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Helig
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Helig
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Messages : 4

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Echoué
Métier : Guérisseur - Novice
Groupe : Errant
Fiche de présentation :
Jeu 26 Mai 2016 - 13:12


Prénom : Helig
Nom/surnom : Aucun pour le moment

Éveil : Dixième jour
Sexe : Masculin

Race : Echoué
Métier : Guérisseur - Novice
Groupe : Errant
Croyance : Helig ne sait pas si son éveil la vallée relève de la malédiction, de la malchance, ou d’une condition pour tous les humains, mais il déteste cette prison. De fait, Helig est très craintif de tous ses habitants et vit ses journées ici comme une peine de purgatoire.

Magie :  Bien que ce talent soit tout à fait incontrôlable et, pour le moment, inconscient, l’Echoué a un pouvoir relativement puissant, qui mêle Oubli et Confusion. Etant facilement confus socialement, Helig est particulièrement troublé lorsqu’il est confronté aux actes quelqu’un dont il ne comprend pas les raisons.
Si les actes en question sont forts, ou si Helig est directement concerné par ceux ci, il est pris d’une anxiété presque panique face à ce qui est, pour lui, une absence totale de logique. Sa propre incompréhension et sa volonté de revenir à une situation « normale » affecte son entourage d’une manière particulière. Les cibles de ce maléfice, d’une portée très courte, perdent assez vite la mémoire de la raison de leurs actes et si leur exposition à la confusion est prolongée, la motivation même de leurs actes s’estompe, les laissant perplexes.
Cette magie s’interrompt assez rapidement, en s’éloignant d’Helig, ou plus simplement dès l’instant où la situation devient claire pour lui.

Capacités physiques : En bon échoué, Helig n’est pas une force de la nature. On pourrait même le qualifier de faible. Sa silhouette est étroite sans être grande, ses muscles trop fins, son endurance laisse à désirer, et son sommeil souvent troublé l’accable d’une légère fatigue constante. Par chance, il a de bons yeux, des réflexes corrects, et sans pouvoir faire durer l’effort, il court passablement vite.

Talents divers : À défaut de comprendre les gens, Helig arrive assez vite à comprendre comment fonctionne leur corps. Bien qu’ayant commencé avec peu de connaissances dans le domaine, il parvient instinctivement à saisir des éléments qui le prédisposent à la médecine comme le rôle d’un muscle, la fragilité d’un os, ou bien l’intérêt à garder ses organes à l’intérieur de soi.

Helig compense également ses difficultés sociales et son corps faible par une certaine intelligence logique, ainsi que d’une assez bonne mémoire, et du sens de l’orientation qui va avec.

Équipement : Un bâton de deux mètres, servant pour la marche, et un pagne fait de feuilles.

Apparence physique et charisme :

Helig est relativement petit, avec des membres trop longs et trop maigres pour être puissants, et sa silhouette repliée sur elle même le rend d’autant moins impressionnant. Ses côtes et ses premières cicatrices sont bien visibles grâce à sa peau pâle et tendue.
Ses cheveux d’un gris cendré, longs et emmêlés, cachent au gré du vent son visage anguleux et ses joues creusées.
Malgré sa carrure plus que discrète, l’échoué laisse souvent une impression particulière sur les autres survivants. Avec son visage pouvant être follement expressif, et ses grands yeux verts fixant ses interlocuteurs avec insistance, Helig rend souvent les gens aussi mal à l’aise qu’il l’est lui même. Cette gène tend à disparaitre avec le temps, et ceux à qui il offre un visage vide et un regard lointain sont ceux qu’il ne considère plus comme des étrangers.
Lorsqu’il converse, il s’exprime d’une voix douce mais saccadée, comme s’il hésitait sur chaque mot tout en scrutant le visage de ses pairs.

Caractère et personnalité :

Helig ne fait pas confiance au monde dans lequel il est prisonnier, ce qui le rend méfiant de son environnement et de ses habitants. De manière générale, accepter une nouveauté lui prendra beaucoup de temps, mais laisser partir ce qu’il a fini par adopter lui prendra plus de temps encore. De fait, si l’échoué est souvent sur la défensive, une fois gagnée, sa confiance est tenace.

