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Cavalcade Noire [J25 - Abh/Daedwyg][Important]
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Daedwyg
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Messages : 26

Jour d'éveil : Jour 4
Race : Echouée
Métier : Guérisseuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Ѫ
Mar 27 Fév 2018 - 13:16

La voûte de la grotte, peu à peu, sortait du flou. Je clignait des yeux et son ventre noirci de fumée finit de se dessiner au dessus de moi, ses aspérités agrippant le bleu timide qui filtrait à travers l’entrée de la grotte. Je massait mon œil gauche, toujours douloureux au réveil, et me redressait. Tout le monde était déjà levé et la grotte était déserte. Un feu timide avait été allumé, mais il n’en restait que quelques braises blanchies de cendres, attisées par les brefs courants d’air venus de l’extérieur. Il semblait que la température ait décidée de se maintenir à un niveau convenable, tout le monde, même Ard, en avait sans doute profité pour sortir un peu.

Rituel de chaque éveil, j’attendis que mon corps m’envoie les signaux habituels de douleur que je m’était résignée à considérer comme mon quotidien. Avec une légère appréhension, j’attendis les premières nausées, mais rien ne vint. J’allais mieux.

Suite à l’attaque d’il y a deux jours, Shabh avait encore insisté pour que nous renforcions nos capacités de défense. Sans Salim pour temporiser les éclats du chasseur, Abh et Kahraman avaient manqué de mots. Nouvel arrivant, Gesren n’avait peut-être pas osé son avis et, me concernant, les mots m’arrivaient toujours trop tard et désordonnés. Restait Néphara qui s’était absentée pour l’après-midi. Elle ne revint que le soir, distante et plongée dans ses pensées.
Shabh avait donc pris les choses en main et proposé que chacun essaie de participer à la défense de la grotte selon ses capacités. Gesren avait proposé un système de terrasses que personne ne semblait vraiment comprendre, le chasseur lui avait donné carte blanche. Pour le reste du groupe, les propositions avaient été plus difficiles. Lorsque Shabh avait demandé à ce qu’on remplisse les pots de Kahraman de pierres pour ensuite les lancer sur les assaillants depuis la tour de guet, celle-ci s’était emportée, le traitant d’idiot. La confection de ces pots lui prenaient un temps incroyable, il était difficile de ne pas lui donner raison et Ard avait pris sa défense, demandant au chasseur de se calmer. Bien sûr, quelque-chose devait être fait pour garantir notre sécurité, mais cela ne devait pas leur faire oublier de vivre.

- Plus personne ne sera en vie à la prochaine attaque si on ne fait rien.

La voie acérée de Shabh avait empli tout la grotte. Ses yeux pleins d’éclair de rage s’étaient vite teintés de regret et, devant le regard triste de Ard, il avait finalement hoché la tête en signe d’excuse. Elle avait reproduit ce geste, esquissant même un léger sourire, puis s’était appuyée sur Kahraman qui l’avait aidée à s’allonger. Le chasseur était sorti et, après m’être assurée que la dirigeante du clan des Oubliés n’avait pas besoin de soin, je l’avait suivi. Nous ne nous parlions jamais. Et pour autant, je savais que sans lui, nous n’aurions sûrement pas survécus. Il devait le savoir.

- Qu’est-ce que tu veux ?

- Je sais soigner.

D’abord surpris, il n’avait pas pu s’empêcher d’ensuite hausser les épaules.

- Je sais ça.

Il sembla chercher ses mots, foulant le sol poussiéreux devant la grotte pendant un certain temps. Il finit par se tourner vers le lac.

- Qu’est-ce que tu peux faire qui empêcherait les blessures que tu peux soigner ?

Je mis quelque temps à comprendre sa phrase, sa manière de raisonner me déroutait un peu. Agacé le chasseur avait interrompu le cheminement erratique de ma pensée par un soupir.

- Tu saurais faire du poison ?

