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Une histoire de pommes. [Commun | Poe/Hiss]
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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
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Lun 23 Mai 2016 - 17:55

Un sifflotement vague provenait des berges du Lac, et en s'approchant on aurait eu du mal à repérer le visage flottant à la surface de l'eau, si ce n'était les cheveux blonds ondulants au gré des clapotis. Hiss ne savait pas trop par quoi commencer.

Déjà, il ne faisait plus aussi chaud qu'à son réveil, et maintenant elle commençait à se dire qu'un habit quelconque pour être le bienvenu, rien que pour la protéger de la morsure du froid. La nuit, il se glissait sous sa peau et elle peinait à trouver le sommeil. Faire du feu pourrait être une bonne idée, seulement pour en profiter il lui faudrait rester à même le sol la nuit, et il en était absolument hors de question. Elle avait entendu trop de bruits suspects pour se risquer à ramper entre les racines là, en bas.

Des vêtements, donc. Sa petite peau de lapin ne lui serait pas d'un grand secours, et elle comptait s'en servir pour ranger le peu de choses qu'elle trimbalait. Ce serait peut être possible de se servir de végétaux, bien qu'elle doutait que ce serait d'un grand recours contre la fraîcheur des nuits.

Elle sortit de l'eau d'un geste, jetant un regard vers la lisière de Forêt. Il ne lui restait plus grand chose de la carcasse de lapin, et trouver de la nourriture ne serrait pas une mauvaise idée. Peut être tomberait elle sur un animal plus imposant, qui sait? Tout en essorant ses longs cheveux, elle réfléchissait à où aller. La Forêt devait cacher plus d'êtres vivants que la Plaine, selon elle. Elle se méfiait des Montagnes, et puis il y faisait trop froid pour quelqu'un de nu.

Elle se pencha pour attraper un morceau d'os qu'elle avait nettoyé, assez long et fin. Elle s'en servi pour nouer ses cheveux au-dessus de sa tête. Ils étaient bien trop voyants, et lui barrait souvent la vue. Peut être finirait elle par les couper...

...

  Aussi discrètement que possible, reprenant parfois les trilles des oiseaux au-dessus d'elle, Hiss se glissait entre les arbres, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement.

Elle avait eu la trouille de sa vie quand un oiseau lui avait foncé dans le visage, alors qu'elle se rapprochait d'un buisson où il semblait y avoir du gibier. Il avait voulu protéger son nid, probablement, mais la blonde lui avait asséné un gros coup dans le poitrail, par pur réflexe, et il était mort en quelques instants. Son cadavre pendait à la hanche de Hiss, à côté de la bourse de lapin contenant ses œufs. Tout en sifflotant doucement un air vague, zieutant les hautes branches dans l'espoir d'apercevoir un piaf plus consistant, son regard se stoppa sur plusieurs points colorés, perchés dans un arbre. Cela ressemblait à... Des fruits? En tout cas ça n'avait pas l'air vivant, et elle se rapprocha de la base de l'arbre, en faisant le tour et sans faire de bruit. Au bout de quelques secondes, elle jugea qu'il n'y avait pas de danger, et escalada facilement les premières branches, avant d'arriver au niveau de ces boules colorées et lisses qui n'attendaient qu'à être mangées.

Du jus dégoulinait sur le menton de la blonde, sourire béat aux lèvres, heureuse de sa trouvaille qui lui faisait passer le goût du lapin cru. Mais quand elle commença à attraper un autre de ces fruits, quelque chose fit du bruit en contrebas, et elle n'osa se tourner tout de suite vers la source de son sursaut.

Hiss espérait sincèrement que ce serait un truc assez appétissant et plus charnu qu'un lapin, pour le dîner de ce soir.
Poe
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Racine
Métier : Cueilleur novice
Groupe : Errant
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Lun 23 Mai 2016 - 21:52


Soulagé, Poe frissonna un tout petit peu, s'étira puis pu retourner de là où il venait. A plusieurs dizaines de mètres de là, Saul l'attendait patiemment. Saul, c'était le nouvel ami de Poe, grand et fort, assez puissant pour pouvoir porter dans ses bras l'homme adulte, assez imposant pour tenir à bout de bras pendant toute la journée leurs réserves de nourriture à l'abri des voleurs, insectes et autres parasites. Clairement, Saul avait toutes les qualités du monde dans ce genre de situations.

Pourtant, il y avait une chose qu'il ne savait pas faire, c'était tenir Poe au chaud, ce qui était tout de même assez dommage lorsque l'on considérait la température froide de ce jour-là, deuxième jour de la cohabitation entre eux-deux. La peau de Saul était rêche, froide, laissait parfois des marques sur celle de Poe lorsqu'il restait dans ses bras trop longtemps. Alors, le jeune homme s'était décidé à aller chasser la bête sauvage pour se confectionner un semblant de vêtement qui pourrait le couvrir du froid. Alors il s'était préparé, avait mangé deux ou trois pommes que Saul avait bien voulu lui offrir, était parti faire pipi, puis devait récupérer son biface qu'il avait laissé sur l'une des branches.

