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L'inconnu [J21 - Important - Daedwyg & Salim][Clos]
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Néphara
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Messages : 28

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Jeu 28 Sep 2017 - 21:42

Bientôt, le sommet. La brume était épaisse, il faisait froid, un froid glaçant mais qui pourtant annonçait enfin la fin du voyage, et le sommet. Néphara se voyait marcher dans les montagnes, de dos, elle n’était plus dans son corps. Elle se voyait grimper difficilement les hauteurs enneigées de la vallée. Déterminée à atteindre le sommet, et à s’enfuir. Elle grimpait, glissait, s’écorchait contre les rochers glacés. Bientôt, elle atteint le sommet. Elle resta un moment immobile, il ne lui restait plus qu’à se hisser pour contempler l’horizon. Enfin, elle puisa dans ses dernières forces, et se hissa sur le dernier rocher de la dernière montagne. Et un trou béant l’engloutit. Il n’y avait pas d’horizon, pas de vent, pas de froid, rien, le vide, le noir, et c’était déchirant. Dans un hurlement, de désespoir et de douleur, Néphara se laissa happer par ce noir terrible et insondable.

Un sursaut. La jeune femme se redressa brusquement, s’étouffant à moitié dans son cri de douleur. Elle avait perdu conscience un moment. Les images de son rêve mirent un certain temps à quitter son regard, voilé par la fatigue et la douleur. Sa jambe lui faisait toujours aussi mal, bien que l'écoulement de sang ait ralenti, grâce à la plante qu'elle avait ingérée. Malgré cela, Néphara était encore plus blême que d’habitude et n’avait plus vraiment de force. Elle n’avait pas beaucoup avancé, en rampant, juste assez pour atteindre la lisière ouest de la forêt. A partir de là, elle découvrait un nouvel endroit de la vallée. Épuisée, mais pas abattue, elle se remit à ramper lentement. Il fallait qu’elle prenne soin de sa blessure, malgré ses maigres connaissances. Il lui restait deux feuilles, si jamais le sang se remettait à trop couler. Mais quelque chose s’agitait en elle : elle découvrait un nouvel endroit, de nouvelles odeurs. Elle pourrait sûrement trouver quelque chose, un fruit, ou une plante, qui lui permettrait de soulager le fardeau de sa blessure…

Néphara balaye du regard les alentours…



Les voix des musaraignes ne sont pas les seules à se faire entendre.
Des corps se broient dans l'obscurité. Le sang se mélange en son sein.
Néphara
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Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Jeu 28 Sep 2017 - 21:46

Lancer de dés
1 - 2 : Néphara repère un petit buisson feuillu et fleuri : ces végétaux lui permettraient de désinfecter un peu sa blessure.
3 - 4 - 5 : Néphara aperçoit un fruit épais et charnu, tombé d'un arbre, il l'aiderait à reprendre des forces.
6 - 7 - 8 : Malheureusement, Néphara ne trouve rien qui puisse l'aider.



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Maitre du jeu
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Jeu 28 Sep 2017 - 21:46

Le membre 'Néphara' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'd8' :

Résultat : 2
Néphara
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Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Jeu 28 Sep 2017 - 21:59

Là-bas, juste un peu plus loin, l’Échouée aperçut un petit buisson à l’odeur aigre. Il y avait beaucoup de feuilles, et quelques fleurs. Sa connaissance obscure et mystérieuse se manifesta encore une fois, sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Elle savait qu’elle pourrait apaiser le feu de sa blessure, de sa peau meurtrie, avec ces fleurs grisâtres. Difficilement, elle se remit à ramper, essayant de s’empêcher de respirer trop fort. Elle sentait qu’elle était une proie facile, encore plus maintenant qu’elle était sortie de la forêt. Elle ne pouvait toujours pas se relever, et encore moins fuir.

Une fois arrivée à portée du buisson, elle réfléchit à comment utiliser cette ressource sur sa blessure. Elle était loin d’être guérisseuse, elle savait juste que ces végétaux pouvaient aider sa peau et son sang à rester sains. Une ombre traversa son regard. Elle aurait aimé qu’Aladar soit là, pour renifler attentivement le buisson, et pousser son petit couinement, qui permettait toujours à Néphara d’être sûre. Chassant cette pensée, elle se reporta son attention sur le buisson. Cette fois, elle agit sans aucune certitude quant à l’efficacité de sa technique. Elle prit délicatement ce qui ressemblait à une grappe de fleurs, parsemées de feuilles. Elle les écrasa entre ses mains, et elle pu constater que le cœur des fleurs était assez liquide.

Déglutissant avec difficultés, elle appréhendait de devoir toucher à pleine mains sa blessure. Elle avait déjà cru mourir lorsqu’elle avait noué le tissu, là, elle n’osait rien faire. Elle déglutit de nouveau, ferma les yeux, et posa ses paumes engluées de matière végétale de chaque côté du tissu noué.

Retenant un nouveau cri, Néphara poussa ce qui ressemblait à un grognement. De plus, le liquide des fleurs se mit à la brûler sévèrement, mais quelque chose lui dit que c’était l’effet qu’il fallait rechercher. Laissant échapper quelques lourds soupirs, elle reprit son souffle, et fit de son mieux pour que tout le liquide qu’elle avait récupéré reste sur la blessure. L’opération fut difficile, mais elle la répéta avec une seconde « grappe ».

