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Ce qu'amène le soir [J25 - Important][Pv Sort][Clos]
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Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (3)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Journal :
Lun 12 Fév 2018 - 12:58

Le vent s’était levé à l’approche du soir, et Okha commençait à regretter d’avoir cédé une partie de ses vêtements au harnachement de son cheval. L’air encore chargé de l’humidité des derniers jours lui traversait les côtes.
Elle avait progressé prudemment vers le nord-ouest et finalement contourné la falaise. Elle avait cru apercevoir ce qui s’apparentait à une activité humaine, là ou la falaise faisait face au Lac. Mais, bien qu’elle ait fini ses provisions hier, elle ne s’était pas approchée. A trop tenter sa chance, on finit par la perdre.

Elle avait fait une autre rencontre cependant. Voulant profiter de la hauteur de la falaise pour repérer les environs, Okha était tombée nez à nez avec une femme en plein repas. Le dos appuyée sur une pierre, les mains et la bouche couvertes de graisse animale, elle l’avait fixée de ses grands yeux gris pendant un instant. Puis elle s’était mise à hurler. Le cheval s’était ébroué, avait brièvement henni avant d’échapper à l’emprise de la Racine. Pendant ce temps, l’autre s’était saisie d’un éclat de pierre aiguisé et, tout en continuant à hurler, avait commencé à s’approcher. Ses mots étaient incompréhensibles. Elle passait de menaces de vengeance à l’évocation de grandes ombres dans le ciel, un sacrifice ? Sentant la colère monter en elle, Okha avait tout d’abord tenté de la calmer, puis tenté de la maintenir à distance avec la pointe de sa lance. Ce geste finit de mettre la basculée hors d’elle et, tentant de contourner la garde de la Racine, elle plongea en avant, tranchant l’air de son arme acérée.

Un pas de côté, torsion du bassin : la hampe de sa lance s’enfonça dans les côtes de son assaillante. Retour en garde, évaluation : Poussant un cri de douleur, la basculée lui fit malgré tout de nouveau face. De l’écume s’échappait désormais de ses lèvres bardées de cicatrices. Elle bondit.
Appui jambe arrière, verrouillage des poignets, fente.

La petite femme aux yeux gris mit du temps à mourir, mais Okha n’avait aucun moyen de l’achever proprement. Elle attendit malgré tout qu’elle pousse son dernier soupir avant de partir fouiller ses affaires. C’est avec surprise qu’elle y trouva davantage de morceau de viande cuite et de longues tiges grasses que l’on avait faite cuire sur une pierre. Ou avait-elle trouvé cela ? D’expérience, la Racine savait que les basculés ne cuisinaient pas. Okha tira le cadavre vers la pierre ou il s’appuyait encore de son vivant, sans trop savoir pourquoi, un question de décence. Elle ne se sentait pas coupable, ou triste. Tout aurait pu être plus simple, elles auraient pu échanger quelques mots, peut-être partager un peu de nourriture…  Mais ainsi allaient les choses.
Adressant un dernier hochement de tête à la défunte, elle essuya la pointe de sa lance dans l'herbe et se mit à la recherche de son cheval, la nuit était aux portes de la vallée.


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Lun 12 Fév 2018 - 16:34

Une femme venait d'en tuer une autre. Alors que les ombres s'étendaient, que la lumière diminuait, il était dur de percevoir tout qui l'entourait. Elle avait l'attention dirigée vers sa monture et s'écartait, dos au cadavre, c'était sans doute pour cette raison qu'elle n'avait pas vue cet être étrange s'approcher, près du corps du défunt.

- C'est donc toi qui l'as faite taire ? demanda l'homme qui s'était accroupi près du cadavre.

Sa voix avait été forte, suffisante pour porter jusqu'aux oreilles de la racine. Il était grand, les vêtements riches, le regard vert.
Pour ceux qui le connaissaient, son nom était le mulot gris. D'habitude il était colérique et désabusé. Cette fois il semblait plus ou moins amusé. D'un doigt, posé sur son nez, il fit tourner la tête de la défunte, et l'observa.

