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L'introuvable [J24 - Important - Solo][Clos]
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Néphara
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Messages : 56

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Mar 30 Jan 2018 - 1:38

Demeurer dans le silence, suivre une piste, écouter les moindres bruissements. Voilà que Néphara semblait régresser, retourner à vie sauvage et primitive. Pourtant, dans son esprit, elle ne régressait pas. Ses sourcils étaient froncés depuis la veille au soir, elle n’avait pas cessé de réfléchir. De façon décousue, à sa façon de jeune animal un peu trop agité. Elle pensait aux monstres, à ceux qui passaient leur temps à observer, et à celui qui l’avait attaqué. Elle repensait à ce visage blanc qu’elle avait aperçu, qui semblait réfléchir, et agir, comme s’il était un peu comme elle. Elle repensait aux deux perdus qu’elle avait croisé et auxquels elle avait ôté la vie. Et une seule question résonnait, tambourinait dans son crâne, comme un cri.

Qu’est-ce qui se passe ?

Depuis son réveil, Néphara avait évolué comme un animal, elle ne s’était pas posée de questions. Elle savait juste qu’elle vivait, devait se nourrir, boire, dormir, et éviter les monstres. Elle n’était pas au sommet de la chaîne alimentaire non-plus. Jusque là, tout semblait linéaire pour elle. Bien qu’en réalité, ce questionnement fut toujours présent en elle, car peut-être que depuis le début, cette ignorance du monde, ce fonctionnement primaire, n’était qu’une protection. Une façon d’échapper à une réalité obscure et meurtrière.

Mais c’en était fini de fuir. Toute cette réflexion, la jeune Échouée ne l’avait pas consciemment. Son esprit demeurait toujours composé d’émotions, de pressentiments, de sensibilité, mais pas réellement de pensées et de mots. Elle pensait et évoluait avec son cœur et son ventre. Désormais, son instinct était pleinement éveillé, actif, bouillonnant, elle l’écoutait, le laissait la guider. Aladar faisait de même, écoutant également son propre instinct.

La piste de Salim était assez présente, mais Néphara n’avait pas un aussi bon odorat qu’Aladar, et elle aurait perdu sa piste dans la matinée sans son compagnon. Ils allaient lentement. Malgré ses capacités, Aladar était troublé par toutes les autres odeurs de la vallée, et il semblait perturbé par une autre odeur, souvent, il s’arrêtait, levait la tête et humait l’air, avant d’éternuer et de couiner d’incompréhension.

La marche était pénible. Il faisait lourd, et surtout, Néphara avait faim. Voilà quelques temps qu’elle n’avait pas mangé, et pour cause, comment se nourrir parmi ses nouveaux amis. Pendant longtemps, elle avait cru être elle-même un prédateur pour les humains, voilà qu’aujourd’hui elle se retrouvait gibier avec eux. Mais il fallait qu’elle mange. Aladar comme à son habitude se nourrissait de rares petits animaux trop lents : Néphara avait même pu récupérer quelques os qu’elle avait enroulé dans une vieille peau de charogne encore assez solide pour être noué sur le tissu qu’elle portait aux hanches.

Tandis que la forêt se dessinait au loin à l’horizon, Aladar s’agita joyeusement. Il avait senti quelque chose, qui ne le perturbait pas cette fois. Ce n’était pas Salim cependant. Néphara le suivit, intriguée, jusqu’à des buissons épais. Il se mit à creuser près des plantes qui sortaient du sol, dévoilant des racines charnues et odorantes.

« Qu’est-ce que tu as trouvé mon grand ? »

Demanda t-elle, s’accroupissant pour saisir et tirer délicatement une racine du sol. La portant à son nez, elle reconnut une odeur appétissante, comme les étranges pommes de terre oranges qu’elle avait trouvé il y a longtemps. Elle resta un moment à sentir la racine, la faisant également sentir à Aladar, qui passa sa langue sur une extrémité avant d’en mordre un morceau. Regardant son ami d’aussi près, la jeune femme se rendit soudainement compte comme il avait grandi en si peu de temps. Elle se rendait compte qu’elle avait rencontré un chiot, et qu’il grandissait avec elle. Il avait toujours une petite figure pleine de fourrure douce, mais il avait grandi. Son regard s’était affiné, ses muscles s’étaient un peu épaissis. Il devenait lentement adulte. Cela la fit sourire, et elle mordit dans la racine à son tour. Le goût était neutre, mais elle sentit en mastiquant qu’Aladar avait fait une bonne trouvaille, car la racine semblait nourrissante. Elle prit alors le temps de sortir un plant entier de terre, afin d’en manger deux ou trois sur la route, et d’en garder sous la main.