Ses mains s’échouèrent de chaque côtés de sa jambe. Néphara était épuisée. Son corps n’était pas tant fatigué que ça, mais la douleur lui volait toute sa force. De nouveau, le gris envahit son regard, et l’Échouée bascula en arrière, sa conscience se perdant à nouveau, quelques instants, dans les méandres de la vallée...



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Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Le Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal,
Notes et Idées

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Dim 8 Oct 2017 - 13:31

Au Camp des Oubliés


La journée d'hier m'apparaissait comme un répit, une pause dans la course effrénée que j'avais entamé dans la vallée. Les Oubliés était fidèles à eux-mêmes et Daedwyg m'était sympathique. J'étais plutôt heureux de la situation. Je saluais Kahraman en me levant, il était tard, j'étais le dernier à ouvrir les yeux. Tout en m'étirant, je sortis de la grotte, Shabh était déjà au poste d'observation, silencieux.

J'avisais Daedwyg et Ard, devant la grotte. J'ignorais si elles discutaient, dans tous les cas, je ne les interrompis pas. Je me frottais le visage quand je vis Shabh qui me fit signe de le rejoindre. Je mis plus de temps à grimper que la veille, ne voulant pas me casser la figure parce que j'étais mal réveillé, mais je finis par le rejoindre. Une fois en haut, il me pointa du doigt la direction du Lac. Au loin, une troupe de silhouettes noires ne laissaient aucun doute sur l'identité des créatures qui se trouvaient là. J'haussais les épaules.

- Ils sont loin, et il n'y a aucune raison qu'ils viennent nous voir ici.

Il ajouta d'un ton pincé :

- Je les garde à l'oeil tout de même.

- Comme tu veux.

Je n'étais étrangement pas inquiet. La rencontre avec l'Être Noir m'avait peut-être vacciné à la crainte des guetteurs. Combien étaient-ils à s'être regroupés ce jour là ? Et puis je gardais la conviction que si nous continuions nos occupations comme si de rien était, sans trop s'isoler, tout irait bien. Cela contrariait toutefois un peu mes plans d'aller voir ce qui se trouvait sur la falaise juste au-dessus de nous. En tous cas, je ne pouvais y aller seul, et hors de question que Shabh quitte le camp.

Je redescendis plus vite que je ne l'imaginais.

- Eh Daedwyg ! Je pensais faire le tour jusqu'au haut de la falaise, histoire de voir ce qui peut nous tomber dessus depuis là-bas, tu veux m'accompagner ?

Avec un peu de chance, cela découragerait les guetteurs que l'on s'éloigne de la sorte. J'ignorais si Shabh avait prévenu Ard de la situation.


En route sur le Plateau


Contourner la falaise s'avérait plus long que je ne l'avais imaginé, et nous avions marché près d'une heure avant d'atteindre réellement le plateau en haut. Le dénivelé tout autant que la distraction de ma compagne de route avait ralenti notre avancement, mais je ne m'en formalisais pas plus que ça. Nous n'étions même pas à la moitié du jour.

Tandis que Daedwyg était penchée au-dessus d'une plante, il me sembla entendre une sorte de jappement au loin. Comme une bête effrayée, plus que menaçante. Mes yeux se posèrent sur l'échouée, interrogatifs. Elle n'eut pas le temps de formuler une réponse qu'une silhouette s'approcha de nous en trottinant. Ce n'était qu'un chien perdu. Un chien perdu qui pleurait.

Couleurs:
 



Daedwyg
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Jour d'éveil : Jour 4
Race : Echouée
Métier : Guérisseuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Ѫ
Lun 9 Oct 2017 - 21:31

La proposition éveilla une pointe de doute en moi. N’étais-ce pas étrange qu’il me demande à moi de l’accompagner ? A moins d’être aveugle, il n’avait pu passer à côté de mes difficultés à me déplacer, et les guetteurs à proximité n’arrangerais certainement pas la situation Je jetais un œil à Kahraman qui, d’un sourire, m’encouragea à suivre Salim, je me faisais sans doute des idées.
J’avais concocté un mélange de pétales et de mousse pilée dans de l’eau claire pour Ard, en espérant que leur effets se contrebalanceraient. C’est ce que semblait vouloir dire leur odeur en tout cas, et la Cime semblait prête à vouloir prendre le risque de léger maux de ventre si cela pouvait apaiser la douleur de ses articulations. L’effet de la mixture n’irait de toute façon pas plus loin si elle se contentait de boire le liquide et de laisser les résidus de plante tranquille. Je le lui répétais une dernière fois alors qu’elle hochait patiemment la tête, un léger sourire éclairant son visage fatigué.

- Tu ne l’as peut-être pas remarqué, mais je sens beaucoup de choses que tu sens, concernant nos amies les plantes.

Surprise, je finis par sentir mes joues s’empourprer et avec un grommellement gêné me détournais.
Il me fallut une partie du trajet pour sortir de la confusion dans laquelle notre aînée m’avait plongée. Il semblerait que je sois loin d’être la seule à sentir les résonances émises par la nature.
Je revins à la réalité lorsqu’une file de formes noires, immobiles, à une cinquantaine de pas de nous, entra dans mon champ de vision. Je n’arrivais pas à dire s’ils s’étaient approchés ou non. Je jetais un œil au Cime qui m’accompagnait et qui avait suivi mon regard.

