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Réfléchir et rencontrer [Jour 28] [Commun] [Sonn | Ejil | Locie]
AuteurMessage
Ejil
Membre
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Messages : 12

Jour d'éveil : 28
Race : Échouée
Métier : Non-défini
Groupe : Errants
Fiche de présentation :
Journal :
Lun 14 Jan 2019 - 17:48

Son bâton buta sur la pointe émergeante d’un rocher.Ejil le contourna.

Ils n’avaient pas fait d’autre halte depuis qu’ils avaient quitté le cadavre de la femme et celui de son bourreau. L’odeur et le goût de la mort avaient mis du temps à s’estomper dans le nez et la bouche de l’Echouée. Parfois, il lui semblait encore percevoir les arômes cuivrés du cruor dans son palais. Elle en avait encore sur les mains et le corps ; il avait séché, et il ne lui tenait plus chaud du tout.
De sa main libre, elle serrait la peau de chèvre contre sa poitrine.

Se diriger à l’aide du bout de bois n’avait pas de suite été aisé. Elle avait trébuché, elle s’était tout juste rattrapée à Sonn pour ne pas tomber. Ils avaient perdu du temps à cause d’elle, mais au moins son compagnon fatiguait moins.
Maintenant, sa démarche était presque naturelle ; Ejil balançait la lance le plus innocemment possible, usant de tous ses sens pour combler le manque de l’un d’entre eux. Elle entendait le lac murmurer, le vent soupirer au creux des rochers, les touffes d’herbe frissonner. Elle sentait l’humidité du ciel couvert peser sur leurs têtes, la fraîcheur de la terre sous ses pieds, ses irrégularités.

Les poils d’une des pelisses de Sonn effleurèrent son épaule. L’Echouée se défit de l’habit qu’il lui avait prêté et le lui tendit—même si elle n’était pas tout à fait réchauffée. Elle ne sut pas vraiment ce qui la poussa à la lui rendre à cet instant ; une sorte de pressentiment. Irritante ironie, il recommença à neiger. Ejil laissa les flocons et leur froid s’éparpiller sur sa peau dévoilée et sa chevelure encore mouillée.

« Tu m’as dit qu’il fallait savoir pourquoi survivre. Et aussi s’en souvenir dans les passes sombres. » fait-elle.

Son faciès, incrusté de deux billes blanches, était toujours rivé devant. Elle sentit la fraîcheur de plantes se répandre jusqu’à eux. Une odeur boisée, les effluves de l’humus en train de se décomposer. Les cailloux avaient laissé place à un sol moins rude, sous leurs pieds. Une forêt ?
Ses orteils s’enfoncèrent dans la terre ; le talon de Sonn écrasa une feuille. Ils approchaient du couvert des arbres. La naufragée détourna sa face vers l’homme.

« Pourquoi survis-tu ? »

Un frémissement lointain au creux de son oreille la fit tiquer. Ejil ne cilla pas mais demeura alerte.



Couleurs:
 
Locie
Membre
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Messages : 3

Jour d'éveil : 28
Race : Echouée
Métier : Aucun pour l'instant
Groupe : Errants
Fiche de présentation : ×
Mer 16 Jan 2019 - 18:27

Cela faisait maintenant un certain temps que Locie avait émergé. Après avoir passé la moitié de ce temps à appeler à l'aide en vain, elle décida d'abandonner une quelconque aide extérieure, désespérée. Son corps récemment mouillé était fouetté par le froid, qui n'était en réalité qu'une légère fraîcheur que le passage de l'eau sur sa peau avait amplifié. Alors qu'elle décidait de s'enfoncer dans la forêt, elle doutait de ses chances de survie, seule, contre la nature cinglante. Elle n'avait même pas de vêtement pour lui tenir compagnie face à la fraîcheur sournoise.

Le sol était toujours froid, recouvert de neige. Les pieds de Locie lui piquaient, et elle semblait peiner à s'habituer à la température de la terre molle. L'odeur du sous bois était quelque chose que la jeune femme affectionnait tout particulièrement d'ordinaire. Elle aurait apprécié en profiter pleinement, mais ses narines ne pouvaient goûter qu'au froid, l'odeur n'ayant pas sa place à côté de l'humidité glaciale qui tapissait son nez. Elle n'entendait que le silence glaçant, et les légers et discrets flocons qui s'écrasaient dans ses cheveux. La neige semblait sur le point de s'arrêter, mais Locie pensait que ce n'était qu'une illusion : cela était ainsi depuis son éveil, aussi avait elle perdu espoir quant à l'interruption des flocons.

Affaiblie par le froid, elle entama une autre tentative pour rallonger son temps de survie comme elle le pouvait. Afin de récupérer un peu de chaleur, elle décida de trouver de quoi manger … Dans les plantes. Sans s'éloigner de sa position actuelle, elle lançait des regards précis aux bases des arbres, dans les feuillages, sur les buissons ... Si les fruits se faisaient rare dans cette forêt, les plantes l'étaient moins, bien que recouvertes par la neige. Peut être que l'une d'elle était comestible ?

Elle trouva une fleur qui ressemblait à un lys, mais elle était d'un bleu très clair, et ses pétales étaient très fins, presque translucides. Sa tige claire était parsemée de courtes épines. Elle se mit à en extraire un pétale avec ses doigts fins, mais elle sentit son estomac se contracter alors qu'elle la portait à ses lèvres. Lorsqu'elle éloigna le pétale, secouée par son spasme, ce dernier cessa brusquement. Perplexe, elle fit comme si ça n'était qu'une manifestation de la faim qui venait, mais lorsqu'elle présenta à nouveau le mince pétale à sa fine bouche, son estomac repris son caprice, plus fort cette fois.

« Pas celle-ci », compris vaguement Locie, qui n'avait pas encore réalisé l'existence ou l'étendue de son don d'alchimie. Elle laissa tomber le pétale au sol, rapidement gâté par l'humidité de la neige.

Lorsqu'elle entendit des bruits au loin, elle se glaça encore plus que ce qu'elle ne l'était. Il s'agissait d'une voix féminine, toute proche d'elle. Si elle éprouvait un certain soulagement à l'entente de bruits purement humains, il était légitime que la méfiance vienne mettre son grain de sel. Locie arracha la fleur avec un tel empressement qu'elle manqua de se piquer avec une de ses épines, et elle la garda contre elle. Alors qu'elle pensait comprendre qu'il s'agissait d'une fleur nocive, elle commençait à imaginer un petit panel de ruses à utiliser face à un éventuel ennemi, pour peu qu'il soit bernable. Elle ne désirait pas se cacher. Si la personne qui parlait s'avérait être amicale, surgir d'une cachette pour la saluer ne serait pas convenable. Et si elle laissait une potentielle aide lui échapper dans cette forêt livide, elle pourrait dire adieu à ses battements de cœur.

Elle discerna deux silhouettes côte à côte à travers les arbres. Une femme et un homme. Elle se tenait droite devant eux, prête à les accueillir, la fleur bleue tenue par les doigts de ses deux mains, le regard innocemment faible et faussement surpris, comme si elle avait été prise au dépourvu, figée par la surprise.

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