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Arracher les branches des arbres qui nous surplombent [PV Sylve][Jour 20 matinée][Commun]
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Telod
Administrateur
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Messages : 178

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
Dim 26 Nov 2017 - 20:16

- C'est par là. dis-je en direction de la jeune femme.

La matinée avait été heureuse. La température était remontée et certaines pommes avaient repoussé. Nous qui pensions ne rien avoir à manger pour ce matin, finalement nous avons pu avoir une pomme par personne. Retrouver le goût de ce fruit m'avait tiré un sourire aux lèvres. J'en avais tellement mangé après mon éveil que je m'en étais dégoûté, et il m'a fallu en être privé quelques jours pour en apprécier de nouveau la saveur.

Nous avions fait notre entraînement matinal avec la troupe. Et suite à cela nous avions décidé de nous remettre au travail. Jey voulait à tout prix finir de construire les cabanes qu'il avait entrepris de bâtir à chaque coin de notre clairière. Ces dernières avaient pour but de constituer les futurs postes de gardes servant de sommets à la barricade, celle que nous avions pour projet de construire autour du campement.

Avec la volonté de bien faire, Jey a demandé à Konol de l'y aider, et ils ont vite remarqué qu'ils manquaient de bois. Même la réserve du feu commençait à être critique à cause du grand froid que nous avions subis ces derniers jours.

C'est pourquoi il fallait des personnes fortes prêtes à se dévouer pour aller couper du bois. J'avais envie de faire des arcs et des lances aujourd'hui, mais puisque chacun semblait occupé dans des activités variées, j'ai fini par me proposer. A ma grand surprise, Sylve, la nouvelle femme de caractère du groupe, s'était proposée pour venir avec moi. L'ayant affronté en entrainement la veille, je ne doutais pas de sa force, et de sa capacité à être une bûcheronne utile. Ce qui m'avait surpris c'est surtout que je pensais qu'elle ne m'aimait pas beaucoup.

Et voilà pourquoi nous nous trouvions actuellement, tous les deux, suivi de près par le corbeau curieux, en train d'arpenter les bois sombres.

Je connaissais un coin où les arbres étaient robustes, aux branches bonnes pour la construction, et pas trop dures à arracher. Ce coin avait également l'avantage d'être plutôt proche du campement.
Nous ne disposions pas encore de haches, ou de scies, capables de nous aider à trancher un arbre entier. Pour couper du bois, il fallait s'y prendre à l'aide de couteaux de pierre, mais surtout à l'aide de la force brute, et s'attaquer aux branches plutôt qu'aux troncs. C'est tout ce que nous pouvions faire.

Un tronc couché et creux, servant d'abri à des insectes qui grouillaient sur son écorce, me servit de repère. Je savais que nous étions au bon endroit.

Le sol assez pauvre en herbes, laissant voir de la terre brune, quelques minuscules champignons blancs, et des tiges de plantes vertes et hautes, humait l'odeur particulière de l'intérieur des forêts. Cela dit, une senteur étrange et mauvaise flottait dans l'air, elle me dérangeait et j'avais du mal à en définir la source.
Autour de nous se trouvaient de nombreux arbres aux branches basses et fines, qui comportaient peu de feuilles et une écorce caractéristique à la couleur claire, c'étaient pour eux que nous étions venus.
Quelques autres détails pouvaient être remarqués, comme la présence d'une petite butte sur notre droite, formé d'un amas rocheux qui s'ouvrait en une grotte sombre et peu accueillante. Je n'avais jamais essayé d'y entrer, cela ne m'intéressait guère.

- On a pas de hache. expliquai-je brièvement à Sylve, essayant d'économiser des mots car je n'aimais pas parler. Il faut les casser à la main.

Et je lui montrais en m'approchant de l'une des branches, en tirant dessus avec force, laissant tout mon poids exercer une pression sur le végétal, avant qu'il ne rompe. Cette branche ci était de petite taille, d'autres paraissaient plus grosses, je lui montrai avec une voix désabusée :

- Ca serait intéressant de couper les grosses, il faudrait s'y mettre à deux par contre.

Et alors que je pointais une grosse branche du doigt, je vis le corbeau de la femme s'agiter, perché sur une pierre au dessus de l'entrée de la grotte. J'haussai un sourcil. Qu'est-ce qu'il fabriquait ? Sans y prêter davantage d'attention, je me plains intérieurement de l'odeur qui commençait à me mettre mal à l'aise, et je me dirigeai vers une autre branche.
Pourvu que nous ayons fini bientôt, je commençais à avoir froid.

Hors RP:
 
Sylve
Membre
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Messages : 11

Jour d'éveil : Jour 17
Race : Racine
Métier : Chasseuse
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Ø
Jeu 30 Nov 2017 - 15:16


Je me réveillai difficilement ce matin-là. La nuit avait été longue et des songes étranges n’avaient cessés de me tourmenter. J’avais l’étrange sensation de ne pas être moi-même, mais plutôt un animal à quatre pattes… Ou une créature noirâtre, un peu comme celles de la forêt. Le rêve était flou, inquiétant. Je ne savais pas où j’étais mais je pouvais distinguer les parois d’une grotte humide. une odeur flottait dans l’air… Une odeur de viande pourrie. Bizarrement, au lieu de me dégoûter, l’odeur me donnait faim et je me mis à manger quelque chose à mes pieds. Un animal ?