- Ne t’en fais simplement pas.

Je fronçais les sourcils à ces mots, mais déjà Salim reprenait sa marche, sans accélérer le pas. Je le suivis, ouvrant mon odorat à tout les signaux qui le parcourait et qui m’emportèrent bientôt dans leurs fascinant univers.
Je sursautais à l’arrivée du chien, je n’avais pas entendu ses premiers aboiements. Accroupie, son museau se trouvait au niveau de mon visage et mon premier réflexe fut de me relever et de reculer quelques pas. Il n’avait pas l’air agressif mais un gémissement continu s’échappait de sa gueule fermée. La pointe de ma canne en avant je me tournais avec hésitation vers Salim.

- Il a peut-être faim ?

Au son de ma voix, le chien fit un léger bond en arrière et laissa échapper un jappement sonore qui me fit de nouveau sursauter. Malgré son poil souillé il semblait plutôt en bonne santé, et sans doute plus apte à trouver de la nourriture que nous ici. Salim tenta un geste prudent dans sa direction et dans un nouvel aboiement l’animal disparut. Après quelques instant de surprise, nous reprîmes notre marche avec davantage de prudence. Arrivés au sommet, nous avions décidé de longer le bord de la falaise jusqu’au dessus de la grotte, tout en essayant de rester autant à couvert que possible. Cela faisait quelque temps que nous n’avions pas vu trace des guetteurs.

Nous allions nous arrêter pour une courte pause lorsque le chien apparut de nouveau. Cette fois-ci, il se mit à aboyer sans interruption dès qu’il nous aperçut.

- Je crois… qu’il veut qu’on le suive.


Néphara
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Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Lun 9 Oct 2017 - 22:09

Un son. Un son familier, répétitif. Un son rassurant. Néphara l’entendait « flou », comme perdu au fond de ses oreilles. Elle cligna des yeux plusieurs fois, sans vraiment y voir. Sa vue demeurait incertaine, mais le son se précisait dans ses oreilles. Elle entendait quelque chose qu’elle avait très envie d’entendre. C’était.. des aboiements. Mais est-ce qu’elle rêvait ? Est-ce que c’était Aladar ? Malgré ce manque de certitudes, ces aboiements déterminés la poussèrent à sortir de son demi coma endolori et fatigué. S’aidant de ses bras encore un peu tremblants, elle se redressa, et se mit en positon assise. Jetant un regard à sa blessure, elle essaya de remuer la jambe en grimaçant. La plaie n’avait pas l’air d’empirer, mais elle n’avait pas l’air de s’améliorer non plus. La douleur était presque acquise : pouvait-elle espérer se remettre debout ?

Secouant la tête, elle entendit de nouveau les aboiements. Elle avait l’impression de reconnaître Aladar mais elle avait peur. Peur de ne croiser qu’un autre petit chien, qui ne serait pas lui. Pourtant, quelque chose tintait au fond d’elle, et lui assurait que c’était Aladar qui aboyait. Est-ce qu’il l’appelait vers lui, comme la première fois ? De toutes façons, quitte à mourir bientôt de sa blessure, elle préférait tout donner pour retrouver Aladar avant.

La mine grave, déformée par la douleur, elle entreprit une tentative pour se relever. Les mains sous les fesses, la jambe gauche intacte prête à la soutenir, elle se propulsa vers l’avant en faisant de son mieux pour que sa jambe droite ne cogne pas le sol. Elle manqua de basculer vers l’avant, et avec la jambe droite tendue vers l’arrière, elle s’empêcha de tomber en se tenant par l’avant avec ses mains. Un cri étouffé lui échappa, la douleur même sans heurter quoi que ce soit, était toujours là. Mais elle était debout, enfin à peu près.

« Aladar ?! » Sa voix avait reprit un peu de puissance, bien qu’elle n’ait pas crié très fort. Elle voulait juste une réponse, un changement dans l’aboiement peut-être.

Et la réponse vint, et même mieux que ça encore. Elle aperçut la silhouette encore toute dodue et petite d’Aladar se dessiner, courant vers elle, aboyant encore une ou deux fois.

Un sourire déchira instantanément le visage flétri de Néphara, elle clopina sur un pied quelques pas en avant : l’attendre, même à si courte distance était trop long. Elle se disait qu’il allait la faire tomber en lui sautant dessus mais peu importait. Il s’en était sorti !

Lorsqu’il arriva à sa portée, il ne sauta pas, comme s’il avait comprit. Il tourna une ou deux fois autour d’elle, et se frotta contre sa jambe gauche, glapissant joyeusement. Soudain, il se retourna, et se remit à aboyer. Fronçant les sourcils, l’Échouée releva les yeux et aperçut deux silhouettes, toutes proches. C’était des vivants, comme elle, mais soudain elle prit peur. Pourquoi Aladar aboyait-il vers eux ? Elle ne voulait pas se retrouver séparée une fois de plus de lui, mais elle ne pouvait pas courir.