- C'est drôle comme les yeux sont jolis, et le reste est laid, tu ne trouves pas ?

Il rit brièvement, d'un rire peu naturel, voire forcé, avant de tourner sa tête sur le côté et de fixer le paysage. Utilisant le crâne de la défunte comme appui, il se releva lentement.
Puis il caressa le bas de son visage nerveusement, et ses yeux prirent à nouveau une teinte hargneuse.

- Cela est habituel, pour toi, de tuer tes semblables ?

S'il avait porté une arme, l'homme aurait pu sembler menaçant. Mais sa tenue, formée de vêtements riches et ses mains pendant contre son corps mince, laissaient penser qu'il était inoffensif. Il s'approcha indifféremment d'Okha, sans la lâcher des yeux. Il n'était pas facile de deviner ce qu'il avait en tête.

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Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (3)
Groupe : Cavernes Rauques
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Journal :
Mar 13 Fév 2018 - 17:32

C’est au moment ou elle allait tenter d’appeler son cheval d’un sifflement que la voix avait retenti, comme une mauvaise blague. Parcourant les alentours qui s’assombrissaient, Okha finit par poser les yeux sur celui qu’elle avait interpellé. Difficile de savoir ce qu’il pouvait percevoir de son visage à cette distance, mais elle ne put empêcher une expression de surprise de s’y afficher à la vue de l’homme et de la façon dont il était vêtu. Détonnant de la paroi rocailleuse devant laquelle il se tenait, les vêtements de l’inconnu le faisait ressembler à une création de l’esprit, un fantasme soudain incarné sur terre ; et sa voix était désagréable. Okha repensa aux mots de Staz et à sa propre rencontre avec ces êtres noirs qui manipulaient la magie. L’assurance de l’homme, sa morgue agressive ne lui inspirait rien qui vaille.
S’appliquant à ne pas effectuer de gestes brusques, la Racine fit volte-face, laissant descendre la pointe de sa lance à quelques centimètres du sol devant ses pieds. Elle ne répondit pas à ses premières invectives, préférant le jauger du mieux qu’elle pouvait. Ces provocation délibérées n’étaient pas celles d’un fou. L’homme, si c’en était bien un,  semblait tout à fait savoir ce qu’il faisait. Enfin il s’arrêta, semblant attendre une réponse, Okha prit son temps. Elle n’était pas douée avec les mots.

- J’aide ceux qui ne me laissent pas le choix à rencontrer leur fin. Ils ont été nombreux c’est vrai. Cela ne m’enchante pas mais les choses sont ainsi.

Elle s’en voulut d’avoir laissé échapper cette dernière concession. Mais, après tout, c’était ainsi qu’elle voyait les choses.

- Ou as-tu trouvé ces habits ? Tu les aurais confectionnés toi-même ?


Au fond de sa tête trotta l’idée que si l’homme la forçait à le tuer, elle pourrait observer de plus près la manière dont il avait fabriqué ces étoffes. D’un battement de cil, elle la chassa.


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Mer 14 Fév 2018 - 12:52

Le mulot gris ne semblait pas profondément convaincu par la réponse de la femme. Il continuait de la regarder, de bas en haut, son regard perçant cherchant quelque chose.

Un soupir sortit de ses lèvres avant qu'il ne réponde :

- Évidemment que je les ai confectionnés.

Puis il déglutit tout en restant sur place, à quelques pas de la femme, les bras le long du corps. Sa tête pencha légèrement sur le côté alors que ses yeux verts pénétraient dans ceux d'Okha. C'est alors que la femme put voir, dans la périphérie de sa vue, un bout de son étoffe bouger au pied du mulot gris. Une toute petite voix s'échappa de l'ombre des vêtements de l'homme :

- Tu as une jolie lance, madame.

Deux petits yeux verts firent leur apparition, derrière la jambe du mulot gris : une petite enfant aux cheveux blancs et à la peau blanche penchait la tête pour observer Okha. Elle restait agrippée aux vêtements du grand homme.