« Ne traînons pas. Il faut trouver Salim avant qu’il fasse nuit. »

Aladar aboya et se remit à trottiner vers la forêt, frottant son museau partout pour repérer les traces de Salim. La forêt était plus proche désormais, et l’odeur étrange qui tracassait Aladar sembla se manifester de nouveau. Néphara eut alors un sentiment étrange, et un frisson, un frisson très lent et froid, qui parcourut lentement son dos. Une petite voix insidieuse se fit même entendre, en son for intérieur, dissimulé parmi les brumes des questions.

Les voix des musaraignes ne sont pas à les seules à se faire entendre ! Les voix...

Elle demeura immobile, observant attentivement les alentours, attentive à ce que lui communiquait Aladar avec ses jappements. Le temps semblait s’être soudainement figé.

« Oui, je l’ai senti moi aussi… »



Les voix des musaraignes ne sont pas les seules à se faire entendre.
Des corps se broient dans l'obscurité. Le sang se mélange en son sein.
Néphara
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Messages : 56

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Mar 6 Fév 2018 - 14:38

Une forme noire était apparue à l'horizon. Une forme noire massive, mais Néphara n'arrivait pas à savoir s'il s'agissait d'une seule monstruosité qui serait horriblement grosse, ou de plusieurs monstres agglutinés, comme l'étaient parfois les guetteurs. La forme était loin, suffisamment loin, et ne semblait pas se diriger vers elle. Serrant fermement sa lance, elle reprit sa marche vers la forêt, suivant Aladar qui continuait de marcher en rasant le sol de sa truffe pour garder la trace de Salim. Une pensée lui traversa l'esprit, de manière fugace et un peu effacée. Où allait la forme ? Elle semblait aller à l'opposée de Néphara... Pouvait-elle se diriger vers la grotte ? Cette pensée ne prit pas même la forme de mots dans l'esprit de l'Échouée, pourtant, elle cessa d'avancer, et se retourna de nouveau, prise de doutes. Devait-elle faire demi tour ? Elle ne savait pas ce qu'était la forme, elle pouvait tout aussi bien être un terrible monstre dévastateur, contre lequel ses nouveaux amis n'avaient aucune chance... Reportant son regard vers Aladar qui suivait petit à petit Salim, vers les mystères de la vallée, vers l'horizon, vers les questions, elle fronça les sourcils. Si la mort devait subvenir envers et contre tout, Néphara préférait la trouver vers l'horizon, qu'en reculant.

Elle envoya son émotion dans un long soupir, le laissant s'échapper avec la brise, dans l'espoir qu'il atteindrait la grotte, pour soutenir et inspirer ses amis, si jamais il leur arrivait quelque chose. Mais il fallait avancer. Vers l'horizon.

Cette fois-ci pour de bon, Néphara reprit la marche, et trottina pour rattraper Aladar. Il ne faisait plus attention à elle, car il était concentré, et semblait toujours un peu perturbé par cette odeur étrange qui flottait légèrement dans l'air. Si la jeune femme la sentait, le chien devait la sentir encore plus. La forêt se rapprochait au fur et à mesure que la journée s'écoulait, mais il n'était pas encore tard. Le duo avait bien avancé, le flair d'Aladar était redoutable.

Un moment plus tard, ils atteignirent un endroit que Néphara n'avait jamais vu. Elle avait passé un long moment dans la forêt et ses alentours, mais il semblait que cet endroit l'avait repoussé. Il faisait lourd, et un malaise étouffant et intense s'empara soudainement d'elle. Depuis qu'elle avait aperçu la forme noire, elle avait toujours l'impression que quelque chose allait lui tomber dessus. Aladar était de plus en plus agité, il éternuait toujours à intervalle régulier, comme pour se débarrasser de cette odeur, qui semblait l'atteindre physiquement. C'est vrai que maintenant, même l'Échouée la sentait plus fort, elle aussi. C'était une odeur forte et entêtante, mais loin d'être agréable, et qui ne présageait rien de bon.

Le regard baissé, perdue dans ses pensées, la jeune femme ne fit pas attention que quelque chose de tout à fait singulier était apparu à l'horizon, loin devant elle, et pourtant très proche. Aladar s'était stoppé net, dans une posture défensive et alerte, comme s'il allait bondir sur quelque chose. Il tourna la tête vers son amie, et aboya, pour la faire réagir. Elle comprit alors qu'il avait trouvé Salim. Il était là bas, autour ou à l'intérieur de cette étrange chose que Néphara connaissait sans réussir à remettre un nom dessus dans l'immédiat.

« Bien joué mon grand... » elle se rapprocha de lui, s’agenouilla et lui caressa vigoureusement la tête et le poitrail. Elle savait que c'était dur pour lui, à cause de l'odeur. « Allons voir si Salim est là bas, et s'il va bien, tu es d'accord ? »

Comme réponse, il pencha la tête sur sa main comme pour réclamer plus de caresses, et couina légèrement. Puis, ils se remirent tous les deux pleinement sur leurs membres, le regard vers la cabane, inquiets. Quelque chose était sûr. Il se passait bel et bien quelque chose.


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RP Clos



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