuses.

Le vieil homme soupira longuement. Il leva les yeux au ciel. La jeune femme continua :

- Si vous voulez me rendre service, et me protéger, alors ne me cachez rien. Je préfère...

- Les guetteurs sont curieux. la coupa Ka.

Il tourna des yeux déterminés vers elle, une sévérité se lisait dans ses traits, il poursuivit :

- Elles ne sont pas des loups, nous ne sommes pas des biches. Nous sommes des hommes et elles sont des guetteurs. On ne peut pas tout comprendre en un instant avec des raccourcis aussi simples. Les choses noires n'ont pas pour objectif de manger des hommes.

Puis sa voix se fit un peu plus calme :

- Tu comprendras cela, jeune femme. Mais il faut du temps.

- Pourquoi faudrait-il du temps ? souffla-t-elle avec une once d'agressivité dans la voix.

- Parce qu'il en faut. expliqua Ka.

Et Gallya secoua la tête, se leva et s'en alla dans un coin de la clairière pour s'écarter du vieillard.
Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Mer 13 Sep 2017 - 14:55



Et Gallya s'endormit. Staz remua légèrement, gêné par cet envahissement soudain de son espace vital, se sentant tout à coup légèrement mal à l'aise, mais cette impression s'estompa vite. C'était comme si, finalement, c'était ça, vivre en harmonie. Les guetteurs étaient là, et l'instant d'après ils ne l'étaient plus. Il y avait Ka qui venait de sortir pour tanner sa peau. Et Gallya dont le souffle faisait écho au bruissement des feuilles.

Tout ça était très beau et très paisible, jusqu'à ... ce que Gallya se réveille. La discussion qui s'en suivit empli Staz d'un certain désespoir, exprimé par la mine blasée du garçon, qui contenta de regarder tout ça d'un oeil relativement vide de tout espoir de voir ces deux personnes s'entendre un jour. Effectivement, Ka était un saule, et Gallya était plutôt du genre feu de forêt.

Alors, dans ce mélange d'animosité, de besoin de connaissance et de mensonges qui n'en sont pas, Staz se contenta de détourner le regard, de se relever, de faire quelques pas à l'écart, et de chercher à écouter les oiseaux chanter. Et quand la discussion se clôt par une séparation soudaine, il les regarda d'un air déçu, et retourna à ses oiseaux, sans prêter attention ni à l'un, ni à l'autre. Au final, il n'avait rien à dire à personne.



Couleurs :
 
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Maitre du jeu
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Jeu 14 Sep 2017 - 23:32

Le soir vint, puis la nuit tomba.

Le silence avait bercé les trois individus durant toute cette fin d'après midi. Ka avait fini de travailler sa peau de bête, elle séchait à présent sur l'une des rambardes de bois du potager, tandis que Gallya avait fini par arrêter de bouder et s'était rapprochée des deux hommes.

Au soir venu ils avaient mangé, tous les trois, des restes de biche de ce midi. La viande - cuite du midi - était conservée dans des grandes feuilles de fougères disposées au frais.

Une fois le repas terminé, ils se réunirent tous les trois dans la petite cabane de Ka, où le vieil homme avait fait un nouveau feu.
Assis sur son lit, le vieillard semblait réfléchir, alors que Gallya et Staz restaient côte à côte, assis sur les peaux de bêtes qui reposaient au sol : une peau de bête supplémentaire avait été sortie d'une commode pour l'occasion, Staz avait pu remarquer que Ka conservait de très nombreuses peaux dans ses tiroirs, toutes très bien entretenues et propres.

Au bout d'un moment, alors que seul le bruit des flammes se faisait entendre en un crépitement rassurant, le vieil homme rompit le calme pour dire :

- Vous êtes tous les deux Échoués. Les Échoués sont très intelligents vous savez, très marginaux, ils ne fonctionnent pas comme tout le monde. Et cela est normal quelque part.

Il marqua une pause, les flammes dansaient dans ses pupilles. Il réfléchit, puis il continua :

- Un jour, j'ai rencontré un Échoué qui ne cessait d'inventer de belles histoires. Je vais vous conter l'une d'entre-elles.

Il sourit, se tourna vers ses deux auditeurs et commença :

- Un petit hérisson se promenait près du lac. Arrivé à celui-ci pour boire, il vit son reflet dans l'eau et s'alarma : "Je suis piquant !" se dit-il, "ça ne va pas, je veux être doux !". Alors, puisqu'il passait au dessus de lui, hérisson se tourna vers le nuage pour lui dire : "Je veux être doux !". Le nuage répondit : "Je n'y peux rien ! Et je suis peut-être doux mais je ne suis pas parfait non plus. Nous les nuages, nous voyageons sans pouvoir nous arrêter, nous n'avons pas de maison où habiter."

Ka racontait son histoire avec bonne humeur, la légèreté et la simplicité de son ton faisait comprendre que l'histoire n'avait pas pour but d'être triste. Il continuait :

- Alors le petit hérisson alla voir le mouton et lui dit : "Je veux être doux !". Le mouton, lui aussi, répondit : "Je n'y peux rien !" Puis il précisa : "Et je suis peut-être doux mais je ne suis pas parfait non plus. Nous les moutons, nous sommes toujours en groupe et ne pouvons jamais nous séparer même des gens que nous n'aimons pas." Alors le petit hérisson alla voir le chat et lui dit : "Je veux être doux !". Le chat répondit : "Je n'y peux rien ! Et je suis peut-être doux mais je ne suis pas parfait non plus. Nous les chats, nous dormons toute la journée parce qu'un rien nous épuise, nous sommes toujours fatigués.". Alors le petit hérisson alla voir la musaraignes et lui dit : "Je veux être doux !". La musaraignes répondit : "Je n'y peux rien ! Et je suis peut-être doux mais je ne suis pas parfait non plus. Nous les musaraignes, personne ne nous aime."

Il marqua une pause, sourit, et poursuivit d'une voix chaude :

- Alors le petit hérisson alla voir la rose et lui dit "Je veux être doux !" et la rose répondit "Je n'y peux rien mais je ne le suis pas non plus ! Je ne suis pas parfaite. Nous les roses, nous avons des piquants, mais ils nous permettent de faire fuir les méchants qui voudraient nous écraser, ainsi cela nous pouvons fleurir et être belles."

Enfin, la conclusion vint :

- Désespéré, à bout de force, le petit hérisson alla voir l'homme et il se plaint : "Je veux être doux !". L'homme regarda le petit hérisson, se pencha près de lui, passa son doigt en dessous de son corps pour éviter les piquants, et caressa ses poils soyeux. "Mais tu l'es déjà." dit l'homme. Alors le hérisson, heureux, s'exclama : "Comment l'as-tu su ?" et l'homme répondit : "Nous, les hommes, nous sommes tellement peu parfaits, que nous passons notre temps à observer ce qui nous entoure, plutôt qu'à nous observer nous-mêmes."

Il sourit puis retira son crane de bouc de ses cheveux noirs. Gallya regardait l'homme avec une forme de tendresse mêlée à de la sérénité. Peut-être lui avait-elle pardonné son attitude ?

Quoi qu'il en soit, la nuit devenait noire, et chacun ressentait une fatigue grandissante.

Bientôt, ils allaient dormir.

RP CLOS
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