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"Vous allez tous me rendre chèvre !" (important, jour 12 après-midi, privé Althéa Telod, CLOS)
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Echouée
Métier : Tanneuse
Groupe : Errants
Jeu 19 Mai 2016 - 21:41

Allongée sur sa peau de loup, Althéa dormait. La fourrure puait, la cabane n’était qu’un simple trou dans le sol vaguement couvert de végétaux et les rayons du soleil passaient sans encombre, mais pour elle, qui était mentalement et physiquement épuisée, ce n’était pas un problème, elle pouvait enfin dormir. Enfin fermer les yeux et laisser son corps et son esprit se détendre, prendre le temps de se soigner. Elle n’avait connu Eti que deux jours, mais il s’agissait du premier autre être humain qu’elle avait croisé depuis son éveil, et surtout de la première personne qui lui avait tendu la main. De la première qui avait incarné cet étrange concept qu’est la gentillesse. Mais il ne fallait pas penser à son amie, à sa mort. Non, il fallait juste dormir.

Plusieurs heures s’écoulèrent avant que la jeune femme ne se réveille. Ouvrant les yeux elle vit qu’il faisait toujours clair dehors. On devait être en milieu d’après-midi. Elle n’avait pas tant dormis que ça. Tant mieux, il y avait certainement beaucoup à faire avant que la nuit tombe. Prenant son temps avant de se lever, elle fixa pendant quelques instants le « plafond » qui se trouvait au-dessus d’elle. C’était bien différent de sa grotte. Pas du tout aussi solide ni aussi rassurant. Mais elle s’en contenterait. Et puis avec le temps, peut-être, il serait possible d’améliorer ces cabanes.

Et voilà que son naturel, celui qui la poussait à tout planifier, reprenait le dessus. Elle venait à peine de se réveiller que déjà elle commençait à décomposer toutes les étapes nécessaires à la création d’une habitation à peu près correct. Quelque chose qui la protégerait du froid, de la pluie, dans laquelle elle pourrait se cacher. Non elle ne devait pas y penser. Après tout elle n’était pas encore certaine de pouvoir rester ici longtemps. Cette incertitude la plongea dans un long moment de perplexité, comme cela lui arrivait souvent. Les yeux dans le vague, incapable de se projeter, elle ne savait pas ce qu’elle allait devenir si ce groupe ne la laissait pas rester. Jusqu’ici c’était la seule trace de civilisation qu’elle avait croisé. Il lui était impossible de savoir s'il en existait d’autre… Et elle était loin de penser que l’herbe serait plus verte ailleurs.

Reprenant ses esprits, elle décida qu’il était temps de sortir de cet abri, d’aller discuter avec les autres, de prévoir son futur. Mais tout d’abord elle devait décider de son plan d’action. Le mieux était, pour commencer, de laisser ses peaux ici, à l’abri. Ensuite c’était à Telod qu’il fallait s’adresser, l’homme à la fourrure. C’était définitivement le chef du groupe, celui qui prenait les décisions. Sinon à Jey et Fandonne, qui avaient été accueillants et compréhensifs avec elle. Ils l’aideraient peut-être à s’intégrer. Mais en premier Telod. Peaufinant son plan un moment, pour être certaine d’avoir anticipé le moindre détail, elle finit enfin par sortir de la tente. Très vite son regard repéra sa cible et son champ de vision ne se réduisit qu’à celui-ci. S’avançant vers lui, déterminée, elle ne remarqua pas les regards inquiets qui marquaient chacun des visages qu’elle croisait. Arrivée à la hauteur de l’homme, elle prit la parole.

« Merci encore de m’avoir accueillie et de m’avoir laissé dormir ici. Je me sens beaucoup mieux. Dites-moi ce que je peux faire pour vous remercier. »

Avant que Telod ne puisse lui répondre, Jey lui tapota l’épaule. Se tournant vers lui Althéa remarqua l’expression d’angoisse sur son visage. Ne comprenant pas d’où cela pouvait venir, elle fronça les sourcils. Avait-elle commit un impair quelconque ? Avant de pouvoir le questionner à ce propos l’échoué pointa une direction du doigt. Son regard suivit le geste et ce qu’elle vit la terrifia. Une groupe de créatures monstrueuses, noires et à l’aspect vaguement humain, les observaient. Ces choses étaient hideuses, absolument horrible. Et le plus horrible dans tout ça, c’était qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’elles étaient. Jusqu’ici les animaux et les concepts simples avaient toujours été une évidence pour elle. Bien qu’elle n’ait pas la moindre idée d’où ces connaissances pouvaient bien venir. Mais pour la première fois elle était confronté à l’inconnu de sa situation d’une façon crue et monstrueuse.
Reculant prudemment pour se placer derrière Telod, elle réussit à peine à prendre la parole pour articuler quelques sons.

« Que sont ces créatures ? Pourquoi nous regardent-elles sans bouger ? »
Telod
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Jour d'éveil : Jour 1
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Ven 20 Mai 2016 - 12:23

La conversation du midi s'était finie depuis peu de temps lorsque Althéa sortit de la cabane. L'après midi venait de commencer, et j'étais heureux de constater que nous n'avions pas eu besoin de la réveiller nous-même.
La plupart des membres du groupes, à mon goût, étaient un peu trop inquiets de la présence des guetteurs. Certes ceux-ci étaient nombreux, mais leur comportement ne changeait pas de l'habituel. De toute évidence, ils ne voulaient pas nous attaquer pour le moment, et l'expérience de Miosselle m'avait appris qu'ils semblaient s'intéresser aux proies faibles et isolées.
Même lorsqu'ils étaient nombreux, face à moi seul, ils n'osaient pas m'affronter lorsque je leur faisais face. Selon moi, bien que je n'en ai jamais combattu, les guetteurs étaient fragiles et vulnérables.

Il fallait rester méfiant, bien entendu, mais pas paniquer comme semblaient le faire la plupart de mes camarades. Le meilleur moyen pour éloigner un prédateur c'est de lui faire face, de lui faire se souvenir qu'il peut nous craindre, pas de blêmir bêtement.
Mais demander à mes camarades de ne pas paniquer ne servirait à rien. Ils ne changeront pas les battements de leur cœur sur un ordre.