Elle fit instinctivement quelques pas maladroits en arrière, vaine tentative pour s’éloigner, mais en vérité, elle ne savait pas vraiment comment agir. Tout se bousculait, elle avait du mal à rester debout, en équilibre sur une seule jambe. La faim la tenailla soudainement, anticipant l’odeur des humains. Puis perplexité de plus, Aladar couina en suivant Néphara, puis poussa un petit soupir et se coucha à côté d’elle, le regard tourné vers les deux inconnus. Il n’avait pas peur ? Il n’aboyait même plus, il avait juste l’air de les attendre… Comme si…

Comme s’il les avait amené ici ?

Perdue, et épuisée, lorsqu’elle voulut se remettre droite, retrouver un semblant d’équilibre pour s’éloigner encore du mieux qu’elle pouvait, sa jambe gauche la lâcha, et elle atterrit lourdement sur les fesses, crissant des dents à cause de son autre jambe. Aladar porta son regard sur elle, la langue joyeusement pendant sur le côté, puis reporta son attention sur les inconnus qui se rapprochaient, et aboya de nouveau, juste une fois.

Dans la fatigue et l’inquiétude, un petit rire la secoua quelques secondes. Elle se rendait compte que même Aladar, un chien, savait mieux comment réagir et communiquer avec les humains qu’elle…


Hors jeu:
 



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Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
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Mar 10 Oct 2017 - 14:15

Nous suivîmes l’animal pendant plus longtemps que je l’imaginais, pourtant je ne doutais pas un instant qu’il nous conduisit quelque part. Je ne voulais pas épuiser Daedwyg, et je ne connaissais pas encore vraiment son rythme, alors je me forçais à marcher plus lentement que de normal, en espérant qu’elle ne le remarquerait pas. Le chien était insistant, et se retournait de temps à autre pour aboyer un encouragement, ou quelque chose pour nous presser.

Son acharnement me laissa deviner ce qui nous attendait à l’arrivée, et je ne fus pas surpris de découvrir la silhouette d'une femme à terre. Décidément, l’animal était malin.

- Ah, je crois que l’on arrive à destination.

Je rejoignis l’inconnue à grande enjambées, inquiet de l’état dans lequel je la trouverai une fois plus proche. Elle n’avait pas l’air soulagée de nous voir approcher de la sorte, mais je ne m’occupais pas de ce point pour l’instant. Elle aurait bien le temps de voir qu’on ne lui voulait pas de mal, et puis la bête semblait bien trop intelligente pour ramener n’importe qui à son amie. Une fois suffisamment proche, je lâchais tout de même :

- Eh, ça va ?

Je voyais bien l'état de sa jambe, et ma question était plus liée à son ressenti. En ce qui concernait la plaie, Daedwyg serait sûrement plus experte que moi, mais elle était encore quelques pas derrière, je l’avais distancé sans réfléchir.

Je me retournais vers l’étrange guérisseuse.

- Elle est blessée.

Ça n'avait pas l'air très joli, mais je ne voulais pas l'angoisser outre mesure. La peur n'était pas bonne compagne, comme j'avais pu le constater avec Ka et Staz. J’ajoutais tout de même à l’attention de la nouvelle :

- On ne devrait pas trop traîner ici, tu peux marcher ?

Je lui fis signe de s’appuyer à moi si elle voulait. Au pire, je pourrais la porter, mais je n’étais pas certain que nous serions plus rapides de la sorte. Si j’avais appris quelque chose dans cette vallée pour l’instant, c’est qu’il ne valait mieux pas y traîner seul trop longtemps, encore plus si l’on était blessé et démuni. Les choses noires rodaient.

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Néphara
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Mar 10 Oct 2017 - 14:51

C’était un homme, comme Cécil, et une femme, comme elle, qui approchaient. Ils avançaient lentement mais ils étaient là. Néphara avait la gorge serrée, mais elle faisait confiance à Aladar, et elle commençait à se dire que peut-être, ils pourraient l’aider à guérir sa jambe. Elle sentait qu’elle passait l’entrée d’une caverne mystérieuse, remplie d’interactions qu’elle ne maîtrisait pas. Elle avait peur de les découvrir pour les voir s’évaporer comme avec Cécil. Mais il fallait essayer…

« Eh, ça va ? » lui demanda l’homme, qui avait devancé son amie.

Néphara hocha timidement la tête pour dire oui, tandis qu’il se retournait pour glisser un mot qu’elle n’entendit pas, à son amie qui arrivait à leur hauteur.

« On ne devrait pas trop traîner ici, tu peux marcher ? »

Se lever, partir avec eux ? Est-ce qu’elle devait le faire ? Tandis qu’elle déglutissait et hésitait, Aladar se releva et vint encore une fois se frotter contre sa cuisse, la regardant avec ses petits yeux contents et confiants. Elle soutint son regard un instant, puis reporta son attention sur les inconnus. Sans vraiment oser répondre, elle tendit la main au jeune homme, lui demandant tacitement son aide pour se relever. Il la saisit, et tira vers lui, permettant à Néphara de se remettre debout. Elle se stabilisa, gardant sa jambe droite légèrement en l’air. Elle avait laissé sa main agrippée au bras de l’inconnu pour ne pas retomber.

Déglutissant à nouveau, elle releva les yeux vers eux et réussit à articuler quelques mots :

« Je vais pas très vite mais je peux.. mar.. marcher... je crois... »

Un petit éclair d’inquiétude lui traversa le regard. Elle tendit les bras, vers l’horizon, là où on apercevait encore la petite côte, qui donnait sur la caverne du monstre.

