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Mizore
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Invité
Invité
Sam 28 Mai 2016 - 14:44


Prénom : Mizore
Nom/surnom : /
Éveil : Neuvième jour
Sexe : Féminin

Race : Cime
Métier : Cueilleuse : Novice
Groupe : Errants
Croyance : Perfectibilité des êtres – Existence d’un au-delà (Monde, Neige, Mort[…] sont vivants, mais non-audibles pour les êtres qui sont trop bruyants et trop insouciants) – Culte de l’offrande & Religion des cieux - Prophétesse des cieux.

Magie :
« Les murmures qui ne semblent être inaudibles à l’être, le sont pour Mère et Père. »
Mizore possède la capacité à manier la magie d’apaisement Murmure. Cette dernière l’utilise sans le vouloir face à des impasses pensantes ou face à des dangers, des situations sans solutions à ses yeux. A vrai dire, elle ne criera jamais dans la réalité un désespoir, une fin proche, elle le murmure pour qu’une personne lointaine ou proche ne l’entende avec raison et sagesse.
Les miracles sont possibles, et elle croit avec ferveur que le Monde, son père, l’a aidé à trouver son chemin.

Capacités physiques :  
Mizore possède une agilité incomparable, ce qui l'aide bien dans ses travaux manuels, cependant si la rapidité de ces gestes et mouvements sont des atouts qu'elle possède, la jeune femme n'excelle guère en endurance et ne possède qu'une force physique bien misérable. Une blessure est si catastrophique, que l'on pourrait interpréter la réaction de Mizore comme étant une comédie. En somme, une simple griffure ou entorse peut subsister pendant des jours par des marques visibles sur sa peau laiteuse, témoin de sa fragilité physique. Sa force mentale, elle, pourrait lui faire tout et n'importe quoi selon ces désirs, pensées, ce qui la rend endurante et persévérante. Cette force mentale lui procure de profondes réflexions et lui prodigue une maxime à respecter : « Le cri ne t’amènera à rien, sois plus sage et murmure tes pensées afin d’être écoutée. » Malgré cela, il est possible qu'elle en oublie sa faim et sa soif à cause de pensées interminables ou sans réponses, aux risques de périr ou de tomber dans la folie. Enfin, qu'est-ce qu'un bon teint sans une bonne et longue nuit de repos : Mizore aime les nuits longues et le silence dans ses repos. Elle aime les bruits doux et harmonieux.

Talents divers :
Mizore possède une grande résistance au froid, pas assez cependant pour passer une nuit fraiche/glaciale dehors à la belle étoile. Elle sait se faire discrète et possède cette aura mystérieuse d’une rhétorique sans faille, d’une pensée dominante du Monde.
Enfin, Mizore est très tourmentée par ses sens et pensées. La peur et la folie sont deux aspects pouvant l’atteindre selon la situation.

Équipement :
« La Neige-mère de son voile pâle
N’est que le synonyme de ce qui est pureté.
Nue, sur ses hauteurs impériales,
Elle contemple le Monde et l’épouse de son éternité. »
En somme, la nudité quoi.

Apparence physique et charisme :

« Il ne suffit pas d’être, il faut se surpasser pour atteindre l’éternité et les cieux observateurs. »
Mizore sait jouer de son charme à défaut de savoir se battre ou bien même de se défendre, et cela du haut de ses 16/17 ans d'apparence physique. Les yeux azurs, les cheveux fins, lisses, de la couleur d'une neige polluée par la décadence du Monde en son jour de naissance, soit d'une nuance grisâtre, tirant au clair sous ses beaux jours. Mizore a le corps svelte, légère comme une plume, dénouée de masses musculaires imposantes, juste le nécessaire pour vivre. Sa faible poitrine ne lui dérangeait guère, à vrai dire, elle aimait bien ce que le Monde lui avait doté à sa "naissance". D'une posture droite, les genoux rentrant légèrement à l'intérieur, elle se déplace les pieds droits, le cou relevé, un nez fin qui semblait harmonieux avec son visage ovale, les courbes plaisantes. D'une marque d'élégance suprême, deux grains de beauté ornèrent ses pommettes rosées, d'une symétrie par rapport à son nez assez troublante.