Althéa vint à notre niveau, fut avertie de la présence des guetteurs, et s'en alarma trop à mon goût. De la même manière que les autres.
Comme je le pensais, ce groupe était bien trop faible. Comment leur apprendre à remplacer leur défaitisme par de la hargne ? Sans doute en s’entraînant à manier les armes.

- Que sont ces créatures ? Pourquoi nous regardent-elles sans bouger ? demanda Althéa.

Je me levais, me dirigeait vers un coin de la clairière. Jey répondit à la jeune femme :

- On ne le sait pas. Elles nous regardent souvent, nous les appelons les guetteurs. Personne ne les a jamais vu attaquer qui que ce soit. Elles sont peut-être pacifique, mais elles n'en ont pas vraiment l'air. Telod dit de rester sur nos gardes.

D'un pas assuré, je revenais vers le groupe, muni d'une lance de bois qui avait appartenu à Baal. Sans hésiter, je tendis l'arme à Althéa pour lui confier.
Comme les lances de mes compagnons, l'arme ne possédait pas d'embout en pierre, sa pointe était de bois. Malgré tout, celle-ci était solide et pouvait percer la chair, car j'avais confectionné l'arme avec du bois très résistant.

Alors je dis à l'ensemble du groupe :

- Ils attendent que l'on soit séparés. Restons groupés, ils n'attaqueront pas.

Puis je fis le tour des visages, mon regard balayant les leurs, essayant de leur montrer que j'étais confiant, que je ne craignais rien, que j'étais déterminé. Je voulais leur insuffler ma force. En réalité, je m'inquiétais pour eux, mais il ne fallait pas montrer d'inquiétude dans mes yeux.

- Prenez vos lances, et allons-y. dis-je alors.

Et je me mis à marcher vers le lac, laissant les guetteurs sur ma gauche.
Derrière moi, j'entendis Sevin s'approcher d'Althéa pour lui expliquer la situation.

- Nous n'avons pas beaucoup à manger, il faut que nous allions explorer pour trouver quelque chose. Telod a demandé à ce que l'on y aille tous ensemble. Pour l'instant, si tu veux nous rendre service, accepte de nous accompagner, et ne t'éloigne pas. D'accord ?

Et Jey, après avoir mit plusieurs gros bûches sur le feu, vint rejoindre également celle qui venait de se réveiller pour lui confier :

- Alors, tu as pu dormir ? C'est bien que Telod t'ait donné une lance, tu vois, il te fait confiance !

Et ils continuaient de parler, tout en avançant. Galline marchait juste derrière moi, Fadone sur ses talons. Du coin de l'oeil, je surveillais les guetteurs, ils s'éloignaient plus qu'ils ne s'approchaient, mais ils semblaient tout de même suivre, de loin, avec prudence, le mouvement du groupe. Le brouillard empêchait de voir précisément leur évolution. Mais, de toute évidence, si elle les masquait eux, la brume nous masquait également, nous.

Il faudra compter une petite marche avant de voir le lac. Sombre, en ce jour, sous les nuages gris, surplombé par le brouillard. Je dis aux membres du groupe qu'ils pouvaient boire. Ils s'exécutèrent, ainsi, tout en parlant, et pour ma part, je surveillais nos arrières. Les guetteurs ne se montraient pas.


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Jour d'éveil : Jour 7
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Dim 22 Mai 2016 - 16:30

Les choses les regardaient. Les observaient. Ils allaient et venaient au loin, sans jamais les perdre des yeux. Ces horreurs à trois, quatre, cinq ou six pattes. Ces monstres noirs qu'elle ne connaissait pas. Qu'elle ne pouvait pas identifier. Elle ne savait pas ce qu'ils étaient, leur nom, leur origine. Rien. Le néant. Encore et toujours le néant. Elle avait peur, elle était terrifiée. Terrifiée par ce qu'elle voyait, qui n'avait aucun sens. Ces animaux de la même espèce, de la même couleur, avec un nombre de membre différents et une physionomie grotesque. Et puis il y avait ces étranges visages blancs qui se découpaient de façon si net sur la noirceur de leur peau. Ces visages qu'elle ne pouvait s'empêcher de s'imaginer avec un sourire tordu et grimaçant. Ces visages qui la scrutaient... Oui elle avait peur. Peur de ce qu'elle voyait et de ce qu'elle ignorait. C'est à dire tout. Tout sauf leur nom, que Jey venait de lui préciser. En tout cas le nom que leur donnait ce groupe. Telod avait bien raison, il fallait rester sur ses gardes devant ces créatures, ne pas leur faire confiance.

En parlant de Telod, Althéa avait paniqué un instant quand elle l'avait vu se lever sans lui répondre, et s'éloigner. Elle ne voulait pas être en première ligne face à ces guetteurs. Heureusement la présence de Jey la rassura rapidement. De plus l'homme à la peau d'ours revint rapidement avec une lance qui lui confia. Attrapant cette arme, sa première depuis qu'elle s'était éveillée, elle se demanda un moment si elle serait vraiment efficace avec cette chose. Après tout elle était endurante mais pas vraiment forte et encore moins athlétique. Elle n'était pas certaine de pouvoir être utile en combat.

"Ils attendent que l'on soit séparés. Restons groupés, ils n'attaqueront pas."

Oh ça, elle n'allait certainement pas s'éloigner du groupe. Aucune chance. Maintenant qu'elle savait que ces monstres existaient, accepté ou pas elle ne partirait plus. Elle ne pouvait pas se protéger toute seule et elle n'avait aucune envie de savoir si elle savait utiliser cette lance en tombant nez à nez avec ces choses.

"Prenez vos lances, et allons-y."

Alors qu'Althéa regardait Telod, les yeux écarquillées par la peur et la surprise, Sevin s'approcha d'elle pour lui expliquer la situation. Ainsi le groupe manquait de nourriture et malgré cette menace, il fallait s'aventurer dans les alentours pour chercher de quoi tenir quelques jours. Pendant un moment la jeune femme faillit refuser d'avancer et de quitter le village. Mais le fait de voir tout le groupe suivre leur chef et surtout de savoir que les accompagner serait sa façon de pouvoir les remercier pour l'hébergement, l'obligea à se taire et à serrer les dents. Elle ne voulait pas partir, c'était trop risqué. Il y avait trop d'inconnus autour de cette expédition et pas assez d'informations pour qu'elle puisse se projeter correctement. Elle n'aimait pas ça, pas du tout.