« Là bas, il y a un.. un gros monstre sous la terre… » Elle revit la silhouette terrible qui jaillissait de la terre, et refoula un frisson. « C’est lui qui m’a mordu ».

Soudain, sans crier gare, Aladar se mit à courir vers la côte. Néphara s’étouffa dans un cri pour l’en empêcher, ne comprenant pas pourquoi il retournait vers le monstre. Il allait à une vitesse folle, sans même aboyer, et disparut en haut de la côte. Mais que faisait-il ? Les deux inconnus demeuraient perplexes eux aussi. Mais bien vite, le jeune chien réapparut avec la lance de Néphara dans la gueule. La surprise se lut sur leurs visages. Il redescendit à toute vitesse, il était conscient du danger, il voulait juste réduire les pertes de l’Échouée. Cette dernière sourit, et lui caressa généreusement le poitrail.

« Merci mon grand… », puis elle ramassa la lance et s’en aida pour s’appuyer du côté où elle ne tenait pas le jeune homme par le bras. Elle les regarda de nouveau, intimidée et ajouta : « Et merci.. vo.. vous de l’avoir suivi… », en montrant Aladar du regard.

Désormais devant Néphara se dessinait un chemin inconnu, elle était entrée dans la grotte mystérieuse, et elle se laissait guider par Aladar, qui lui semblait en connaître tous les secrets. Soulagée par la lance qui l'aidait à se maintenir, elle entreprit une marche incertaine avec ces deux personnes qui étaient comme elle et qui lui avaient tendu la main.



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Daedwyg
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Jour d'éveil : Jour 4
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Jeu 12 Oct 2017 - 12:54

Je fus soulagée quand l’échouée acquiesça à la proposition de pause de Salim. Nous avions tout d’abord tenté de soutenir la blessée à deux, mais il était évident que notre différence de taille et de constitution rendait l’exercice plus handicapant pour tout le monde. Je marchais donc derrière eux, la mâchoire serrée alors que je voyais les bord coagulés de la plaie lentement se rouvrir. Nous étions environ à mi-chemin.
Par des gestes silencieux, j’intimais au Cime de faire asseoir l’inconnue contre un tronc couché en travers de la pente que nous étions en train de descendre. Malgré tout mes efforts pour délester son membre blessé de toute pression, elle gémit lorsque celui-ci toucha le sol. Je retirais mes mains et la fixait quelques instants. De la sueur perlait de son front pour se perdre dans des sourcils blonds cendrés et ses prunelles grises se posèrent sur moi alors que j’ouvrais ma besace pour y trouver quelque-chose qui pourrait servir de pansement. Elle sans doute fiévreuse, mais consciente. L’animal qui l’accompagnait, dès qu’elle se fut enfin appuyé contre le corps massif de l’arbre mort, vint se coller contre elle et , après quelques coups de langues chaleureux à la blessée, se mit à me fixer lui aussi.

- Il faudra rapidement nettoyer la plaie.

Sans attendre de réponse de qui que ce soit, je soulevais la jambe et l’Echouée laissa échapper un cri de douleur surpris. Aussitôt, le chien à ses côtés de mit à aboyer. Rapidement, je parcourut le tibia de mes doigts à la recherche d’une fracture, tout semblait en ordre. J’aurais aimé vérifier l’état de la cheville mais si je la manipulais, je craignais que la douleur soit trop forte.

- Rien de cassé à priori.

La plaie restait impressionnante. Je n’avais encore jamais entendu parler de monstres souterrains. De peur qu’un regard trop insistant inquiète la blessée plus que de raison je lui adressait un sourire que j’espérais convaincant.

- Ça devrait se réparer sans trop de problèmes. Ce monstre, qui t’as attaqué, il était noir ?


Je repensais au guetteurs. Accroupie, je n’avais qu’une mauvaise visibilité de notre environnement direct. J’adressais un regard interrogateur à Salim.


Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
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Ven 13 Oct 2017 - 14:32

Nous avancions laborieusement. La blessée faisait tous les efforts à sa portée pour avancer je le voyais, mais il était évident qu’elle souffrait. Daedwyg et moi ne disions rien, comme si notre concentration nous permettrait de couvrir le chemin restant plus rapidement.
Les guetteurs que nous avions aperçus en partant étaient de l’autre côté de la falaise, mais les paroles de l’inconnue tournaient en boucle dans mes oreilles. Je savais qu’il existait plusieurs type de monstres, j’en avais au moins vu trois, mais jusqu’à présent, la grotte m’avait semblé un repère fiable contre tous… Une bestiole souterraine changeait la donne.
Daedwyg m’arrêta pour vérifier la blessure de la nouvelle venue. La plaie saignait de nouveau, après quelques hurlements, je vie au regard de l’échouée qu’il ne fallait pas laisser traîner. Nous avions encore un peu de jour devant nous, mais s’il fallait éviter les guetteurs, fuir un monstre sous terre, ou n’importe quoi qui aurait été alertés par les cris, autant prendre de l’avance.

Je répondis d’un regard calme et un léger sourire à l’interrogation silencieuse de l’Oubliée. Pour l’instant, rien en vue. Elle semblait faire une sorte de pansement de fortune avec ce qu’il restait dans sa besace. Il me semblait me souvenir qu’Ard avait quelques plantes aussi dans la grotte, cela serait peut-être suffisant. J’écoutais distraitement les deux femmes, surveillant l’horizon. Lorsque Daedwyg eut terminé sa besogne, au lieu de tendre mon bras comme appui, je m’agenouillais.