Caractère et personnalité :

« Si je naquis du Monde, mes pas fouleront jusqu'à la perfection. »
Se définissant comme la fille du Monde, elle idolâtre la blancheur de la neige, perfection froide et éternelle sur les hauteurs de la montagne, balcon de ce Monde. Elle défendra toujours sa vision avec vivacité et par argumentations ou démonstrations improbables. Elle réfléchit beaucoup, silencieuse, ayant des passages à vide parfois où il ne faut la déranger. Comme une sorte de somnambulisme de la pensée en étant éveillée.
Sur le rapport à autrui, Mizore n'aime guère la vie en communauté, ni la solitude. Certes, la foule, être l'objet d'observation et de désir sont des thématiques lui plaisant, mais elle préfère garder une certaine distance majoritairement. Il lui faut un juste milieu. Il est facilement possible de "dompter" la jeune femme, notamment par la force, par l'effet de communautarisme mais le mieux reste une simple discussion.
Mizore respecte l’au-delà dans sa paranoïa du mieux qu'elle peut avec diverses offrandes : en laissant le cadavre d'un animal tué par exemple sous terre avec la moitié de sa chair pour les plus petits, donnant la moitié de son maigre repas quand elle le peut.
Sur la Mort ou la Vie, Mizore se sent vivante et être existante.
Sur la Nature et ces terres, Mizore ne voit que là une « grande salle d’amusement » afin de tester les êtres sur leur dominance, leur créativité ou encore sur leur intelligence à propos de la création du Monde et sur eux-mêmes, leur acte, etc.
Sur l’être qu’elle est, elle n’y voit qu’une perfectibilité provoquée par un désir et des objectifs liés à ces derniers. Les yeux ne sont que l’outil d’une première approche désireux sur quelque chose ou quelqu’un. Les mains sont l’outil de la création et des relations, quand la bouche, elle est l’expression de la pensée et des sensations. A l’observation de son corps, Mizore le définit par les capacités qui en ressortent.
Sur la nudité, Mizore ne la considère guère comme tabou malgré la pensée commune qui prodigue la maxime sur laquelle il serait écrit que la nudité n’est pas convenable et dénouée de pudeur.



Histoire :

Couleurs:
 




Jour 9 :

Matin – Soleil à l’horizon :

L'éveil

Un frisson parcourut le long de mon corps,
Un fluide existentiel coulant en mon sein,
Cette chaleur contrastant la froideur du Monde.
Ce souffle soulevant ma poitrine glacée.
Mes pieds endoloris par de premiers picotements,
La douleur m'éveilla, mes paupières éclosant,
Dans ce qui semblait être une immensité grise.
La brillance de mon être si pur, si blanc,
Ne fut que le masque de ma nudité, de ma pudeur.
L'écrin blanc de mon berceau disparaissait,
Ne laissant qu'une sensation de mal-être :
L'heure était venue, je naquis.
Le Monde m'offrit mes premiers instants,
Et de par ce qu'il me murmurait dans mon inconscient,
La Neige maternelle - elle - me couvre encore quelques battements,
L'éternité et la beauté à l'état pur de Mère me donna mon premier sourire,
La décadence et la perfectibilité de Père me forgea l'esprit divin,
J'étais Mizore, ce que la Neige fit fondre pour donner la vie.
L'enfant au passé imaginaire et surplombant toute intelligence.
Les yeux azurs d'une femme qui eut le privilège d'être.