Depuis mon arrivée chez les Oubliés, je sentais que mon intuition concernant les plantes s’était aiguisée. A force d’expérimentation et de discussions avec Ard sur mes découvertes, cet étrange monde de forme, d’odeurs, goûts et couleurs se développait peu à peu, comme une sphère dense qui peu à peu grandit et s’éclaire de l’intérieur. Je n’avait en revanche aucune expérience dans la confection de poisons. L’idée même qu’on puisse utiliser le langage de ces matières si riche pour produire un moyen d’affaiblir, voir de tuer, ne m’était jamais passé par l’esprit. Je décidais malgré tout d’essayer les quelques pistes qui me venaient à l’esprit. Curieuse de l’étrange flaque qui stagnait au fond de la grotte, j’en avait sorti de fines algues pâles qui y avaient poussées. Texture molle, langueur aveugle, une odeur lourde et chargée. Le message était clair, rien ne pouvait venir de bon pour un organisme humain venant de cette plante au langage morne et réticent. J’en portait une à ma bouche. Le lendemain, je m’étais retrouvée allongée avec d’horribles maux de ventres qu’aucune de mes plantes n’arrivait à faire passer. Je n’avais même pas assez de force pour empêcher la dispute qui en avait résulté. Une forte montée de fièvre m’avait saisie en début d’après-midi pour retomber une fois la nuit venue. J’avais réussi à manger quelques bouchées avant de devoir m’allonger de nouveau. La dernière image qui me vint fut celle de Gesren écoutant la voix d'Ard, de l’autre côté du feu, un sourire au lèvres.

La lumière croissait maintenant à l’intérieur de la grotte et je me relevais. Éparpillant les braises fumantes du feu pour éviter d’enfumer la grotte plus que de raison, je portais une oreille vers l’extérieur. Des voix me parvenaient de l’extérieur, en plus d’autre chose… Comme si quelque-chose raclait sur la roche.
Devant la grotte je tombait sur Kahraman qui, les mains sur les hanches, m’adressa un sifflement joyeux en guise de salut, avant de reporter son attention plus au dessus. M’éloignant un peu de l’entrée je pu apercevoir Shabh qui, à la force de ses bras, remontait l’un des pots de l’Échouée vers le poste de guet. Ses muscles saillaient à chaque traction et il me fit penser à un gros bourgeon qui a décidé de ne pas éclore. Il s’interrompit un temps pour nous jeter un œil.

- Restez pas en dessous, si ça tombe vous allez vous en prendre une dans la gueule !

Kahraman s’éloigna avec un rire joyeux et je la rejoignit.

- Qu’est-ce qu’il y a dedans ?


- Des pierres.

Elle m’avait répondu sur le ton de la confidence, comme si l’idée venait d’elle. Je la regardait interloquée.

- En cas d’attaque, on les jettera juste, le pot sert juste à les remonter.

Je hochais la tête. A côté du four, Ard nous regardait, assise contre la falaise, ses mains tissant avec lenteur une corde similaire à celle que Shabh utilisait. Tentant d’avoir une meilleure vue du poste de guet -où trouvait-il la place de stocker des pierres la-haut ?- je manquais de trébucher sur un épais tronc d’arbre qui barrait la pente.

- Hé là, attention à toi !

Gesren tirait un autre tronc, d’une taille à peu près similaire, un peu plus loin en contrebas. Deux autres étaient déjà en place et retenus par un système de pieux enfoncés dans le sol, soutenus par des tas de gravats. Le grand racine s’approcha de nous, un sourire au lèvres. Les autres avaient sans doute vu l’évolution du chantier, mais pour moi tout ceci apparaissait comme par magie.

- C’est impressionnant.

Le racine eut un rire bref et satisfait.

- Ça devrait permettre qu’on puisse mieux gérer une attaque groupée, si on est prévenus un peu en avance. Ard dit que c’est trop visible alors il faudra peut-être camoufler un peu tout ça avec des branches ou…

La phrase de Gesren fut interrompue par un sifflement bref strident que nous commencions à connaître. Shabh avait vu quelque-chose.

