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Une question de temps [Important | J23 | Bois aux Lucioles]
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Staz
Administrateur
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Messages : 175

Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Sam 27 Jan 2018 - 19:05


La journée de la veille avait été riche en émotions. La matinée avec l'absence de Aël tout d'abord, puis son petit moment passé avec Hiss à lui expliquer son aventure et à découvrir bien d'autres choses, et finalement le retour d'Aël. Tout ça, en une seule journée. Le temps semblait distordu, finalement. Il était enfin rentré, et c'était tout comme s'il n'était jamais parti. En mieux. Il y avait Halya qui souriait comme jamais, et Hiss qui sifflait le matin aux oiseaux. Il y avait Callixte qui faisait de son mieux pour se rendre utile, et Gallya s'était intégrée à merveille. Même l'absence de Finn ne se faisait plus si pesante. Tant de gens mourraient chaque jour. Seule Aël restait un peu en retrait, morose. C'était un peu comme si, elle, n'était jamais revenue.
Elle n'avait pas dit grand chose sur ce qu'il lui était arrivé, finalement. De même, Staz n'avait pas partagé grand chose avec les autres. Seule Hiss était au courant de tout, mais quelque chose sur lequel il n'arrivait pas à mettre le doit faisait qu'il ne pensait pas que partager tout ça fut une si bonne idée. De toute manière, il prévoyait de partir bientôt. Pas pour longtemps, dans quelques jours, pour une journée ou deux tout au plus. Mais il voulait emmener Hiss auprès de Ka. Il fallait qu'elle voit ça de ses propres yeux.

La veille s'était terminée par une mise au point plus complexe du campement. Halya avait eut la bonne idée de commencer à rassembler plus de bois, des morceaux plus imposants, pour aménager la grotte. L'entrée était grande, et visible de loin, alors elle avait pensé assembler des morceaux de bois à l'entrée pour réduire la taille, formant une "porte", et pour pouvoir ainsi camoufler un peu mieux notre campement. De plus, ils avaient terminé d'accumuler suffisamment de fougères pour former des paillasses dignes de ce nom. Fini la nuit à même la pierre, ils dormaient maintenant au fond à droite de la grotte, où ils avaient assemblé cinq paillasses proches les unes des autres. Quant à Hiss et Staz, ils avaient même droit à une paillasse plus large pour deux. Histoire de se tenir bien au chaud l'un l'autre. Après tout, ils étaient plus proches que jamais, et ça, ils n'étaient pas les seuls à s'en être rendus compte. Halya les chouchoutait comme jamais. Et les petits renardeaux ne les lâchaient plus non plus. Les petits goupils essayaient même de chasser la grosse souris qui passait de temps en temps au fond de la grotte.

Alors, ce nouveau jour s'annonçait radieux. Il faisait trop chaud, bien sûr, mais le début de construction qui commençait à boucher l'entrée les maintenait un peu plus au frais que la veille. Gallya avait également pensé à monter différents objets en bois pour améliorer leur quotidien. Ils étaient là pour longtemps, et devait s'en accommoder. Monter leur petit monde rempli d'espoir rien qu'à eux.
Gallya et Halya s'entendaient à merveille, alors quand Halya eut l'idée d'aller chercher des fruits en ramassant encore du bois, Gallya fut la première à décider de l'accompagner.

Staz, lui, s'occupait des deux petits. Ils avaient réussis à attraper la souris, et faisaient un étalage sanglant de ses viscères à l'entrée. Aël et Callixte, eux, continuaient de bâtir l'espèce de palissade. Hiss était partie chasser, enfin Staz ne l'avait pas vue partir, puisqu'il avait fait une sieste, alors c'était ce qu'il pensait. Mais il avait confiance en elle, et il attendait son retour avec impatience.

Le soleil était très haut dans le ciel, quand Halya revint, seule, la mine légèrement horrifiée. Quand Staz se tourna vers elle, elle s'approcha de lui à grandes foulées, la tête baissée.

- On a trouvé quatre corps. Ils sont morts depuis longtemps. Gallya m'a demandé de venir te chercher. Elle pense à quelque chose, mais elle n'a rien voulu me dire. Elle est resté là-bas ... C'est pas très loin d'ici. Viens avec moi.

