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Voyage vers le vieux sage. [J25 | Important | Hiss / Staz | Clos]
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Hiss
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Messages : 159

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Ven 9 Fév 2018 - 23:38


C'était le matin. Les feuilles se balançaient paresseusement dans la légère brise, la vie faisait un bruit sourd que l'on pouvait écouter avec un peu de concentration. Dans la grotte, les respirations des autres rythmaient paisiblement les tympans de Hiss. Ses yeux étaient encore fermés, les bras de Staz fermement ancrés autour d'elle. Le souffle de l'échoué s'écrasait lentement dans sa nuque, comme les vaguelettes du Lac sur la berge.



L'avant veille, la cime avait aidé partiellement Callixte et Gallya à creuser une tombe pour ce qu'il restait des humains morts près de le camp. Elle avait attendu que Halya et Aël rentrent, pour ne pas laisser Staz seul. Ses doigts étaient douloureux, mais elle ne s'était pas sentie de les laisser se débrouiller seuls. Ils étaient partis se laver dans l'eau du Lac, ensuite, et Hiss avait gardé les yeux grands ouverts, le souvenir des guetteurs encore chaud dans son esprit. Mais rien ne s'était montré, et elle sentait que ce geste envers les morts avait compté pour Callixte, ainsi que pour Gallya.
Aël n'avait presque pas parlé de la soirée, et Halya semblait perdue.

Staz voulait l'emmener. Il en avait parlé aux autres, sans leur mentionner vraiment son but. Gallya n'avait rien dit, mais elle semblait deviner qu'il comptait revoir Ka. Tout le monde avait approuvé, sans vraiment poser de questions. Aël semblait s'en désintéresser au plus haut point, Callixte restait dans ses réserves et ses rêveries, Halya s'était un peu inquiétée, en tentant plus ou moins de cacher que ça ne lui plaisait que très moyennement de les laisser partir seuls tout les deux, vers une destination floue. Et Gallya avait compris, et lui avait sourit.

Le lendemain, ils avaient continué d'avancer sur les menus travaux d'amélioration de la grotte. Il avait fait une chaleur à crever, et lorsqu'ils étaient allés se rafraîchir au Lac, avec Callixte et Gallya - qui semblaient bien s'entendre, contre toute attente - ils avaient découvert une femme. Salement blessée aux bras et au dos, pâle comme un cadavre, incapable de bouger de la où elle était, ils avaient d'abord cru qu'elle était morte. Cependant, après s'être approchés d'elle, elle avait commencé à vouloir parler, sans pour autant vraiment y arriver, ses yeux noisettes roulant dans leur orbites. Après l'avoir soulevée jusqu'au Lac, l'avoir fait boire tant bien que mal, nettoyé ses plaies et constaté l'étendu des dégâts, ils avaient décidé de la ramener au campement.
La femme était faible et débitait un flot de mots sans queue ni tête. Sa fièvre la faisait divaguer, elle ne semblait même pas les voir. Hiss avait éprouvé un sentiment de pitié et de compassion pour elle, en voyant ses larmes couler sur ses joues, couinant en essayant de bouger ses bras mutilés, pleurant encore lorsqu'ils l'allongèrent dans la grotte. Hiss avait vu des ombres noires et des visages blancs les suivre sur le retour vers la grotte, mais les monstres n'avaient rien fait d'autre que les observer, avant de disparaître subitement.

En fin d'après midi, la femme aux cheveux clairs était morte, une expression sereine sur le visage. Étrangement, Hiss se sentit soulagée pour elle. Gallya avait fermé ses yeux, agenouillée près d'elle. Et, tout comme la veille, ils avaient creusé une tombe, près du Lac, et l'avaient enterrée.