- Ramenez Ard à l’intérieur et armez vous, quelque-chose arrive du côté du Lac.

- C’est peut-être Néphara ou Salim ?


- Je ne sais pas ce que c’est, mais c’est nombreux. Allez on se bouge !

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Abh
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Jour d'éveil : 15
Race : Racine
Métier : //
Groupe : Terre Rouge
Sam 10 Mar 2018 - 2:20


Son souffle brûlant sifflant sans cohérence. Ses points de côté qui semblent lui percer les flancs, de plus en plus profondément. Et sa vision brusque, floue, du paysage qui l'avale et le recrache en même temps. Abh court, fuit, pleure, sans interruption. Tant que la chevelure claire de Dula continue d'ondoyer devant lui, il ne s'arrêtera pas.

Ceux qui les poursuivent paraissent aussi obstinés que lui.


Au matin, il s'était réveillé difficilement. La nuit avait été pénible, le géant ne trouvant pas de position confortable, ses gros bras enflés continuant de lui faire un mal de chien. Il s'était extrait de l'abri plusieurs fois, marchant en cercle dans la clairière, ses vastes paumes effleurant sa peau douloureuse et brûlante. Il s'était maudit d'avoir trop forcé en voulant bien faire - mieux faire. La lune se cachait souvent derrière de fins nuages, trottants péniblement dans le ciel clair. Puis, comme par miracle, il avait finit par se laisser bercer par les respirations des autres, et le sommeil l'avait attrapé quelques heures avant le lever du jour.

Dula était déjà levée, lorsqu'il se déplia et s'étira, en laissant échapper un grognement. Il faisait meilleur que la veille. Il décida que c'était un bon signe, et termina de se frotter les yeux avant de se diriger vers son amie, assise avec entre autres Telod, Jey et Galline. Le racine dans sa peau d'ours semblait toujours aussi impassible. Autant il n'était pas difficile de se lier avec la plupart des membres de leur groupe, autant Telod était la plupart du temps insondable. Ce qui était le plus étrange, c'est que Abh souffre de son manque de parole, alors que lui même était muet.
Par contre, il avait sympathisé avec Jey, qui l'accueilli d'une accolade joyeuse sur l'épaule. Il était plus petit que le chauve – Abh était le plus grand, de toute manière.

« Tiens, regardez qui s'amène ! Notre grand tas de muscles préféré ! »

Abh lui sourit en grognant, et lui mis une tape dans le dos. Une légère grimace marqua ses traits, mais il avait définitivement moins mal aux bras.

« On se disait que c'était une journée idéale pour continuer à fabriquer notre muraille. Donc j'espère que tu as récupéré tes bras, on irait plus vite. »

« Hé mais, on parlait pas du tout de ça ! »

Abh s'était assis à côté de Dula, qui lui avait lancé un sourire franc, et ils écoutaient tout deux les jérémiades de Jey et d'Althéa, mêlées de quelques commentaires de Galline et du silence de plomb de Telod. La cime lançait de temps à autres des piques bien placées, sans pour autant se positionner dans un camp ou un autre, et d'apparence, ils semblaient tous plus ou moins heureux de se chamailler sans aucun but. Même si la douleur de la perte d'Atalant restait sous-jacente, et bien que chacun conservait cette angoisse coincée entre les côtes, propre à chaque être humain de la vallée, ce genre de moment de relâchement agissait comme de l'eau fraîche sur un coup de soleil : c'était vivifiant, et ils en avaient tous vraiment besoin.

Finalement la discussion devint sérieuse quand Galline s'en alla soigner la plaie de Konol. Elle revint vers eux un peu plus tard, le blessé marchant à ses côtés. Il s'aidait d'un sorte de bâton court et droit pour avancer, et il leur sourit faiblement avant de s'asseoir près de Jey. Sa plaie commençait à cicatriser, mais Galline le rouspétait dès qu'il bougeait un peu trop. Il en garderait une longue cicatrice blafarde. Une de plus.