Un sillon suivait mes pas sur ces terres.
Des failles se formèrent sur la neige peu profonde à cette altitude. Ma main éclot vers l'aura maussade au-dessus de ma personne, récoltant ce qui semblait être tout aussi humide que la neige à mes pieds. La larme rebondit sur ma paume, avant de se scinder en plusieurs membres suite à l'impact. Je ressentis une sensation désagréable en me focalisant sur le moment une seconde fois. Père pleurait-il de voir sa fille ainsi ?
Je lui souris, mon visage faisant face à ces assauts larmoyant. Mes paupières se fermèrent, me délectant de la fraicheur affectueuse qui luisait et coulait le long de mon être. Je restais ainsi un long moment, silencieuse, écoutant les sanglots de mon Père venant frapper au sol ma Mère de sa peine ou de son engouement pour mes premiers pas. Je baissais la tête, mes cheveux gris collés contre mon buste, cachant la chair protubérante de mon regard, qui lui, observait ma finalité. L'humidité couvrait ce qui semblait être mon corps, mon appartenance physique en ce monde. Je mouvais mes jambes, les faisant marcher sur une ligne droite, imaginaire que mes yeux avaient tracés en se détournant de mon apparence pour guetter l'horizon. J'avançais lentement, mes paupières confrontées à quelques flots encore. Cela s'était calmé.
M'observait-il toujours ?
Mère m'accompagnait, rampant sur tout le long de ma vision. Face à mon existence, une obscurité au loin. Une falaise donnant sur ce qui s'emblait être pour le moins accueillant au possible. Cela semblait si loin de ma portée...
Les pas inscrivirent mon avance, mon chemin débutant vers ma montée, mon chemin voguant sur ce qui me semblait être la perfection de l’être, la sagesse.
Grincement, frissons, éternuement. Mon nez fut pris dans un tourment, un liquide en coulant, visqueux, incolore, que j’avais retiré d’un mouvement de ma main suite à cette sensation désagréable.
Une mèche humide vint à mes lèvres. Par réflexe, je pris en bouche cette dernière, mordillant celle-ci dans mes pensées, un sentiment d’oppression prenant ampleur en mes sens. Je récupérerais l'humidité qui les rendait si sombre en cette première journée. Étonnamment, ce fut agréable pour ma gorge. Je continuais mon chemin ainsi, prenant une autre mèche à chaque fois que l'une était à "sec".
Père ne pleurait plus. Je ne pouvais plus cueillir ses sanglots apaisant.
Je ne sus qu'à des centaines de pas, comptés dans ma tête emplis de questionnements, plus tard, que mon objectif fut à mes pieds. Je contemplais l'étendue en infériorité, me sentant puissante et dominatrice face à ce creux naturel pris au piège. Mon esprit me guida de rester à ce sommet.
Il m'y ordonna. J'exécutai.
« Serait-ce pour moi cette étendue sauvage y émanant des bruits conflictuels mais aussi tout harmonieux ?
Comprenez mes tourments, pardonnez de n’être vous, guidez moi… » murmurais-je.
Le Soleil passa au-dessus de ma chair immobile, l’obscurité guettant.


– Soleil levant jusqu’à son paroxysme :


Grognement animal des montagnes,
Réveil fastidieux au bord de ma suprématie observatrice,
Mon être ne fut que tourmenté par ces cris sauvages,
Interrompant mon sommeil pensant près de la falaise perdue.
Debout, les cheveux secs et virevoltant au gré du vent.
L'instinct animal de ce que je suis, criait mon nom :
Mizore, Mizore, plonge et envole toi.
Mes yeux clos, les bras écartés, mon pied lâcha prise, s'avançant dans le vide.
L’existence en danger, mon corps tremblant face à ce danger,
La pression se relâcha, l’équilibre de nouveau reprise sur mes deux pieds.
Assise à présent sur le rebord,
Mes yeux me cueillirent un second désir,
Rêveuse de ce terrain de jeux et de savoir,
Je me mis en tête d’une quête rêveuse et imaginaire.
Ma descente commença par les sillons abrupts.
Tentation de les contourner, pensées rusées,
L’observation prit le dessus de la pratique,
Le Soleil achevant bientôt sa boucle dans les cieux.




– Le Soleil se meurt :


