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Attendre la mort [Événementiel][Libre][Jours 24, 25 et matinée du jour 26][CLOS]
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Staz
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Messages : 178

Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Ven 4 Mai 2018 - 17:21


La nuit passa, lente. Très lente. Le temps semblait découvert, et les étoiles brillaient, haut dans le ciel, encadrant le croissant de lune. Les hommes s’étaient couchés, à différents endroits de la carrière, pour se reposer ou dormir. Le ciel était clair, les arbres silencieux. Comme si le temps s’était arrêté un moment, pour leur accorder un moment de répit … Mais pour Staz, le temps passait bien trop lentement. Partagé entre la peur que cet instant d’angoisse dure pour toujours et celle de perdre ce grand homme, Ka, il ne savait plus si le temps jouait à son avantage ou à son désavantage. Il se sentait perdu, et éprouvait le besoin de se trouver, rien qu’un instant, hors du temps.
Il s’était installé près du feu, du côté opposé à celui de Ka qui dormait, ou du moins paraissait dormir. Staz, lui, n’arrivait pas à fermer l’œil. Hiss était près de lui, et semblait assoupie, comme la plupart des hommes présents. Le mulot s’était couché un peu à l’écart, sur le sol dur de la clairière. Nul ne semblait porter attention à lui, mais Staz le fixait d’un œil morne, persuadé qu’il ne dormait pas. Que lui aussi avait l’œil ouvert, à le fixer lui, en silence. De temps en temps, son regard se perdait également sur le corps du vieil homme. Ka respirait fort, mais tout cela n’avait plus rien de naturel. Plus les heures s’écoulaient, plus il pouvait voir les cloques suintantes grimpant le long de sa gorge, luisant à la lumière du feu. Il ne lui restait plus beaucoup de temps.

Puisqu’il était bien conscient que le sommeil ne le rattraperait plus, il se leva en silence, dans la nuit, et récupéra les champignons qui lui servaient à dessiner et quelques galets supplémentaires, pour venir s’installer vers le feu. Alors, il rajouta un serpent à l’ensemble de ses galets, en dardant sur le mulot un œil froid. Il avait désormais sept galets devant lui, représentant les personnes qui l’impactaient fortement. Il ne pouvait pas vraiment dire pourquoi le mulot en faisait partie, alors que la manière dont il l’avait pris à partie la veille l’avait empli de colère, alors même qu’ils ne connaissaient rien l’un de l’autre. De plus, celui-ci passait son temps à l’insulter depuis leur première rencontre. Peut-être avait-il raison, mais les mots qu’il avait prononcés la veille pesaient lourd. Alors, il peignit à nouveau l’œil blanc et l’œil noir, et les contempla sans un mot pendant une grande partie de la nuit.

Ce n’est que lorsque le soleil commença à éclairer l’horizon qu’il s’anima enfin, un galet au creux de chaque poing, une lueur déterminée dans le regard. Il se mit sur ses pieds, en adressant une caresse douce à l’épaule de Hiss, qui dormait paisiblement sur le sol, et marcha droit vers le mulot, la mine fermée. Il se tint un instant debout devant l’autre, semblant hésiter dans sa manière de l’aborder, puis s’imagina la réaction que l’autre aurait eu à sa place, et lui donna un petit coup de pied nonchalant, histoire d’être sûr qu’il était réveillé.
- Je n’aurais qu’à mieux protéger mes galets que lui. C’est tout.
Bien que ses propos soient complètement irréalistes, et qu’il n’y avait aucun doute que Ka était plus apte à défendre qui que ce soit que lui, il n’y avait aucune lueur de doute dans ses yeux.
- Je me fiche de ce que tu penses, moi je prendrais soin d’eux, et aucun d’entre eux ne sera jamais seul, car je serais là pour eux. Et je ferais tout pour que rien ne leur arrive.
Il laissa tomber les deux galets devant le visage du mulot, et sa mine se ferma un peu plus.
- Je ne serais pas seul. Je ne suis pas de leur espèce. Ils infiniment plus seuls que nous. Je prendrais soin de ceux que j’aime. Je ne te laisserais pas me priver de ça.
Il tourna le dos, hésitant un instant, puis revint d’un pas vers le mulot.
- Ka m’a menti. Contre son gré, à cause de son barrage ou je sais pas quoi, j’y comprends rien de toute manière. Mais je lui en veux de m’avoir menti. C’est tout. Alors je ne vois pas de quoi tu viens te mêler.
Laissant les deux galets, représentant l’œil blanc et l’œil noir, devant le mulot, il rejoignit le feu, près duquel il s’allongea sur le dos pour contempler de lever du jour, silencieux.

