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Transfuge[J28][Commun][Ejil]
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Sonn
Personnage éphémère
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Messages : 5

Jour d'éveil : 10
Race : Cime
Métier : Bâtisseur
Groupe : Errants
Mar 30 Oct 2018 - 22:18

Ils allaient le retrouver maintenant, avec la neige c'était certain, ils allaient le trouver.

Hier il les avaient entendus pousser des cris de joie, alors qu’eux trouvaient les reste de son feu et que lui courait pour gagner l’avance qu’il avait perdue en se reposant. A vrai dire il pensait qu’ils avaient abandonné sa poursuite avec la nuit. Sonn avait sans doute sous estimé la hargne d’une meute d’abrutis à qui on ôte leur chef. Le froid humide d’hier s’était changé en bise glaciale, rendant les quelques vêtements du Cime tragiquement inutiles ; il sentait déjà la chaleur du feu totalement disparaître de ses membres.
Nerveusement, il extirpa un morceau de viande noirci de la ceinture de son pagne et le mâchonna sans ralentir la cadence. Peut-être devrait-il jeter sa lance, après tout il n’avait aucune chance d'en réchapper s’ils le rattrapaient.
Cela faisait un moment qu’il n’entendait plus leurs cris, ce qui pouvait signifier deux choses : ils étaient soit loin, soit trop près.
Rageusement, Sonn fit dévier sa trajectoire vers le sud en enfonçant ses talons dans la boue gelée. Il revint ensuite sur la berge en tentant de ne laisser aucune trace au sol. Les pisteurs de la Combe ne se laisseraient pas berner, mais ça les ralentirait peut-être.

Ses yeux rougis par la fatigue glissaient sur la surface du lac, sans même voir la multitude de points blancs qui y disparaissaient dans une valse hypnotique. Même s’il arrivait à leur échapper, il mourrait sans doute de froid dans les prochains jours. Dans cette vallée, un homme ne valait pas grand-chose seul.

Et peut-être encore moins en groupe, bande de trous du culs.

Quitter la Combe ne l’attristait pas le moins du monde, mais voilà, Sonn n’avait pas du tout envie de mourir, surtout pas des mains d’abrutis à peine de survivre à leur propre bassesse d’esprit.

Les flocons tombaient dans l’eau et sur les épaule d’une femme recroquevillée, le Cime manqua de trébucher de surprise. Elle semblait aux aguets mais ne l'avait pas encore aperçu. Une autre née dans l’eau. Sonn avait eu une expérience particulièrement mauvaise avec ses semblables, mais celle-ci venait de toute évidence de s'éveiller, il était sans doute déplaçé de lui en tenir rigueur.
Il ne comprit d’abord pas les mots qui lui étaient sans doute adressés, mais leur ton ne laissait que peu de doute sur la détresse de l’échouée. Il n’avait pas le temps, vraiment pas, il fallait qu’il avance. Il allait avancer et elle allaient rester là et ils allaient la trouver et…

- Héoh !

Tant pis.

Sonn s’avança précautionneusement vers l’Échouée, prenant soin de faire entendre chacun de ses pas pour ne pas l’effrayer, elle ne semblait toujours pas le voir.

- Je suis ici, je ne vais pas te faire de mal.

Le Cime faisait tout pour ne pas laisser la tension qui l’habitait poindre dans sa voix, ce n’était pas tout à fait concluant. Arrivé à quelques pas de la nouvelle habitante de la vallée, il s’immobilisa.

- Comment t’appelles-tu ? Je suis Sonn.

Un bref silence suivit son introduction, il ne put s’empêcher de continuer.

- Tu as sans doute des questions et je serais heureux d’y répondre, mais d’ici peu des hommes et des femmes vont venir ici, et je crois qu’ils pourraient te faire du mal, tu peux marcher ?


A chaque battement de son cœur, il lui semblait voir ses poursuivant se dessiner dans le souffle des bourrasques de neige.
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Ejil
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Messages : 7

Jour d'éveil : Jour 28
Race : Échouée
Métier : Non-défini
Groupe : Errants
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Ven 2 Nov 2018 - 0:54

Le lac léchait ses mollets.

« A l’aide ? »

Ses yeux oscillaient à la recherche vaine de la présence terrible. S’était-elle évanouie ? Il lui semblait qu’elle s’était logée dans sa poitrine. Puis elle était descendue dans ses entrailles. Elle s’était confortablement installée dans les tréfonds de son corps ; pourrait-on la déloger ?