J’avais marché depuis un long moment, descendant avec prudence le sommet par des sentiers doux et aux courbes rassurantes. D’un regard, je regardais d’un air nostalgique ma Mère, avant de ne faire face qu’à des plaines défigurées par des pics. Une couleur apparaissait à ma vue, le vert. Ce vert qui emplissait le creux auquel je m’étais mise en tête d’appartenir.
Il y en avait de plus en plus, de ces grandeurs vertes, surplombant mon être. D’autres étaient plus sages, plus petites. Le sol même s’imprégnait de la couleur à chacun de pas qui me semblait apaisants et souples contrairement de là où j’avais naquis. Subitement, un tremblement vint perturber ma marche. J’haletais et mon corps voulait décidément du repos. Je m’assis, soufflant quelques instants. N’ayant pas grande occupation, je comblai ce temps solitaire en observant le ciel tacheté de nuance rose, orange et bleu. Il faisait un peu plus froid. Je ne craignais guère, mais je ressentais un flux frais parcourant en un seul sens mon corps dénudé.
L’obscurité prenait ampleur et ce que je pris pour un jardin étonnant et rêveur se révéla être sombre et inquiétant à mon égard. Une épaisse masse se tenait face à mon être qui, par instinct, recula. Je voulais me cacher de lui, essayant du regard de trouver un quelconque relief pouvant m’y introduire ou m’y glisser derrière. Les quelques arbres à mes côtés me semblaient ennemis en cette nuit. Le Soleil avait revêtu d’une nouvelle robe, blanche, bleu, la lumière s'y émanant n’était plus aussi échauffante, ni éblouissante. On pouvait la regarder, l’admirer dans sa pureté sans avoir à craindre pour sa vision. Étonnamment, elle n’avait plus même forme. Peut-être est-ce pour cela qu’il faisait plus frais. Je réfléchissais. Mes pas marchant, reprenant le chemin inverse de mon expédition avant que je ne trouve un rocher suffisamment gros pour m’y dissimuler derrière. Je m’y cachai, observant une dernière fois la masse sombre de la forêt.
La Forêt, c’était cela. Des bruits étranges en provenaient, ma vision ne pouvant en combler les causes, la peur venant aux entrailles me tiraillait jusqu’à l’esprit. Je ne pouvais tenir plus longtemps, fermant les yeux et me collant contre le rocher, espérant ne plus être sous la vision de ma hantise nocturne. Les premiers instants fut inquiétant, mais mon corps se lâchait petit à petit, m’allongeant derrière ce qui semblait être mon garde du corps d’un soir. Mes yeux ne voulaient plus s’ouvrir, les murmures de la nuit venant à être plus sages. Les battements de mon être étaient cette berceuse rythmée de vie qui évacua ma peur.
Je m’endormis, recroquevillée, parlant à Père et Mère de ma première journée.



Jour 10

Lueurs claires :


Le Soleil transperça les paupières,
Une lueur chaude et assommante les éclosant.
Mes paupières dilatées, le regard fuyant.
Soumission à ce qui brillait d’éternité.
La coquille plus utile, la route continua,
L’air de la Forêt plus féérique,
Les chants harmonieux matinaux guettèrent ma bonne humeur.
Si la journée ne fut qu’une longue marche sous une chaleur tropicale,
Mes instincts me révélèrent avec certitude,
La comestibilité des éléments.
Ma faim, ma soif ne fut que temporairement calmée,
Eloignant les bras rudes de la déshydratation,
Qui rongeait ma peau devenue désert.
La quantité ne dépassant le petit poucet,
Mais mes sens gustatifs, eux, jouissaient de l’arôme.
A cette note positive, ma marche s’accéléra,
Ainsi que le temps.
La chaleur s’apaisait,
Elle qui m’avait enveloppé d’un linge sale,
Mère n’était plus là.
Je me sentais sale...
Sale…
Impure…
Toujours solitaire, les arbres se ressemblèrent.
La Folie et la perte me surveillaient,
Rieuses, elles m’observaient.
Je murmurais, mais elles m’écoutèrent.
Mon esprit en conflit m’ordonna le silence.
Silence…
Des bruits, des craquements, mes propres actes
Ne furent que frissons dans mon dos.
Brisant le silence…
Le Soleil au-delà du feuillage que je ne pouvais atteindre,
Tapissant d'imprimés de nuances d'ombre et de lumière,
Le sol émeraude et frais,
Il disparut, laissant à mes tourments nocturnes
Cette joie de me plonger de cette décadence du Monde.