Les petits renards glapissaient doucement, dans le fond de la grotte. Ils avaient décidé de les laisser ici, en sécurité. Ils étaient tellement petits, si jamais quelque chose tournait mal, ils périraient probablement. Hiss les adorait, et passait beaucoup de temps à jouer avec eux. Elle leur avait donné les os du pigeon, après que tout le monde les aie rognés soigneusement, et avait réussi à déterrer pas mal de vers de terre dans le futur potager que Staz avait entreprit de créer, près de la grotte. Ça n'était pas grand chose, mais ils s'étaient rués dessus comme la faim sur le monde. Ils étaient trop petits pour chasser eux même, et elle se demandait comment ils feraient pour leur apprendre à chasser. Elle soupira doucement, se calant un peu mieux contre Staz, qui bougonna légèrement, avant de la serrer un peu plus dans ses bras. Sa respiration avait changé, devenant moins régulière, et Hiss sut qu'il se réveillait doucement. Elle se retourna délicatement pour lui faire face, et nicher son visage dans son cou. La lumière matinale perçait à travers le bois qu'ils avaient accumulé devant l'ouverture de la grotte, et par l'entrée discrète qu'ils avaient formée. Elle déposa de légers baisers sur la peau fine de son cou et de sa mâchoire, caressant son dos doucement.
Elle adorait le réveiller avec ces attentions.

Après un moment de câlinage coupés de murmures complices, les amoureux finirent par se lever sans trop faire de bruit. Les renards vinrent leur dire bonjour, courant entre leur chevilles, et Hiss pris Naem dans ses bras, tandis que Staz attrapait Eol. Ils sortirent à la lumière du jour, clignant des yeux et ressentant une vague d'air déjà lourd. La grotte, maintenant fermée, les protégeaient bien de la chaleur. Staz semblait cependant être malade. Hiss ne l'avait pas remarqué, encore dans les méandres du sommeil, mais c'était clair à la lumière du soleil. Il avait le teint pâle, transpirait à grosses gouttes, avait les yeux cernés de gris.

« Tu es sûr que tu veux qu'on parte aujourd'hui ? Tu n'as pas l'air en forme... »

Il lui avait souri, voulant la rassurer, et maintenait qu'il se sentait assez en forme pour faire le voyage. La cime n'insista pas, fronçant cependant les sourcils. Staz était déterminé à aller voir le vieil homme aujourd'hui, et elle se doutait qu'elle ne lui ferait pas entendre raison. Alors elle était rentrée dans la grotte, pour aller chercher sa lance et trouver Callixte, qui semblait réveillé, pour l'informer qu'ils partaient. Staz était rentré à sa suite, les petits dans les bras, et s'évertuait à les faire attendre au fond de la grotte sans élever la voix.

« Très bien, alors. Faites attention à vous... Nous nous occuperons des renards, ne vous inquiétez pas pour eux. »

Hiss sourit et l'enlaça un instant, avant de se relever et de sortir  à la suite de Staz, qui avait salué Callixte d'un signe de la main.

Sans qu'elle comprenne pourquoi, Staz tint d'abord à aller déterrer avec beaucoup de précautions le pissenlit qui ornait le lopin de terre qu'il avait désherbé la veille, leur futur potager. Avec mille gestes d'attentions, il le mit dans une petite peau, racines intactes, après avoir remplie celle-ci de terre meuble.

Et ils se mirent en route vers le Lac, comptant le longer par la rive ouest.

...

Quelques heures plus tard, ils arrivèrent près de la falaise qui tombait presque à pic vers les rives du Lac. Ils avançaient doucement, Staz tentant de masquer sa fièvre, Hiss faisant mine de ne rien voir, tout en marchant à un rythme lent. Ils faisaient une pause lorsqu'ils aperçurent un homme marcher vers eux, d'un pas vif. Le soleil était caché par des nuages, se montrant de temps à autres, mais il faisait toujours chaud, pourtant l'homme semblait richement vêtu. La cime n'avait jamais vu de vêtements à proprement parlé, et tenta de cacher sa curiosité derrière un masque de défi. Elle le regarda s'approcher, tenant sa lance bien en évidence, et Staz se mit debout.

Il les avait vu depuis plus longtemps qu'eux l'avaient aperçu, et il ne semblait pas animé de mauvaises intentions. Mais ils restèrent néanmoins sur leur garde, s'attendant à tout.


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Sam 10 Fév 2018 - 18:24

Un homme et une femme qui longeaient la falaise de roche, virent bientôt arriver un individu aux yeux verts, à l'allure peu commode, voire colérique. Bien que peu menaçant, car ne portant aucune arme, et se déplaçant dans des vêtements propres et colorés, il montrait sur son visage une rage et un sérieux assez intimidants. Ceci était renforcé par sa haute taille et son air profondément sûr de lui, voire orgueilleux.