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Okha
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Messages : 104

Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (3)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Journal :
Jeu 10 Mai 2018 - 11:45

Cela faisait depuis l’aube qu’elle cherchait le lieu que lui avait indiqué l’homme aux étranges habits. La nuit s’éclaircissait à peine alors qu’elle avait levé le camp ; mais les indications du Mulot restaient pour le moins vagues. Elle avait remonté la rive du lac trop haut et, lorsque celle-ci s’était incurvée vers l’ouest, menant aux abords de Terre-rouge, elle avait rebroussé chemin. Etait-ce la surprise d’un départ nocturne ou un réel pas en avant dans son dressage ? Son cheval avait accepté qu’elle se tienne sur son dos. Et si elle devait encore batailler pour l’inciter à aller dans telle ou telle direction, la sensation était plus qu’agréable. Okha avait manqué de s’assoupir, bercée par le pas régulier de la bête. Arriverait-elle un jour à le monter au galop ? Alors que la clarté du jour happait les dernières étoiles au dessus d’eux, elle avait décidé de l’appeler Zeobar. Le son lui plaisait, et il s’entendait sans doute de loin.
Scrutant le sous bois qui défilait à sa gauche,  la Racine mis finalement pied à terre et mena Zeobar jusqu’à l’orée des arbres. A la lumière du jour, elle croyait discerner une tache plus claire entre les arbres. L’endroit semblait correspondre. Okha avança de quelques pas avant d’attacher son cheval à un arbre. Elle préférait se mouvoir à pied dans la forêt.

La voix de Staz fut la première à lui indiquer la clairière. Son timbre lui disait quelque-chose, mais elle ne parvenait pas à l’identifier. Elle attendit un peu, immobile, et les mots s’interrompirent sans qu’elle puisse en saisir le sens. Avançant aussi discrètement que possible la Racine laissa malgré elle échapper un hoquet de surprise lorsque la maison du vieil homme apparut entre deux arbres. Elle prit quelques secondes pour en détailler l’architecture. Elle ne connaissait rien à la construction de maison, et pourtant sa forme faisait sens pour elle, elle disposait de mots pour décrire sa porte, son toit. Et il y avait quelque-chose d’autre. Ce n’était pas qu’un simple abri qui protège du vent et de la pluie, c’était plus que ça.
Sans s’en rendre compte, la Racine avait abaissé sa lance et s’était avancée totalement à découvert. C’est le regard vert et goguenard du Mulot gris qui vint la libérer de son ébahissement. Au même moment, plusieurs des corps allongés dans la clairière se mirent à bouger au moment ou elle s’apercevait. Okha fit un pas en arrière, mais le sourire crispé du Mulot l’en empêcha, d’autres regardait déjà dans sa direction, aucun d’eux ne semblait méfiant.

Enjambant les derniers buissons qui la séparait de l’herbe tapissant la clairière, la Racine s’avança vers le groupe qui s’éveillait. Elle se présenterait et irait chercher Zeobar ensuite.

- Je suis Okha, des Cavernes Rauques, cet homme m’a demandé de venir jusqu’ici.

Ce n’est qu’alors qu’elle découvrit des visages familiers parmi ceux qui lui faisaient face. Légèrement en retrait, un vieil homme gisait. Si ce n’était sa respiration difficile, Okha l’aurait pensé mort.


She-kills-she-loves-she-kills
Néphara
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Messages : 56

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Échouée
Métier : Cueilleuse - Sculpteuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Traces
Ven 11 Mai 2018 - 7:21

Jour 25, soirée...