Il traversait donc la forêt, sa nouvelle maison. Il avait commencé à repérer les environs, avait trouvé quelques points de repères afin de savoir lorsque Saul n'était pas loin. Ses pieds nus se posaient franchement sur la terre, les feuilles tombées et les brindilles chues, habitués à leur contact. Au début, il avait fait attention parce que certains cailloux pointus faisaient mal ou certaines branches faisaient du bruit, mais depuis il avait fini par s'habituer. Poe n'était pas quelqu'un de très douillet, il apprenait vite à faire avec ce qui le dépassait un peu. Il ne pouvait pas nettoyer tout le sol de la forêt, donc il devait se contenter de marcher dessus tel qu'il l'avait trouvé. Pareillement, les bras de Saul n'étaient pas ce qu'il y avait de plus confortable lorsque l'on voulait dormir, mais c'était quand même bien mieux que de dormir à même le sol, avec les insectes et les bêtes sauvages, alors Poe s'y habituerai. Ou bien il trouverait de la fourrure pour l'habiller tout en entier, comme ça il arrêterai d'être aussi désagréable au toucher.

Toujours était-il que Poe devait avant toute chose récupérer son biface, qu'il avait laissé à Saul, sachant pertinemment que là, personne ne viendrait l'y chercher. Son biface, c'était son seul outil qu'il avait mit longtemps à fabriquer, mais c'était la première étape pour la confection d'objets bien plus élaborés, il le savait. Il n'avait pas vraiment d'idée de choses à fabriquer, mais c'était le genre de réalisations qui ne se prévoyaient pas à l'avance, n'est-ce pas ? Elles apparaissaient spontanément, instinctivement.

Enfin, Poe arrivait au niveau de Saul, et il le contempla une fois encore. Saul était grand, fort et fleuri. De son tronc puissant partaient multitudes de branches aux innombrables feuilles verdoyantes, et surtout sur ces branches il y avait assez de pommes pour nourrir Poe pendant longtemps, très longtemps. Oui, Saul était un pommier, mais est-ce que cela avait vraiment une importance ? Il n'allait pas s'appeler « le pommier » pour le restant de ses jours, c'était dégradant. C'était la seule chose de cette fichue forêt sur laquelle Poe pouvait compter, parce que Saul ne l'attaquerait pas, mais le protégeait et le nourrissait. C'était tout gagnant pour le jeune homme.

Et là, Saul bougea. Une de ses branches remua, faisant doucement bruisser ses feuilles vertes. Cela coupa le souffle de Poe. Jamais il n'avait vu Saul agiter la moindre brindille sans l'aide du vent, et là, une branche entière s'était agitée de haut en bas. Poe ne l'avait pas clairement vue, elle était de l'autre côté du tronc vis-à-vis de lui, mais il avait vu les feuilles se frotter les unes aux autres et avait très bien entendu leur bruissement.
Alors, l'homme fit le tour du tronc, marchant lentement, sans un bruit, jusqu'à arriver en contrebas de la branche bruyante, en essayant d'être le plus discret possible, mais ce n'était visiblement pas son fort puisque la responsable se crispa, s'immobilisa, sans se retourner.

« Hé, t'es qui toi ? Et qu'est-ce que tu fais là ? Descend tout de suite ! » lâcha Poe, de sa voix grave et intimidante mais qui restait sa voix habituelle. Il la regardait de ses yeux perçants, sourcils froncés, se tenant haut et droit comme toujours. Après tout, c'était son arbre que l'on était en train de souiller en son absence. Il était parti, quoi, cinq minutes, et voilà que l'on venait lui voler ses pommes. Clairement, ce n'était pas correct.

Cependant, Poe était complètement désarmé et nu, il le savait. Son biface était encore perché sur l'une des branches, il n'avait pas pensé à le récupérer. Il ne connaissait en rien les intentions de cette inconnue, elle était peut-être armée jusqu'aux dents et surtout dangereuse. L'homme avait peur, sous sa barbe et ses airs énervés, mais il ne devait pas le montrer s'il voulait récupérer Saul.

Et il n'était pas au bout de ses surprises, car à peine avait-il fini, il entendit un grondement, un grognement rauque qui lui glaça le sang. Levant les yeux, il vit un ours, titanesque, qui observait la femme dans l'arbre, de ses yeux blancs et vitreux. L'apparence de l'ours était encore plus terrifiante que l'animal en lui-même. Son pelage noir tombait par endroit, laissant apparaître une peau toute aussi sombre sous laquelle se dessinaient ses os. Des lambeaux de peau pendaient à d'autres endroits, montrant à tous la chair putréfiée largement ouverte, et du sang noir et en partie coagulé coulait de ses plaies, se répandant sur le sol en une épaisse flaque. Aussi, l'odeur nauséabonde emplissait l'air, de plus en plus lourde et insoutenable. L'animal avançait lentement, pas à pas, pour les rejoindre, traînant avec lui sa carcasse pourrie et son air menaçant.


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
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Journal :
Lun 23 Mai 2016 - 23:38

La blonde relâcha son souffle quand elle entendit quelqu'un parler, la en bas, qui n'était visiblement pas un lapin, même gros. Et elle fut déçue de comprendre qu'elle risquait de ne pas avoir grand chose de plus qu'une omelette au poulet ce soir, si par chance le type au sol n'était pas trop méchant. C'était son premier contact avec un de ses semblables, mais visiblement cela partait plutôt mal. Elle baissa les yeux vers lui, et commença a espérer qu'il ne sache pas monter aux arbres, quand une puanteur lui vint aux narines. Le visage du bonhomme brun en dessous s'était décomposé en même temps que l'odeur avait surgit, et son regard était fixé sur un point de l'autre côté de Hiss.