Face à ce monde qui l’impressionne, Helig essaye de s’accrocher à ce qu’il comprend. Il essaye, avec plus ou moins de succès, d’analyser toutes les situations et de saisir la logique de ce qui l’entoure. Avec la nature, il y parvient relativement bien, stockant toutes les informations logiques dans sa mémoire, et en tachant de ne pas être influencé par l’affect. Passer des heures à observer un arbre, une construction, un outil ou le ciel ne le dérange pas, c’est en vérité une activité qui le calme. C’est avec les humains qu’il rencontre de réelles difficultés. Il essaye également de comprendre leurs actes, d’analyser leurs réactions, mais il manque de spontanéité et d’empathie pour sympathiser facilement. Sa plus grosse préoccupation, au delà de ça, vient de leur capacité à brouiller la réalité, à fausser sa compréhension logique du monde par des informations contradictoires, en un mot, à mentir.

Helig n’est pas stupide au point de ne pas comprendre le mensonge, ou au point d’être incapable de mentir par lui même. A vrai dire, cela ne lui pose pas vraiment de problème moral, mais davantage un problème d’effort. Le temps passe trop vite à son gout et il a d’ailleurs l’habitude d’éviter les responsabilités pour ne pas être pris de cours. Et un mensonge de la part d’un humain lui demande plus de temps pour le comprendre qu’il ne lui en faut pour réagir comme il le voudrait. C’est pour cela qu’il s’accommode avec plus de facilité avec des humains très expressifs, dont le visage est facile à déchiffrer, et qui disent clairement ce qu’ils pensent, sans tourner autour du pot, et sans s’encombrer de conventions sociales venues d’on ne sait où. Helig est le genre de personne à répondre en toute innocence « ah bon? » à un simple « bonjour ». Qui plus est, il est encore loin de découvrir la nature de son pouvoir, et l’effet que celui ci a sur son entourage ne lui facilite pas là tache quand il s’agit de comprendre le tempérament de ses pairs.

Histoire :

Soir du Dixième jour

La panique.

Elle m’aveuglait, elle m’empêchait d’entendre, de respirer, de crier. Je me débattais en tous sens dans cette panique, sans pouvoir prendre prise. Les mouvements de mon corps étaient lents, trop lents, me semblait-il.

Je n’ai jamais su ce qu’était la première chose que j’ai eu l’occasion de toucher. C’était un peu mou, un peu rugueux, et mon pied a d’abord eu un mouvement de recul avant de prendre appui dessus et de tendre ma jambe.

La panique continuait à engourdir mes membres, et je la devinais essayer de rentrer par la bouche que j’avais laissée ouverte. Suite à mon impulsion, je sentais le monde glisser doucement sur ma peau mais j’étais encore enveloppé de toute part.  Mes bras s’agitaient de nouveau mais cette fois ci, je fus pris au piège. Des bras m’entouraient, des entraves solides s’entortillaient autours de mes coudes et de mes épaules, et je compris que je devrais faire vite pour résister à leur attraction. Mes pieds trouvèrent cette fois ci un support solide et large pour pousser dessus, mais la force me manquait. Ma bouche s’ouvrait pour hurler, comme si cela allait m’aider, mais je sentis  quelque chose glisser doucement entre mes dents. Malgré tous mes efforts pour agiter ma tête dans tous les sens et la dégager, les mouvements de mon buste étaient limités par mon agresseur, et mes membres me faisaient défauts.

Pris d’une nausée soudaine qui vint de pair avec une soudaine volonté, mes dents parvinrent à trancher la chose à moitié rentrée dans ma bouche, et une force soudaine dans mes jambes me fit me redresser d’un coup en déchirant la moitié de mes entraves.

C’est à ce moment là que mon visage, souillé de vase et recouvert d’algues, perça la surface de l’eau et brisa le silence de la nuit.



Onzième jour, aube.

La surface de l’eau était calme depuis longtemps. J’avais laissé mon regard la parcourir depuis un moment déjà, et mon esprit distrait par les clapotis et le vent contre les rochers se rappelait les premiers balbutiements de ma vie.