Dula donna un coup de coude à Abh, et lui fit un signe du menton. Il fronça les sourcils. C'était devenu un véritable jeu pour elle, d'essayer de se faire comprendre par des gestes aussi ridiculement simplistes que celui-ci. Elle réitéra son lancé de menton, en direction du sud, et mit ses mains en coupe avant de les écraser sur son visage. Une lumière se fit dans la tête du chauve, et il acquiesça. Il avait soif, lui aussi, et l'idée de se rafraîchir un peu la gueule lui faisait soudain vraiment envie.

« Vous allez au lac ? »

Galline les prit de court, alors qu'ils se relevaient d'un même mouvement.

« Ouaip. On peut te ramener de la flotte, si tu veux. »

« Je veux bien. Il en aura besoin, je pense. »

Konol hocha la tête, la mine un peu sombre. Il ne pouvait pas aller jusqu'au lac, même accompagné. C'était trop risqué.

Marcher fit un bien fou à Abh, qui suivait Dula, le regard toujours fixé de ci de là aux alentours, et parfois perdu sur la chute de rein de la cime. Lorsqu'il s'en rendait compte, il agitait la tête et grognait suffisamment bas pour qu'elle ne l'entende pas.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive, vieil ours ? »

Visiblement, c'était loupé pour cette fois. Il haussa les épaules et secoua la tête, en grognant plusieurs syllabes qui voulaient dire quelque chose comme "t'occupe, c'est rien, je parle tout seul". Elle eut ce rire bref qu'il affectionnait tant, et le rembarra gentiment, comme elle seule savait le faire. C'était difficile pour lui de ne pas éprouver toute cette masse de sentiments étranges pour elle, sachant que c'était la personne qui savait le décrypter mieux que quiconque – mieux que lui même. Cependant, impossible de savoir si tout ça était partagé, et il était assez réaliste sur ce point. Son reflet lui chuchotait méchamment qu'il n'y avait pas d'espoir, à chaque fois qu'il le croisait dans l'eau. Il s'en accommodait relativement bien, la plupart du temps.

Il s'était plongé dans l'eau, presque directement une fois devant l'étendue sombre du lac. Il adorait ça. Dula observait les alentours, depuis la berge, lui jetait parfois des regards en coin quand il faisait l'abruti en restant sous l'eau assez longtemps. Ses bras le faisait encore souffrir, il avait du mal à nager et se contentait de faire de légers mouvements dans l'obscurité aqueuse. Lorsqu'il revint à la surface, la cime était debout, sa lance à la main. Abh revint aussi vite qu'il le put, un quelque chose lui serrant le cœur. Un peu d'appréhension. Un peu d'angoisse, aussi.

« Non, c'est bon. C'est juste qu'il y a un truc bizarre, la-bas. Tu sens pas ? »

Ils firent silence pendant quelques instant, Abh reniflant l'air, tendant l'oreille. Un vrombissement, léger, lui vint. Les ailettes du nez de Dula se mouvaient en même temps que sa respiration. Elle avait un odorat nettement meilleur que le sien. Il lui prit le bras en secouant la tête, pour lui signifier qu'il valait mieux rentrer. Elle claqua un peu de la langue et inclina son visage.

« Je suis certaine que c'est pas des monstres. Et puis, tu me protèges, tu vaut bien quatre humains à toi tout seul. »

Il grogna un peu plus fort, mais elle se dégagea, et lui lança un clin d'oeil, avant de marcher résolument vers l'est, suivant la rive. Il eut un léger accès de colère, parce que c'était idiot, elle était idiote, et elle ne devait jamais l'être. Puis il se dit qu'elle ne l'avait jamais été, alors il devait sûrement lui faire confiance.

Quelques minutes plus tard, ils étaient devant un essaim d'insectes à dimensions variables, volants avec des mouvements désordonnés dans une odeur de putréfaction infâme. Ils n'étaient qu'à cinq ou six pas de la fosse, ou s'étaient débattus plusieurs êtres. Il n'y avait pas que des cadavres humains là-dedans, mais tout était en charpie, et les insectes étaient si nombreux, que savoir réellement ce qu'avaient bien pu être ces morceaux de chairs avant leur mort brutale était difficile à concevoir.