Alors que le petit groupe marchait vers le lac, Jey vient prendre de ses nouvelles. Althéa n'avait pas envie de parler, absolument pas, elle était d'ailleurs assez perdue dans ses pensées. Cependant elle ne pouvait pas non plus ignorer cet homme qui n'avait été que prévenant avec elle jusqu'ici.

"Oui j'ai pu me reposer... Me faire confiance ? Peut-être, je ne sais pas..."

Elle n'en dit pas plus. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle pouvait dire de plus. Et puis son cerveau était incapable de se concentrer pour le moment. Enfin ils arrivèrent au lac et chacun put se désaltérer. Une fois sa soif étanchée Althéa ne put se retenir. Elle avait besoin de savoir quel était le plan, ce qu'ils avaient prévus, comme les choses avaient été organisées. Elle ne pouvait pas juste partir à l'aventure comme ça, elle devait pouvoir se projeter et avoir une idée des objectifs à atteindre. Se tournant vers Jey qui était toujours à côté d'elle, elle l'aborda, de façon un peu brusque.

"Où allons nous à présent ? Quel est le but exact de cette expédition ? Nous allons chercher de la nourriture très bien, mais de quel genre ? Et comment ? Nous n'allons tout de même pas juste nous promener jusqu'à tomber sur quelque chose ?"

Jey parut surprit par son ton et ses questions. Il se reprit cependant rapidement avant de lui répondre en souriant.

"Je crois que nous devons aller dans la foret. Après on verra bien ce qu'on trouve, en fonction de ce que l'on croise."

La réponse n'était ni acceptable ni satisfaisante selon les standard de la jeune femme. Jey sembla s'en apercevoir car il lui demanda de patienter alors qu'il allait interroger Telod. Attendant patiemment que son compagnon revienne, Althéa se mit à fixer le lac pendant ce temps, se remémorant ton éveil.

Jey de son côté se plaça à côté de Telod et se mit à lui parler à voix basse.

"La nouvelle voudrait savoir quel est le plan. Je crois qu'elle n'a pas très envie de partir à l'aventure comme ça à l'aveuglette. Et elle ne semble pas être très à l'aise non plus..."
Telod
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Mar 24 Mai 2016 - 11:18

- La nouvelle voudrait savoir quel est le plan. Je crois qu'elle n'a pas très envie de partir à l'aventure comme ça à l'aveuglette. Et elle ne semble pas être très à l'aise non plus... me dit Jey.

Je continuais de regarder la forêt, tentant de discerner des mouvements dans la brume. Rien. Un moment passa, puis je répondis :

- Mh.

En espérant que ma réponse soit suffisamment bien argumentée et convaincante pour que Jey me laisse seul. Hélas, cela ne fut pas le cas.

- Aller, s'il te plait, Telod, dis moi quelque chose. N'importe quoi. Il faut la rassurer, qu'elle sache qu'on est pas des types qui agissons n'importe comment. Je sais bien que dans ta tête le plan est limpide : on va chasser. Mais tu sais les Échoués ils sont pas comme nous, ils ont besoin de réfléchir tout le temps. Tu comprends ?

J'allais lui suggérer de se taire, lorsque je décidai de garder mon rôle de chef. Aujourd'hui il ne fallait pas flancher. Il y avait quelque chose de grave dans l'air, depuis le matin. Quelque chose qui nécessitait que l'on fasse tout pour que le groupe se sente fort, ne doute pas de lui, reste soudé. Il fallait que je fasse moi-même un effort pour parler.

- On reste dans la forêt, à la lisière, on longe le lac vers l'est, bien groupés, discrètement, sans parler. On garde l’œil ouvert, on cherche tout ce qui peut se manger, et on rentre avant la tombée de la nuit. Si on a pas trouvé de nourriture aujourd'hui, on recommence demain. affirmai-je avec fermeté.

Jey hocha la tête, puis il se retourna pour annoncer mes propos à Althéa.
Sevin vint me chercher pour me dire qu'il n'avait pas vu d'Échoués sur le rivage. Je dis donc au reste du groupe que s'ils étaient prêts, nous allions partir.

Nous marchâmes alors vers l'Est comme je l'avais annoncé, rentrant à l'intérieur de la forêt, gardant le puits de lumière menant au lac bien en vue sur notre droite pour éviter de nous perdre. C'était le meilleur moyen que j'avais trouvé pour que l'on puisse facilement rentrer, il suffisait de longer la plage en sens inverse quand nous aurions fini. De plus je supposais que la plupart des animaux s'approchaient régulièrement du lac pour boire, ainsi ce versant de la forêt devrait offrir un certain nombre de proies.
Lorsque j'entendis mes camarades chuchoter, je leur ordonnais de se taire.

- Il ne faut pas faire de bruit pour chasser. Pris-je la peine d'argumenter... J'essayais de faire des efforts de communication.

Sur notre gauche, à une certaine distance, alors que le brouillard était légèrement tombé, je pus voir les guetteurs qui continuaient de nous suivre. Ils semblaient un peu moins nombreux. Peut-être que deux ou trois d'entre-eux avaient abandonné l'idée de nous chasser.
J'avais espéré qu'ils aient tous abandonné l'idée, mais c'était mieux que rien.

Alors que nous marchions, j'entendais la voix de Miosselle, dans ma tête. Un souvenir, surgissant de mes songes.