- Monte sur mon dos, tu n’as pas l’air bien lourde. Pour la distance qui nous reste je te porterai.

Je n’avais pas la force de Shabh, Varl ou peut-être même Ka, mais là, j’étais certain de pouvoir le faire.

- Au fait, moi c’est Salim et voici Daedwyg. Tu t’appelles comment toi ?

Le moment avait beau avoir l’air mal choisi pour faire la conversation, cela pouvait peut-être nous relâcher de cette impression de menace, cette angoisse qui nous encerclait. J’avançais tout en parlant, je faisais confiance à Daedwyg pour trouver quelques feuilles qui nous aideraient en chemin.

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Néphara
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Ven 13 Oct 2017 - 15:40

Armée de courage, Néphara s’était laissée faire par l’étrangère qui semblait connaître les blessures. Elle avait la peau un peu terne, et un œil différent de l’autre, très clair. Est-ce qu’elle y voyait ? Se perdre à l’observation de sa congénère lui permit de penser un peu à autre chose. Elle faisait de son mieux pour être brave mais la douleur demeurait encore terrible, surtout lorsque sa jambe était manipulée. Aladar s’était blottit contre elle, se voulant rassurant, bien qu’il fut un peu inquiet au départ, lorsque l’étrangère avait tiré un cri de douleur à l’Échouée.

« Ça devrait se réparer sans trop de problèmes. Ce monstre, qui t’as attaqué, il était noir ? »

Elle réfléchit un instant, tandis que la jeune femme regardait son ami avec un regard légèrement teinté d’inquiétude. Néphara devait se dépêcher, ils n’avaient pas envie de rester là, et elle non plus.

« Oui… Et il... il était en deux corps, un très gros qui mord, et l’autre plus petit av.. » Les images se bousculèrent sur les lèvres de Néphara qui poussa un soupir plaintif. « L’autre plus petit avait un visage blanc. »

Les souvenirs s'agglutinèrent, et elle mit un instant à mettre dans l'ordre pour leur décrire au mieux sa rencontre avec le monstre. Elle se souvint du moment où elle avait clairement comprit que la terrible masse noire était aveugle, et que seul le visage blanc pouvait voir : elle leur rapporta ceci, maladroitement, mais du mieux qu'elle put. Elle pensait encore à d'autres éléments, comme le fait qu'il semblait ne pas aimer bouger, qu'il était dans la terre et pas dans la roche. Mais elle ne sut pas comment leur dire tout ça comme il fallait. Cependant, ses deux compagnons s'étaient montrés attentifs, recevant ses paroles, il y eut un court moment de silence, que le jeune homme finit par briser, s'accroupissant près de l'Échouée.

« Monte sur mon dos, tu n’as pas l’air bien lourde. Pour la distance qui nous reste je te porterai. »

Un sentiment de vulnérabilité s’empara alors de Néphara. Elle qui avait toujours porté Aladar par peur de le perdre lorsqu’il fallait se dépêcher de partir, voilà qu’aujourd’hui c’était elle qui était trop faible, et qu’il fallait porter. Cependant, elle s’exécuta, faisant de son mieux pour ne pas s’avachir sur lui. Elle n’était pas lourde, comme il l’avait dit, mais lui n’était pas non plus massif. Elle se sentait chanceuse de recevoir leur aide, elle ne voulait pas être un poids ni un danger pour eux.

« Au fait, moi c’est Salim et voici Daedwyg. Tu t’appelles comment toi ? »

« Néphara… » Redressant la tête, elle montra Aladar du doigt, qui s’était remit debout prêt à reprendre la marche. « Et lui c’est Aladar. »

Salim. Daedwyg. Encrant ses noms dans son esprit, elle se laissa aller un peu, mais continua de réfléchir à toute vitesse à ce qui lui arrivait. Elle s’insérait doucement parmi les humains, dans une émotion d'inquiétude et soulagement mêlés.
Lançant un regard en arrière, elle sourit en voyant Aladar penser à ramasser la lance dans sa gueule et les suivre en trottinant. Elle lui fit signe de s’approcher, il posa ses deux pattes avant sur la jambe de Salim, permettant à l’Échouée de récupérer la lance.
Ils reprirent alors la marche, d’un pas un peu plus rapide. Néphara regardait droit devant, par dessus l’épaule de Salim. Elle avait hâte de savoir ce qui lui arriverait ensuite. Au fond d’elle, elle était terriblement soulagée. Elle n’aurait pas pu survivre seule, sans eux.

« On va où ? » Demanda Néphara timidement. Tandis qu’elle se souvenait des questions qu’elle avait échangé avec Cécil à son réveil, elle eut soudainement envie de savoir d’où Salim et Daedwyg venaient. Du lac, des grottes ? Est-ce que les humains pouvaient s’éveiller à d’autres endroits ? Mais elle n’osa pas demander. Eux, avaient l'air inquiets, et elle sentait que peut-être c'était parce qu'ils pensaient à ce monstre étrange qui vivait sous terre.