Déglutissant, Staz la suivit sans un mot. Les petits tentèrent de le suivre, mais il les renvoya d'un ton sec dans la grotte, qu'ils finirent par rejoindre la queue entre les jambes. La tension qui régnait désormais était contagieuse. Aël s'était figée, et Callixte paraissait un peu blême. Ils se contentèrent de suivre le duo du regard, jusqu'à ce qu'ils aient disparus dans les buissons, avant de reprendre leur activité silencieusement.

Seulement après quelques minutes de marche, ils furent sur les lieux. Les quatre corps étaient dispersés sur une large zone. On pouvait deviner qu'ils étaient quatre uniquement en comptant le nombre de têtes éparpillées. Le reste de leur corps n'étaient plus distinguable du sol noirâtre de sang séché. C'était répugnant. La température avait accéléré la décomposition des corps, et des larves blanchâtres dévoraient les orbites creuses, les morceaux de chairs arrachés. Et, à leur sang, se mélangeaient par endroit une substance noirâtre des plus immondes. Gallya était d'ailleurs penchée sur une de ses tâches dégoûtantes. Elle fit un geste à Staz, qui fut étonnée de sa maîtrise d'elle-même. Plaçant une main sur son nez pour éviter les relents horribles, il s'approcha près d'elle, à une distance tout de même raisonnable de la scène.

- C'est pas du sang. On dirait ... C'est plus épais. Ça fait comme des bulles dégueulasses avec la chaleur. Et c'est tellement visqueux ...

Enfin. Staz eut un haut le coeur. Se détournant, il s'éloigna de quelques pas. On aurait presque dit ... L'image de l'Être Noir, de ce liquide dégoulinant partout ... Ce n'était pas ... Si près de chez eux ... Cela n'était pas possible. La voix résonnait encore dans sa tête, celle qui lui murmurait les arbres ... "Mort. Hiss." Ses jambes se détournèrent avant qu'il ait fini de penser, et fonça en courant à travers les bois, une vague lueur terrifiée dans le regard. Et s'il ... s'il l'avait vraiment fait ? Si tout ça n'était qu'une menace ? Pour le détourner, et puis ...

"Puisses-tu, de cette manière, ouvrir enfin les yeux."

Les yeux grands ouverts, il rejoint en une seconde le campement. Le souffle court. Hiss n'était pas là. Où était Hiss. Il n'avait même pas pu lui dire au revoir.

- Où est Hiss. OU. EST. HISS. REPONDEZ PUTAIN !!!


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Dim 28 Jan 2018 - 12:27


Sa peau pâle se mouvait dans l'eau, gracieusement, presque sans bruit. Lentement, elle avançait, déviait, repartait. Ses longs bras l'entraînaient un peu plus loin dans le Lac, avant de la ramener vers la rive, ses jambes battant le rythme. Finalement, elle se laissa flotter à la surface, la respiration haletante, les yeux mi-clos.

L'eau était bonne. Elle se sentait bien, sereine.

Elle n'osait cependant pas nager trop loin à l'intérieur du Lac. Son bonheur avait beau la rendre plus insouciante qu'elle ne le devrait, elle ne doutait pas des dangers qui pouvaient l'observer en ce moment même. Avec un soupir, elle se remit sur ses jambes et marcha vers la berge. Le soleil ne se montrait pas beaucoup, mais la chaleur ambiante devenait infernale. Hiss s'assit sur la petite plage de galets, retrouvant sa lance, sa besace et ce qui lui servait désormais de pagne. C'était rudimentaire, mais Halya lui avait enfin montré comment fabriquer un semblant d'habit en feuilles épaisses. Bien qu'elle fut réjouie d'enfin avoir quelque chose pour cacher sa nudité, elle devait bien admettre qu'elle préférait se balader nue. Les feuilles lui griffaient la peau, la gênait pour courir, elle faisait bien plus de bruit quand elle se déplaçait. Elle aimerait pouvoir enfin chasser une proie assez grosse pour lui permettre de récupérer sa peau.