Une fatigue sourde avait commencé à s'emparer de Néphara. Elle avait écouté Ka, lorsqu'il avait répondu à sa question, et elle pensait avoir comprit. Mais cela lui coûta le peu d'énergie qu'il lui restait. Elle avait suivi le vieil homme et Hiss pour retourner à la cabane en traînant les pieds. Lorsqu'ils furent de retour, il y avait désormais une personne de plus, un homme un peu différent. Il avait l'air calme et inoffensif, Aladar lui avait même reniflé les pieds. La soirée vint sans que la jeune femme n'ait vraiment conscience que le temps passait. Elle se retrouva assise avec les autres à écouter la chanson de Ka avec une énorme boule au ventre. Son compagnon s'était couché sur ses cuisses et elle se retenait de le serrer contre elle, révélant son désarroi et son inquiétude. Elle n'avait pas osé chanter avec les autres, elle s'était contentée de graver chaque mots dans sa mémoire pour ne rien oublier de Ka.

Cette nuit là, malgré l'épuisement, plus moral que physique, elle garda un œil ouvert, elle percevait la respiration difficile de Ka, et de temps en temps elle concentrait son regard sur lui, elle observait le poison agir, elle voyait ses impulsions, ses ravages, elle se demandait comment il ne débordait pas de son corps tellement il était opulent et étouffant. C'était terrible.


Jour 26, matinée...


Jamais Néphara n'avait passé autant de temps avec d'autres semblables, jamais elle n'avait vécu de choses aussi intenses et dramatiques. La rencontre avec Ka, sa gentillesse et son savoir, sa mort atroce qui arrivait sur eux comme si une énorme boule de poison ardent fonçait sur eux depuis le ciel, l'Être Noir, la magie, la mort. Tout s'était passé très vite, bien qu'étendu sur trois jours. C'était à ça qu'elle pensait, debout, un peu à l'écart, scrutant les alentours. Elle avait encore cette intime sensation que quelque chose lui échappait, et qu'elle devrait, une fois le moment redouté passé, s'évertuer à découvrir ce que c'était. Des mots de Ka, désordonnés, résonnaient dans son esprit. Elle devait chasser le noir, chasser le blanc, et voir le gris. Elle aimait le gris, la grisaille, elle se rappelait son réveil avec un ciel si gris qu'il envahissait le regard.

Une nouvelle voix, une nouvelle odeur, une nouvelle présence, s'annonça. Une femme cette fois. Comme à sa nouvelle habitude, Aladar alla à sa rencontre, et aboya, sans être agressif. C'était son message habituel, tu as le droit d'être là mais je te surveille, et je mords. Néphara fit un mouvement de la tête pour saluer la dénommée Okha, celle-ci apportait avec elle une odeur douce et familière, celle d'un cheval. Elle le chercha quelques instants du regard mais ne le vit pas, elle avait dû le mettre à l'abri. L'Échouée aurait aimé revoir un cheval. Mais elle reporta lentement son attention sur l'horizon et la nature autour d'eux, les oreilles attentives à ce qui allait se passer aujourd'hui.



Les voix des musaraignes ne sont pas les seules à se faire entendre.
Des corps se broient dans l'obscurité. Le sang se mélange en son sein.
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Messages : 371

Lun 14 Mai 2018 - 13:06

HRP:
 

Lorsque les premiers rayons du jour arrivèrent sur la clairière, Staz s'approcha du mulot gris pour venir lui parler. Ce dernier restait allongé.
Et ce fut dès le début du discours du jeune Échoué que le guérisseur aux yeux verts eu l'air profondément en colère. Plus que d'habitude, plus que la rage sourde qui animait naturellement ses pupilles, il posait sur le jeune homme un regard si froid et dénué d'empathie qu'il en aurait fait pâlir un monstre.

Cela dit, il demeurait dans sa position. Les mains derrière la tête, le corps étendu sur le sol de la clairière. Seuls ses yeux bougeaient avec les mouvements de Staz. Il ne parlait pas.

Et le monologue de Staz s'acheva. Le mulot gris n'ajouta rien du tout. Il se contenta de soupirer, et détourna son regard glacial du jeune homme pour le monter vers le ciel.

Un soleil radieux se levait.