Cet homme se faisait appeler le mulot gris, il avait été envoyé par le vieux Ka, qui, mourant, désirait rassembler le plus d'êtres humains autour de lui avant de rendre son dernier souffle.
C'était donc surement avec cette idée en tête qu'il s'approchait, d'un pas déterminé, vers Staz et Hiss.

Il passa une main sur son visage, s'essuya les yeux et regarda autour de lui tout en marchant. Son attitude semblait relativement peu tranquille. Arrivé au niveau des deux amoureux, il les salua d'un signe de main sans vraiment les regarder : il préférait balayer l'horizon derrière-eux avec les yeux.

- Bonjour, je n'ai pas envie de vous parler, ni de vous connaitre. dit-il fermement. En revanche, il y a un vieux mourant dans une cabane qui veut le faire. Alors vous pouv...

Sa voix, qui s'apprêtait à poursuivre son discours avec vigueur, s'arrêta soudainement quand l'homme passa ses yeux sur Staz. Un instant il fut silencieux, puis s'exclama :

- Mais attend, qu'est-ce que tu transportes là, gamin, exactement ?

Il avait l'air dépité, voire exténué, tout en désignant la peau de bête dans laquelle Staz transportait de la terre et un pissenlit. Le mulot gris n'avait pas vu la plante, il n'avait rien vu du contenu du sac de fortune, ainsi il était difficile de savoir pourquoi il s'énervait en le voyant. Il se contenta d'ouvrir la peau avec deux doigts pour en sortir un peu de terre, qu'il fit s'effriter dans sa main, en l'observant d'un œil sceptique.

- Tu te déplaces avec de la terre, toi ? Tu viens d'où comme ça ? Je tombe encore sur les plus gros crétins de la vallée ma parole ! Je fais collection en ce moment. Hein ?

Il poussa l'épaule de Staz avec la main. On pouvait le voir trembler, tout en serrant fort les dents, et en s'essuyant le bas du visage. Rien en cet homme n'était serein, en cet instant, il regardait de tous les côtés, et c'est avec une haine véritablement palpable qu'il siffla :

- Tu comptes faire quoi, si un arpenteur te poursuit alors que tu as ce sac dans les mains ? Si tu le vois bouffer ta copine sous tes yeux ? Tu veux lui balancer de la terre à la gueule ? Tu essayes vraiment de survivre ici, ou tu as une envie irrésistible de mourir ? Espèce de pauvre con.

Ses yeux étaient perçants, et passaient de Staz, à Hiss, au paysage, en boucle. Son comportement, bien que semblant assez peu cohérent, avait le mérite de paraître bienveillant. Ses mains tremblaient toujours, son visage aussi, mais aucune goutte de sueur ne perlait sur son front.

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Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Sam 10 Fév 2018 - 19:43


La nuit n'avait pas été des plus agréable. C'était comme si le monde cherchait à étouffer Staz par tous les moyens. D'abord la chaleur, puis la fièvre. La mort de la jeune femme de la veille ne l'avait clairement pas laissé si intègre qu'il le pensait. Il n'arrêtait pas de s'imaginer Hiss dans ce genre de situation.

Mais les caresses de sa douce surent l'apaiser, et c'est presque sereins qu'ils avaient quittés le campement, malgré les sueurs du grisonnant.

C'est après un long moment de marche, alors que la fièvre assommait Staz autant que la chaleur désormais, et qu'il peinait à avancer, qu'ils distinguèrent à l'horizon un homme si richement vêtu que le grisonnant pensa immédiatement à Ka. Un mauvais pressentiment lui traversa l'esprit.

Le sac lourd qui tirait sur ses hanches ne l'empêchèrent pas de pointer sa lance légèrement à l'avant, sur ses gardes. L'individu était inquiétant. Il avait l'air terriblement en colère. Staz se tut lorsque l'autre vint à leur rencontre, s'avançant légèrement devant Hiss dans l'espoir de pouvoir la protéger dans le cas où l'autre l'attaquerait.