Abh s'éloigna, nauséeux. Il se concentra pour ne pas vomir le peu de nourriture qu'il avait dans le bide, avant de lancer un regard à Dula, qui n'avait pas bougé d'un pouce. Elle restait la, droite, à contempler le massacre. Il posa une main sur son épaule et la sentit frémir dangereusement. Mais elle n'esquissa pas le moindre geste, alors il la prit par le bras, doucement, et elle suivit sans rien dire, les yeux perdus et plein de larmes, le teint livide. Abh entourait ses épaules de son bras, restant attentif à ce qui les entourait, l'emmenant loin de cette scène affreuse. Il grogna doucement, lorsqu'ils eurent marché assez longtemps pour ne plus entendre le vrombissement des bestioles. Seuls restaient les rapaces, dans le ciel, qui tournaient au dessus des charognes.

La cime ne prononça pas un mot, et il eut l'impression de revivre la mort de Fërt, et le mutisme cinglant qui avait perduré les jours suivant. Ils étaient toujours au bord du lac, Abh voyait la lisière de la forêt, de laquelle ils s'étaient éloignés de deux cent mètres, ou un peu plus. Dula s'était recroquevillée sur elle même, et il se contentait de caresser son dos et ses bras, de la serrer contre lui.

C'est lorsqu'il releva la tête vers la forêt qu'il les aperçut. Des visages blancs les observaient. Ils étaient trop loin pour qu'il puisse les compter, mais le géant savait qu'il ne se trompait pas. Les monstres ne semblaient pas bouger, mais il ne quitta pas leur visage des yeux, tout en secouant Dula. Il grogna, fort, et elle finit par relever la tête, comprenant que quelque chose n'allait pas – quelque chose de plus pressant.

Le long frisson qu'il sentit monter en elle le fit lui même trembler un peu. Leur principale source d'angoisse montrait de nouveau le bout de son nez. Et, tandis qu'ils se relevaient, les guetteurs sortirent du bois, découvrant leurs membres difformes et suintant d'obscurité dans la lumière du jour.

C'était difficile d'expliquer la suite. Dula s'était mise à courir, sans un mot. Il ne comprenait pas. Sa Dula, si fière et hautaine, qui défiait quiconque se trouvait sur sa route, se mettait à courir ventre à terre sans explications ? Il ne voulait pas comprendre. Alors, lorsqu'il perçut le mouvement des créatures, qui fonçaient droit sur eux, Abh courut à la suite de la cime. Sans s'arrêter. Sans la quitter des yeux. Sans un regard en arrière.

Obstinément, Abh court, souffle, pleure, tente de combler le vide qui le sépare de son amie, de sa Dula, tente de mettre de la distance entre eux et les autres, ces horribles autres noirs qui ne cessent de les poursuivre, à chaque instant de leur bête vie d'humains dans un monde étrange et meurtrier.

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- Tu as creusé ta tombe, restes-y.
- La terre avale les musaraignes.
Daedwyg
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Jour d'éveil : Jour 4
Race : Echouée
Métier : Guérisseuse
Groupe : Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Ѫ
Ven 16 Mar 2018 - 11:56

- Kahraman pauvre conne ! Baisse-moi ces bras tout de suite !

- Ohé ! Par ici !