– Sombre chaleur :


Mon souffle fut rapide. Je m’étais allongée sur le sol, en quête qu’une certaine fraicheur. Un froissement, mes cheveux bougeaient quelque peu. Mes doigts enfouis dans la masse grise, je découvris un petit être, noir, ne dépassant la taille des baies que j’avais trouvé, éparpillées dans mon périple tropical. Il marchait sur les mèches, en parfait équilibriste. Je souriais, l’observant, allongée entre les arbres, sous un buisson qui cachait ma nudité pâle. La Forêt n'était pas si désagréable la nuit, il n'y eut pas un bruit. Le doux son des criquets dans les hautes herbes berçaient mon esprit.
Mes yeux tournés vers les feuillages du buisson, la lumière de la Lune parvint à ma joue tout de même, me la caressant de sa lueur délicate. Elle était presque pleine. Grande. Mais légèrement rougeâtre.
Par instinct, mon cœur se tressaillit à cette couleur, se questionnant sur le sens du Monde.

Puis, je me mis à compter les faisceaux lumineux s'étendant dans les cieux.
Un, puis une dixième ici, une vingtaine par-là, mais je perdis le fil à la trentaine.
Je recommençai.
Mais ce ne fut qu'à la onzième que je dus m'arrêter.
Une bête s'était glissée à mon œil.
Sensation irritante, je frottais intensément ma paupière refermée pour soulager cela.
Soulagement.
Douleur.
Soulagement.
Un cercle vicieux se dessinait en mes actes. Je me suis résignée à laisser passer la démangeaison, gardant les yeux clos, les sourcils froncés, essayant d'ignorer.
Les instants passèrent, la bestiole devait se débattre avec force pour m'irriter ainsi.
La fatigue pris le dessus après un long moment de pensée sur la démangeaison et sur cette peur d'avoir d'autres insectes rampant contre mon corps, idée qui me faisait frissonner d'angoisse.
Cette soirée, Père a dit ne pas m'avoir trouvé de ses yeux. Mère était inquiète de ma conduite et souhaitait que je revienne au sommet, à la maison.
Je refusai.
La lune rouge se mit subitement à éblouir mon rêve, je me réveillai en pleine nuit, le cœur affolé.

Il faisait nuit. Ma vision ne m'offrait qu'un amas de noirceur.
Je sentis sur ma cuisse une chose ramper doucement le long, lentement.
Une fraicheur me parvint à cause des traces de son passage, mais l'obscurité me privant de ma vue, je ne voulus guère laisser l'insecte ou la créature se disposer de mon corps comme bon lui semble.
Je la pris dans ma main, l'écrasant fermement.
Un liquide en sortit, ma paume fut collante.
La bête était tout de même raisonnable, bien plus que les baies que j'avais pu cueillir en chemin.
Je mangeai le cadavre, déglutissant, et avalant de force la nourriture.
Les repas dans le ventre de ma mère eux étaient plus savoureux et consistants...
Je m'endormis de nouveau, sans rêve cette fois.


Jour 11 :

Brume intemporelle :

Parfums embrumées,
Les sens censurés,
Le danger semblait être aux aguets,
Innocente, ce ne fut qu'une simple balade à mes yeux,
La brume dessinant mes pourtours,
Point de nourriture,
Ni d'eau,
Le désespoir était là.
Il n'y avait pas de Soleil,
Pas de répère.
L'instinct me guidant vers une direction,
Les tourments me disaient perfidement,
Le chemin inverse vers la Décadence.
Cependant, la Brume s'affinait,
Les arbres, cortège naturel,
Firent place à un espace plus clément,
Le sol humide,
Sableux, la terre collant à mes pieds,
Une étendue d'eau azur,
Décorée par les nénuphars,
Faisait grâce de mes besoins.
La Brume était mystique,
Le lac dans sa pudeur m'invita,
Dans ses méandres doux et frais,
Il me guida vers la pureté et la propreté de l'être.
Ma gorge sèche s'emplit du fluide,
qui s'écoulait de part et d'autres de mes lèvres,
Roses, reprenant de leur couleur vivante,
Ainsi que de leur douceur immature.