D'une voix ténue, elle ajouta : « Faut pas avoir peur du monstre, Salim et Daedwyg… Quand il appelle, il suffit de pas l'écouter, de pas s'approcher... » Elle somnolait à moitié appuyée contre l'épaule de Salim. « Moi je l'ai écouté... »



Les voix des musaraignes ne sont pas les seules à se faire entendre.
Des corps se broient dans l'obscurité. Le sang se mélange en son sein.
Salim
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Jeu 19 Oct 2017 - 10:43

Nous avancions avec moins de difficultés que je l’aurai imaginé, mais je prenais tout de même garde au chemin, afin de ne pas glisser sur quelque caillou perfide. J’étais évidemment très intéressé par le récit de Néphara, mais elle semblait épuisée, et ce n’était pas le moment idéal pour avoir une conversation sur les monstres, aussi ne répondis-je que brièvement.

- Nous ne sommes plus très loin ! Nous allons chez nous, au clan des Oubliés.

Je ne lui parlais pas encore des trois autres, elle aurait bien le temps de les rencontrer. J’espérais d’ailleurs que les guetteurs s’étaient tenus à distance même si Shabh était courageux et déterminé. Daedwyg marchait à nos côté, s’arrêtait parfois quelques instants, sortant de mon champ de vision. Aladar trottait à côté de moi, déterminé à rester le plus proche possible de son amie.

Enfin, j’aperçus la grotte un peu plus loin. Personne n’était à l’extérieur, bien que le soleil soit encore présent. J’eus un moment d’inquiétude mais je me raisonnais, ils avaient sans doute simplement préféré rester discrets.
Je déposais Néphara à terre, la soutenant jusqu’à la faille dans la falaise. Kahraman se tenait près de l’entrée, Ard était occupée à tisser. Shabh n’était pas en vue mais l’attitude calme des deux femmes me rassura. Il devait sans doute être encore au poste de garde, camouflé par les branchages. Elles levèrent la tête vers moi au même moment, avant de dévisager la nouvelle venue. Je m’avançais sans rien dire pour installer Néphara sur les peaux afin qu’elle puisse se reposer.

- On l’a trouvé un peu plus haut, elle a été attaquée par quelque chose.

Je grimaçais inconsciemment en y songeant. Daedwyg venait de nous rejoindre dans la grotte, sans surprise, elle s’installa près de la blessée.


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Néphara
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Jeu 19 Oct 2017 - 14:54

Le trajet qu’il restait à faire était moindre, et Néphara ne le vit pas passer : elle piqua du nez sur le dos de Salim, jusqu’à ce qu’une fois arrivés, il l’aide à se remettre sur « ses jambes » pour atteindre leur grotte. La vision de la caverne lui fit faire un mouvement de recul, mais elle se rappela que tant que l’on entendait pas les suppliques du monstre, tout allait bien. L’Échouée aperçut deux autres femmes, qui la regardèrent curieusement. Elles devaient être les amies de Salim et Daedwyg. Ils formaient une meute, comme les chiens, qui restent entre eux pour vivre et chasser. Aladar se lança spontanément vers ces deux nouvelles personnes et renifla à leurs pieds, curieux de découvrir de nouvelles odeurs.

Salim aida Néphara à s’asseoir sur des peaux, à l’intérieur de la grotte. Jetant un œil autour d’elle, elle se rendit compte de tout ce qu’elle avait manqué. Elle vivait à l’état sauvage depuis un bon nombre de jours désormais, et elle n’avait jamais vraiment connu de confort.

« On l’a trouvé un peu plus haut, elle a été attaquée par quelque chose. »

C’était Salim. Daedwyg s’était assise près d’elle, observant la plaie, semblant réfléchir à comment la nettoyer et la soigner. Elle lui était reconnaissante, et elle tâcha de nouveau de se montrer brave lorsque la guérisseuse manipula sa jambe blessée. Salim et les deux autres femmes étaient désormais à l’intérieur, observant la nouvelle venue. Elles ne semblaient pas spécialement mécontentes, mais Néphara sentait qu’une nouvelle personne n’était pas systématiquement une bonne nouvelle. Elle ramena sa jambe indemne contre sa poitrine, comme pour se cacher, elle se sentait intimidée et un peu perdue.

Aladar sembla soudainement un peu abattu lui aussi, il était fatigué. Il grimpa entre la jambe et le torse de Néphara, pour s’installer sur son ventre. Posant sa tête sur sa poitrine, il ferma les yeux et se reposa. Elle passait sa main doucement sur son dos, poussant un long soupir qui se voulait discret mais qui ne le fut pas tant que ça, et n’entendit pas les quelques mots que s'échangèrent le petit groupe.

« Elle a dit quelque chose sur ce qui l’a attaqué ? » demanda discrètement la plus jeune.

« Apparemment il était en deux corps, mais noir avec le visage blanc comme les autres. » répondit Salim calmement, portant son regard sur Néphara.

La plus âgée, qui se trouvait entre Salim et son amie, passa entre eux et s’avança vers l’Échouée. Elle avait l’air bienveillante, et ne pas se soucier du monstre pour l’instant. D’une voix tranquille, elle s’adressa à Néphara.