Sans cesser d’agiter les mains en direction des poursuivants, l’échouée jet a un regard foudroyant à Shabh qui s’était extirpé de sa cachette perchée pour l’invectiver.
Peu après que le chasseur ait aperçu les coureurs et leurs poursuivants, tout le monde avait tenté de trouver une arme et un poste dans un joyeux désordre. Gesren avait été le plus efficace en amenant Ard à l’intérieur de la grotte avant d’escalader un rocher appuyé contre la falaise.
Je n’avais jamais été armée, l’idée même me paraissait étrange. Je pouvais à peine me défendre, pourquoi perdre du temps dans une confrontation à laquelle je ne pourrais survivre ? Mieux valait se cacher. Mais ici c’était différent, il y avait les autres et, cette fois-ci, je comptais bien ne pas me faire assommer dès le premier assaut. Munie d’une pierre et me servant de ma canne comme gourdin, je m’étais avancée en claudiquant vers la barricade. C’est à ce moment que la sculpteuse, plus vive, était monté sur l’un des troncs et s’était mise à faire de grand signes, mais à qui ?
Le bruit de la course me parvenait maintenant et, soudain, deux êtres émergèrent du flanc de la falaise qui me les cachaient jusque là. Un homme et une femme dont la silhouette se détachait sur le paysage du lac, ils avaient déjà commencé à bifurquer vers nous.

Puis ils apparurent, une masse sombre lancée à pleine vitesse derrière les coureurs. Ils bougeaient vite et l’adrénaline qui vrillaient mes tempes m’empêchait de bien les discerner, mais ils étaient plus de quatre. Leurs voix désarticulées, des voix qu'il me semblaient déjà avoir entendu, résonnaient déjà contre la paroi de la falaise. Je n’en voulait pas à Kahraman d’avoir voulu porter secours à des inconnus, mais je ne pouvais m’empêcher de désormais douter de nos chances de survie à tous.


Abh
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Jour d'éveil : 15
Race : Racine
Métier : //
Groupe : Terre Rouge
Ven 13 Avr 2018 - 20:08


Et tout d'un coup, Abh aperçoit des visages. Humains, cette fois. Il ne prend pas le temps de détailler ce qui l'entoure, mais sur sa gauche, une sorte de falaise. Devant lui, Dula court moins vite, ralentit. Abh la voit chuter, tout d'un coup, au milieu d'un campement étranger. Il l'entend crier, sans comprendre ce qu'elle articule. La situation le force à observer une seconde les gens qui sont autour d'eux, désormais. Ils semblent près à attaquer. Ils ont l'air organisés... Abh voit que son amie ne se relève pas, mais il n'as pas le temps d'aller vers elle pour vérifier qu'elle va bien. Parce que dans son dos, les guetteurs chargent, avides de violence, de sang.


Toute l'attention du géant se focalisa sur les créatures noires, et il hurla à son tour, poings serrés, poumons brûlants. Il ne pouvait plus fuir. A sa droite, il perçut le mouvement des inconnus, mais se concentra sur le premier guetteur qui lui fonçait dessus. Abh serra des dents, et se prépara à bondir. La chose était étrangement formée, n'ayant qu'une patte courte vers le buste et deux autres longues et arquées vers le bassin. Le chauve sauta et écrasa son poing contre le visage pâle qui semblait rayonner par contraste avec la noirceur du corps du guetteur. Les dents du guetteur claquèrent et ses griffes se plantèrent dans la jambe du géant, mais celui-ci ne s'arrêta pas de frapper, jusqu'à ce que son ennemi ne bouge plus, et que deux autres lui foncent dessus en claquant des mâchoires.

Abh était enragé. Il avait peur, bien sûr. Mais sa peur contenait une énorme quantité de rage, et de désespoir. Des mots s'entrechoquaient dans son crâne, sans prendre de sens particulier. Les images se succédaient, sans avoir de rapport avec la situation effarante dans laquelle il se trouvait.



Les reflets du soleil sur les herbes sèches de la plaine, le vent dans les branches de la forêt, la pluie qui s’abat sur son crâne, le sourire fier de Dula, l'ombre du visage de Telod, les rides du lac noir lorsqu'il s'y plongeait...



Le silence s'était fait, dans son crâne. Les images passaient, se superposant à la réalité, mais il n'y avait plus de son. Abh se sentait étrange. Une impression de vertige le prit un instant, avant qu'il ne s'y habitue, et que ça ne soit plus aussi dérangeant. Depuis combien de temps était-il dans cet état, il n'en savait foutrement rien. Mais il resta là un moment, alors qu'une des créatures balançait ses longues pattes vers lui, toutes griffes sorties. Il esquivait et répondait, mais tout semblait étrange.