Le visage de Ka l'accueillait avec le sourire. Il en fit de même lorsqu'une femme forte et fière entra dans la clairière, se présentant sous le nom d'Okha. On put voir le vieil homme tenter de se relever pour venir vers elle, sans succès. Il ne força rien, cette fois.
Ka ne fit pas plus d'effort que celui de se redresser simplement, du bras droit. Il semblait heureux.

- Bienvenue, chère Okha, installe-toi, tu es la bienvenue. dit-il.

Et la matinée passa sur le vieil homme comme une brise. Il respirait l'air avec bonheur, malgré le mal qu'il avait à remplir ses poumons. Les ombres des feuilles chatouillaient ses joues, mouvaient sur son corps écorché. La lumière pétillait dans le blanc et le noir de ses yeux doux.
En lui, le vieil homme n'entendait que son cœur battre avec le silence. Il laissait tout couler et tourner. Il commençait à s'endormir paisiblement, aucune notion de temps, ni de réalité, ne l'atteignait.
Toute douleur s'en allait.

Un instant, il leva la main, pour appeler Salim.

Il était midi.

- Peux-tu demander aux gens de se rassembler, jeune Salim ? demanda Ka avec le sourire. C'est l'heure.

Et alors qu'il prononçait ces mots précis, Salim put voir à l’œil nu les racines noires s'allonger dans le visage de Ka. D'un seul coup, elles montèrent de sa joue gauche jusqu'au haut de son front, comme si une force cessait de les retenir. Elles coloraient l'oeil gauche de Ka pour le rendre plus sombre.
De cette façon, le vieil homme paraissait avoir deux visages, deux faces opposées, l'une noire, l'autre blanche.

Il allait mourir dans quelques instants.

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Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (3)
Groupe : Le Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal,
Notes et Idées

Lun 14 Mai 2018 - 13:58


Nous avions mangé. Nous avions écouté. Nous avions chanté.

Et la soirée s'était finalement terminée. Des pétales de braises s'envolaient au-dessus du feu tandis que le silence de la forêt s'installait. Tout était si calme. L'air s'était rafraîchi, mais ainsi près du foyer, je ne frissonnai pas. Mes yeux se perdaient sans regarder, s'accrochant aux souvenirs des visages. Les flammes qui dansaient doucement donnaient presque une étincelle de vie aux figures tracées de noir.

Je ne me rappelais pas de m'être endormi, peut-être n'avais-je même fait que rêver, qu'en saurais-je ? La nuit était étrangement rassurante. Elle cachait les marques sombres qui agrippaient le corps de mon ami, elle dissimulait le mouvement des arbres, vrais ou bien faux. L'obscurité effaçait les ténèbres, dans nos yeux et dans nos cœurs.

Je songeais à l'histoire de Ka et pour la première fois depuis longtemps, j'eus l'impression d'être réellement seul. Isolé de tous, un seul être sur une seule terre, à marcher encore et encore, comme traversant un désert stérile. Et pourtant, Ka avait raison, de la couleur du ciel à la forme des pierres, il y avait quelque chose de beau dans ce paysage maudit. Voilà qui rendait le chemin acceptable. Nulle brise ne soufflait, nulle voix ne parlait, seul le silence régnait et les motifs taillés dans la roche s’enchaînaient, dévoilant des formes cachées fantastiques auxquelles je n'aurais su donner de nom. Je voyais, mais je n'entendais pas. N'était-ce pas là ce que le vieux sage m'avait expliqué ? Était-ce ce que je devais comprendre ? L'aveugle s'endort et le sourd s'éveille. L'aveugle n'est pas isolé. On le guide, on l'aide. On le trompe peut-être. Mais le sourd, lui, le sourd va seul sur son chemin. Il y avait là-dedans une tristesse et une fatalité que j'acceptais pourtant sans broncher. Ces jours-ci étaient difficiles, il fallait choisir ses batailles et garder son énergie. Il m'en faudrait si je voulais tenir. Si je voulais me rappeler.

* * *

Le soleil était plus haut que je ne l'avais imaginé lorsque j'ouvris les paupières. Je restais quelques instants allongé là, les yeux ouverts sans rien dire et puis je finis par me lever, rejoindre les autres, observer l'état de Ka sans rien dire, une fois de plus. Les traces sur son cou et son visage étaient presque aussi sombres que l'encre de ses dessins. Je saluais la nouvelle venue avec un peu moins d'entrain que celui de la veille. Mon enthousiasme reviendrait sans doute un jour.