Ejil fut extraite de son angoisse naissante par un timbre graveleux.

« Heoh ! »

Elle ne tourna pas la tête. Crainte de ne pas la tourner du bon côté. Qu’est-ce qui venait de parler ? Était-ce quelque chose comme elle ? Oui.

« Je suis ici, je ne vais pas te faire de mal. »

Pointe d’espoir teintée d’anxiété ; est-ce que ses mots étaient sincères ?

« Comment t’appelles-tu ? Je suis Sonn. »

Face à son silence, la voix poursuivit :

« Tu as sans doute des questions et je serais heureux d’y répondre, mais d’ici peu des hommes et des femmes vont venir ici, et je crois qu’ils pourraient te faire du mal, tu peux marcher ? »

L’Echouée s’humecta les lèvres. Elles étaient déjà mouillées. Tranchées par de légers sillons, aussi, à cause du froid. Allait-elle se faire plus mal encore en accordant confiance à cette voix tendue ?
Elle tendit un bras vers ce qu’elle croyait être la source du son. Ses doigts caressèrent l’air à plusieurs reprise, puis ils effleurèrent une peau. Peut-être l’homme l’avait-il aidée, en voyant son désespoir de ne pas le trouver ; quoi qu’il en soit, elle s’empara de la main inconnue. Sa surface était rugueuse, abîmée par de longs travaux. Il y avait du savoir dans cette chair éreintée. Il ne fallait pas la laisser partir, disparaître sous les flocons terribles.

« Je m’appelle Ejil. »

Elle redressa la tête, sans jamais quitter la main inconnue. C’était son seul repère.
Peu lui importait, au final, la tension dans la gorge de cet homme. Elle aussi, était terrifiée et désorientée. Elle aussi ressentait le poids de l’angoisse.
L’échouée presserait le pas avec lui. Elle espérait ne pas se révéler trop lente. Elle espérait ne pas trébucher, tituber, au premier obstacle qu’elle ne verrait pas.

« Je peux marcher. »




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Sonn
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Jour d'éveil : 10
Race : Cime
Métier : Bâtisseur
Groupe : Errants
Mar 6 Nov 2018 - 19:25

Ils étaient maintenant deux à avoir les pieds dans l’eau. Sonn sentait le froid finir d’engourdir ses orteils dont certains étaient déjà devenus insensibles suite à sa longue course matinale. La nouvelle éveillée tenait désormais sa main et semblait encline à le suivre, c’était un bon début. Le Cime qui, tout en s’adressant à Ejil, n’avait cessé de sonder la direction d’où il venait du regard se tourna finalement vers cette dernière pour lui adresser un sourire forcé. Ses yeux plongèrent dans les siens pour n’y rencontrer que le vide.

Il ne pouvait plus revenir en arrière. Il ne pouvait plus disparaître désormais, comme il aurait pu le faire il y a quelque instants. Peut-être le voulait-il, mais il s’en sentait incapable. Aurait-il simplement passé son chemin s’il avait su qu’elle était aveugle ? Avaient-ils désormais ne serais-ce que l’once d’une chance d’échapper aux traqueurs de la Combe ? S’il l’avait laissée seule, peut-être l’auraient-ils laissé en vie, voire ramenée au camp, peut-être venait-il de la condamner à mort.
Toutes ces pensées s’agitaient derrière le front buriné de Sonn et, comme si toute ses angoisses avaient jailli de son crâne pour s’envoler à travers les tourbillons de neige, il lui sembla percevoir le bref écho d’une voix humaine.

- Allons-y.


Honteux, il aida l’Échouée à sortir de l’eau. Autour d’eux les flocons chutaient de plus en plus gros, c’était probablement à leur avantage. Quelle stratégie adopter désormais ? L’idéal serait bien sûr de trouver rapidement un endroit sûr où se cacher. Mais rien autour d’eux ne pouvait constituer une cachette efficace contre ceux qui les poursuivaient.

- Écoute, on va devoir se cacher, et pour ça on va devoir avancer vite. Je vais te prendre sur mon dos aussi longtemps que je pourrais. Surtout ne panique pas et pense à respirer profondément.