Il y a quelques temps, je rampais littéralement dans le limon, mes nouveaux sens assaillis par le monde extérieur. Le roulement du gravier sous mes doigts était un vacarme et le reflet de toutes les lumières du ciel dans l’écume sous mon visage me brulait les yeux. Mais je sentis que quelque chose n’allais pas. Mon corps s’agitait de soubresauts et la force qui m’avait sortie de l’eau, aussi inespérée que soudaine, commençait à disparaitre. Je ressentais toute ma poitrine se tendre dans un effort et je compris inconsciemment que ma bouche essayait d’attraper l’air autour d’elle, mais que c’était jusqu’au fond de ma gorge, que cet air devait passer. Et cela n’arriverait pas. Un corps étranger s’était amassé derrière ma langue, et je le devinais remplir l’intérieur de mon cou.

La nausée avait alors repris de plus belle, et je découvrais alors un réflexe désagréable, alors que je penchais mon visage sur le coté. Mais rien ne sortait. Seulement un peu de liquide visqueux, ma salive. Ou peut être un peu de cette terre grise que j’avais soulevé sous l’eau. Ma vue se troublait et j’engouffrais mes doigts entre mes lèvres pour essayer d’extraire cette chose à main nue. Un amas de filament verts commençait à tomber de ma bouche et j’essayais d’accélérer la démarche, mais la matière collait à mes mains. Réussissant à saisir le gros de la chose entre deux doigts, je tirai rapidement, sans prendre le temps d’être délicat. Une vive douleur surgit quelque part dans mon cou, et je tombais, prostré sur le coté alors que je regardais avec dégout et curiosité ce qui m’avait causé tant de tort, non sans remarquer que pour la première fois mes poumons découvrirent, dans la douleur, l’air.

C’était vert, long, et ça s’était enroulé sur lui même, sans bouger, sur le sol humide. Après un long moment de souffrance et d’hébétement, à fixer ce qui fut mon premier ennemi, je me redressais.

Je réalisais que tous mes précédents efforts, grâce à l’urgence, étaient accomplis sans y réfléchir… mais dans ce calme durement gagné, mes muscles ne réagissaient qu’à mesure que je les découvrais, un par un. Bientôt, toutefois, un gout amer gagna le fond de ma bouche, et je parvins à me redresser sur mes paumes pour en cracher le contenu. Cette fois ci, une éclaboussure de liquide rouge contrastait avec la peau de ma main. La nausée revenait et je ressentis le besoin urgent de me débarrasser de cette saveur. Mes coudes me guidèrent jusqu’à l’eau dont je venais et mes lèvres aspirèrent plus que nécessaire pour recracher juste après. Je répétais l’opération plusieurs fois avant d’essayer, sur une impulsion, d’avaler un peu de cette eau. Avec appréhension, je déglutis en faisant la grimace. La douleur attendue dans ma gorge apparut à nouveau, à peine moins forte que la première fois et je recrachais encore un peu. Je réitérait l’opération, et je fus pris d’une subite quinte de toux, et au bord des larmes, je laissais tomber par terre une boule de terre visqueuse qui s’était logée dans ma gorge. Je devinais que cette chose était bien mieux dehors que dedans.

Il me fallut une éternité pour me calmer. Maintenant, accroupi sous un affleurement rocheux, j’avais réalisé que les tous premiers ennemis s’étant opposé à ma vie étaient ce bout d’algue et ce coquillage tout sale. Le désespoir me saisit  pendant un moment. Si deux de ces si petites choses, qu’on pouvait trouver partout autour de moi, m’avaient causé autant de mal, comment survivrai-je face à tout ce que je pouvais maintenant voir?

L’eau s’étendait jusque très loin, et je me refusais d’y replonger, le ciel était imposant, les seules silhouettes de la maigre végétation autour de moi me faisaient me sentir petit, et j’étais persuadé d’avoir vu pendant la nuit une forme tomber dans le lac à quelques centaines de mètres de ma cachette, vraisemblablement depuis la falaise sur laquelle je reposais mon dos. Je passais toute la nuit ainsi, craintif, replié sur moi même sans vouloir attirer l’attention, à commencer malgré moi à poser des noms sur les choses qui m’entouraient, alors que j’imaginais le danger qui pourrait en venir.