Mon corps se mouvait dans l'eau, les cheveux mouillés, perdant de leur graisse. Je me sentis lourde, mais tout aussi légère. La peau de nouveau blanche, j'avait décidé de sortir rapidement du Lac, les profondeurs sombres de celui-ci ne m'inspirant nullement confiance.
Pourtant, je me vis.
Là, dans l'eau. A sa surface.
Je voulus toucher ce qui semblait être mon être.
Mais ma main passa à travers, détruisant mon reflet.
Je reculai instinctivement, le souffle coupé.
Puis je recommençai lorsque la surface me semblait plane à nouveau.
Même en effleurant du doigt, je disparaissais.
Me contentant de me contempler, je m'observais. Un nénuphar à ma portée m'offrit une jolie plante, blanche. Je la sentis, mais je ne voulus point la manger. Je la posais dans mes cheveux gris, la blancheur de la fleur de rappelant celle de la Neige.
Mère...
Je fixais mes cheveux gris, l'esprit ailleurs, inactive, avant de les peigner de mes doigts pour qu'ils aient l'air de quelque chose de plus uniforme, reprenant esprit.
Cependant, un craquement m’éleva.
Debout, en appui, les genoux légèrement fléchis, j’observais avec difficulté l’origine sonore.
Je reculais.
Se tenait là un ours.
La gueule entrouverte, la faim non apaisée de la bête la fit rugir en ma présence sur son chemin.
A moins que je ne sois la finalité de son chemin.
Je retenais mon souffle, essayant de montrer mon infériorité à la bête qui me méprisa de son agressivité bestiale. Il rugit une seconde fois.
L’obscurité avait recouvert par-delà la Forêt se tenant derrière l’ours.
Reculant d’un énième pas, une branche se rompit sous mon pied. Sans un mot ni une pensée, mon instinct animal fugua entre les arbres, courant tout en esquivant les masses pesantes et contraignantes à mon égard. Mon corps svelte se glissa entre deux arbres proches qui j’espérais aller bloquer l’ours dans sa poursuite sauvage, gagnant du terrain face à mes conditions physiques. J’observais, la tête en arrière, l’ours me rattraper, ayant eut l’ingéniosité de passer par l'un des deux côtés des deux masses dont je souhaitais la protection.
Je haïssais le Monde à cet instant, les tourments me rendant folle, ma course se faisant tout aussi sauvage et rapide avant qu’elle ne soit interrompue par ma chute dans une crevasse mince mais assez profonde pour en être prisonnière seule.
Néant. Ma tête tournait, assommée par le sol, mes yeux clos, je ne bougeais plus.
Père me punissait dans mon rêve.
La nuit n'était pourtant pas encore tombée.


Jour 12 :

Aucuns repères :


Je me réveillai tardivement, le ventre grondant. A l’extérieur, l’atmosphère semblait être grise, bien plus que ne le fut la journée précédente, mes cheveux se fondant presque dans la masse. L’air était plus frais qu'il ne le fut auparavant. Je voulus me lever contre la paroi, mais ma cheville ne supporta pas la charge. Je la fixais, la vit enflée et bleutée, décidant de ne pas aggraver cela pour le moment. Je retombais, allongée dans les profondeurs de ma prison de terre, mon regard se portant vers la brume qui enveloppait la cage.
Je compris le désarroi, ce qu’était la Mort.
La Mort venait à toi, dans ces moments perdus. Elle prend du terrain sur ta vision.
Elle avance, embrumant tes sens.
Elle les endort d’une nuance sans vie.
Mes cheveux gris… Je les fixais, me demandant si la Mort m’avait imprégné de cette fatalité depuis le début de mon existence. Etait-ce pour cela que la blancheur de Mère absente rendait mon être qu’imparfait…
Lassitude, mon battement fut calme malgré la torpeur de cette faille oppressante.
La brume ne partait pas.
Personne.
Personne n’allait me trouver.
Quand bien même autrui existerait, ce dont je doutais, la brume ne fut que trop épaisse, la fatalité était évidente. Le temps passait si lentement, j’arrivais même à me remémorer de souvenirs datant de ces derniers jours. Des insectes, des araignées partageaient tant bien que mal leur logis que j’avais envahi sans le vouloir. Au moins, j’avais semé l’ours.
Je me rappelai des baies, pensant au fait que je ne les avais pas partagés, ni la créature sacrifiée sans excuse valable mis à part pour mon égoïsme.
Je cherchais désespérément une solution, une réponse à mon avenir. A mon devenir.
De plus, si je pensais à mourir, l’ours n’aurait-il pas procédé plus vite que ce pétrin où je me situe actuellement. Une larme coula sur ma joue salie par le temps et le Monde, la larme fut grise, je l’avais cueillie de mon index.
D’autres coulèrent.
De peur. De fatigue. De douleur. De faim encore…
Mais je ne devais pas haïr le Monde, ni Mère… Je suis seule responsable de ma destinée. Les tourments vinrent plus rapidement que l’habitude ne l’avait planifié.
Souffrante mentalement et physiquement, ma force mentale me délaissa à ce qui semblait être une finalité en soi. Je la refusais. Je voulus crier mon refus à ce Monde. Je voulus lutter, mais je ne pus que murmurer de par ma faiblesse.
« Pardonnez-moi…
Pardonnez mes tourments…
Sauvez moi… » m’endormis-je à ces mots, tentant d’échapper à la peine et la douleur d’une décadence que je voulais fuir...
Je rêvais des bras de ma Mère à ma naissance, de cette enveloppe froide certes, mais unique, doux, du calme des montagnes, de ma maison. Je m’en voulus d’y être partie pour mes convictions pensantes. Je regrettais Mère, elle me murmura que j’allais vivre et que je lui rendrais visite le plus tôt possible. Je ne pus que pousser en réponse mon amour envers elle, espérant que ces paroles atteignent la Mort qui m’observait de l’extérieur par la faille se situant au-dessus de moi. Les entités se disputèrent, une lutte sans fin pendant que mon corps réclamait de l’aide ainsi que mon âme. Je souhaitais vivre, ressentir cette liberté d’appartenance et d’existance.
Je criai dans mon rêve.
Pour la première fois, mais les entités n’écoutaient pas.
Un être par contre le pouvait…