Quand elle aperçu la chose, son corps ne put retenir un frisson vraiment désagréable. Qu'est ce que c'était que ce truc invraisemblable? Énorme, effrayant, et preuve en est des os dépassants de sa fourrure en lambeaux, mort. La blonde fit un bond en arrière, se rendant compte de sa trop proche proximité avec ce monstre.

Comment allait elle se débrouiller pour lui survivre, sachant que sa lance ne lui ferait probablement pas de plus gros effet qu'une piqûre de moustique? Elle monta vers une branche un peu plus haute, et retenta un coup d’œil du côté du type en bas. Il était nu, comme elle, et ne pouvait vraisemblablement pas cacher d'arme. Donc il était encore plus en danger qu'elle. Donc il y avait de fortes chances pour qu'il grimpe dans ce foutu arbre, et que la situation se corse encore un peu plus. Si il savait escalader un arbre. Le cerveau de Hiss tournait à toute berzingue. Voulait elle vraiment voir un bonhomme se faire éventrer par un gros truc mort, là en dessous de ses pieds bien en sécurité? Après tout, mieux valait que ce soit lui plutôt qu'elle. Elle tenait à sa peau, tout de même.

Le hic, c'est que le monstre avait pas l'air d'en vouloir au type, mais il semblait plutôt obnubilé par elle. Alors quoi, elle était si appétissante que ça? Et pour toute réponse aux grognements sourds de la bête puante un peu plus bas, elle se mit à feuler, retranchée entre les branches de l'arbre aux fruits.
Poe
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Jour d'éveil : Jour 10
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Mar 24 Mai 2016 - 13:05


Qu'allaient-ils faire ? Que pouvaient-ils faire ? Face à un ours, il n'y avait pas énormément de possibilités. Courir, se planquer, se mettre à l'abri, quoi. Poe était tétanisé, terrifié par l'animal, son aspect terrifiant et nauséabond. Il n'osait bouger, son esprit semblait avoir surchauffé, parcouru en un instant par beaucoup plus de pensées qu'il ne pouvait analyser, c'était comme s'il s'était éteint.
L'animal gronda, ouvrant sa gueule béante, laissant apercevoir les rangées de dents jaunies qui, elles, ne semblaient pas être tombées. Il était vraiment flippant, se disait Poe. Mais heureusement, il ne semblait pas s'intéresser à lui, plutôt à la voleuse de pommes.

Est-ce que l'ours était venu protéger Saul ? Est-ce qu'il était venu le défendre de cette femme qui se servait allègrement de ses fruits sans considération aucune pour l'arbre en lui-même ? C'était une théorie qui semblait tout-à-fait plausible pour le jeune homme. Mais il n'avait pas envie de savoir si elle était vraie ou non, parce que lui aussi s'était bien rassasié des pommes de Saul, donc il n'y avait pas de raison que Poe puisse échapper à la punition lui aussi. A moins que Poe et Saul entretiennent un genre de relation spéciale, ou un truc du genre, que cette femme ne partageait pas avec l'arbre. Voilà pourquoi l'arbre s'en prenait à elle, et pas à lui.
Toujours était-il que cela n'était qu'une théorie (qu'il trouvait logique en un sens, parce que Poe adorait Saul, vraiment, mais la voleuse avait l'air de s'en ficher puisqu'elle n'était arrivée que quelques instants auparavant mais piquait déjà quelques fruits), donc que l'ours risquait tout de même de s'en prendre aussi à l'homme.

Alors, reprenant ses esprits, Poe bondit sur la branche devant lui, hissant tout son poids au dessus le plus vite possible. Il grimpa encore deux ou trois branches plus haut histoire de se mettre vraiment à l'abri. Peut-être que l'ours savait grimper, peut-être pas, toujours était-il qu'il fallait garder de la distance entre eux et l'animal.
Oui, eux, et pas seulement Poe, parce que même s'il ne connaissait pas la jeune femme qui avait attiré la bête, il était hors de question de la jeter dans les griffes de la bête sous prétexte qu'ainsi il s'en sortirai plus facilement. Non, ils devaient s'aider, peut-être qu'ainsi ils s'en sortiraient tous les deux indemnes, et que Poe se trouverait quelqu'un d'autre sur qui compter qu'un arbre (ne le prend pas mal, Saul, mais tu es vraiment mauvais lorsqu'il faut entretenir la conversation).

Sans réfléchir, Poe fini par atteindre la même branche que la jeune femme, ne s'inquiétant pas le moins de monde de la capacité de l'arbre à soutenir les deux adultes pendant longtemps. Et l'ours était toujours là. Il était maintenant presque en dessous d'eux, au niveau du tronc, grognant toujours aussi fort, se levant sur ses pattes arrières comme pour essayer de les attraper. L'homme avait de plus en plus peur, et plus il sentait ce sentiment de crainte profonde l'envahir, plus l'animal se décomposait. Sa peau se détachait de son abdomen en lambeaux noirs, et ses organes commençaient à se répandre sur le sol dans un bruit flasque et une flaque de sang obscur.