Je somnolais un moment d’un sommeil agité avant d’ouvrir les yeux en réponse à une sensation étrange. Une douce chaleur enveloppait mon corps humide et tremblant. Un objet lumineux, que je nommais par automatisme « soleil » s’élevait dans le ciel de l’autre coté du lac, et malgré la légère brume ambiante, atteignait de ses rayons ma carcasse recroquevillée en bas de cette falaise, et je lui en étais infiniment reconnaissant. Je souhaitais qu’il ne quitte jamais plus le ciel.



Onzième jour, Zénith.

La soif n’était pas un problème. Régulièrement mon corps endolori se trainait sur quelques mètres pour laper un peu d’eau claire du lac. Bien que la déglutition fut encore difficile, je savais l’opération nécessaire et cela me permettait de nettoyer encore un peu de la crasse entassée dans ma gorge. En revanche j’avais faim, et ce problème là n’allait pas en s’arrangeant.

Il m’avait fallu plusieurs heures pour me convaincre avec peine que mon horizon devrait dépasser cette cachette étroite et humide. Debout pour la première fois, je laissais mes pieds me guider vers une extrémité de la falaise qui me dominait. J’avais décidé de m’éloigner de la silhouette que j’avais vu chuter dans l’eau et je choisis d’avancer face au soleil, en laissant la falaise sur ma droite. Quelques minutes plus tard, j’atteignais la fin de la falaise et je profitais une dernière fois de l’eau du lac en m’hydratant avant de faire demi tour, cette fois ci en marchant en haut de la falaise.

Je pris quelques instants pour évaluer les environs. Les alentours avaient l’air moins hostiles à la lumière du soleil, mais ils n’en devenaient pas pour autant accueillants… à ma gauche et derrière moi s’étendait une grande plaine à peine boisée. La légère brume environnante rendait les hautes herbes humides, mais cette terre me semblait bien vide et aride. La seule chose que je parvint à distinguer à travers le brouillard, en dehors de cette grande plaine, était l’orée de quelques arbres dont les formes se précisaient à mesure que j’approchais.

D’abord pris d’une inquiétude à l’idée de rentrer sous l’inquiétante protection du bois qui s’offrait à moi, je saisis mon courage à deux mains, avec l’espoir d’y trouver de quoi me remplir l’estomac.


Onzième Jour, Crépuscule

J’étais parfaitement désespéré. Incapable de garder mon calme face aux multiples bruits de la faune, passant plus de temps accroupi entre deux racines pour regarder la nature défiler qu’à réellement marcher, je n’avais rien trouvé de notable. Et malgré le fait que je ne m’attendais à rien, j’étais quand même déçu. J’avais toujours aussi faim et la désagréable sensation d’être observé s’insinuait en moi. Cela m’infligea quelques moments de panique, surtout à mesure que la lumière du jour diminuait, à ma grande crainte.

Mais actuellement, mon attention était focalisée sur la souche d’un vieil arbre. L’écorce était recouvert d’une mousse verdâtre qu’un rongeur mâchonnait plus tôt. Epuisé, j’avais bien vite renoncé à l’idée d’attraper l’animal, mais j’évaluais à présent ce semblant de lichen comme aliment potentiel. Ma gorge avait encore le souvenir cuisant de sa précédente déconvenue, mais avaler ma salive m’était moins difficile depuis quelques temps. J’en déduis que la coupure du coquillage n’était que très superficielle, et que j’arriverai probablement à me nourrir, si je trouvais une nourriture adéquate.

Il fallait que j’essaye, je n’avais plus le choix. Je tendais mes mains tremblantes vers la mousse pour en déchirer un morceau un peu gluant. Mon odorat ne sut dire si la chose avait une odeur alléchante. Cette mousse sentait tout simplement la foret. Mes dents s’apprêtaient à déchirer la chose mais tous mes muscles stoppèrent net quand un bruit surgit de derrière moi.

« J’éviterais, si j’étais toi. »

Je restais figé. Je ne voulais pas me retourner. J’avais trop peur de découvrir que le conseil m’était adressé. Et j’étais plus terrifié encore de découvrir ce qui l’avait émis.