Dans cet état second, quelque chose d'imperceptible se passait.






1. Lancer de d20 déterminant la réussite du sort  de silence d'Abh :
 


2. Lancer de d6 déterminant la gravité des blessures de Abh :
 



- Tu as creusé ta tombe, restes-y.
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Ven 13 Avr 2018 - 20:08

Le membre 'Abh' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'd20' :

#1 Résultat : 10

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#2 'd6' :

#2 Résultat : 6
Daedwyg
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Jour d'éveil : Jour 4
Race : Echouée
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Fiche de présentation : Ѫ
Sam 21 Avr 2018 - 16:17

Un souffle d’air traversa ma cage thoracique pour se lover au creux de mes entrailles, à la fois chaud et glacial, frais et brûlant. Titubant face à la violence de la scène, je n’aurais pas porté attention à la plus violente des bourrasques, mais quelque-chose avait jailli soudain, mettant en fuite deux des monstres. Je restait sur place, hébétée, alors que mon esprit avide tentait de comprendre ce qui venait de se passer. Pendant ce temps, l’une des longues griffes cruelles de la créature qui faisait face au géant s’enfonça profondément dans sa cuisse, tandis que ses autres membres antérieurs lui lacéraient la poitrine. L'étranger ne semblait plus parvenir à esquiver les coups, comme si ses forces s’étaient soudain dissipée dans l’air ambiant. Derrière lui, fuyant une autre des créatures, sa compagne ne put s’empêcher de pousser un cri de détresse face au flot rouge qui se déversaient désormais sur le sol et sur ce visage blanc et hideux.

Un vrombissement grave, comme l’appel d’une montagne, et la silhouette épaisse de Gesren percuta le guetteur. Ce dernier poussa un cri de surprise et fut projeté quelques mètres plus loin. Alors que l’étranger titubant reculait, la créature bondit de nouveau sur ses pattes. Sa langue noire parcourait frénétiquement ses lèvres à la recherche des gouttes rouges qui s’y étaient écrasées.

- La mort brune… portée par le soir, la mort brune…

Gesren chargea de nouveau, la lance en avant cette fois. Kahraman avait rejoint la femme aux cheveux blancs et, ensembles, elle arrivaient à maintenir le guetteur à distance, la sculpteuse projeta une pierre droit sur son nez qui se brisa dans un craquement, il n’en devint que plus furieux.

- Daedwyg, par ici !

L’appel venait de l’abri en haut de la falaise. Il me fallut quelques secondes pour comprendre ce que Shabh voulait me montrer. Le dernier monstre s’était approché de l’entrée de la grotte, protégé des projectiles du chasseur par une aspérité dans la falaise. Je ne pouvais pas voir l’intérieur de notre abri, mais je savais ce qui attirait le guetteur.

- Attire le vers toi !

Mon bras projeta la pierre que je tenais dans les mains, sans une hésitation. Elle manqua sa cible mais la silhouette noire fit volte face, son visage crispé en un rictus frénétique, nos regards se rencontrèrent.
Ignorant la douleur, je me redressait du mieux que je pouvais, j’écartais les bras et avançait d’un pas. Il me semblait que chaque battement de cœur manquait de me plonger dans l’inconscience. Le guetteur se tassa sur lui même, hésitant puis émit un gargouillement aigu avant de s’élancer. Au dessus de lui, deux grosses pierres se mirent à chuter.
Spoiler:
 


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Sam 21 Avr 2018 - 16:17

Le membre 'Daedwyg' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'd10' :

#1 Résultat : 10

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#2 'd10' :

#2 Résultat : 2

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#3 'd10' :

#3 Résultat : 8
Abh
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Jour d'éveil : 15
Race : Racine
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Groupe : Terre Rouge
Sam 30 Juin 2018 - 0:32

Blanc. Ses yeux sont pourtant ouverts, mais il ne voit qu'une sorte de lumière pâle et éblouissante. Peu à peu, les images reviennent, violentes, sombres, faites de rouge et de noir. Puis le son reprend sa place houleuse au sein de l'esprit du chauve, et la réalité semble tout d'un coup s'écraser sur lui.

