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Au fond du trou • Important • Mizore, Helig & Poe • J13
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Poe
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Messages : 22

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Racine
Métier : Cueilleur novice
Groupe : Errant
Fiche de présentation :
Journal :
Lun 30 Mai 2016 - 22:38


Un pas après l'autre, Poe avançait. Il marchait droit devant lui, le regard dans le vide, perdu dans ses pensées. Il avait un millier de choses auxquelles il devait penser, beaucoup trop pour son petit cerveau. Pour l'instant, il pensait aux esprits. Encore eux, oui, l'idée de ces êtres le fascinait. Et peut-être qu'ils étaient là, pas loin, et qu'ils le regardaient, qu'ils étudiaient ses pas et le jugeaient, pour décider de s'il était digne de les rencontrer en face à face ou non. Ce serait un honneur pour l'homme que de les rencontrer, parce qu'il était dévoué à leur cause. C'étaient eux qui avaient rendu possible l'apparition de cette forêt, qui avaient permis à Poe de survivre en plantant Saul et en le protégeant jusqu'à ce qu'il devienne grand et fort, les branches remplies de pommes elles-mêmes remplies de sucres.

En attendant, Poe devait retourner au lac. Il avait besoin des pierres qu'on y trouvait pour se tailler un nouveau silex, qui lui servirait de lame. C'était toujours utile d'avoir un objet tranchant à disposition, pour découper des trucs en tout genre, ou pour tailler le bois. Parce que l'homme était lancé dans une nouvelle quête, il devait aider les esprits de la forêt, aveugles, sourds et muets car dénués de visage, en leur en offrant un tout neuf qu'il taillait dans le bois même des arbres de la forêt.
Il en avait déjà fait un sur Saul lui-même, un véritable chef d’œuvre qu'il se devait de reproduire sur d'autres troncs, ailleurs, pour étendre leur champ de vision tout comme leur champ d'actions. C'était d'ailleurs pendant la fabrication de cette première idole que Poe usa son silex, cassant des petits bouts de pierre contre le bois solide, le rendant aussi émoussé que ses doigts eux-mêmes.

Ses doigts, parlons en. Nus, ils avaient servis à arracher la fine mais solide écorche du tronc de Saul là où se trouverait plus tard son visage. Malheureusement, ils étaient plus fragiles que l'avait imaginé Poe, ils avaient fini par s'ouvrir à force de gratter le bois, il en avait même presque perdu leurs ongles. Ceux-ci avaient tenu, tant bien que mal, finalement couverts par le sang qui finissait par couler de là aussi.
Ce sang, lorsque Poe travaillait, avait été essuyé sur ce qu'il avait trouvé, donc sur ses propres cuisses. De rapides coups de mains, il frottait le bout de ses doigts contre ses jambes, puisqu'il était assis sur un branche. Et s'il allait au lac, c'était aussi pour se nettoyer, parce qu'il avait encore les doigts ensanglantés, bien que le liquide pourpre ait fini par coaguler, et parce qu'au fur et à mesure, et ses jambes s'étaient elles aussi recouvertes d'une couche de sang séché. Clairement, Poe ne devait pas renvoyer une image très ragoutante et rassurante de lui-même à qui viendrait à le croiser. Il était haut et fort, imposant et à l'air renfrogné avec ses sourcils constamment froncés (c'était pourtant pas sa faute, c'était son visage qui était comme cela), et couvert de sang. Personne ne pouvait savoir que c'était son propre sang, qu'il avait fait couler parce que môssieur s'était pris pour un artiste.

En plus, il était armé. Pas jusqu'aux dents, il ne fallait pas en rajouter, mais il tenait dans la main une lance en bois. Basiquement constituée, simplement un bâton long, souple et solide, dont il avait taillé la pointe pour être piquante et facilement pouvoir faire mal à qui s'opposerait à lui. Ce n'était pas forcément très tranchant, il ne pourrait pas blesser grand chose avec une arme pareille, mais c'était mieux que rien, mieux qu'un silex mal taillé qui ne coupait presque plus.
Peut-être, d'ailleurs, qu'il pourrait combiner un bâton et une pierre pour en faire une lance avec une pointe en silex, plus tranchante et plus efficace ? Cela lui donnait matière à réfléchir, vraiment. Il lui faudrait quelque chose pour tenir le bâton et le caillou ensemble, d'ailleurs, sinon cela ne fonctionnerait pas.

Absorbé par ses pensées, Poe ne faisait pas vraiment attention aux alentours. Il n'était pas sur ses gardes et n'avait personne pour le couvrir, mais il n'était pas vraiment inquiet. Il n'était pas du genre à avoir peur pour pas grand chose, il savait que Saul pouvait arriver le protéger à tout moment, sous sa forme d'énorme ours noir menaçant. Cela avait déjà fonctionné une fois et fonctionnera certainement d'autres fois.
Pour l'instant, l'ours n'était pas là. Il avait marché avec Poe quelques minutes au début de son voyage, mais était finalement reparti faire ses affaires d'ours, ailleurs, laissant l'homme seul. Cela ne le dérangeait pas, parce que cela ne changeait pas grand chose à son trajet, et ce n'était pas l'animal qui allait lui faire la conversation de toute façon.


Ni le coq ni la musaraigne

Creuser pour monter.