Ils ne pourraient pas faire grand chose contre cette bête, ils devaient la faire fuir. Lui faire peur, peut-être (leur faire peur plus qu'elle n'effrayait les humains allait être difficile, mais l'intimider suffisamment pour qu'elle s'en aille d'elle-même serait peut-être un objectif atteignable). Alors, Poe attrapa les quelques pommes qui étaient à sa porté et les lança sur l'animal.
« Casse toi ! Dégage ! » scanda-t-il, alors que les projectiles venaient s'écraser tout autour de lui (oui, Poe visait assez mal). L'un d'eux atteint sa cible, pile entre les deux yeux. Malheureusement elle ne rebondit pas sur son museau comme le lanceur l'aurait imaginé. Au lieu de cela, elle traversa la cible, tombant sur la sol comme les autres pommes qui n'avaient pas atteint l'ours.

Et pourtant, cela sembla faire effet puisque l'animal se posa à nouveau sur ses quatre pattes, fit volte-face et s'en alla, calmement, comme si de rien n'était Tandis qu'il marchait, il semblait se recomposer, ses poils repoussant, sa peau se recollant à sa chair, son sang disparaissant du sol, l'odeur s'évanouissant. Il finit par disparaître entre les arbres avec une allure d'ours normal, vivant, bien que son pelage reste intégralement noir.
Les deux humains étaient désormais seuls sur la branche de Saul. Qu'allaient-ils faire ensuite ? Poe n'en avait fichtrement aucune idée. L'ours était parti, et pourtant cela ne signifiait pas qu'il ne finirait pas par revenir. Mais de là à ce que Poe y pense, c'était autre chose.


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
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Journal :
Mar 24 Mai 2016 - 17:14

Les tympans vibrèrent au grondement poussé par la bestiole immonde, et dans le cerveau repassa la même image, s'intensifiant, se déformant au décompte des secondes. La vision de la boîte à clous gargantuesque de la chose terrorisa Hiss encore un peu plus, si possible. Ses yeux ne captaient plus rien d'autre que le monstre, et elle ne pouvait plus s'en détacher. Alors quoi, elle allait vraiment se faire bouffer par un truc mort? Merde, c'était trop con.

Elle ne fit guère attention au type qui avait sauté dans l'arbre, visiblement pas aussi tétanisé qu'elle pouvait l'être. Il l'effleura à peine quand il grimpa à ses côtés, au plus haut. Mais Hiss continua de détailler la cause de ses tourments, encore et encore, comme hypnotisée.

"Je vais mourir" passait en boucle dans sa cervelle, comme un vieux disque rayé. Elle sursauta cependant lorsque tout près de son oreille, le type d'en bas qui était désormais en haut gueula un « Casse toi ! Dégage ! » assez convaincant, le tout en lançant des fruits sur le machin du dessous. Bon, il ne savait pas viser, mais au moins il tentait quelque chose. Puis, la dernière boule juteuse toucha en plein dans le mille, et Hiss fut encore plus paumée en constatant qu'elle ne fit que traverser la gueule du monstre. Genre, comme ça, normal. Déjà que tout était trop bizarre, il fallait en plus que ce truc ne soit pas palpable? Hiss ne savait pas si c'était vraiment une bonne chose, mais le tir de fruits et la grosse voix du type eurent l'air de fonctionner puisque la bête fit demi tour, posément, et se barra. Sans un regard en arrière. Et quand il disparu, il ne ressemblait plus à la chose qui avait tant foutu les pétoches à Hiss, non. C'était juste un ours.

Elle se relâcha légèrement avant d'expirer longuement, puis tourna la tête vers son potentiel sauveur, sans savoir réellement ce qu'elle pourrait bien lui dire. La blonde n'était pas très à l'aise avec les mots. Et, peut être qu'il serait toujours en colère contre elle?

"Heum... Merci. Je... C'était quoi?"

Elle recula imperceptiblement, et en essayant de caler son pied dans une position plus confortable, elle se senti tomber. Elle eu juste le temps de se rattraper à la branche du dessous, ne manquant pas de s'écorcher les jambes et les bras, et se murmurait des phrases pittoresques à base de "sombre conne" ou bien "saloperie de merde", en tentant de retrouver sa dignité perdue de grimpeuse d'arbre. Et finalement, son cerveau lui indiqua que le danger était encore présent avec le truc qui s'était barré, mais qui pouvait revenir - peut être même qu'il reviendrait avec d'autres machins morts mais vivants. Et puis en même temps peut être que le type la haut lui voudrait du mal aussi, après tout il était assez intimidant pour faire s'enfuir un cadavre d'ours. Ceci dit, elle préféra le gourou d'un de ses semblables, avec qui elle pourrait au moins se justifier. Enfin elle l’espérait.

Et soudain un détail lui revint en tête, infime, mais qui finalement avait son importance. Elle était littéralement à poil. Écorchée, encore tremblotante, humiliée, et nue. Et même si lui aussi, il l'était, ça ne l'arrangeait pas beaucoup plus.