Je rejoignis Ka sans poser de question quand il leva son bras vers moi. J'avais compris ce qu'il voulait avant qu'il parle, mais j'hochais la tête lentement. Je me dirigeais vers ceux qui s'étaient éloignés, leur disant d'une voix douce que le vieil homme souhaitait qu'ils se rassemblent.



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Maitre du jeu
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Lun 21 Mai 2018 - 8:59

En soupirant, le mulot gris aida Ka à se redresser pour venir s'asseoir, le dos reposant contre la cabane. Le vieil homme s'aida de son bras droit pour ramener sa jambe gauche près de lui, ce qui lui permit de s'asseoir en tailleur. Puis il invita les autres à s'installer pour former un cercle, une fois que ces derniers furent rapprochés.

Le soleil était à son zénith, il inondait la clairière de ses rayons chauds. Un oisillon piaillait sur un nid, un peu plus haut. Ka regarda le ciel bleu et sourit.

Il attendit encore un léger moment, une fois que tout le monde fut assis, pour prendre la parole. On voyait qu'il prenait son temps afin de choisir ses mots. Son visage à moitié couvert de nervures noires lui donnait un air peu avenant, mais ses traits restaient d'une douceur rassurante, alors qu'il expliquait :

- Maintenant, je sais que cela peut sembler absurde à certains d'entre vous, mais j'aimerais que vous soyez conscients que vous n'êtes pas obligés d'écouter ce que je vais dire. J'aimerais que vous considériez, chacun, avec sérieux, l'idée de vous écarter pendant un petit instant, ou de vous boucher les oreilles. Parce que le savoir que je m'apprête à vous donner est capable de vous tuer.

Faisant une petite pause, il joignit ses mains lentement, hocha la tête. Puis il baissa son regard vers l'herbe.

- Je pense à certains d'entre vous qui sont plus fragiles que les autres. Soyez conscients que même les plus forts des hommes vacillent et manquent de tomber avec un fardeau aussi terrible que la vérité que je me prépare à vous dire. J'ai vu une de mes amies en mourir, et au moment où je l'ai vu mourir j'ai failli succomber moi-même.

Il avala sa salive, inspira longuement, et ajouta :

- On ne se soustrait pas à cette vérité, une fois qu'on la connait. On doit vivre avec. Et elle est tellement simple, et tellement bête, qu'on ne peut pas l'oublier malheureusement. Alors je répète encore une fois : ceux qui ne se sentent pas prêts, n'écoutez pas ce que je vais dire. De plus, ceux qui d'entre vous choisissent de l'écouter, et parviennent à vivre avec, j'aimerai que vous réfléchissiez en profondeur avant de la dire à quiconque. Cette vérité est un fardeau pour les hommes.

Après réflexion, et d'un ton grave et solennel, il conclut.

- Si je souhaite vous la dire, c'est parce que j'ai conscience que cette vérité peut être bonne à savoir, même si elle est parfois le pire ennemi qu'on puisse avoir, et qu'elle est mortelle pour certains d'entre-nous. En réalité, si on arrive à la combattre, elle constitue l'un des savoirs fondamentaux à obtenir pour espérer survivre ici-bas. Il faut organiser sa vie en fonction d'elle.

Un instant de silence, Ka répéta :

- Ceux qui ont la moindre hésitation, vous devez vous écarter à présent.

Il releva son regard vers l'ensemble des hommes réunis :

- Car le temps me pousse à parler.

Une volonté inébranlable était visible dans l'oeil du vieil homme. Il était aisé de se rassurer en s'aventurant à penser que Ka, lui, avait été capable de survivre à cette vérité. Mais la vision de cette volonté sans failles, et de ce corps qui avait été capable de résister à un poison qui aurait du le tuer depuis longtemps, aidait à se rendre compte du fait qu'il n'était pas forcément judicieux de se comparer à lui.
Ka était un homme terriblement plus fort que les autres.


RP CLOS. La suite du RP sera cachée aux membres qui ne participent pas à l'évent.

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