La cime était partie chasser un peu plus tôt, sans vraiment y réfléchir. Ils avaient besoin de manger, et elle ne comptait pas partir trop loin. Elle avait fait le tour du bosquet par l'est, scrutant le moindre mouvement autant dans les sous bois que dans les plaines alentours. Elle avait aperçu un chevreuil, au loin, et l'avait observé sauter et courir vers d'autres horizons. Par contre, elle n'avait pas loupé le pigeon qui avait peiné à s'envoler, quelques temps après. Elle s'était servie de sa lance comme d'un bâton, et le volatile n'avait pas eu de chance. Un pigeon, ça n'est pas bien gros, ils ne mangeraient pas encore à leur faim. Mais c'était déjà ça.

Son regard était perdu sur la rive en face. Elle ne pouvait pas distinguer ce qu'il s'y passait, mais elle avait l'impression de voir de petits points bouger. Des humains, probablement. Avec cette chaleur intolérable, le Lac devenait un bien précieux. Et si ça n'était pas des humains, alors ce n'était que des monstres noirs. Avaient-ils besoin de boire ? Souffraient-ils de la chaleur ? Hiss s'interrogeait sur ces créatures immondes, ces saloperies qui avaient bouffé Finn, qui les avaient tous troublés, attaqués, terrorisés. Elle repensa à cet Être Noir dont Staz lui avait parlé. Elle aurait voulu être là, et le voir de ses propres yeux. Même si cette pensée l'effrayait.

Elle perçut un mouvement, à sa gauche, et se releva d'un bond. Quatre guetteurs l'observaient, de loin. Ils ne bougeait pas, leur pâles visages immobiles et incompréhensibles. Hiss se baissa pour prendre un galet, et l'envoya rageusement dans leur direction.

« Foutez le camp, saloperies ! Personne ne vous a sonnés, merde ! »

Le galet s'écrasa mollement à côté des monstres, mais aucune ne sembla y prêter attention. La blonde ramassa sa lance, sans les quitter des yeux. Elle se demandait si c'était parce qu'elle avait pensé à ces choses qu'elles étaient apparues, ou bien si c'était juste une coïncidence. Elles ne bougèrent pas. La cime s'empressa de récupérer ses affaires, et recula lentement vers la lisière du bosquet, sans les lâcher du regard. Une fois qu'elle fut suffisamment loin, elle courut vers le camp, du plus vite qu'elle le put, en espérant que les guetteurs ne la suivraient pas. Elle n'avait pas envie de ramener des ennuis aux autres. Elle était en colère que ces saloperies aient gâché son moment de calme, et en colère d'avoir peur. Cependant, une petite voix lui chuchota qu'elle avait plutôt bien fait de se tirer en vitesse et de ne pas les affronter seule. Ça aurait été un acte de grande stupidité. L'amour donnait des ailes, sûrement, mais il ne fallait pas qu'elle en devienne débile.

Lancer de dés :

1-4 : 2 guetteurs la poursuivent

5-10 : Aucun guetteur ne la suit


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Ne les écoute pas, ne plie pas. Tu es seule.
Rien d'autre qu'une bourrasque qui menace les hommes.
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Dim 28 Jan 2018 - 12:27

Le membre 'Hiss' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'd10' :

Résultat : 7
Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
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Fiche de présentation : Clic
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Mar 30 Jan 2018 - 14:51


Aël ne répondait pas. Elle posait sur lui d'un oeil un peu vide, bizarre. Elle avait simplement arrêté son action, et le fixait sans rien dire. Le souffle court, le regard de Staz courait d'un arbre à l'autre, le coeur non loin de sauter hors de sa poitrine pour aller chercher sous le moindre caillou par lui-même. Finalement, c'est Callixte qui réagit le mieux. S'approchant silencieusement, il posa une main sur son épaule, et lui accorda un petit sourire rassurant.
- Elle est partie chasser vers le lac. Elle m'a dit qu'elle reviendrait bientôt. Elle ne devrait pas tarder.
Staz tourna les talons sans un mot, alors que Callixte soupirait timidement. Bientôt, il ne resta de Staz plus que l'angoisse sourde qui résonnait dans l'air.

Il n'eut pas à courir bien loin. A peine deux cents mètres plus loin, il y eut Hiss qui courait à sa rencontre. Staz se rua contre elle pour la serrer dans ses bras. Putain. Elle était là. Il ne lui était rien arrivé.
- Mon dieu, tu es là ... J'ai cru que ... j'ai cru que ...
Enfouissant son nez dans son cou, il la serra de toute ses forces contre lui. Puis, la libérant, il jeta un regard angoissé autour de lui.
- On a trouvé des corps ... Encore ... Et ils avaient ce truc ... ... J'ai eu si peur.