« Comment tu t’appelles ma grande ? », elle demeura debout, regardant la blessée d’en haut, comme si quelque chose l’empêchait de s’accroupir à sa guise. « Qu’est-ce qui t’es arrivée, tu as perdu tes amis à cause de ce qui t’a attaqué ? »

Néphara observa son interlocutrice, elle avait l’air gentille, et d’avoir plus d’âge que les autres, est-ce qu’elle était là depuis aussi longtemps pour avoir eu le temps de vieillir dans la vallée, ou est-ce qu’elle s’était éveillée comme ça ?

« Né.. Néphara » et posant sa main immobile sur la tête d’Aladar, elle prit le temps de le présenter lui aussi, une nouvelle fois. « J’étais juste avec lui avant, quand le monstre m’a mordu. Je suis toute seule. » L’Échouée déglutit. En l’écoutant, on pouvait se rendre compte qu’elle avait du mal à s’exprimer, un mal sûrement dû au fait qu’elle n’avait pas eu à articuler des mots très souvent, depuis son éveil.

« D’accord » La femme marqua un temps d’arrêt, observant Daedwyg qui prenait soin de la nouvelle venue, en silence. Elle avait l’air très intérieure, un peu perdue dans ses pensées, comme Néphara. « Daedwyg pourra sûrement éviter que ta blessure n’empire, tu peux rester un peu ici en attendant que ça aille mieux. »

« C’est… » le mot ne lui revint pas immédiatement, elle fronça les sourcils, réfléchissant. « C’est gentil, merci.. »

Un silence tomba sans lourdeur dans la grotte. Néphara regarda tour à tour Daedwyg, la femme âgée toujours près d’elle, Salim et la plus jeune qui étaient vers l’entrée. Elle se rendit compte qu’ils avaient tous l’air bienveillants, qu’ils n’hésitaient pas à l’aider, à lui laisser le temps de pouvoir remarcher. Elles voyaient ces silhouettes nouvelles, la lumière du jour dans leur dos, et les observa un moment.

« Merci de m’aider… » dit-elle doucement. « Je crois que je serai morte toute seule. »



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Salim
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Notes et Idées

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Mar 31 Oct 2017 - 14:14

Je laissais Ard et Daedwyg s’occuper de la nouvelle venue et je m’assis près du feu. Sans y penser, je dessinais à la main des motifs dans la cendre au sol, tout en réfléchissant sur les événements récents. J’avais un peu récupéré de mon voyage, les deux derniers jours avaient été particulièrement cléments. Combien de temps ce répit durerait-il ? Peu importait, il fallait profiter. En l’occurrence, je décidais de faire le point sur ce que j’avais appris. Je ne voulais pas oublier quoi que ce soit.

En face du plateau, au-delà du Lac, vivaient Dreth, Varl et tout un groupe d’hommes. Merga était avec eux. Derrière eux se dressaient les montagnes qui m’avaient vu apparaître. A l’opposé, une large forêt semblait s’étendre, à part lorsque Ka m’avait amené chez lui, je n’y avais jamais mis les pieds.
Ka était réveillé depuis longtemps, et ce n’était pas le seul, puisqu’il nous avait parlé de ses amis d’alors. Le temps était une notion floue. Combien de temps s’était écoulé depuis que Ka avait ouvert les yeux ? Y avait-il déjà des hommes avant lui ? Pourquoi étions-nous soudainement plus nombreux à nous éveiller ?

Mes yeux se posèrent sur Néphara. Je repensais aux créatures. Les guetteurs au loin ne nous avaient pas approchés. Ceux que nous avions vus avec Staz et Ka ne nous avaient rien fait non plus. Cela me poussait à croire qu’ils n’étaient que des sortes de charognards, des opportunistes attaquant les animaux blessés… Mais quelque chose dans leur aspect humanoïde me perturbait, comme si au fond de moi, j’étais persuadé que la nature seule ne pouvait créer de tels êtres.

Alors quoi ? Les Êtres Noirs dégoulinant ? Non, eux non plus n’avaient pas l’air de tout savoir. Mais ils en savaient sans doute plus.  Ou en tous cas, ils savaient autre chose, ils voyaient les choses autrement, même si je n’appréciais que peu leurs considérations. Il y en avait d’autres encore. L’immense larve carnivore au visage blanc qui nous avait pourchassé jusqu’à la grotte. Le monstre aux deux corps de Néphara. Combien d‘autres dangers nous attendaient ? Etaient-ils vraiment plus dangereux que des animaux ? Nous avions été chanceux, tous, pour le moment. A moins que ce ne soit l’ordre des choses. Peut-être y avait-il quelque chose en nous, qui nous poussait, qui nous maintenait debout. Quelque chose de bon ? Quelque chose de mauvais ? Ou juste quelque chose, parce que nous étions différents au point que des êtres si puissants que la créature noire devait nous poser des questions pour comprendre.



Les motifs que je traçais s’enroulaient, serpents de poussières. Le rougeoiement s’intensifia avec la nuit qui tombait. Kahraman offrit de la nourriture aux autres, je refusais. J’avais sans doute faim, mais je préférais la laisser aux autres ce soir, parce que je savais que je pouvais tenir.

Peu à peu, je les regardais s’endormir. Lorsque tous eurent les paupières closes, Ard se tourna vers moi, sans dire un mot. Je ne pourrais jamais oublier ce regard, comme si elle lisait à travers mon esprit, comme si elle le comprenait parfaitement, mieux que moi-même. Ma pensée apparut alors comme une évidence.

Il fallait que je reparte.

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RP Clos


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