« Tu ne m’entends pas? »

Ma posture était toujours inchangée. Accroupi, tenant un morceau de mousse devant ma bouche à moitié ouverte, j’entendais alors des bruits de pas me contourner pour voir finalement une silhouette se dessiner devant mes yeux. Je l’évaluais du regard en évitant à tout prix de croiser le sien.

« T’es pas aidé, toi… t’es tout seul? »

La forme se pencha vers moi et j’eu un mouvement de recul, redressant la tête. Une femme de grande taille, aux cheveux courts et au visage rond, appuyée sur un grand bâton me dominait de sa stature. Son buste était recouvert par de longues feuilles nouées entre elle et un pan de fourrure recouvrait ses hanches. Son manque de nudité me rappela la mienne. J’eu malgré moi un geste pour cacher mon entrejambe, sans vraiment savoir pourquoi. La femme eu un sourire que je ne compris pas.

« Ne t’en fais pas, on a tous commencé pareil. »

Elle se redressa et mis un petit coup de pied dans la souche en parlant sans hésitation.

«Faut pas manger de ce truc. Ca te fous une bonne humeur à toute épreuve, mais une heure plus tard, tu gerbes pour toute la soirée. Et puis tu gémis sur ta paillasse que c’est pas la peine de faire la cueillette, que de toute façon on va tous crever et d’autres bêtises dans ce genre. Et après, c’est moi qui m’y colle à la cueillette pendant que tu fais ta sieste.»

Je luttais pour comprendre si elle parlait de moi ou de quelqu’un d’autre. Mes sourcils fronçaient sous l’effort. Elle disait « tu » mais j’étais certain de ne pas avoir fait tout ce qu’elle décrivait. Du moins pas encore. J’essayais d’évaluer les chances qu’elle puisse prédire l’avenir mais elle m’interrompit dans mes pensées en se rapprochant de nouveau pour s’assoir face à moi, sur la souche, puis de reprendre la parole.

« Bref, mange plutôt ça. Ça te fera du bien. »

Elle me tendit quelque chose. Ca ressemblait à un gros fruit. Je n’osais pas le prendre. Je n’arrivais pas à comprendre ce qu’elle me voulait. Après quelques secondes, elle fit une moue et croqua dedans à pleine dents, avant de me le tendre à nouveau.

« Tu vois, c’est bon. » parvint-elle à articuler en mâchant.  « Je rencontre pas souvent quelqu’un qui n’essaye pas de me voler mes provisions dès qu’il me voit, alors on va dire que je t’aime bien. Du coup ça m’ennuierait que tu crèves de faim. Allez, mange, n’aie pas peur. »

Je lui étais intérieurement reconnaissant d’avoir expliqué son geste. Avec un sourire timide, je m’emparait du fruit et y enfonçais mes dents. La chair était savoureuse mais la texture un peu sableuse. Je n’avais aucune raison de faire la fine bouche et avalais une première bouchée. Ma blessure à la gorge accusa le coup, mais la satisfaction de remplir mon estomac me fit oublier la douleur.

« Bon, t’es pas bavard alors je vais supposer que tu es tout seul, d’accord? Tu veux bien me dire ton nom au moins? »

Mon nom? Un mot me vient subitement à l’esprit. Helig. Etait-ce mon nom? Je trouvais qu’il sonnait un peu faux. Comme si seul le hasard l’avait placé dans mon esprit. Comment étais-je supposé connaitre mon nom?

« Bon, je commence alors. Moi c’est… »

Elle s’interrompit brutalement. Son visage se tordait de douleur. Je compris qu’elle n’était pas en train de me dire son nom quand elle s’effondra sur le coté, et que je vis du sang couler de sa tempe. Je me levais d’un coup alors qu’elle se tenait faiblement sur ses coudes, gémissant entre ses dents. Une petite pierre ronde et ensanglantée roulait à coté de ses cuisses.

« Merde… »

Mon oeil saisit un mouvement bref sur le coté et je fus heurté à mon tour par un projectile. Mon épaule se crispa sous là douleur et je bondis, lâchant le fruit, pour prendre mes jambes à mon cou.