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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
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Journal :
Ven 2 Fév 2018 - 18:07


Elle-même regarda derrière elle, encore un peu haletante. Puis elle déposa un baiser sur les lèvres de Staz avant de parler.

- Je vais bien. Il y avait quatre guetteurs, près du lac. Mais ils ne m'ont pas suivie... Rentrons. Je ne sais pas si j'ai vraiment envie de voir des cadavres aujourd'hui... Qu'est ce qui cloche avec eux ?

Elle lui prit la main, et ils commencèrent à marcher vers le campement, tandis que Staz expliquait ce qu'ils avaient découvert, et cette drôle de matière noire et visqueuse présente sur les cadavres. Hiss ne pouvait s'empêcher de surveiller les alentours. C'était stupide de partir seule vagabonder, alors que Finn était mort violemment deux jours plus tôt, et qu'apparemment, les monstres rôdaient autour de leur campement, sans se montrer, mais laissant les traces de leur méfaits pour signaler leur présence.
La blonde soupira un instant, resserrant sa prise sur la main de l'échoué.

- Je suis désolée. Je n'aurais pas dû partir seule... Ce serait peut-être plus sage qu'on évite de se promener seuls, j'imagine.

Elle eu soudain une pensée pour Okha, qui était partie rejoindre son groupe, tôt dans la matinée. Si elle se faisait attaquer, elle n'y survivrait sûrement pas... Et personne ne le saurait jamais. La cime frissonna, inquiète à cette pensée. Malgré que la racine soit impressionnante tant par son physique que par son mental, c'était naïf de penser que les créatures noires se priveraient de lui tomber sur le râble.

- J'espère qu'Okha rentrera saine et sauve...


Ils arrivèrent au campement, ou Aël et Callixte continuaient de travailler sur l'entrée de la grotte, et ou Gallya revenait tout juste, parlant avec les eux. Elle se tourna vers Staz et Hiss lorsqu'ils arrivèrent, et leur adressa un léger signe de la tête.

- Ah, vous voilà ! On se demandait s'il fallait les enterrer.

Un silence les parcouru, pendant quelques secondes. Hiss repensa à Finn, qui n'avait pas eu le droit de reposer en paix sous le sol. Ils n'avaient pas pu, à cause des monstres. La cime se demanda ce qu'elle préférerait qu'on fasse, si c'était son corps qui était ainsi laissé à l'abandon, en charpie. Elle ne le saurait même pas, puisqu'elle serait morte. Mais si c'était Staz, ou Aël, ou n'importe qui de ses proches ? Elle secoua la tête, chassant ces pensées.

- Vous faites ce que vous voulez, mais c'est hors de question que je m'esquinte pour des carcasses d'inconnus. On a rien d'autre que nos mains et des pierres, pour creuser. Et je préfère garder les miennes intactes pour faire des choses utiles.

Aël avait coupé le silence d'un ton acerbe. Son visage était énigmatique, insondable. Dans un sens, elle n'avait pas tort, mais elle était plus tranchante qu'à l'ordinaire. C'était étrange, et Hiss haussa un sourcil. La rousse soupira, passant une main sur son visage aux tempes perlées de sueur.

- On sait pas qui c'est. Ça se trouve, c'était des connards, ou bien des cinglés cannibales.

- C'était des humains. Ils méritent sûrement qu'on les traite comme tels...

Aël s'était détournée, yeux baissés. C'était une situation étrange et lourde. La rousse haussa les épaules, murmura quelque chose comme « démerdez-vous » et marcha sur le chemin du Lac. Halya leur lança un regard interloqué, avant de la suivre en l'appelant. Hiss avait toujours la main de Staz dans la sienne, et le pigeon mort dans la gauche, ainsi que sa lance. Elle soupira légèrement, et lança un regard à Staz avant de délier ses doigts des siens pour aller déposer la carcasse de sa proie dans la grotte. Elle le mit en hauteur, là ou les petits ne pourraient pas l'atteindre – elle ne doutait pas qu'ils se feraient une joie de festoyer dessus.
Elle n'arrivait pas à savoir ce qui était le mieux à faire. Son esprit était mitigé, et ça l'agaçait.