Abh n'a pas le temps de réagir qu'une forme épaisse percute le monstre, l'éjectant un peu plus loin, tandis qu'un cri strident le fait se retourner. Dula le regarde, le visage déformé par la détresse, et il ne comprend pas exactement pourquoi elle a ce regard là, pour lui. Ce n'est que lorsqu'il baisse les yeux sur son corps qu'il saisit, et qu'apparaît la douleur.

Il grogne longuement, prit de vertiges, et titube légèrement avant de tomber à genoux. Le choc lui arrache un cri profond. Abh sait qu’il faut qu’il se relève, qu’il finisse de se battre, qu’il fasse quelque chose. Mais un sentiment de lassitude l’envahit subitement, et c’est comme s’enfoncer dans un lit de ronces se révélant étrangement confortable. Ses paupières se ferment un instant, et ses plaies abreuvent son crâne d’une douleur cotonneuse. Abh aurait presque envie de garder les yeux fermés et de s’endormir dans cette position, mains ouvertes vers le ciel et menton posé sur le torse. S’endormir, oublier. S’envelopper dans une grande couverture de vide apaisant et ne jamais rouvrir les yeux au sein de cette vallée maudite.

L’inconsciente félicité vint tout d’un coup se briser à la pensée étrange de phrases. Son esprit tente de remonter à la surface, de revenir à la réalité, lutte contre le courant de fatigue imposé par ses blessures. Le racine cligne des yeux et les referme, sa vision floue et dédoublée peine à se rassembler. Les phrases persistent. Il ne les comprend même pas. Elles semblent pourtant graves et importantes, mais il n’a aucune idée de leur provenance.

Abh se relève, luttant toujours pour ouvrir les yeux, et finit par apercevoir la tignasse claire de Dula, près d’une autre femme. Une monstruosité est en train de les faire reculer, elle sera bientôt en train de ruer sur elles.

Alors le géant fait ce qu’il sait faire de mieux : hurler et serrer des poings, pour aller protéger la cime, du mieux qu’il le peut. Le repos sera pour plus tard. Péniblement, il se remet sur ses jambes, titube toujours mais avance. Il sent le sang chaud couler sur sa peau, et c’est poisseux. Mais il voit aussi que s’il ne fait rien, son amie périra. Cette pensée le rabroue, et il n’est plus qu’à quelques pas du monstre quand celui ci se tourne vers lui. Le visage blanc fait un aller-retour entre les deux femmes et l’homme, et c’est comme s’il hésitait un instant, avant de finalement se tourner complètement vers Abh. Sûrement parce que l’homme est dans un état pitoyable, mais reste une menace tout de même. Le chauve grogne, plisse des yeux, halète comme l’animal blessé qu’il est. Mais il ne s’arrête pas, et lance bientôt un poing vers le monstre. Trop lent.
Le guetteur murmure un semblant de phrase en esquivant, puis commence à se tasser sur lui même pour bondir, lorsqu’une pierre l’atteint dans le dos. Ça a le mérite de le surprendre et de le stopper dans son mouvement, et Abh profite de ce moment de suspens pour écraser son poing dans le visage blanc, de toutes ses forces. Il répète ce geste, inlassablement, de plus en plus faiblement, tandis que les griffes du monstre lui labourent aussi les bras. Et finalement, les mouvements cessent, et lorsque le racine est sûr qu’il a vaincu, ses yeux se ferment et il tombe en avant, face la première.


Noir.
Quelque chose le frappe sur les joues. Il peine à émerger, ouvre les yeux, aperçoit Dula penchée au dessus de lui. Abh sourit, grimace, ferme les yeux et retourne dans son inconscience.

Elle va bien. Elle va bien.

HRP:
 



- Tu as creusé ta tombe, restes-y.
- La terre avale les musaraignes.
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