J’étais terrifié. J’entendais plusieurs voix, plus graves, surgir derrière moi alors que j’abandonnais ma première rencontre. Je priais pour qu’elle s’en sorte. Elle m’avait paru honnête, et je venais d’avoir la confirmation que les personnes me voulant du bien se faisaient rares. Je tachais de prendre de la vitesse alors que j’entendais une voix grave dans mon dos.

« Rattrape la, je m’occupe du petit! »



Onzième jour, nuit.

La lumière du soleil venait de disparaitre et je courais toujours comme je n’avais jamais couru, littéralement. La traque durait depuis un temps indéfini, et je m’étais déjà adossé à quelques troncs, essoufflés, espérant que mon poursuivant m’avait perdu, avant de repartir de plus belle en apercevant sa silhouette obscure fondant vers moi.

Le terrain était maintenant en pente, et je compris en levant les yeux que nous commencions à grimper le flanc d’une chaine de montagnes, où le bois continuait doucement, jusqu’à s’éclaircir. Mon souffle commençait à me manquer, et l’idée de traverser ces sommets apparut aussi vite qu’elle fut abandonnée. Respirant avec peine, je continuais d’avancer, sachant que le danger était de plus en plus proche. À ceci s’ajoutait le sentiment désagréable que toute la foret commençait à tourner son regard vers ma lutte sans espoir.

Mes pieds contournèrent un arbre pour s’avancer vers des éboulis que j’escaladais à quatre pattes. Mes mouvements commençaient à se faire lents et j’eu un petit hoquet quand je sentis une main me saisir la cheville. Tombant sur les coudes, écorchant ma peau, je donnais des coups de pieds en tous sens, sans savoir si je touchais mon ennemi. Brusquement, j’entendis un grognement  alors que la prise sur ma jambe me libérait. Je me roulais en boule, à bout de force, m’attendant à recevoir des coups, mais je devinais seulement le son des rochers rouler et tomber derrière moi. Je restais ainsi quelques instants, qui me paraissaient des heures, avant de me redresser.

J’étais vivant. Et indemne, si j’oubliais les nombreuses éraflures et mon épaule encore engourdie. Le calme était arrivé brusquement, comme si c’était ce qui m’avait sauvé. Je descendis doucement l’éboulis de pierres peu stable pour retourner à l’ombre des arbres. Et je le vis.

Il me paraissait bien moins impressionnant ainsi. Un homme, vieux, se tenait immobile contre un tronc. Son regard était aussi perçant que la branche basse qui avait traversé son abdomen.

« Est ce que ce jeune homme serait assez poli pour aider le vieil homme que je suis? »

Je regardais son visage, tordu de douleur malgré son ton poli. C’était le premier visage qui avait voulu me tuer, et je savais malgré moi que je ne l’oublierai pas de si tôt. Des mots franchirent mes lèvres.

« Pourquoi je t’aiderais? »

Il fit une grimace et eu un petit rire interrompu par le sang qui sortait en quantité de sa bouche. Je fus pris d’une curiosité pour mon agresseur, une curiosité qu’une partie de ma conscience trouvait malsaine.

« Je suis Helig. Qui est tu? »

Je me souvenais de ma première conversation avec la femme, autour de la souche. Peut être que les échanges de noms se déroulaient de la même façon, quel que soit le contexte.

« Enchanté, petit. Moi c’est Baal »

Ses expressions changeaient trop vite pour que j’en saisisse les nuances. Je ne comprenais rien à tout cela. Et j’étais encore terrifié.

« Pourquoi as tu voulu me tuer? »

Après une quinte de toux, éclaboussant son menton de sang, il eu un air étrange. Comme s’il était confus, comme si quelque chose lui échappait.

« Je… Je ne sais pas. » murmura -t-il d’une voix maintenant chevrotante.

Il avait l’air très ennuyé. Mais je l’étais plus encore. J’essayais autre chose.

« Pourquoi la tuer elle? »

Après une seconde de silence, il se tourna brusquement vers moi, avançant son visage, à défaut de pouvoir déplacer son buste empalé.

« Je ne sais pas non plus, d’accord? Arrête avec tes questions, je t'en supplie. »

Il avait crié cette réponse, son air perdu retrouvant un semblant de rage désespérée.

« Je t'en supplie… » répétait il plus bas.