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Ne les écoute pas, ne plie pas. Tu es seule.
Rien d'autre qu'une bourrasque qui menace les hommes.
Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
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Fiche de présentation : Clic
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Mar 6 Fév 2018 - 9:05


La présence de Hiss avait quelque chose de mystérieux, d'apaisant. C'était comme si, à la voir, les images qu'il avait eu plus tôt en tête se dispersaient comme une famille de vieux cafards dégoûtants qu'on piétine. Comment avait-il pu penser qu'il lui était arrivé quelque chose ? Finalement, elle était la seule que Staz n'était pas capable d'imaginer ... morte. Enfin, pas quand il la voyait, avec ses grands yeux rieurs, ses cheveux qu'elle avait donné aux fourmis, et tout ça. Elle était tellement forte, bien plus que lui. Et puis, elle leur ramenait à manger. Alors, pour toute réponse, à ses excuses et ses inquiétudes, Staz enlaça Hiss comme jamais, en lui offrant un baiser doux.

Lorsqu'ils furent de retour, Staz ne se mêla pas à la discussion. A vrai dire, il n'arrivait pas à avoir un avis sur la chose. Les deux argumentaires se tenaient, et il n'avait aucune réponse à fournir. Avaient-ils enterrés Atgas, ou bien l'homme qui avait attaqué Callixte ? Ils avaient été des hommes, aussi, pourtant ... Ils les avaient simplement abandonnés à leur sort sans un regard de pitié.
Aussi, aurait-il le courage d'enterrer Gràr, si celui-ci mourrait quelque part ? ...

Il secoua la tête, chassant ces idées sombres. Il finit par hausser les épaules, laissant les autres se faire une opinion qu'il n'avait pas. Callixte fut un des premiers à partir, avec Gallya, pour faire ce qu'ils pensaient être le mieux. Staz, après un dernier hochement de tête à Hiss, lui indiquant qu'elle n'avait qu'à faire ce qu'elle voulait, il reprit le poste que tous les autres avaient abandonnés, et commença à son tour à tapir les épais morceaux de bois qui cachaient l'entrée de grandes branches de sapins, de feuilles et de fougères, en silence. S'occupant l'esprit tout autant que les mains.

Le reste de la journée fut tout aussi morose. Ceux qui étaient partis revinrent couverts de sueurs, les doigts blessés à force de creuser. Ils empestaient la mort, aussi. Rien qu'à les imaginer transporter un à un les morceaux de corps pourrissants ...

Staz avait fini, seul, de bâtir leur première défense, et jouait dans un coin avec les petits, qui glapissaient si fort que Staz se demanda si, au final, leur devanture avait un quelconque intérêt vu le bruit qui provenait de l'intérieur de la grotte. La nourriture allait devenir un problème important, puisqu'ils étaient nombreux, et les renardeaux aussi avaient besoin de manger, et la viande leur revenait de droit.

Alors, en fin de journée, juste avant que le soleil ne commence à descendre derrière les montagnes, Staz eut une idée. Ka n'arrêtait pas de répéter qu'il fallait faire des jolis choses ... Mais la plus jolie chose que le grisonnant avait vu jusque là était, sans aucun doute, ce potager somptueux qui poussait devant sa maison.

Le soleil de la journée avait fait pointé un peu partout au milieu des bois des petites fleurs timides, et Staz eut soudain envie d'en faire quelque chose.
Alors, adressant un grand sourire à Hiss et s'équipant d'une pierre longue et tranchante, il contourna un peu la grotte, et choisit un joli carré de terre ensoleillé qu'il entreprit de désherber, arrachant herbes et racines. Pour pouvoir, dans les jours à venir, planter leurs propres plantes, fleurs, légumes et peut-être arbres fruitiers.

Finalement, une fois son travail en partie terminé -il avait enlevé le gros de l'herbe présente sur un bande de terre longue comme un petit homme allongé-, il ne restait au milieu qu'un petit dent-de-lion, qu'il n'avait pas réussi à arracher du sol. Ce n'était pas tant qu'il y était bien ancré ... mais plutôt que, comme l'autre fois, au milieu du potager de Ka, la plante lui avait paru si belle, si douce, qu'il s'était contenté d'en caresser les pétales.


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