Cette foutue journée avait pourtant pas si mal commencée...
Poe
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Jour d'éveil : Jour 10
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Mer 25 Mai 2016 - 17:20

L'ours était parti, il ne restait plus qu'à régler le cas de la voleuse. Cas qui sembla presque se régler de lui-même, puisque la jeune femme glissa et manqua de tomber du haut de l'arbre. Se rattrapant de justesse à l'une des branches, elle était suspendue au dessus du vide, menaçant de rejoindre l'ours qui devait toujours traîner dans les environs.
« Hé, non ! Tombe pas ! » lança Poe, se jetant en avant pour attraper le bras de l'inconnue, qu'il tira pour en aider la propriétaire à remonter. Elle n'était pas lourde, si bien qu'il n'eut pas vraiment besoin de son aide pour la lever et la reposer sur la branche comme s'il s'agissait d'un objet inanimé. Mais Poe n'était pas vraiment surpris par sa capacité à soulever un poids considérable, parce qu'il en avait toujours été capable aussi loin que ses souvenirs puissent remonter, donc il ne s'imaginait pas que les choses puissent en être autrement. Toujours était-il que Poe posa la jeune femme sur la branche, devant lui presque comme si cela ne lui demandait aucun effort.
« Fait attention, l'ours est peut-être toujours là » lui dit-il alors, la regardant droit dans les yeux, de ses pupilles brunes et son regard sérieux, sourcils presque froncés comme ils l'étaient toujours

Il venait de disparaître entre les arbres après tout, et s'il avait été assez malin pour partir quand il avait reçu une pomme en pleine poire (même si elle l'avait traversé de part en part comme s'il n'était pas vraiment présent), il serait certainement assez intelligent pour avoir seulement fait semblant de partir. En réalité, il allait revenir lorsque les humains s'y attendraient le moins, et là il pourrait les dévorer tout crus. Enfin, les dévorer tout crus, il ne mangerait que la femme, c'était évident. Après tout, Poe avait vécu avec Saul pendant presque toute une journée et rien ne s'était passé, et dans la minute où cette voleuse était grimpée sur les branches du pommier, l'ours avait fait son apparition.
« Faut pas que tu restes là, c'est après toi qu'il en a, parce que t'as piqué des pommes à l'arbre » lança Poe à la jeune femme.

Elle n'avait quand même pas de chance, peut-être que si elle était arrivée la première au pommier, les rôles auraient été inversés et Poe aurait été celui qui en aurait été chassé. Mais les choses ne s'étaient pas passées de cette façon, tant mieux pour Poe, tant pis pour elle.
Tant pis pour Poe, tant mieux pour elle, le jeune homme n'arrivait pas à se résoudre à ce que les choses se passent de la sorte. Elle n'avait rien fait pour mériter ce sort, l'errance dans la forêt, à fuir les animaux et à chercher un autre pommier qui voudrait bien d'elle. Bon, d'accord, elle était venue se servir de Saul sans prévenir, sans permission aucune, mais la cohabitation de l'homme et de l'arbre s'était faite de la même manière.

« J'ai jamais eu de problème avec l'arbre, moi, je pourrais t'amener des pommes si tu veux. Comment tu t'appelles ? »
Oui, Poe avait prit pitié de la jeune femme. Il l'avait déjà pardonné d'avoir saccagé les délicates branches de Saul. Elle avait dû traverser un enfer pour en arriver là, Poe, lui, avait dormi à même le sol, s'était empoisonné avec un cadavre de biche et avait manqué de mourir de faim avant de trouver l'arbre providentiel. Ainsi, si elle aussi avait souffert, il n'y avait pas de raison qu'ils ne s'entraident pas les uns les autres. Après tout, elle semblait tout-à-fait inoffensive, désarmée et relativement frêle comparée à l'homme adulte en pleine forme à qui elle faisait face. Alors, l'aider ne mettrait pas forcément Poe en grand danger, et il y gagnerait certainement quelque chose en retour, donc pourquoi pas. Peut-être qu'elle trouverait son propre arbre-ami, quelle y inviterai Poe et qu'ils partageraient d'autres fruits que des pommes. C'était un plan qui plaisait à l'homme. Il avait des désirs simples dans la vie, et se faire des amis était l'un d'entre eux. Alors, cette femme, la première qu'il rencontrait depuis son éveil, semblait être une opportunité intéressante, qu'il ne fallait en rien rater.


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Hiss
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Jeu 26 Mai 2016 - 0:26

Hiss senti quelque chose lui attraper le poignet, quelque chose de puissant et de chaud, quelque chose qu'elle identifiait immédiatement comme faisant partie intégrante de l'homme au dessus d'elle. Mais avant qu'elle put faire le moindre mouvement, ce quelque chose la souleva, comme si son corps ne pesait pas plus lourd qu'une brindille, jusqu'à sa place initiale, sur la branche du dessus. Et sans effort, le type brun la déposa en face de lui, délicatement, et lui parla doucement, d'air air sérieux mais prévenant. 

« Fait attention, l'ours est peut-être toujours là » 

Il avait des yeux marron, une grosse barbe et des sourcils froncés qui lui donnaient l'apparence d'un type plus vieux, alors qu'il ne semblait pas être beaucoup plus âgé qu'elle. Question qui se fit minuscule dans la tête de la blonde, en proie à des préoccupations plus urgentes : quel âge pouvait elle avoir, elle? Trois jours?

Toujours est il qu'à présent elle pouvait détailler le visage de son interlocuteur aux gros bras, et qu'elle ne savait pas exactement comment réagir. Ce type était rentré dans son espace vital, mais il ne semblait pas menaçant, comme elle aurait plus le croire quelques minutes plus tôt. 

« Faut pas que tu restes là, c'est après toi qu'il en a, parce que t'as piqué des pommes à l'arbre »  dit il avec ce sérieux immuable, mais en restant suffisamment poli pour qu'elle ne se sente pas préssée de partir. Il avait une de ces voix rassurante, profonde, qui donne envie de les écouter sans les interrompre. Du moins Hiss l’interprétait comme telle, et de toute manière, elle ne savait vraiment pas quels mots employer pour lui répondre, ni même sur quel ton elle devait les prononcer. 