Une question me vint brusquement à l’esprit. Une question qui me parut importante pour comprendre tout ceci.

« Tu es en colère contre moi ou contre toi? »

Un expression étrange passa sur ses traits avant qu’il éclate dans un fou rire saccadé, répandant encore du sang devant lui. Il me fit face et déclama solennellement, tout sourire:

« Je suis en colère contre le monde, petit. »

Je comprenais cette réponse. Et je pris un moment pour l’assimiler. Il me manquait vraisemblablement une information pour faire le lien entre sa colère et son désir de meurtre mais je savais que ce n’était pas lui qui pourrait faire disparaitre ce dernier doute.

« J'ai tellement faim... Si seulement j’allais pas mettre deux heures à mourir contre cet arbre… »

Je fus surpris par cette phrase. Mais c’était une demande à laquelle je pourrais répondre favorablement.

« D’accord. » Dis-je

« De quoi? »

Je saisis un objet pointu accroché à sa ceinture et le plantait sous son oreille, abrégeant ses souffrances. Ses yeux s’écarquillèrent, comme surpris, alors que la vie le quittait.

Essayant de ne pas penser à tout ça, je laissais mon regard parcourir la nuit autour de moi. Il faisait encore plus froid qu’hier, et la fatigue n’arrangeait rien. Je saisis le pagne de feuilles qui couvrait sa nudité. Je décidais que j’en avais plus besoin que le cadavre qui me faisait face et le revêtit maladroitement, l'habit de fortune étant presque trop large pour moi. Je déchirais une des longues feuilles pour recouvrir une entaille douloureuse à la main. Puis, me sentant observé, je me résolus à revenir sur mes pas, laissant le corps nu du vieux Baal derrière moi.

J’étais retourné au lieu de l’attaque en moins de quinze minutes en marchant doucement pour retrouver mon souffle. Je compris que la poursuite avait été bien plus brève que je le pensais. Les lieux étaient de nouveau calmes. J’observais le sol, en quête d’indice pour retrouver la piste de la femme, mais je ne parvint qu’à retrouver son grand bâton, lisse et solide. Il me dépassait en taille, mais j’espérais lui rendre un jour, bien que je ne connaissais pas son nom. En supposant qu’elle vive encore.

Un bruit d’oiseau solitaire me fit sursauter. Je faillis trébucher sur quelque chose avant de le ramasser. C’était le fruit qu’elle avait voulu partager avec moi. Je croquais une nouvelle fois dedans, sachant qu’il ne comblerait pas entièrement ma faim. Puis je reprenais la marche, allant dans une direction hasardeuse, cherchant un nouvel endroit pour me cacher et passer la nuit.


En ce qui vous concerne :

Prénom / pseudo : Helig
Age : 22 ans pour le moment
À quelle fréquence serez-vous présent(e) sur le forum ?

Aussi souvent que je peux, c'est à dire plusieurs fois par semaine par défaut. Certaines périodes me permettront moins de venir, mais j'essayerai de prévenir avant, promis.

Comment avez-vous découvert le forum (par internet, on s’en doute) ?

Je suis un ancien de Tuatha de Dearmad, où j'ai rencontré les gens qui sont maintenant les admins de Musaraigne, et quelques autres joueurs.

Avez-vous des remarques à propos du forum ?

J'ai eu un peu peur au début que le contexte soit un peu trop vide, mais l'ambiance est efficace et les personnages très intéressants, donc j'achète.

Sinon, c'est très joli.

Telod
Administrateur
avatar
Messages : 166

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
Jeu 26 Mai 2016 - 22:03

Bonjour Helig et bienvenue sur Musaraignes !

Ta fiche est vraiment très bien écrite, on voit que tu as fait des efforts pour respecter le contexte ainsi que pour intégrer des détails provenant de l'histoire d'autres membres ce qui rend l'ensemble de l'histoire encore plus intégrée dans l'univers existant ! C'est vraiment très bien !

Je comptais te valider directement, mais en relisant ta fiche j'ai remarqué un détail qui me semble assez peu correct.