L'inconnu avait l'air préoccupé, et il finit par parler de ... Quelque chose ... Avec un vieux dans une cabane... Ka ? Il parlait de Ka ? Mais Ka ne pouvait pas être mourrant ... Si ?
Staz resta là à entendre les paroles de l'homme sans vraiment les écouter, les yeux dans le vide, et ne revint à lui que quand l'autre le poussa. Les yeux perçants de l'autre vinrent rencontrer ceux, presque froids, de Staz, face à l'insulte. Un mélange étrange de colère et de peur embrumait son esprit. Il se contenta de fixer silencieusement l'autre, avant de lui rendre nonchalamment sa bousculade.

- C'est Ka dont tu parlais ? Qu'est-ce qu'il se passe ?

Les sourcils froncés, il jeta un oeil dans le sac, pour vérifier si la fleur était toujours là, puis le referma précautionneusement comme si c'était l'objet le plus précieux qu'il possédait.

- Cette fleur est pour lui ... Alors dis moi tout ce que tu sais.




Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
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Journal :
Lun 12 Fév 2018 - 21:34


L'homme était étrange. Hiss avait l'impression qu'il n'était fait que de haine, mais qu'elle n'était pas dirigée contre eux spécialement. Il n'agissait pas en ennemi, cependant, mais la cime se rapprocha tout de même de Staz lorsque l'autre préleva un peu de terre du baluchon de peau. Elle gardait les lèvres pincées, ses yeux rivés sur lui, sa lance ancrée dans sa paume.

Staz parla, son expression et sa voix étaient graves. Il semblait inquiet, vis-à-vis de l'homme que l'étranger avait mentionné. Y avait-il beaucoup de vieillards dans une cabane, au sein de leur vallée ?

Hiss n'en savait rien. Elle ne savait pas grand chose, finalement. Son éveil semblait si loin, et tout avait changé si vite. Elle-même, était radicalement différente que lorsqu'elle s'était retrouvée allongée sous la neige des montagnes. L'étranger semblait lui aussi, différent de la plupart des humains qu'elle avait rencontré. Mais elle ne saurait dire vraiment en quoi il semblait si décalé. Peut-être qu'elle n'avait jamais fait l'expérience de sentiments aussi tranchants auparavant. Et de quoi avait-il parlé? Un arpenteur? C'était inconnu, incongru. Il en savait probablement plus qu'eux. Ou bien il était cinglé.

Elle ne dit pas un mot, attendant la réponse de l'homme étrange qui leur faisait face, lui ainsi que sa colère palpable.


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Mar 13 Fév 2018 - 13:21

L'homme aux yeux verts restait encore et toujours indifférent devant les armes des deux amoureux. Comme s'il ne les voyait pas, ou qu'il n'y trouvait rien de menaçant. Il n'avait pas non plus reproché la bousculade du jeune homme et s'était contenté de s'écarter un peu. Après avoir fixé l'horizon, le mulot gris regarda en direction du sac lorsque Staz l'ouvrit pour en vérifier le contenu. Il vit la fleur qu'il n'avait pas aperçue jusqu'alors. Un air intrigué naquit sur son visage. Il fronça les sourcils tout en semblant reprendre son calme. Le tremblement de sa tête et de ses mains s'arrêta net.

Sans répondre aux questions ni à l'ordre du jeune échoué, l'homme mystérieux se contenta de désigner du menton la peau de bête contenant le pissenlit, en disant :

- Qu'est-ce que cette fleur signifie pour toi ? Pourquoi avoir choisi celle-là en particulier ?

Il s'approcha légèrement, un air sceptique et agressif dans les traits. Il s'arrêta arriver à nouveau à portée du bras de Staz, il fixait ses yeux dans ceux du jeune homme, comme s'il cherchait à lire en lui.

- Et pourquoi vouloir lui offrir ?

Il recula ensuite de quelques pas, en regardant du côté de la femme, dans un mouvement peu naturel, presque forcé, avant de scruter au loin, le long du lac, dans le dos de Hiss et de Staz. Sans laisser le temps à quiconque de répondre sa voix siffla avec une forme de brutalité :

- Cette fleur vient du sud, non ? Et vous deux aussi.