*- Vous ne voulez vraiment pas essayer mes champignons ?*

Je déglutis lentement. Mes lèvres s'étirèrent en un rictus haineux. Un goût étrange me restait dans la bouche. Je me souvenais de cette conversation, nous l'avions eu juste avant que Miosselle ne soit tuée. Elle m'avait dit cette phrase, et je lui avais répondu que nous les mangerions le lendemain soir si on ne trouvait pas mieux, et elle était morte. Le lendemain soir, je ne les avais pas mangé, ni le surlendemain, ni tous les jours qui ont suivi. Quelle était cette lâcheté minable ? Profitai-je du fait qu'elle soit morte pour ne pas faire face à ma peur de l'inconnu ? Profitai-je du fait qu'elle ne puisse pas témoigner pour laisser faire ma faiblesse et ma couardise ridicule ?
Pourquoi n'avais-je pas parlé de ces champignons au groupe ? Les craignais-je à ce point ? Qu'est-ce qu'il y avait, dans ma tête, qui me bloquait, comme ça ? Qu'est-ce que je cherchais à cacher, à ignorer, à oublier ? C'était le fait que ma camarade soit morte qui m'empêchait de prendre des risques ?

Je ne savais plus... Faire confiance ?

L'homme fort, c'est celui qui peut se permettre de faire confiance. De choisir de ne pas se méfier. Si je ne savais plus faire confiance, j'étais, définitivement, un faible. Étais-je faible ?

*- Vous ne voulez vraiment pas essayer mes champignons ?*

Je regardai mes compagnons, derrière-moi. Galline me fixa quelques instants, puis je revenais à la réalité. Il fallait regarder autour, pour trouver à manger. Je leur en parlerai ce soir. Chaque chose en son temps, une chose à la fois. Oui, Telod. Occupe toi à dormir, tu te lèveras plus tard.

***

Jet de dé pour déterminer ce qui nous attend par la suite... En plus d'une chèvre ! Althéa pourra se servir de ce jet de dé pour sa réponse !

Dé:
 
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Mar 24 Mai 2016 - 11:18

Le membre 'Telod' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'd100' :

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Jour d'éveil : Jour 7
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Ven 27 Mai 2016 - 13:44

Althéa continuait à fixer le lac. Ce lac qui l’avait vu naitre. Ce lac qui l’avait vu mourir. Ce lac qui était au centre de sa vie et de sa mort. Elle ne s’en était jamais vraiment éloignée de ce lac. Restant toujours proche de lui, toujours aux alentours. Ce choix avait été principalement motivé par des raisons pratiques, elle avait besoin d’eau pour survivre, ainsi qu’un point de repère dans ce monde inconnu. Mais il y avait aussi quelque chose d’autre, quelque chose qui la poussait à rester proche de son lac, mais quoi donc ? Jetant un dernier regard devant elle, la jeune femme décida qu’il était temps de se rapprocher du groupe, de s’extraire de cette impression lourdeur et d’oppression permanente, ne serait-ce qu’un instant…

C’est ce moment que choisit Jey pour revenir vers elle avec un plan d’action, enfin de bonnes nouvelles ! Longer la lisière, rester en bordure de la forêt, silencieux, et rentrer au camp avant la nuit tombée. C’était parfait, elle n’avait rien de mieux à proposer et tout cela lui semblait cohérent. Bien, maintenant elle devait juste s’assurer de bien rester au centre du groupe et d’occuper une position stratégique en cas d’attaque. Bien qu’elle puisse ressentir une certaine solidarité pour ceux qui l’avaient accueilli, elle ne les connaissait pas suffisamment pour avoir envie de faire passer leur survie avant la sienne. Et pour être honnête, sa survie serait toujours plus important…

" Ça te conviens comme plan Althéa ? Je pense que Telod a plutôt bien réfléchis à tout ça. Après ne te formalises pas trop s’il ne parle pas beaucoup, ce n’est pas un grand communiquant. "

" Oui ça me va, c’est un plan parfaitement censé. Quant à Telod qui ne parle pas… Je ne pense pas que ça risque de me déranger, sauf s’il n’explique pas clairement ses plans lorsqu’il en fait. "

Sur ces mots le petit groupe prit la direction de l’est et commença à longer la forêt. Au début tous étaient silencieux, Althéa, positionnée entre Jey et Sevin, ne disait mot. Bien vite cependant, Jey prit la parole en chuchotant pour discuter avec Sevin et Fadone. Il faut dire qu’avancer ainsi, sans autre distraction que le bruit de ses pas était des plus ennuyeux. Néanmoins Telod recadra bien vite les bavards, la chasse requérait de la discrétion. Ainsi, aussi vite que les chuchotements avaient commencés, ils se turent. Le groupe continua sa petite expédition encore quelques temps, sans rien voir qui puisse servir de nourriture. Althéa commençait à désespérer. Sa petite sieste lui avait fait du bien, ainsi que la pomme qu’elle avait mangé rapidement avant d’aller se coucher, mais ce n’était pas encore assez. Elle avait besoin d’une vraie nuit de sommeil et d’un repas, et marcher ainsi dans la forêt, sans but, commençait à lui peser.

Heureusement pour elle, le destin répondit bien vite à son besoin d’action. Alors que le petit groupe s’approchait d’une clairière, Galline se figea et fit signe à tous de se taire et de ne plus bouger. Obéissant sans comprendre son comportement, la bande s’accroupit sans rien dire. Au début il ne se passa strictement rien alors que l’incompréhension régnait. Tous se demandaient quelle mouche avait bien pu piquer cette enquiquineuse de Galline. La réponse se présenta rapidement. Un peu plus loin dans la clairière, un sanglier fit s’on apparition. Il s’agissait d’une bête massive, aux dents longues, qui semblait se promener tout simplement. Au moment où l’animal apparut dans leur champ de vision, le groupe prit conscience de la chance qui se présentait. Devant eux se tenait assez de viande pour tenir plusieurs jours, de quoi égayer leur menu composé jusqu’ici uniquement de pommes. Tous retenaient leur respiration. On ne pouvait pas manquer une occasion pareille, il fallait tuer cette bête et la ramener au campement, absolument.