Tu as mentionné des habits en cuir appartenant à la femme, je ne l'avais pas vraiment relevé puisqu'ils n'ont finalement pas beaucoup d'importance dans ton histoire. Mais à la fin ton personnage ramasse également un vêtement en cuir, qui aurait appartenu cette fois à Baal.

Le cuir, à mon sens, sur ce forum, ça serait une peau d'animal qui aurait été très correctement traitée par un  tanneur expérimenté. Il se trouve que, ne connaissant pas l'histoire de la pnj, il aurait été probable qu'elle soit une tanneuse très douée, bien que la présence de nombreuses peaux supposerait qu'elle en ait chassé un grand nombre ce qui reste un exploit dans cet univers, mais on pourrait imaginer qu'elle ait fréquenté un ami chasseur très doué. Bon.

Mais le problème c'est que jamais dans l'histoire de Baal que j'ai moi-même constitué il n'a eu le temps de fréquenter de tanneur de grande expérience qui aurait pu lui confectionner un tel habit. Les habits de Baal, tels que je les imaginais, étaient faits avec des plantes. Et de manière générale il n'est pas facile dans cet univers de se faire des habits avec des peaux d'animaux dès le début, et même après plusieurs jours ! Chasser des animaux n'est vraiment pas une chose aisée, et leur couper la peau et savoir comment la laver n'en est pas une non plus !

Cette remarque va d'ailleurs pour plusieurs membres qui ont tendance à faire la même chose, je pense qu'il est plus "logique" que les personnages restent nus, ou se fassent des habits rudimentaires avec des plantes, plutôt qu'ils ne s'en fassent avec des peaux.

Du coup j'aimerai te demander de sans doute réduire la présence du mot "cuir" dans ta fiche, peut-être, pour que cela semble plus réaliste par rapport au temps qui s'est écoulé depuis le jour 1. Je suggère de remplacer ton habit en cuir par un habit fait à base de plantes comme je l'imaginais pour Baal, et de réduire l'impression d'opulence qui se dégage dans la phrase de description : " Elle était recouverte de morceaux de cuir et de fourrure épars".
Helig
Membre
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Messages : 4

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Echoué
Métier : Guérisseur - Novice
Groupe : Errant
Fiche de présentation :
Ven 27 Mai 2016 - 1:34

Pas de problème, j'ai un peu corrigé ceci, j'avais un doute pour Baal, vu que quand tu l'avais rencontré il avait "déjà des habits" mais je n'y ai pas beaucoup plus réfléchi
La femme est maintenant couverte de feuilles et d'un morceau de fourrure et le pauvre Baal n'a eu le droit qu'à un pagne en fougère, tant pis pour son style (et pour le mien).
Telod
Administrateur
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Messages : 166

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
Ven 27 Mai 2016 - 9:00

Ok c'est super !

Ta fiche est maintenant parfaite, je ne vois donc plus rien à dire...

A part que...

JE M'APPELLE TELOD, et je te NOOOOOOOOON... BAAAAAAAAAAAAL ! Baal... Je l'aimais beaucoup Baal, dans le fond. C'était un homme courageux, plein de volonté, plein de finesse. Il n'était pas bien malin mais, vous savez, en son honneur, je devrais faire un chant funèbre.

Ô Baal, Ô Baaaal,
Lorsque tu as ouvert les yeux,
On pensait qu't'étais un grincheux
Ô Baal, Ô Baaaal,
Mais lorsque tu les as fermé,
On a compris qu't'étais taré,

Tu n'étais pas un très grand homme,
Sauf au niveau d'ta taille, en somme,
Tu n'étais pas un gros salaud,
Sauf quand tu faisais le nigaud,
Tu n'étais pas vraiment méchant,
Sauf quand tu pensais "nutriments".

Ô Baal, Ô Baaaal,
Pleurant, jurant ta vie injuste,
Une branche t'a traversé le buste,
Ô Baal, Ô Baaaal,
Cette terre t'a maint'nant vu partir,
J'espère que tu vas p'us y v'nir.

chanta-t-il, en de grand mouvements héroïques. Puis il se tut, et ajouta : Ou... Quelque chose comme ça.


Phrases de Helig :

- Sont-ce des nuages qui cachent la lune et les étoiles ?

- Tu ne pourras pas te dresser contre eux.



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