Mais c'était étrange, sa façon de parler de l'arbre. Comme si il le protégeait, alors que Hiss était persuadée que lui aussi, d'une certaine manière, volait les fruits qui se trouvaient là. A moins qu'il ai planté cet arbre exprès, et encore, l'arbre était une entité autonome. Ou alors, ce bonhomme brun savait parler aux arbres, et ils avaient passé un pacte entre eux, stipulant que l'homme pouvait manger ses fruits si seulement il le protégeait de toute attaque extérieure et de parasite? C'était plausible. Hiss était sûre que les arbre étaient doués d'intelligence, mais qu'ils ne communiquaient juste pas de la même manière qu'elle et ses semblables, et même pas de la même manière que les animaux. C'est quand elle en vint à cette pensée que le brun lui dit, avec comme un air d'excuse dans la voix :

« J'ai jamais eu de problème avec l'arbre, moi, je pourrais t'amener des pommes si tu veux. Comment tu t'appelles ? »

Elle fronça des sourcils, se grattant le cou en réfléchissant à cette nouvelle salve de mots. C'est vrai que maintenant qu'il abordait le sujet, elle aimerait bien pouvoir mettre un nom sur toutes ses pensées se référant à lui. Il y avait beaucoup plus de pensées dans son esprit maintenant qu'elle l'avait rencontré. 

"Est ce que tu sais parler aux arbres? Vous avez passé un pacte, entre vous deux?"

C'était difficile de parler, mais elle était heureuse d'avoir dit autant de mots d'un coup, et surtout des mots intéressant. Sa voix était assez suave, mais elle murmurait presque quand elle se servait de sa langue. Et c'était d'ailleurs assez étrange de parler autant, puisque depuis son réveil, elle n'avait pas dit plus de sept mots. Sinon, elle sifflait. Oh, si il acceptait de lui apprendre le langage des arbres, elle lui enseignerais comment parler aux oiseaux! 

Et puis une idée vint dans son esprit, elle la détailla un court instant, puis estima que c'était une bonne idée. Alors elle parla, encore un peu plus, toujours à voix presque trop basse.

"Mon nom, c'est Hiss. C'est quoi, le tien? Si tu veux, en échange du langage des arbres, je t'apprendrais le langage des oiseaux. Je le connais bien. Et aussi, je veux bien te donner un peu de viande. En échange des fruits, que j'ai piqué à ton arbre."

Tellement de mots! Elle reprit sa respiration, puis lui fit un grand sourire. Finalement, il avait l'air plutôt gentil. Et puis, Hiss aimait beaucoup sa voix et ses sourcils froncés.
Poe
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Ven 27 Mai 2016 - 0:05

Parler aux arbres ? Comment voulait-elle que Poe puisse parler à un arbre ? Ça n'a pas d'oreille, et si l'on parle à quelqu'un on s'attend à ce qu'elle nous réponde, mais un arbre ça n'a pas de bouche non plus. Ou alors, peut-être qu'il en avait une mais qui ne se voyait pas, que Poe devrait la lui tailler. Oui, c'était une bonne idée, ça. Il le ferrait certainement plus tard, dans la soirée par exemple, avec son silex. En attendant, il devrait bien analyser les traits du visage de l'inconnue face à lui pour pouvoir les reproduire ce soir. Alors, tandis qu'il secouait la tête de gauche à droite pour répondre que non, il ne parlait pas à l'arbre, il ne quitta pas la femme des yeux, subitement muet et visiblement fasciné par son visage.
Mais il fini par revenir à lui, l'idée d'apprendre par cœur son visage ayant quitté l'esprit simple de Poe comme elle était venue, il n'avait pas vraiment fait attention à ce que la prénommée Hiss avait bien pu lui dire.
« Parler aux oiseaux ? Tu sais parler aux oiseaux ? »

C'était tout-à-fait surprenant. Poe en avait croisé tout plein des oiseaux, pendant ses 2 jours de vie qu'il avait passé en dehors de sa grotte, et pourtant pas un seul ne lui avait adressé la parole. Peut-être qu'ils étaient méchants, moqueurs, pas sympas, les oiseaux, ce serait probablement pour cela que Hiss avait un oiseau mort qui pendait de sa ceinture.
Si ça se trouve, cet oiseau était son ami, auparavant, et elle avait fini par le tuer. Alors, Poe pointa le cadavre du doigt.
« Si tu sais parler aux oiseaux, pourquoi tu l'as tué, celui-là ? »

Est-ce qu'elle s'était disputée avec cet oiseau ? Est-ce qu'elle avait eu une raison de le tuer ? Ça se mangeait, au moins, un oiseau ? Si oui, elle l'avait trahi parce qu'elle voulait survivre, le dévorer, assurer sa propre survie au dépend de ce pauvre animal à plumes, preuve qu'elle serait certainement capable d'en faire de même avec Poe si elle en avait l'occasion. Si cela ne se mangeait pas, elle l'exhibait comme un simple trophée, une preuve de sa cruauté qu'elle montrait au monde entier. C'était répugnant. Et le pire dans l'histoire, c'était qu'elle proposait un morceau de l'animal à Poe, qui ne savait toujours ça si on pouvait manger un oiseau. Est-ce qu'elle voulait l'empoisonner ? C'était un piège, certainement. « Non merci, ça devrait aller, j'ai assez de pommes pour tenir, t'en fais pas. » répondit-il sur le même ton renfrogné et rustre que d'habitude. Techniquement ce n'était pas un mensonge, il disposait bel et bien de suffisamment de fruits pour survivre un bon moment. Seulement il n'avait pas envie d'accepter le « cadeau » de la jeune femme, et cela rien ni personne ne l'obligeait à le dire. Il ne voulait pas risquer de se voir intoxiqué par de la chair d'oiseau, comme il avait déjà fait avec la biche putréfiée qu'il avait rencontré sur son chemin la veille.