Je me réveillai en sursaut. Un humain. C’était le cadavre d’un humain que je m’étais mise à dévorer. Je faillit régurgiter le peu de nourriture que j’avais mangé la veille mais me retins de justesse. Ce cauchemar avait quelque chose de réel qui me mis mal à l’aise pendant une bonne partie de la matinée.
Celle-ci s’annonçait pourtant rayonnante. Le soleil était revenu et l’air était moins glacé que les jours précédents. Je m’étais levée assez tôt, il fallait que je bouge, que je ne me rendorme pas.

J’avais donc passé une bonne partie de la matinée perchée sur mon rocher, dans la plaine, à réfléchir à ce rêve étrange.
Le piaf était toujours là, il me regardait avec curiosité et poussait de petits cris plaintifs.

«  Quoi ? » Soupirai-je d’un air agacé.

L’animal se tut et je replongeai dans mes pensées cauchemardesques.

Les occupants du campement se réveillèrent peu à peu et finalement, ils finirent par se regrouper. Je n’avais pas vraiment envie d’aller les rejoindre. Je m’étais déjà faite remarquer à mon arrivée en attaquant celle-qui-hurle et j’avais le sentiment que peu de gens m’appréciaient ici.
Voyant peau-d’animal arriver, je me résolue néanmoins à traîner ma carcasse jusqu’au groupe. Je m’arrêtai un peu à l’écart, assez près toutefois pour entendre ce qu’il se racontait.
J’écoutai d’une oreille distraite, il était question d’entraînement, de travail, de tâches à répartir… Bref, de choses qui ne m’intéressait que très peu sur le moment.
Je choisis quelqu’un d’un peu faiblard pour l’entraînement. Je ne voulais pas avoir à faire trop d’efforts, mon esprit étant occupé ailleurs. Je me battais de façon paresseuse, en esquivant, parant les coups, sans jamais attaquer. Mais au bout d’un moment, l’humain - dont je n’avais absolument pas retenu le nom -, me frappa le poignet de son bâton. Je réprimait un cris de surprise et de douleur mais serrai les dents et lui jetai un regard brûlant de rage.
Il recula d’un pas, probablement un peu effrayé. Je m’en foutais, je n’étais de toute façon pas d’humeur à me socialiser aujourd’hui.

Heureusement, un nouveau rassemblement mis fin à cette scène délicate et je me dirigeai vers le groupe avec une tension, une raideur dans la démarche. J’essayais tant bien que mal de réprimer ma colère, colère qui elle-même venait flouter mon sentiment d’étrangeté… Je savais bien que le coup au poignet n’était qu’une excuse pour soulager la tension mais ce sentiment de gêne, d’étrangeté ne cessait de faire effraction dans mon esprit. Quelque chose n’allait pas. Je ne me sentais pas « moi-même », - bien que ce terme ne fasse pas référence à quelque chose de précis, je n’avais pas d’idée claire sur qui j’étais - j’avais l’impression d’être quelqu’un d’autre… Quelque chose d’autre.

Peau-d’animal écoutait plus ou moins les discussions des autres, qui débattaient sur qui allait faire quoi et tout ce bla-bla inintéressant. Tout le monde avait quelque chose à faire. Peau-d’animal proposa donc d’aller chercher du bois mais personne ne se manifesta. Je me proposai, c’était l’excuse idéale dont j’avais besoin pour m’éloigner de cette foule en faisant semblant de m’intéresser à la vie de la communauté.

« C’est par là ».

Il venait de me tirer de mes pensées mais je réprimai un grognement et regardai la direction qu’il pointait.

« Du bois. Dans la forêt…. J’aurais pu le deviner moi-même. » Soupirai-je intérieurement.

J’hochai la tête néanmoins et le suivis sous le couvert des arbres. M’éloigner peu à peu du campement suffit à soulager une partie de la tension qui m’assaillais depuis ce matin. Je me détendis légèrement et réussit à me calmer.
Le répit ne dura pas longtemps. La tension revint en même temps qu’une odeur étrange qui flottait dans l’air de la forêt. L’odeur s’intensifiait à mesure que nous avancions. Nous finîmes par nous arrêter à un endroit et l’homme se tourna pour me parler.

« On a pas de hache. Il faut les casser à la main. »

Parler lui demandait beaucoup d’efforts, ce que je comprenais. Je n’argumentai donc pas plus, et puis je n’en avais pas envie de toute façon.
Il se dirigea vers une branche plutôt fine et la cassa d’une pression mesurée.

«  Ca serait intéressant de couper les grosses, il faudrait s'y mettre à deux par contre ».