Une méfiance naissait dans son regard qui pétillait d'intelligence, il était prudent à présent. Avec son discours, on aurait pu le prendre pour un fou. Mais la force, la certitude et la lueur qui brillaient dans sa pupille, laissaient penser qu'il avait la tête froide et bien structurée, sans doute plus que ses interlocuteurs. Il recula encore d'un pas en les regardant.
Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
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Mar 13 Fév 2018 - 13:59


Staz plissait légèrement les yeux, tentant de cerner dans le regard de l'inconnu ses intentions. C'était comme presque évident qu'il parlait de Ka. Peut-être était-ce même une de ses connaissances ... En tout cas, il ne se souvenait pas d'avoir vu cette tête-là sur un des galets. Mais ses habits étaient si riches, et son regard et ses paroles tellement pleins de connaissances qui lui échappaient ... Il devait savoir quelque chose. Peut-être même se trompait-il à propos de Ka. Après tout, Ka allait très bien si peu de temps auparavant. Gallya et lui l'avaient quitté souriant et joyeux, comme à son habitude. Il ne pouvait s'agir là que d'une erreur.

Essayant de se rassure lui-même quant à l'état présumé de Ka, Staz finit par se détendre légèrement, pour mieux analyser l'autre. Il avait des yeux verts perçants, dans lesquels se reflétaient des éclairs de force, de méfiance et de colère étranges. Lui aussi semblait même s'être légèrement apaisé. Ses mains ne tremblaient plus.
Alors, quand il désigna du menton le petit sac portant la fleur, Staz fit un pas léger en arrière, posant une main protectrice sur le sac de cette petite plante si fragile. Il se tint légèrement sur ses gardes quand l'autre s'avança, et fut même soulagé qu'il recule. Ce n'est pas tant qu'il lui faisait peur, mais plutôt que la colère inexplicable que l'autre semblait avoir envers toute chose le troublait si intensément qu'il préférait en éviter la proximité. Ce gars était purement et simplement l'antithèse de Ka.

Finalement, après que l'autre ait repris un air mystérieux en parlant de là d'où ils venaient, Staz se rapprocha de Hiss.
- Je ne vois pas pourquoi je te parlerais de tout ça alors que tu n'as même pas répondu à ma question.
Il dévisagea l'autre d'un air méfiant, puis finit par détourner le regard dans la direction de la maison de Ka. Après tout, il n'avait presque rien à perdre dans cet échange ...
- Je dois lui donner, c'est comme ça.
Puis, son regard revint se planter dans celui de l'autre, et il déclara en grimaçant légèrement :
- Ces fleurs sont si courantes que tout le monde les écrasent. Ka m'a appris à ne pas les écraser, aussi courantes soient-elles. Chaque petite chose a sa place dans ce monde, et c'est l'ensemble de toutes ces fleurs qui font de si jolis prés, de si jolies forêts, de si jolies montagnes.
Bien sûr, il n'évoqua pas la première rencontre qu'il avait réellement fait avec cette fleur en particulier, au milieu du jardin de Ka. Et il ne précisa pas que cette fleur était pour lui l'espoir d'avoir un jour la chance de vivre comme il en rêvait désormais, à l'image du vieux sage. Mais lorsqu'il offrit un regard étrangement serein à Hiss, celle-ci -et peut-être même l'inconnu également- pouvait y lire l'espoir de réaliser à son tour tout ce qu'il avait désormais envie de réaliser. De belles choses.


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
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Mar 13 Fév 2018 - 14:47


Hiss suivait l'échange, sans parler. De temps en temps, le regard de l'étranger tombait dans le sien, sans pour autant s'y fixer. Il était bien plus intéressé par Staz et son pissenlit – ce qui aurait pu la vexer, si elle avait quelque chose à faire de l'attention d'un inconnu sur sa propre personne. L'ambiance avait changé, subtilement, et elle était incapable de discerner dans quelle direction précisément. Elle s'était juste rapprochée de Staz, imperceptiblement. Et elle lui rendit son regard, sans réussir à rendre le sien aussi serein et confiant qu'elle l'aurait aimé. Mais on pouvait y lire de la détermination. Les mots de Staz résonnaient toujours dans sa tête, sans qu'elle n'arrive vraiment à les mettre parce dessus ceux de l'inconnu.

Et la cime restait troublée, sur ses gardes. On aurait pu croire un animal farouche, en la regardant à cet instant, son corps tendu et prêt à bondir. Elle ne s'en rendait même pas compte.