A voix basse, Sévin et Telod convinrent d’un plan avec le reste de la bande. Il fallait en premier encercler l’animal pour ensuite l’attaquer tous ensemble et surtout ne pas le laisser s’échapper. Un signal fut convenu, les positions distribuées, et le groupe se mit en action. Pendant tout le conciliabule Althéa n’avait dit mot, pas besoin, tous les détails avaient été correctement réglés et les consignes étaient claires, parfait. Prenant position un peu plus loin, la jeune femme serra sa lance dans sa main. Elle allait peut-être devoir tuer pour la première fois de sa vie. Elle ne savait pas si elle était prête, ou si elle en avait envie. Bien évidement elle avait faim, et il s’agissait là d’une grande source de motivation. De plus elle avait déjà mangé de la viande, elle savait à quel point il s’agissait d’une bonne source d’énergie. Mais elle n’avait jamais eu besoin de tuer pour l’obtenir, ça avait toujours été le travail d’Eti…

Un bruit ! Quelqu’un venait de trébucher et le sanglier l’avait remarqué, il allait prendre la fuite ! Vite, il fallait faire quelque chose ! Sévin et Jey s’élancèrent en premier, vite rejoint par le reste du groupe. Althéa réagit également et fonça vers la bête, prête à l’empaler avec sa lance. La scène qui suivit fut excessivement confuse. Le sanglier attaqua et rua autant qu’il pouvait tandis que chacun essayait de le toucher, de le blesser. Althéa réussit à l’égratigner un peu, tout comme Fadone. Jey eu plus de succès et le blessa à la patte, ce qui eut pour effet de rendre la bête furieuse. Elle fonça alors sur Sévin qu’elle projeta violement au sol. Ce mouvement eu pour conséquence de laisser son flanc droit sans défense, prêt à être empalé par une lance chanceuse…
Telod
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Sam 28 Mai 2016 - 12:50

... J'espérais pouvoir profiter de la situation pour blesser la bête sérieusement, mais malheureusement j'avais une mauvaise position : le sanglier s'était rué vers Sevin qui était à l'opposé par rapport à moi. Ainsi, les yeux enragés, je me précipitais pour pouvoir apporter mon aide. Je craignais que le jeune Échoué ne soit blessé.

Et un cri survint du côté de l'animal, une lance s'enfonça profondément entre ses côtes, je regardais brièvement, c'était Galline qui avait porté le coup, le visage fermé et concentré. Juste après cela, Jey porta son assistance et perça la peau du sanglier au niveau de son autre flanc. On pouvait entendre la bête gémir avec force, elle tournait la tête dans tous les sens, essayant de se débattre, de se défendre, elle ne renonçait pas à la vie. J'arrivais alors enfin, ma lance portée bien haut, et je la projetais de toutes mes forces dans le corps de l'animal. Mon arme étant mieux conçue que celles de mes camarades, je pus l'enfoncer plus profondément. L'animal se perdit en plaintes.

Suite à mon attaque, chacun de mes compagnons donna un nouveau coup en même temps, ce qui acheva brutalement la pauvre créature.

Sans m'occuper du sanglier, alors que certains restaient hébétés à le contempler, et que d'autres criaient de joie, je me ruais vers Sevin. Je m'accroupis auprès de lui, ma question arriva bien vite :

- Tu vas bien ?

Il hocha la tête, puis il ajouta :

- J'ai simplement mal au dos, peux-tu regarder ? Je suis tombé sur une racine.

Sevin se tourna alors, et je pus voir une coupure dans son dos, qui saignait légèrement. Je fis la moue.

- Tu saignes un peu.

Galline s'approcha de nous et décida de prendre les choses en main, elle qui s'était auto-proclamée la guérisseuse du groupe. Elle regarda la blessure de près, la jugea, avant de révéler :

- Ça va, c'est pas profond. Faut juste la laver, je pense que ça va vite cicatriser et que ça s'infectera pas.

Sevin haussa les épaules avec un calme inhumain. Ses sourcils étaient levés, et je vis, à ce moment, dans son regard, un manque d'émotion absolu, alors qu'il se tordait le cou pour nous regarder :

- De toute façon, nous ne savons pas quoi faire pour éviter les infections, alors ça n'est pas la peine de réfléchir, on verra bien, soit ça s'infecte et je meurs, soit ça ne s'infecte pas et je vis. C'est tout.

- Mais ne dis pas ça ! Tu vas te porter la poisse ! Tu n'as aucune raison de mourir ! rouspéta Jey en fronçant les sourcils.

Sevin eut un sourire aimable, puis son sourire tomba comme il était venu. Je me dirigeais vers Althéa et Fadone qui restaient près du sanglier, pour leur annoncer la situation :

- Sevin a une petite blessure. On retourne au lac pour la nettoyer pour pas que ça s'infecte.

Puis je demandais à Jey, Althéa et Fadone s'ils voulaient bien m'aider à porter le sanglier, les deux autres étant occupés. Au passage Jey demanda s'il n'y avait pas d'autres blessés, personne ne se manifesta comme l'étant.
Nous nous mettions à une personne par patte, pouvant ainsi soulever la bête relativement facilement en la tenant par les pieds. Jey et moi nous placions devant.

Au loin, à notre droite, alors que nous nous dirigions vers le lac, je vis dans la brume plusieurs formes bouger. Je pouvais en compter quatre. J'espérais que ces guetteurs allaient nous laisser tranquilles, nous n'avions pas vraiment de temps à leur consacrer.

Les autres, qui étaient très contents de la prise que nous venions de faire, pouvaient laisser s'échapper leur joie, libérant leur parole laissée si longtemps muette, surtout Jey.

- C'était incroyable ! Galline tu as été géniale de voir le sanglier, et les filles vous avez été des héroïnes dans ce combat ! C'est fou ! Nous les hommes on ne sert vraiment à rien ! Vous êtes beaucoup plus fortes que nous !

Fadone eut un rire léger et répondit :

- N'exagère pas.

- Je n'exagère pas ! Galline qui repère la bête, Althéa et Fadone vous étiez les premières à la blesser, puis Galline qui lui met un grand coup dans le flanc, et on l'achève ! Les filles ont fait tout le travail.

- C'est marrant je n'ai pas vraiment vu le même combat moi. dit Sevin avec le sourire.

- Mais si c'est vrai ! N'est-ce pas Althéa ? demanda Jey en se tournant vers la jeune femme, qu'il voyait comme son dernier espoir après avoir constaté le regard des autres.

Je dus couper cette conversation par une remarque terre-à-terre :

- Si on nous attaque, on lâche le sanglier et tout ce qui nous encombre, on se rassemble rapidement, on prend nos lances à deux mains et on les pointe vers nos ennemis. Compris ? Groupés et concentrés.