En ce qui vous concerne :

Prénom / pseudo : Elodie

Age : La majorité à cette année

À quelle fréquence serez-vous présent(e) sur le forum ?

Tout les jours si possible

Comment avez-vous découvert le forum (par internet, on s’en doute) ?

C'est Talaude qui m'en a parlé. Mais l'univers et le design m’ont beaucoup plu. Je n'ai pas pu me refuser cela...

Avez-vous des remarques à propos du forum ?

Pas vraiment, je souhaite que ce Monde prospère ainsi, avec ces mêmes qualités.
Que la décadence du Monde ne le prive au grand jamais de son existence parfaite.
                       – Mizore

Telod
Administrateur
Messages : 124

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
En ligne
Dim 29 Mai 2016 - 12:52

Bonjour Mizore et bienvenue sur Musaraignes !

Ta fiche est très poétique et originale, j'ai beaucoup aimé ! Il y a encore quelques fautes d'orthographe et des phrases dont la syntaxe est difficile à comprendre, mais je t'ai demandé de te relire et je vois que tu as fait des efforts, et il n'en reste que très peu.

Dans l'ensemble ton style d'écriture particulier participe à l'originalité et la particularité de ton personnage.

Ton personnage obtient extrêmement vite ses certitudes et sa vision du monde, presque immédiatement après son éveil. Mais on comprend que c'est justement cet éveil, doublé de sa personnalité particulière, qui lui a donné ces certitudes. Alors j'accepte cela.

A un autre moment, tu parles d'une lune rougeâtre, cela est acceptable, puisque cela n'est pas irréaliste. Le seul problème que cela pose, c'est que cette singularité aurait du être remarquée par de nombreux personnages avant le tien. Mais on peut très bien imaginer qu'il s'agit d'une forme d'effet d'optique, ou d'hallucination très légère, ne concernant que ton personnage. Donc j'accepte la singularité.

En somme je n'ai rien à ajouter, d'un autre côté tu n'as aucune prétention particulière pour ton personnage !

Donc...

JE M'APPELLE TELOD, et je te... Euh... Madame ? Où êtes-vous passée ? Madame ? Ah ! Vous êtes au fond de ce trou ? Madaaaame vous m'entendez ? ÇA VA EN BAS ? MADAME ? OUOUUUUUUUUUU ? criait-il vers la crevasse. Puis il ajouta avec vigueur : VOUS ÊTES VALIDAAAAAA ! OU QUELQUE CHOSE COMME ÇAAAAAAAA !


Phrases de Mizore :

- Écoute le silence. Goûte l'insipide. Regarde le gris.

- La blanche neige pour enterrer la noirceur.



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