Sans vraiment attendre son consentement, il saisit les deux mains d’Ejil poru les poser sur ses épaules avant de s’accroupir pour qu’elle monte sur son dos. Au fond de sa gorge un goût âcre remontait jusqu’à ses gencives, comme un reptile visqueux rampant vers sa proie, un parasite aux écailles noires comme la mort.
Ejil
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Jour d'éveil : Jour 28
Race : Échouée
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Dim 11 Nov 2018 - 23:41

« Écoute, on va devoir se cacher, et pour ça on va devoir avancer vite. Je vais te prendre sur mon dos aussi longtemps que je pourrais. Surtout ne panique pas et pense à respirer profondément. »

Mais alors qu’il alliait le geste à la parole, Ejil sentit qu’il n’y mettait pas le cœur. Le soupir qui dilata ses narines rougies par le froid lui fit réaliser combien sa pensée était stupide. L’homme fuyait. Il n’avait nul besoin d’un fardeau. Quoi, elle l’ignorait. Était-ce la présence de mort qu’elle avait ressenti en émergeant du lac ? Était-ce pire ?
L’Echouée se laissa hisser sur le dos sans piper mot ; les mains rêches quittèrent les siennes. Ces-dernières frôlèrent l’épiderme épais, l’architecture massive qui bâtissait le tronc de Sonn. C’était doux, mais la texture de sèche de ses paumes ne quittait pas les sens aveugles de la fille. Ses doigts fripés rencontrèrent une vertèbre saillante, tracèrent un chemin mouillé jusqu’aux trapèzes tétanisés, auxquels ils s’agrippèrent.

Sa crinière serpentait sur leur peau, l’une toujours détrempée et froide, l’autre tétanisée par les flocons et les gouttes glacées qui perlaient depuis les mèches de la fille. Celles-ci ornaient son visage, plaquées, collées, tatouées sur sa chair ; comme des serpents glacés.
L’homme avait bien raison. Il leur fallait gagner un abri ; peut importait qu’ils soient ou non poursuivis. Le froid et la neige ne les pourchassaient pas mais étaient une réelle menace.

Ejil ignorait où il les emmenait. Peut-être lui-même n’en avait aucune idée.
Elle venait à peine de s’éveiller qu’elle avait frôlé la noyade. Elle lui avait échappé. Et le danger revenait aussitôt, déterminé à ne pas la laisser en paix. L’angoisse reflua dans son ventre ; une pointe terrible qui se diffusa dans tout son corps, portant à nouveau son cœur au bord des lèvres. Qu’il y avait-il, derrière eux, de si dangereux ?
Aucun son ne s’engouffrait dans ses oreilles, à part celui des pas pressés du fuyard.
Sans vraiment le réaliser, la naufragée se cramponna un peu plus à lui.
L’espace d’un instant, il lui avait apporté le soulagement. Mais à présent, il lui semblait qu’ils empestaient tous deux la mort.
Sonn
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Jour d'éveil : 10
Race : Cime
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Hier à 22:10

- Il essaie encore de courir sur les pierres, ce connard nous prend pour des demeurés.

Un sifflement, un rire bref dont l’écho glisse sur l’eau noire du lac.

- Ses empreintes sont plus profondes, il a décidé d’emporter une pierre avec lui ?


Silence.

- VU !


Sonn faillit perdre son sang-froid et se mettre à courir. C’est à peine s’il parvint à retenir un cri de désespoir. Son cœur battait à tout rompre et sa bouche était emplie du goût de la terre. Serrant les dents à les briser il attendit ; le silence revint.
Se maudissant d’avoir failli tomber dans un piège aussi grossier, le cime adressa à Ejil un regard qui se voulait rassurant pour aussitôt se rendre compte de la vacuité de son geste. Maladroitement il lui saisit la main une nouvelle fois, sans rien dire cette fois.

- Hé.

De là où il était, il semblait à Sonn que les flocons de neige se faisaient plus petits. Il lui était en revanche impossible de localiser leurs poursuivants, invisibles et dont les voix semblaient lui parvenir de toute part.

- On devrait peut-être rentrer non ? On sera bientôt de l’autre côté du Lac et si ça se trouve la Combe est pleine guerre interne, on devrait…

Un claquement suivi d’un cri. Sonn avait du mal à respirer, il lui semblait que la large pierre plate sous laquelle il s’était glissés était en train de les écraser petit à petit.