Ma remarque, bien que réaliste, eut l'effet de totalement faire retomber la bonne ambiance qui était en train de gagner les membres du groupe. Du coin de l'oeil, j'avais l'impression de voir les guetteurs s'approcher légèrement, là était la raison.
J'avais peur que, dans la panique, certains n'oublient les priorités et s'attachent à défendre notre gibier. S'il fallait le laisser nous le ferions.

Une fois au lac, Galline fit pénétrer Sevin dans l'eau, nous posions le sanglier sur les galets, essoufflés. Même à quatre, il n'était pas facile à porter.

Jey se tourna vers Althéa, Fadone et moi, et demanda :

- Après ça on rentre, n'est-ce pas ?

J'hochai la tête brièvement. Nous avions de quoi manger, inutile d'en faire davantage pour aujourd'hui, le plus vite nous rentrions au campement, le plus vite nous pourrions être certains que le feu ne s'éteigne pas. De toute façon nous ne pouvions transporter davantage que cette carcasse.
Puis ce cher Jey continua de laisser aller son flot de parole habituel. Il semblait vraiment être de bonne humeur, ça n'était pas arrivé depuis la mort de Zön, et cela me réjouissait, en même temps que mes oreilles s'en plaignaient.

Spoiler:
 
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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Echouée
Métier : Tanneuse
Groupe : Errants
Sam 28 Mai 2016 - 14:54

Un coup de lance, encore un, et enfin tous ensemble. Voilà, la bête était morte. La chasse avait été une réussite. Leur alliance avait porté ses fruits. Devant eux ce tenait de quoi festoyer ce soir. De remplir leur ventres qui criaient famine et d'enfin dormir rassasié. Oui c'était une victoire, et une belle. Althéa se fendit d'un sourire, cette expérience avait été éprouvante mais c'était enfin terminé. Ils allaient pouvoir rentrer au camp et se reposer. Elle allait enfin pouvoir dormir, vraiment dormir, peut-être même se détendre un peu. Se tournant vers Sévin, toujours à terre, la jeune femme remarqua que l'échoué était blessé. Déjà Telod et Galline se trouvaient à ses côtés, auscultant et évaluant ses blessures. Son dos saignait et pendant un moment Althéa se demanda s'il allait survivre. S'il allait pouvoir rentrer à Terre Rouge avec eux. Galline assura qu'il vivrait, que sa coupure n'était pas profonde et qu'il irait bien. Sévin, d'un calme incroyable, rétorqua qu'il pouvait tout aussi bien vivre que mourir et que seul le temps leur permettrait de savoir. Jey réagit brusquement, apparemment touché par la remarque de son ami. Elle avait beau ne pas le connaitre depuis longtemps, Althéa avait tout de même remarqué que Jey était naturellement gentil et attaché à ceux qui l'entourait.

Rapidement Telod prit une nouvelle fois les choses en main, répartissant les tâches. Althéa acquiesça lorsqu'il lui demanda, à elle et à Fadonne, d'aider à porter le sanglier jusqu'au lac. Il fallait nettoyer la blessure de Sévin avant de rentrer au camps, c'était vitale. Ainsi le petit groupe se mit en marche, Galline s'occupant de Sévin, Jey, Telod, Fadonne et Althéa portant la bête fraîchement tuée. Déjà la jeune femme pensait à ce qu'elle pourrait faire de cette peau. Il allait falloir dépecer l'animal, récupérer son cuir, le laver, le débarrasser des petits bouts de chair qui restaient encore coller. Trouver un moyen de l'entretenir, éviter qu'il ne pourrisse, et le transformer en quelque chose d'utile. Ses pensées furent interrompus par le groupe qui revivait joyeusement la chasse. Jey vantait les exploits des filles de la bande tandis que Sévin le taquinait à ce propos. Bien vite Althéa fut prise à partie, ce qui lui tira un vague rictus joyeux.

"Il est vrai nous avons été efficaces, mais les garçons n'ont pas été trop mal non plus n'est-ce pas ?"

"Si on nous attaque, on lâche le sanglier et tout ce qui nous encombre, on se rassemble rapidement, on prend nos lances à deux mains et on les pointe vers nos ennemis. Compris ? Groupés et concentrés."

L'ordre de Telod eu pour effet de faire tomber instantanément la bonne humeur qui commençait à se former dans le groupe. Althéa était loin d'être quelqu'un de naturellement joyeux, mais de voir ainsi briser la cohésion et la douce ambiance qui commençait à peine à l'effleurer ne la ravie pas plus que ça. Grognant intérieurement contre Telod le rabat-joie, elle fut bien obligée d'admettre qu'il avait raison de donner ces consignes. Au moins avec elles elle serait comment réagir si elle se faisait attaquer. Dans le cas contraire elle serait certainement restée paralysée sans pouvoir réagir.

L'arrêt au lac fut de court durée, juste le temps de laver la blessure de Sévin et de s'abreuver rapidement. Il valait mieux regagner rapidement le campement et s'occuper du sanglier avant qu'il ne commence à pourrir. Alors que le clan de Terre Rouge arrivait en vue de leur clairière, une drôle de forme attira l'attention d'Althéa. Fronçant les sourcils en espérant y voir plus clairement, quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit une chèvre déambuler parmi les tentes. Hoquetant devant l'absurdité de la situation, elle fit signe à ses camarades de s'arrêter.

"Regardez par là ! Une chèvre. Incroyable."

"Une chèvre ? Mais oui tu as raison !"

"Qu'est-ce que cet animal vient faire dans notre campement, elle va tout casser."

"Elle cherche peut-être à manger. Que devrions nous faire ?"

"On pourra l'attraper, vu notre chance du moment elle pourrait bien donner du lait."

Du lait, elle connaissait ce mot, elle pouvait visualiser ce liquide blanchâtre que chaque mammifère femelle pouvait produire. Et pourtant elle n'en n'avait jamais goutté. Du lait... Oui il fallait attraper cette chèvre et vivante.