- Ne t'approche pas d'elle. dit le mulot gris qui regardait en direction de la petite fille.

- Pourquoi pas ? Elle a l'air gentille ! répondit cette dernière tout en se détachant de sa jambe lentement.

Le mulot gris leva les yeux au ciel en soufflant. Puis, après un moment d'hésitation, la minuscule humaine se rua vers Okha en brandissant une épée en bois et en criant.

- Je vais te battre et prendre ta lance !

Ses vêtements étaient aussi colorés et raffinés que ceux du mulot gris. Elle agitait son épée minuscule dans tous les sens, le visage joyeux, les yeux pétillants. Ses petits pieds couraient bruyamment sur le sol d'herbe. Si la guerrière des Cavernes Rauques se laissait toucher par l'arme, elle aurait réellement senti une douleur. La fille riait.

De l'autre côté, dans le dos d'Okha, une autre voix d'enfant, très proche voire identique à celle de la petite cria victoire :

- J'ai un cheval ! Un joli cheval !

Et si la femme tournait la tête, elle aurait vu un petit garçon aux yeux verts et aux cheveux blancs, du même age que la petite fille, monter son cheval joyeusement. Ses minuscules jambes peinaient à s'étendre sur les flancs du destrier. Et malgré son inexpérience flagrante, il parvenait à ramener ce dernier au trot vers Okha, tout en souriant à pleines dents. Le garçon lança à l'attention de la femme :

- Viens me le reprendre si tu le veux ! Moi je le garde.

De l'autre côté, alors que l'éclat des voix stridentes occupait l'attention de la femme, le mulot gris restait immobile, les bras le long du corps, ses yeux perçants et colériques plantés sur le visage d'Okha. Il semblait observer.

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Okha
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (3)
Groupe : Cavernes Rauques
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Jeu 15 Fév 2018 - 20:21

C’est lui, c’est lui qui faisait ça, elle le savait. Ça n’empêcha pas la Racine de pousser un cri de douleur lorsque l’enfant abattit son arme de bois sur son avant bras d’un air ravi, elle ne s’y attendait pas. Maintenant son assaillante à distance autant qu’elle le pouvait, Okha jeta un œil à l’autre petit homme à la chevelure blanche. Celui-ci la narguait, à quelques mètres de là, faisant exécuter au cheval, presque sauvage il y a quelques heures, des mouvement d’une complexité presque fascinante.

Qui était-il ? Avait-elle eu tord de lui parler comme à un homme ordinaire ? Elle ne craignait personne. Elle ne voulait craindre personne. Et pourtant, une angoisse naissante, à l’odeur familière, lui remontait des entrailles et empoignait sa gorge d’une étreinte vorace. Le corps de la Racine commençait à réagir seul aux attaque de la petite fille, sa hampe déviait les coups de la petite épée en bois avec de plus en plus de violence. Avec la peur venait l’envie d’en détruire irrémédiablement la source. Tentant d'ignorer ses deux tortionnaires pour un temps, elle se tourna vers l'homme aux yeux verts.

- Qui est-tu ? Tu viens de l’autre côté n’est-ce-pas ? Je ne veux blesser personne alors cesse tes attaques !

La supplique d’Okha se termina sur une pointe rauque et, dans un grognement ou l’on sentait poindre un soupçon de panique, repoussa encore une fois l’enfant ; peut-être un peu trop fort, il lui était maintenant devenu difficile de faire la différence.


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Dim 18 Fév 2018 - 15:18

Okha poussa l'enfant avec force. La petite fille bascula en arrière, et chuta dans l'herbe. Quelque chose de dur percuta l'arrière de sa tête, un craquement se fit entendre. Et elle resta immobile.
De l'autre côté, le garçon tomba du cheval, et s'effondra au sol.

Du sang coulait lentement des crânes ouverts des deux enfants, et se répandait dans la terre. Leurs yeux avaient disparu, laissant des orbites creuses noires immondes, desquelles s'échappait un liquide pourpre visqueux. Ils étaient devenus livides, leur corps empestait la mort, et leurs membres désarticulés et figés avaient pris une position peu naturelle, presque effrayante.