- Ta gueule. Sin on revient à la Combe avec la tête de Sonn, c’est nous qui prendront le commandement du camp.


- Nous hein ?

Le reste fut emporté par le vent et la neige. Encore quelques instants et les voix se turent complètement. Jugeant que ses opposants étaient désormais assez loin, Sonn s’autorisa un murmure.

- Ça va ?

Il se rendit compte qu’il devait lui écraser la main et relâcha son emprise.

- Comment tu te sens ? Tu te sens prête à repartir ?


Sa peau était si froide, il fallait qu'elle se réchauffe sans quoi elle ne survivrait pas à son premier jour d'éveil.
Ejil
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Jour d'éveil : Jour 28
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Aujourd'hui à 19:11

« Vu ! »

Elle sentit Sonn se crisper. Prêt à courir.
Si elle avait pu, ses yeux l’auraient sévèrement dévisagé. Mais elle ne pouvait pas, alors sa face et ses prunelles vitreuses demeurèrent vissées vers l’extérieur.
Ejil se demanda ce que Sonn voyait. Elle savait que les ténèbres omniprésentes devant elle n’étaient pas un phénomène normal. Il devait visualiser des choses, des formes. Il devait pouvoir reconnaître d’un geste ce qu’elle auscultait longuement de ses doigts fins.
Que voyait-il, là, maintenant ? À part une vallée noire.

Il prit sa main. L’Echouée ne le sentit pas de suite ; ses doigts ne ressentaient plus rien. Ils étaient anesthésiés par le froid. Mais lorsque l’information lui parvint, Ejil reçut toute l’angoisse de Sonn. S’échapper. Fuir. Ne pas se faire voir. Se cacher.
Qui tentait-il de rassurer ? Elle, fraîchement éveillée ? Ou lui, qui avait aimé la vie ?

Ejil voulu se couper des sentiments qu’elle percevait de son compagnon. Elle tendit l’oreille vers les voix. D’où venaient-elles ?

« Ta gueule. Si on revient à la Combe avec la tête de Sonn, c’est nous qui prendront le commandement du camp.
— Nous, hein ? »

Une face contre du pouvoir.
Qu’avait fait celui qui l’avait aidée ? Il ne lui paraissait pas dangereux—encore moins meurtrier. Il n’était pas chasseur ; ou du moins, il ne l’était plus.
La bassesse d’esprit de ceux qui le traquaient finit par convaincre Ejil sur le camp à choisir. Maintenant, ils étaient deux à devoir fuir.

« Ça va ? »

Les poils de sa nuque se dressèrent. La chaleur quitta sa main, jusqu’alors compressée. Ejil détendit sa mâchoire, laissant s’exprimer le claquement qu’elle réprimait. Le heurt de ses dents les unes contre les autres lui déplut.

« Comment tu te sens ? Prête à repartir ? »

La naufragée ne répondit pas. Elle n’avait pas détourné le visage de l’extérieur. Un silence presque parfait s’engouffra dans ses oreilles, dérangé par les dernières bribes de conversation de leurs poursuivants.

« Ils n’ont pas rebroussé chemin, dit Ejil à mi-mot. Ils ont continué tout droit, dans la direction où nous allions. Si nous partons, nous serons derrière eux. »

Était-ce une bonne idée ? Elle ne le savait pas vraiment. Ils pouvaient s’agacer de ne plus trouver aucune trace et faire volte-face à tout moment.

« Attendons. Au moins un peu. »

Elle préférait mourir de froid que de mourir avec le cœur crevé.
Et ils attendirent.

Ejil ne sentait presque plus ses membres quand ils se remirent en route. S’extraire de sous le rocher se révéla douloureux ; leurs articulations étaient tétanisées par l’appréhension et le gel.
Sonn la fit grimper sur son dos ; Ejil tendit l’oreille. Il lui semblait toujours entendre des bruits, des éclats de voix—auquel cas ces traqueurs n’étaient pas des plus performants. Illusion auditive ? Peut-être bien. Mais l’Échouée demeurait vigilante.

« Qu’est-ce qu’il y a, directement, vers-là ? » demanda-t-elle soudain, de but en blanc.

Elle lève sa main droite pour indiquer la direction à Sonn. Sa question le laisse pantois ; il ne parla pas immédiatement.

« Un petit arbre. Pourquoi ?
— J’entends des voix. »



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