Finalement, qui était cette Hiss que Poe accueillait sur son arbre ? Il ne savait rien d'elle, et Saul lui-même avait décidé de la repousser, en leur envoyant un ours l'intimider. C'était un signe, elle était très certainement dangereuse. Elle devait partir. Tout simplement parce que sinon elle allait attirer l'ours à nouveau, et Poe n'avait pas vraiment envie de le revoir, avec sa peau qui tombait en lambeaux, ses boyaux qui pendaient de son abdomen et ses dents jaunes mais pointues, menaçantes. Si Poe pouvait se passer d'une autre de ces visions d'horreurs, ce n'était pas de refus. Il en ferrait probablement des cauchemars, et il ne verrait plus jamais Saul du même œil, maintenant qu'il savait que l'arbre était tout-à-fait capable de se protéger des agresseurs et des voleurs.

« Désolé mais il va vraiment falloir que tu partes. Sinon tu vas encore attirer l'ours. C'est dangereux. » ordonna-t-il avec davantage d'autorité, ce que lui permettaient sa voix grâve et sa stature élevée, lui qui se releva pour se trouver plus haut et plus imposant face à Hiss.
D'un côté, Poe se sentait un peu mal de la virer telle une malpropre, peut-être qu'elle avait ses raisons d'avoir tué son propre ami l'oiseau. Mais en attendant, l'homme ne pouvait pas se permettre de la laisser attendre ici jusqu'à ce qu'elle ait une bonne raison d'avoir besoin de le trahir lui aussi pour s'assurer sa propre survie. Non, non, c'était vraiment risqué, elle devait partir.
Si elle refusait, l'homme bien plus imposant qu'elle devrait certainement utiliser la force pour la virer. Elle ne faisait clairement pas le poids, il n'aurait pas beaucoup de problèmes. Mais il n'avait pas envie d'en arriver là, il culpabiliserait certainement.


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Hiss
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Ven 27 Mai 2016 - 15:19

Hiss ne vit pas de changement spécifique sur les traits de son interlocuteur, mais elle le senti se fermer progressivement. Il la fixait, les sourcils toujours froncés mais une lueur étrange dans les yeux. Comme si il ne la croyait plus, qu'elle avait dit une énormité. Puis il lui demanda, pour les oiseaux, et surtout pourquoi elle en avait un mort accrochée à sa taille. 

Hiss fit une moue entre triste et énervée. Elle pencha la tête pour regarder le cadavre qu'elle brinquebalait depuis ce matin, puis replongea ses yeux dans ceux du brun. 

"Je l'ai tué par accident, il m'a attaqué ce matin. Les oiseaux ne sont ni mes amis, ni mes ennemis, c'est comme la Forêt. On en fait partie, c'est parfois dangereux, parfois c'est chouette."

Elle disait la vérité, non? Elle aimait la Forêt, même le Lac ou les Montagnes. Mais ça restait dangereux, et elle ne pouvait les considérer comme des amis, puisque vivre chez eux était difficile. Les oiseaux, c'était pareil. Elle les aimait bien, et elle était sûre de les apprécier bien cuits aussi. C'est cette pensée qui la ramena vers son but principal, chasser quelque chose d'assez gros pour fabriquer de quoi se couvrir. Et puis faire du feu pour manger tout ça serait un petit réconfort, si elle y arrivait. 

Mais le monstre risquait de traîner dans les parages, et elle avait la trouille de recroiser sa mâchoire acérée et ses lambeaux de peau déchirés. Elle renifla bruyamment, toujours un œil posé sur son acolyte moins agréable qu'avant. Il ne lui avait même pas dit son nom. Quel surnom pourrait elle lui donner?

« Désolé mais il va vraiment falloir que tu partes. Sinon tu vas encore attirer l'ours. C'est dangereux. » 

Il s'était relevé, et la surplombait maintenant de façon assez peu joviale, sa voix grave accentuant ce constat. Elle eut peur de lui, pendant un instant, puis se rappela qu'il y a encore une minute il était gentil et lui proposait des pommes. Il avait même refusé de la bouffe. Elle ne comprenait pas, m'enfin, elle n'allait pas déblatérer toute la journée de sa présence ici avec un type souhaitant visiblement son départ immédiat. Elle avait mieux a faire. Cependant, elle lui sourit. La voix du brun était toujours aussi agréable, bien qu'elle puisse être effrayante. 

"Ne t'en fais pas, je m'en vais, Barbu Froncé. Je dois aller chasser. Je suis dans un arbre, un peu plus au sud, si jamais tu n'a plus assez de pommes tu peux passer me piquer un peu de viande."