Le mulot gris, derrière, ne bougeait pas. Il gardait le regard froid, dirigé droit sur Okha, sans répondre à ses questions.

C'est le cadavre de la jeune fille, alors, qui bougea. Très lentement, elle se mit sur ses jambes, en tremblant, et fit face à la femme.

Elle avait les bras le long du corps, et ses traits n'exprimaient aucune expression. Son visage aux orbites creuses s'éleva vers la tête d'Okha, et la fille put répondre pour le mulot gris, de sa voix fluette :

- Je suis celui qui a vu ses enfants dans cet état.

Le petit garçon s'était levé, lui aussi, un peu plus loin. Il était impassible, comme la fille. Une brise agitait ses cheveux blancs sur son front. Et il prit la parole après elle :

- Je ne sais pas de quel côté tu parles, moi je ne vois que ce monde, sur lequel tu marches toi aussi.

La jeune fille, devant, tourna sur elle-même jusqu'à montrer l'arrière de son crâne. Elle écarta avec les doigts de ses deux mains ses cheveux blancs qui cachaient une plaie ouverte, saignant abondamment. C'était la blessure qui avait été provoquée par sa chute, quelques instants plus tôt.

En restant dans cette position, sans montrer son visage, la jeune fille conclut :

- Si tu voulais ne blesser personne, peut-être aurait-il fallu ne pas me tuer. Qu'en penses-tu ?

Et l'homme aux yeux verts observait, sceptique.

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Jour d'éveil : Jour 7
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Mar 20 Fév 2018 - 12:14

Elle sentait son cœur ralentir, mais refuser de battre moins fort, c’est tout. Toutes ses pensées étaient absorbées par le vortex irisé qu’était devenu son esprit acculé. Les mots de l’homme qui sortaient par la bouche de ses deux marionnettes frôlaient sa conscience sans arriver à y faire pénétrer une empreinte de sens. Les doigts de la Racine se relâchèrent légèrement et la pointe de son arme, en un court arc de cercle, vint se ficher dans la terre à ses pieds.

- C’est ridicule.

Okha fit volte-face et s’avança lentement vers le cheval qui broutait maintenant paisiblement à quelques pas devant elle. Elle s’immobilisa brièvement devant le corps immobile du garçon, puis finit par le contourner avec précaution. Tout son corps était tendu ; il lui semblait que ses sens recevaient une quantité infinie d’information qui coulaient à travers elle sans s’arrêter. Sa paume se posa sur l’encolure de la bête et celle-ci releva doucement la tête pour plonger son regard indéchiffrable dans le sien.

- Vos mots, ce que vous faites, c’est ridicule.


Elle ne savait même pas ce qu’elle voulait dire à cet homme qui la faisait souffrir sans même sembler y prendre du plaisir. S’agissait-il d’une leçon maladroite ? Une chose était sûre, elle ne voulait pas l’entendre. Peut-être que quelque heures plus tôt, elle se serait contentée d’envoyer sa lance se ficher au fond de cette bouche cruelle, mais plus maintenant. Soudainement, elle se sentait extrêmement fatiguée. Lentement, posant avec application un pied devant l’autre, comme si un pas de côté aurait pu déclencher une nouvelle illusion, la Racine se mit en marche, tirant son cheval derrière elle. Elle ne savait pas dans quelle direction elle se dirigeait.


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Lun 5 Mar 2018 - 13:21

Les deux enfants s'effritèrent au vent, avant de se répandre en poussière dans l'air. Bientôt il n'y avait plus qu'Okha, le cheval et le mulot gris.
Ce dernier avait les yeux sévères, colériques, plantés dans le dos de la femme qui s'en allait. Nul ne pouvait savoir ce qu'il avait en tête, mais il semblait être tiraillé par des sentiments contradictoires, notamment une grande frustration.

- Ridicule ? répéta l'homme, d'une voix sifflante.