Mais je ne l’écoutait déjà plus. Corbeau s’agitait, et à juste titre.
Il était posé sur une pierre, près de l’entrée d’une grotte… Mon coeur tambourinait dans ma poitrine et je me sentis devenir pâle et glacée.
Je n’entendais plus rien. J’étais pétrifiée et pourtant, je devais aller voir.
J’avançai donc lentement vers l’entrée de la grotte. Mon corps était encore plus raide qu’après l’entraînement. Je crois que l’autre me parlait mais je ne l’entendais pas, je ne voulais pas l’entendre.

Je repoussais lentement les branches amassées devant l’entrée de la petite caverne et fut submergée par l’odeur de pourriture qui y régnait. Mes yeux s’habituaient lentement à la pénombre, je n’arrivais à distinguer qu’une forme sombre, étendue sur le sol.
Ce que je vis peu après me rempli d’un effroi que je n’avais jamais ressentie auparavant, malgré l’horreur des jours précédents.
Un cadavre. Un cadavre humain à moitié dévoré. Mais par qui ? Par quoi ?
Ma respiration se fit de plus en plus difficile et j’émis des sons étouffés dus au manque d’air.
Soudain, je tournais la tête vers la paroi gauche de la grotte et vomis mes tripes sur le sol terreux.
Les yeux écarquillés d’horreur, des souvenirs me revenant en mémoire, je me mis à chuchoter imperceptiblement :

« Moi…. moi… mangé… »

Je m’accroupis dans la pénombre et hurlai de toutes mes forces.
Un cris de désespoir mêlé d’une angoisse trop forte pour être contenue.
Telod
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Messages : 178

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
Dim 3 Déc 2017 - 15:56

Je posais mes mains sur une autre branche lorsque je vis la jeune femme s'en aller vers la grotte.
Que comptait-elle y faire ?
Je la suivis du regard, en fronçant un sourcil, avant de faire pression sur la branche que j'avais saisi pour l'entendre rompre. Puis je me tournai et lançai le bois derrière moi, et il chuta sur un début de minuscule tas, que je comptais rendre plus gros.

L'odeur devenait de plus en plus dérangeante à mesure que je la sentais.

Et c'est lorsque je me dirigeai vers un autre arbre qui possédait plusieurs branches fines et basses, que j'entendis un hurlement.
Je me retournai vivement, ça venait de la grotte, c'était Sylve ! Ça ressemblait à un hurlement d'effroi, j'imaginai immédiatement le pire.
Du plus vite que je le pouvais, je me jetai sur ma lance, la prenant à deux mains, en la brandissant devant moi, et je me ruai vers la grotte. Le corbeau coassait au-dessus de moi.

En un instant je fus à l'intérieur, et mes yeux mirent un petit moment pour s'habituer à la lumière. L'odeur était insoutenable, mes pupilles partaient dans tous les sens, essayant de dessiner une forme. C'est alors que je vis la forme de la jeune femme, devant un cadavre humain à moitié dévoré, en décomposition.

Je mis une main devant mon nez et ma bouche pour supporter l'odeur, je plissai les yeux, et je m'approchai lentement. Sylve semblait profondément affectée, à un point anormal, et même de paniquer, pourquoi ? Moi, la seule sensation qui me venait à l'esprit devant cette scène était le dégoût : on entendait les mouches bourdonner dans l'obscurité, on voyait son corps déchiqueté et répugnant, ça donnait envie de vomir, c'est tout. Je ne voyais pas pourquoi quiconque paniquerait dans cette situation. Il était mort, il ne nous menaçait pas, et on ne pouvait rien pour lui.
J'avais du mal à comprendre sa réaction et cela me perturbait un peu. C'est pourquoi, après m'être avancé de
quelque pas, j'arrêtai mon approche à une distance raisonnable de la jeune femme pour ne pas la perturber davantage. Qu'est-ce qui l'affectait comme ça ?

- Tu connaissais cet homme ? supposai-je d'une voix grave, un peu étouffée par la main qui couvrait ma bouche.

La grotte était obscure, humide et froide. Mes rétines s'habituant à la noirceur devinaient peu à peu un grand nombre d'insectes qui grouillaient sur le macchabée, je fis la grimace. Les détails étaient répugnants, je n'avais qu'une envie c'était de l'enterrer. La femme semblait toujours très perturbée, voire instable. Je ne savais que penser de sa manière d'être, elle me mettait mal à l'aise.

- De quoi as-tu peur ? De toute évidence la chose qui l'a mangé n'est plus là, sinon on l'entendrait, alors n'aies pas peur.

Avec la main qui ne cachait pas ma bouche, je montrai les blessures colossales que le pauvre homme avait sur le flanc.

- Regarde la taille de ces morsures, un monstre comme ça ne passe pas inaperçu. S'il était là on serait au courant. Et oui, des monstres comme ceci existent autour de nous, c'est pour ça qu'on cherche à devenir plus forts et qu'on reste groupés.

J'ignorais si la jeune femme m'écoutait, je ne la regardai plus, je fixai le cadavre en expliquant avec détermination :

- Encore un peu de temps, et plutôt que d'être les proies, nous ferons de ces monstres nos proies, fais moi confiance.

Hors RP:
 
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