« On vient du sud, oui. Pourquoi ? »

Sa voix était claire, elle-même ne s'attendait pas vraiment à parler. Mais quelque chose chez cet homme la perturbait. Outre ses vêtements et son regard, sa dureté, c'était sa dernière question qui l'avait le plus interloquée.

« Et toi, qui es-tu ? Tu connais Ka ? »

Elle était un petit peu énervée que l'étranger ne réponde pas à leurs questions. Parce qu'il semblait avoir des réponses. Dans la tête de la cime se battaient plusieurs sentiments : la peur de cet homme, qu'elle n'arrivait pas à éradiquer, l'agacement concernant son comportement, et la curiosité insatiable qu'elle pouvait nourrir à propos des choses étranges.


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Mar 13 Fév 2018 - 17:19

Le mulot gris déglutit, et prit un air successivement intrigué, puis atterré, devant les dires de Staz. Un soupir sortit de ses narines. Il leva les yeux au ciel, secoua la tête, puis fit revenir son attention sur Hiss qui lui posait des questions.

Des nuages sombres s'agglutinaient au dessus du lac, à côté des trois individus. Le soleil qui illuminait le corps de l'homme aux yeux vert fut peu à peu masqué. Un temps passa alors que le visage du guérisseur devint un peu plus solennel, voire peiné.

Sa voix fut particulièrement grave, voire caverneuse, lorsqu'il reprit la parole :

- Oui. Je viens de chez lui. Il est blessé, il va mourir.

Il se gratta la tête, mal à l'aise. De toute évidence ça n'était pas son fort de chercher à annoncer un événement dur sans brusquer ses interlocuteurs. Une grimace apparut sur son visage, et ses yeux vinrent vers le sol, avant qu'il n'ajoute :

- Il souhaiterait vous parler avant de mourir. Il a besoin de vous voir.

C'est alors que ses pupilles remontèrent vers Staz et Hiss dans une expression difficile à examiner. Ça ressemblait à de la colère mêlée à de la curiosité. Mais plutôt que d'ajouter quoi que ce soit qui permettrait de comprendre ce qui lui passait pas la tête, il choisit de garder le silence. Ses prunelles abandonnèrent la teinte de curiosité qui les animait, elles se perdirent dans le vide, et le mulot gris murmura :

- Je suis désolé.

Et il serra le poing gauche, avec tellement d'intensité que ses articulations devinrent jaunes.
Staz
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Mer 14 Fév 2018 - 8:58


La vérité tomba, aussi tranchante que lourde à porter. C'est comme si, sur ses épaules, venaient de s'ajouter le poids d'une tristesse trop grande pour être portée avec le coeur. Même le regard doux et déterminé de Hiss disparut de son esprit pour laisser place au vide, alors que le regard de Staz se perdit dans les fourrées. Ce n'était pas possible. Il devait se tromper. Ca ne pouvait pas être Ka. L'autre devait mentir, même, pour sortir de telles atrocités.
... Pourtant ... Le changement de comportement de l'autre n'avait rien de celui d'un menteur. Au contraire, Staz crut y percevoir une certaine culpabilité qu'il n'arrivait pas à comprendre. Une culpabilité mêlée d'un colère sourde, sans nom.

Staz ferma les yeux un instant. Il prit une grande inspiration, comme pour essayer de garder ses pensées claires et limpides. Il finit par les rouvrir, et, d'une main attrapant celle de Hiss, de l'autre portant le sac de terre contre son torse, il dévisagea une seconde de plus l'inconnu, dont il ne connaissait même pas le nom, avant de lâcher dans un murmure :
- Rejoins-nous là-bas.
Puis, il prit la direction du nord, de la cabane de Ka, une infinie peine au fond du regard. Cela ne pouvait pas être vrai ... Et pourtant, le mauvais pressentiment qu'il avait eut au départ semblait se confirmer. Alors, sans même s'en rendre compte, ses pas s'accélérèrent, alors qu'il serrait compulsivement la main de Hiss, et bientôt, ils furent là, tous les deux à courir en direction de la cabane, en espérant que l'autre se trompait. Tout en sachant parfaitement que ce n'était pas le cas.


- FIN -


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