Il fit quelques pas sur le côté, marchant avec rapidité vers le cadavre de la femme qu'Okha avait tuée quelques instants plus tôt.

- Ridicule ? hurla-t-il.

Et il se baissa pour prendre le corps par ses cheveux gris et le soulever de cette manière, à une main. Il fit en sorte que le visage de la morte soit dirigé vers la femme au cheval, avant de lui crier, acerbe :

- Je te demande pourquoi tu l'as tué, tu me dis que tu l'as simplement aidé ! Tu me fais croire que tu n'en avais pas le choix ! Tu as privé de sa vie quelqu'un de faible en prenant peur devant son attaque ! C'est la même chose que de tuer un enfant qui joue à se battre. Je voulais savoir si tu étais capable d'en éprouver du remord, ou au moins de reconnaître qu'il s'agit là d'une preuve de faiblesse de ta part, et non une quelconque force ou d'une obligation.

Il lâcha alors le corps de la femme en la laissant s'écrouler sur le sol. A le voir agir ainsi, il n'avait pas l'air d'avoir plus de respect à l'égard de cette morte qu'Okha n'en avait elle-même, il semblait même en avoir nettement moins. Mais les apparences étaient sans doute trompeuses.

Ses jambes firent quelques pas en avant, il pointa du doigt la femme et lui demanda d'une voix forte :

- Trouves-tu toujours cela ridicule ? Le fait que je te demande si je dois te considérer comme mon alliée ou mon ennemie ? Que je te demande si je dois te guider ou te tuer ?

Ses yeux verts transperçaient la femme de part en part, sa rage rendait sa pupille intimidante, voire impressionnante.
Et quelque part dans son expression du visage, on voyait encore qu'il était frustré, et que la situation l'ennuyait tout autant qu'elle l'énervait.

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Ven 9 Mar 2018 - 11:37

A vrai dire, oui. Elle trouvait toujours cela ridicule, absurde plutôt. La racine s’était retournée et fixait l’homme aux yeux verts, l’air las et abattu. Elle ne comprenait pas ces êtres, qu’ils soient hommes ou monstres, ces êtres qui tentaient de la faire entrer dans un jeu macabre, sans vouloir en dévoiler les règles. Un homme en vêtements chatoyants venait lui reprocher d’avoir tué en se défendant, alors que depuis son éveil, elle avait été violée, blessée, affamée et manipulée… Et désormais elle devait se laisser taillader le visage pour essayer d’en sauver une autre ? Okha repensa à la facilité avec laquelle elle avait abattue son assaillante, le regrettait-elle ? Bien sûr. Mais…

- … si j’avais essayé de discuter avec tout ceux qui m’ont voulu du mal, je serais morte maintenant.


Une bruine légère tombait, sans doute depuis un certain temps, mais elle venait de s’en rendre compte. L’autre ne bougeait pas. Okha se fit la réflexion que, malgré son attitude odieuse, il ne ressemblait pas exactement aux Êtres noirs. Quelque-chose semblait lui tenir à coeur. Bah, on pouvait être fou à lier et convaincu par ses propres illusions. Mais ici, qui pouvait différencier le fou de l’homme sain ? Malgré son aversion pour ce nouveau tourmenteur, la curiosité de la racine était lentement attisée par cette colère qu’elle voyait au fond de son regard.

- Tu me reproches de tuer sans remords, peut-être m'accordes-tu trop de valeur. Cette femme était folle et voulait ma mort. Peut-être aurais-tu pu l'arrêter sans qu'elle meurt, pas moi. Et je veux vivre.

Un sourire fatigué et légèrement forcé se dessina sur les lèvres brunes de la racine.

- Tu parlais de me guider? Je ne suis pas sur de le vouloir, mais je veux bien écouter ce que tu as à me dire. Ensuite je m'en irais.