"On pourrait l'attirer avec une pomme, puis l'attacher quelque part pour qu'elle ne puisse pas s'enfuir. Qu'est-ce que tu en penses Telod ?"
Telod
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Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
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Lun 30 Mai 2016 - 12:13

- Oui. Fut ma réponse à la question d'Althéa.

Aussitôt, tout le monde s'activa à tenter d'attirer l'animal. On posa le sanglier contre un arbre, je vis Jey prendre une pomme dans la réserve, et Sevin dire :

- Doucement, doucement. Il ne faut pas l'effrayer.

Jey tenta d'y aller en douceur, sans beaucoup de succès. L'animal fit plusieurs pas en arrière, gardant de bonnes distances, sans s'enfuir. Fadone s'essaya ensuite à l'exercice, se disant qu'elle aurait sans doute les capacités de ne pas faire peur, mais la bête donna l'impression de ne même pas la remarquer.

Moi je regardai le spectacle sans m'approcher, me disant que ça n'était pas vraiment dans mes capacités. Ma stratégie aurait certainement été de tuer l'animal, mais je reconnaissais que l'idée ne semblait pas être la meilleure. Je tentais de faire confiance à mes compagnons, sans énormément d'espoir. Un soupir s'échappa de mes lèvres.

Fadone fit volte face, retournant vers moi, comme vexée.

- La corde. Lui suggérais-je à voix basse, alors qu'elle passait à côté de moi.

Les yeux de la tisserande s'illuminèrent alors, elle se pressa de prendre trois cordes de sa confection et d'essayer de les nouer ensemble en vitesse. En effet il valait mieux prévoir une corde longue si l'on voulait attacher l'animal sans trop le contraindre.

Je regardais Fadone faire, un soupçon de déception dans mes yeux. J'aurais voulu utiliser ces cordes pour nos futurs arcs. Il nous faudrait surement un arc par personne.
Rien qu'à imaginer le nombre de flèches que j'allais devoir tailler, je maudissais déjà mon travail.

Lorsque je faisais revenir mes yeux vers le précédent emplacement de la chèvre, elle n'y était plus, je tournais mes yeux à droite, et je voyais la chèvre en train de suivre Althéa. Cette dernière l'attirait sans difficulté avec une pomme dans la main. J'haussais haut les sourcils, comment s'y était-elle prise ? Je n'avais rien vu !

- Althéa est trop forte. ne put s'empêcher de souffler Jey, admiratif.

Suite à cela nous parvenions à approcher la chèvre d'un arbre, et nous l'accrochions à une branche à l'aide de la corde.

***

La soirée arriva alors. On fit cuire le sanglier au dessus du feu, l'ayant découpé en plusieurs parties pour nous permettre de le cuire correctement. Galline s'était occupée de dépecer l'animal, elle avait posée la peau de côté, nous pourrions peut-être en faire quelque chose plus tard.

- C'est surement le meilleur repas que j'ai mangé de toute ma vie ! C'est tendre, c'est ferme, c'est juteux, c'est génial ! J'adore ! Lançait Jey dans tous les sens.

Les gens riaient, on se chauffait au coin du feu en se délectant de notre repas. Nous devions en manger une grande partie parce que nous ne savions pas le conserver. Moi je regardais au loin, plus de trace des guetteurs. Tant mieux.

- C'est vrai que c'est vraiment bon ! Ça fait du bien au ventre ! confirma Sevin.

- T'as pas mal au dos Sevin ? demanda Galline, sa voix placée dans un lieu étrange entre la méfiance et la générosité.

- Pas du tout !

- En plus on a une chèvre ! Une chèvre ! Cria Jey, tout en donnant une tape dans le dos d'Althéa, oubliant soudainement sa pudeur.

Puis il réalisa qu'il venait sans doute d'être légèrement grossier, et il ramena rapidement sa main contre lui en rougissant, puis en disant :

- Tu es trop forte ! Comme pour se justifier.

On rit tous ensemble de ce spectacle un peu ridicule. Puis, alors qu'un blanc se faisait, Fadone prit la parole :

- Je ne veux pas casser l'ambiance mais, j'ai trouvé ça dans le campement, tout à l'heure. Dit-elle.

Et elle nous montra un os provenant surement du cadavre de l'ours, dont nous avions laissé les ossements à côté du camp. Il s'agissait d'une omoplate, je le devinais à la forme, et il était muni d'une inscription mystérieuse.

- Fais voir ! demanda Jey.

Fadone lui tendit l'objet, et le Racine considéra le dessin en fronçant les sourcils.

- On dirait... Une pomme, coupée en deux, avec un trait au milieu.

Sevin haussa les sourcils puis vint dans le dos de Jey pour regarder la sculpture à son tour.

- Oui. dit-il. Ou n'importe quoi d'autre. Si c'est effectivement une pomme, il veut peut-être nous signaler qu'il nous en a pris une.

Je levai les yeux vers le pommier au dessus. Combien avais-je pu compter de pommes au premier coup d'oeil ce midi ? Quatre il me semble. Là, je n'en voyais que deux. Peut-être étais-ce un hasard, mais je me prononçais tout de même :

- Deux, je crois, en fait.

- C'est poli de sa part de le dire en tout cas ! clama Jey, qui était beaucoup trop heureux de manger du sanglier pour en perdre sa bonne humeur, si bien qu'il en devenait totalement excessif. Au dessinateur d'os d'ours, le voleur poli ! cria-t-il en brandissant sa tranche de viande, puis il la mordit.

Fadone se mit à rire à gorge ouverte, Sevin avait pris l'objet en main pour tenter de l'interpréter avec plus de sérieux, certaines personnes se mirent derrière lui pour donner des hypothèses. Chacun y allait de son commentaire.

- C'est peut-être la lune, non ? demanda Galline. En tout cas j'aime pas ça, c'est louche.

- Un croissant de lune qui se reflète dans l'eau ? Peut-être. Ce que je trouve bizarre moi c'est que l'un des deux croissant est muni d'un point en son centre.

- Oui, de toute façon c'est bizarre quoi. T'en penses quoi Telod ?

Demanda-t-elle. Je n'avais pas vu le dessin, je ne voulais pas le voir, j'haussais les épaules. La seule information que je voulais retenir, c'est qu'au moins un homme était passé par notre campement, qu'il connaissait donc notre position, et qu'il fallait s'attendre à le revoir.