Elle lui fit un clin d’œil et descendit de l'arbre aussi vite qu'elle y était montée plus tôt. Sa lance était tombée au pied de l'arbre, et elle la récupéra avant de se tourner vers le brun toujours perché.

"Fais attention aux monstres."

Elle tourna les talons et se dirigea à l'endroit opposé ou l'ours avait disparu plus tôt.
Poe
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Ven 27 Mai 2016 - 22:01


Elle l'avait tué par accident ? Ouais, c'était exactement ce qu'elle aurait dit si elle avait voulu cacher le meurtre qu'elle avait commis. Ou alors elle disait la vérité. Il n'y avait aucun réel moyen de le savoir, c'était assez intriguant. Peut-être qu'elle était honnête, mais surtout, peut-être qu'elle ne l'était pas, et Saul était de cette opinion-là. Ainsi, c'était certainement une bonne chose qu'elle s'en aille au final, comme ça Poe aurait plus de pommes.

Avant de descendre de l'arbre, elle s'adressa à lui en l'appelant « Barbu froncé ». Il était vrai qu'il avait oublié de se présenter, dans son obsession pour sa propre survie. Au moins, puisqu'elle ne savait pas comment Poe s'appelait, Hiss n'arriverait probablement jamais à le retrouver si elle le cherchait. « Je cherche un grand barbu qui a tout le temps l'air de mauvais humeur », c'était peut-être un physique assez banal qu'elle décrirait. Clairement, Poe était à l'abri si jamais elle cherchait à le suivre.
Et à l'en croire, elle aussi se planquait dans un arbre. Peut-être qu'il avait des fruits aussi. Peut-être que cet arbre était l'ennemi de Saul, et que c'était pour cela que le pommier avait repoussé la jeune femme. Tout s'expliquait !

Poe entendit la proposition de la jeune femme, s'il voulait manger autre chose que des pommes. Il hocha la tête, silencieux, toujours plongé dans ses pensés. Il était moyennement convaincu. Ou alors elle lui en proposerait bel et bien, mais ce serait comme l'oiseau qui pendait à sa ceinture, empoisonné et dangereux, un piège mortel. Hors de question qu'il aille en chercher, c'était sûr et certain. Il ne savait même pas où elle habitait. Un peu plus au Sud, d'accord, mais c'était où le Sud ? De toute façon il avait qu'à regarder dans quelle direction elle partait et ne jamais s'y aventurer, s'il ne voulait pas la croiser à nouveau, parce que Saul ne pourrait peut-être pas protéger Poe s'il partait trop loin.

Hiss fit un clin d’œil à Poe avant de descendre de l'arbre. Quelle drôle de femme. L'homme à qui cela était adressé ne comprit pas vraiment ce que cela signifiait, car le tout s'était passé très vite et qu'il n'avait jamais eu personne pour lui expliquer ce que cela était censé représenter. Alors, comme toutes les choses qu'il ne comprenait pas vraiment, il l'évacua assez rapidement du cours de ses pensées.

Elle descendit et alla récupérer son objet, un genre de long bâton avec un bout pointu. Poe ne savait pas vraiment à quoi cela pouvait servir, mais il trouvait l'objet intéressant. Cela permettait certainement d'attraper des objets d'assez loin. L'idée était plus que plaisante. Pareillement, pour se battre, cela permettait de planter l'objet dans son adversaire sans avoir à se mettre en danger. C'était vraiment un bon objet, plus il y réfléchissait, plus Poe trouvait que c'était une bonne idée. Il essaierait peut-être de s'en fabriquer un dans la soirée, une fois qu'il se serait assuré que l'intruse était partie et ne reviendrait pas. Il aurait besoin d'un assez long bâton, droit, dont il taillerait seulement l'extrémité, ou pourquoi pas même les deux ? Pour avoir un objet deux fois plus efficace ! C'était une innovation majeure pour le jeune homme qui était déjà motivé pour se fabriquer une lance double face.
Il devait aussi tailler le visage dans le tronc de Saul, pour pouvoir lui parler. Il ne ferrait en hauteur, en face d'une des branches, et pas celle sur laquelle il dort, ce serait trop inconfortable de s'appuyer dessus sinon, sans oublier qu'il risquerait d'étouffer son ami.

La jeune femme s'en alla, enfin, et Poe pouvait respirer. Il s'assit sur la branche, pensant encore une fois à tout ce qu'il venait de se passer pendant de longues et longues minutes après que la femme se soit enfuie. Ses sens étaient aux aguets, il se demandait si l'ours allait revenir. Il avait un peu envie de le revoir, grande et impressionnante bête visiblement domestiquée par le meilleur ami de Poe. Ce dernier ne devrait pas craindre grand chose. Peut-être que l'homme pourrait l'approcher, le toucher, contrairement à la pomme qui l'avait traversé de part en part. Peut-être qu'ils pourraient dormir ensemble, se tenir chaud dans le froid de la nuit. Oui, un ours c'était un animal dangereux, mais il lui avait déjà obéit une fois, il n'y avait pas de raison que cela ne se reproduise pas.

Et de derrière lui, il entendit une branche se casser, une respiration grave et forte. Il se retourna en sursaut et aperçu la grosse bête et sa fourrure noire, ses pupilles marrons plantées dans celles de l'homme. Immobile, ils se regardèrent quelques instants jusqu'à ce que Poe ose descendre de son arbre et faire face à l'animal.

Fin


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