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Ven 16 Mar 2018 - 10:58

Le mulot gris soupira, contrarié. Il détourna son regard de la femme, pour observer le paysage longuement, non pas pour le contempler mais pour y trouver quelque chose. Après un court instant, il finit par dire, et ce semblait être à contrecœur :

- Un vieil homme plus sage que moi se meurt dans la forêt au nord. Avant de rendre son dernier souffle, il voudrait dire ce qu'il sait à tous les gens braves qui pourront se rassembler autour de lui, afin de les aider à vivre.

Son regard était moins colérique, son ton plutôt solennel. Un sourire sans joie s'éleva sur ses lèvres alors qu'il serrait la mâchoire en détournant les yeux.

- Malgré moi, je tiens à ce vieux. C'est pour ça que je me suis méfié de toi.

Et ses pupilles froides revinrent dans celles de la racine :

- Mais tu me sembles raisonnable finalement. Alors je te dis ce qu'on m'a chargé de te dire, à toi de voir si tu as envie d'y aller. C'est à mi-chemin entre les montagnes et le lac, à la lisière ouest de la forêt. Il y a à manger et à boire là-bas, ainsi qu'une cabane qui peut t'abriter. Quelques hommes y sont déjà rassemblés, et il ne me semble pas y avoir vu de gens déviants. De toute façon le vieux va mourir demain, tu n'auras pas à y rester longtemps.

Il hocha la tête, achevant son monologue.

- Et, crois-moi, tu y apprendras quelque chose.

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Okha
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Ven 16 Mar 2018 - 12:39

Il avait disparu comme il était arrivé. Okha ne se rappelait même pas lui avoir répondu quelque-chose. Désormais, la main sur l'encolure du cheval qu'elle n'avait même pas pris la peine de rattacher. Elle avançait vers le lac et il ne semblait pas faire de difficultés à la suivre sans contrainte.
Quelques heures plus tôt, la racine s’en serait réjouit, mais elle était ailleurs.
Cette rencontre l’avait épuisée, plus que la plupart de ses combats. Il lui semblait qu’elle avait été brutalement projetée dans une dimension étrange dont on venait de l’extirper et ou elle avait frôlé… La mort ? Non, quelque-chose d’autre, un savoir plus ancien, une puissance dissimulée ; une profonde tristesse aussi.
Okha se retourna. Le soir plongeait désormais la vallée dans une obscurité bleutée. La bruine avait finit de tremper les habits sales de la racine et celle-ci frissonna. Maintenant que le danger était passé et que son corps se laissait aller à une légère langueur, elle regrettait de n’avoir pas parlé autrement à l’homme aux étranges habits. Il n’était pas comme Serpe, elle n’avait encore vu personne comme lui. L’échoué affirmait nombre de choses, sans hésitation, le regard dans le vide. Cet homme regardait, demandait, écoutait, et il savait des choses.
Okha avait décidé d’aller voir ce vieil homme mourant. Ce n’était sans doute pas un piège, tout ça semblait bien trop complexe et alambiqué. Néanmoins il faudrait être prudent. Peut-être resterait-elle à distance le temps de voir ce qu’il se passait, peut-être pas. Elle verrait une fois sur place, et puis elle retournerait aux Cavernes Rauques, en espérant qu’ils ne se soient pas entre-dévorés.

Bientôt le sol se fit plus rocailleux et une légère pente poussa sous leurs pas, ils s’approchaient du plateau. Sentant les pierres glisser sous ses pieds, le cheval refusa bientôt d’avancer et la racine fut obligée de sortir de ses réflexions. Plissant les yeux pour discerner son épais museau à travers les volutes de gouttelettes humides, elle lui adressa un sourire crispé.

- Mauvais souvenirs hein ?

Le cheval s’ébroua, elle se dit qu’elle devrait bientôt lui trouver un nom, mais rien ne lui vint en tête.
L’idée de se rapprocher du lac ne lui plaisait pas, mais plus haut, aucun arbre ne semblait pouvoir leur accorder un quelconque abri. De toute façons, homme et prédateurs ne parcouraient sans toute pas la vallée avec un temps pareil. Elle caressa l’imposante tête de ce qui semblait être devenu son compagnon et, avec douceur, tira sa corde en direction de la pente.


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