- C'est peut-être un moyen qu'il nous donne pour savoir dans quelle direction il va.

- Qu'est-ce qu'on en aurait à foutre de savoir vers où il va ?

- Je ne sais pas. Fadone, comment était posé l'objet ?

- Oh... Pardon je n'ai pas retenu... s'excusa la femme.

- Mince.

Les hypothèses continuèrent. Puis chacun alla se coucher. Cette nuit nous avions désigné Jey et Fadone qui s'étaient portés volontaires pour monter la garde. Je voulais le faire, mais on m'en avait de nouveau refusé le droit. Alors j'avais dit que je le ferai la nuit prochaine.

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Jour d'éveil : Jour 7
Race : Echouée
Métier : Tanneuse
Groupe : Errants
Sam 4 Juin 2016 - 18:32

La chèvre était toujours là, errant à travers le campement, sans vraiment faire attention à eux. Comme il était étrange de voir un animal si paisible, un être vivant qui ne leur voulait pas de mal. Encore plus étrange, il s'agissait d'un être vivant à qui ils ne voulaient pas de mal. La capturer oui mais pas la tuer. Ils voulaient juste la capturer et l'étudier, voir si elle donnait du lait. Si c'était le cas cette chèvre serait une source de nourriture inespérée pour le groupe. Une façon de se sustenter en prenant soin de cette bête au lieu de l'abattre. Après l'épisode de la chasse, voilà qui avait de quoi mettre du baume au cœur.

Chacun tenta d'attirer l'animal avec une pomme. Jey puis Fadonne. Peine perdue, la chèvre les regardait au loin, le regard vide. Le petit groupe ne l’intéressait pas, ils n'étaient rien d'autre pour elle que des malotrus qui la dérangeait lors de sa petite promenade digestive. Par contre le fruit qu'ils s'étaient passés tour à tour, voilà qui avait retenu son attention. La chèvre connaissait le gout des pommes, elle en était particulièrement friande. Il s'agissait pour elle d'une petite gourmandise qu'elle avait parfois eu la chance de trouver par terre. Et voilà que ces bipèdes tentaient de l'attirer avec ce délice. Elle avait beau aimer les pommes, elle n'avait cependant pas confiance en la main qui la lui tendait.

Au bout d'un moment un autre bipède tenta de l'attirer avec le délicieux fruit à l'odeur enivrante. Cette femelle n'était pas bien différente des autres, comme eux elle portait une étrange fourrure. Comme eux elle tenta de l’appâter avec la pomme. Mais contrairement à eux elle s'éloigna un peu du groupe, s'approchant très doucement. Sa voix était douce et elle semblait ne pas lui vouloir du mal. Peut-être pourrait-elle s'approcher un peu, juste le temps de manger la pomme.

Althéa tendait toujours la pomme devant elle, tout en parlant à la chèvre.

"Allez viens, viens, promis je veux juste te donner cette pomme. Elle a l'air bonne n'est-ce pas ?"

La jeune femme se sentait particulièrement stupide dans cette position, parlant à la chèvre devant elle. Mais à son grand étonnement, sa stratégie fonctionna. Tout doucement la biquette finit par arriver à sa hauteur et à mordre dans le fruit. Étonnée mais ravie de son succès, Althéa laissa l'animal finir son repas avant de l'attirer à côté du groupe qui se dépêcha de l'attacher pour ne pas la perdre. La bête protesta un peu mais bien vite l'échouée fut à ses côtés pour la rassurer. Caressant doucement la fourrure entre ses cornes, la chèvre sembla se calmer et finit même par se coucher au pied de l'arbre auquel sa corde était reliée.

---

La nuit était tombée et le groupe festoyait. La viande de sanglier remplissait leurs estomacs, et bien qu'elle alourdissait leurs corps, elle rendait leurs esprits plus léger. Tous discutaient de bon cœur, sauf Telod bien évidemment, qui comme à son habitude parlait peu. Il semblait être un homme de peu de mots mais après tout elle aussi ne parlait pas beaucoup.

"En plus on a une chèvre ! Une chèvre "

La remarque de Jey et surtout la tape qui lui donna dans le dos ramena Althéa au temps présent. Ouvrant grand les yeux, étonnée par ce geste et cette familiarité, son expression déconcerté fit autant rire le groupe que de voir Jey réaliser la puérilité. Quel spectacle cela devait être pour les autres, deux vrais clowns. Bien qu'un peu vexée de se retrouver au milieu de cette histoire, la jeune femme ne pouvait qu'apprécier de baigner dans cette atmosphère. Elle n'avait pas besoin d'y participer pour s'y sentir bien. Elle parlait peu mais c'était plus que suffisant. Son ventre était plein, elle avait été accepté par le groupe et déjà de nouveaux plans se formaient dans son esprit. Tout d'abord il allait falloir s'occuper de cette peau de sanglier, la nettoyer, la poncer, bref en faire quelque chose de propre. Ensuite elle pourrait trouver un moyen de la tailler en quelque chose d'utile. Et puis elle voulait aussi s'occuper de la chèvre. Prendre soin d'elle et surtout vérifier si elle donnait du lait. Elle n'en n'avait pas encore eu l'occasion mais il s'agirait de sa mission demain à la première heure. En ce fugace instant, Althéa fut heureuse, elle était repue, protégée et avoir un programme pour la journée du lendemain. Tout était parfait.

Enfin presque, la découvert d'un os gravé changea la dynamique du groupe, tous s'interrogèrent sur l'étrange symbole laissé au milieu de leur campement. De plus une pomme avait disparus. Qu'est-ce que cela pouvait bien pouvoir dire ? Althéa n'en savait rien, tout ce qu'elle pouvait faire était d'écouter la théorie des uns et des autres sans pouvoir en former une elle-même. Sa tête était vide. Elle était épuisée, elle voulait arrêter de s'inquiéter et juste aller dormir...

Enfin son souhait fut exhaussé et chacun regagna son abri. Fermant les yeux, enroulée dans sa fourrure de loup, Althéa s'endormit enfin.
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