Ne pas gravir pour ne pas tomber.
Helig
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Messages : 4

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Echoué
Métier : Guérisseur - Novice
Groupe : Errant
Fiche de présentation :
Sam 4 Juin 2016 - 19:53

Helig n’était pas sur de lui. En vérité, il l’était rarement, mais aujourd’hui, même son sens de l’orientation lui faisait défaut. Depuis la veille au matin, il essayait tant bien que mal de progresser vers le sud. Il avait la gorge, à peine cicatrisée, sèche de déshydratation et n’ayant pas trouvé de point d’eau il n’eut pas d’autre choix que de retourner vers le lac quitté deux jours plus tôt. Bien que rêvant malgré lui de se jeter tête la première dans le lac pour y boire autant qu’il le pourrait, Helig avait encore un souvenir douloureux de ses premiers instants et de ses mésaventures causées par le lac. À ses craintes s’ajoutait celle, bien plus effrayante, de voir des êtres humains une nouvelle fois. S’il faisait le compte de ses dernières rencontres, deux personnes sur trois lui voulaient du mal. Cette statistique était tout sauf rassurante, et Helig n’avait pas l’intention de tenter sa chance une nouvelle fois.

Aussi, sa progression fut infiniment lente et laborieuse. Se cachant à chaque bruit, faisant des détours au moindre doute, ces précautions lui avaient finalement joué des tours lorsque l’Échoué, à la simple vue d’un mouvement de buisson sur sa gauche, avait instantanément couru en tous sens, entre les arbres, espérant semer son survivant. Une minute plus tard, reprenant son souffle adossé à un feuillu, Helig réalisait qu’il était parfaitement seul avant de s’apercevoir qu’il ne savait nullement dans quel sens aller. Il était également de plus en plus faible. Si ses blessures superficielles s’étaient pour la plupart bien refermées, l’une d’elle sur son genou restait assez sale, et était une motivation supplémentaire pour trouver de l’eau.

À sa soif et sa fatigue s’ajoutait également une faim tenace qui revenait à la charge. Depuis le fruit sableux de sa nuit mouvementée, il n’avait pas mangé à sa faim. Il s’essayait timidement à imiter l’alimentation de certains animaux, mais les résultats étaient variable. Si la petite poignée de graine qu’il avait trouvé au fur et à mesure de sa marche se digéraient relativement bien, bien qu’asséchant sa bouche, les quelques tentatives pour manger des feuilles ou de l’herbe se soldaient régulièrement par un demi tour depuis son estomac ou, dans les pires des cas, par des douleurs lancinantes à son abdomen.

Voici où en était donc la progression d’Helig après deux nuits et deux jours de progression: affamé, blessé, assoiffé, et parfaitement perdu. Il se demandait si tout le monde avait autant de difficulté que lui pour survivre. Il se souvenait de la femme qui avait l’air de se débrouiller assez bien pour survivre et se permettre de lui donner de la nourriture. Helig eut un peu honte, et entreprit alors d’avancer au hasard. Plutôt que de continuer à progresser avec détermination, il commençait à marcher sans réfléchir, commençant à perdre espoir de voir la fin de cette journée.

Un léger bruit le tira légèrement de ses rêveries. Un brusque mouvement de végétation et un souffle bruyant captèrent son attention. Un souffle plutôt humain, imaginait Helig. Perdant la raison qui le poussait depuis deux jours à fuir les autres hommes, l’échoué avançait lentement vers l’origine du bruit, où il devinait vaguement une silhouette se déplacer dans l’ombre des arbres.

A l’instant où Helig parvint à croiser la route de la dite silhouette, sa raison revint à lui comme un coup de fouet. Un géant couvert de sang, avançait d’un pas lent, méthodique, entre les arbres, comme s’il traquait quelque victime en sachant qu’il n’avait pas besoin de se presser pour le rattraper. Le géant tenait un baton plus long que celui de Helig, et à la pointe menaçante. Helig restait sur place, tétanisé, n’osant faire de bruit. Ce ne devait pas être un être humain. Même son odeur était animale. Les jambes d’Helig étaient prête à partir à sens inverse, mais pour une des premières fois dans sa vie, Helig avait rassemblé le courage de faire face à cette bête. Si c’était un homme, peut être y aurait il moyen de supplier pour de l’aide, et si c’était un animal… eh bien les animaux qu’Helig avait observé jusqu’ici étaient parfois agressifs mais pas cruels. Alors qu’il se tenait avec courage sur le chemin de l’autre, l’échoué espérait de toute ses forces qu’il ne découvre pas subitement une troisième catégorie d’êtres vivants.

L’instant précis où c’en était trop pour Helig était la seconde où leurs regards se croisèrent. Ne cherchant plus à comprendre quoi que ce soit, il détala en sens inverse avec le peu de force qui lui restait, manquant de trébucher à chaque foulée. Terrorisé par le son lourd des pas du démon derrière lui, il ne faisait même pas attention au sol qui défilait sous ses jambes.
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Mar 7 Juin 2016 - 17:31

Jour 13 :




Les confessions :

Le ciel était clair,
Mais l'atmosphère battante,
Des souffles apeurés fendant l'air,
Précipitaient l'être dans l'obscurité imprégnante,
Définissant de son étreinte la peur et la décadence des pas,
Une course folle pour fuir la créature qui à ses yeux fous semblait aimer les appâts.





Le sommeil interrompu, Mizore écarquillait péniblement et faiblement ses yeux vers la lumière du jour, en provenance de la faille souveraine, aveuglant  sa vision dénouée de repère, de confiance envers le Monde, les détournant face à son agressivité. Battant de ces cils blonds, la Cime se souciait de ce bruit ennuyant, périodique et précipité en sa direction Le revers de la main se posant à l'une de ses paupières affaissées, ses pierres azurs se dirigèrent à nouveau, prudemment, vers l'ouverture au monde extérieur qui lui manquait, le Ciel-Frère en sa ligne de mire principal. Elle fixait ce dernier, les dents serrés, la gorge sèche, lui enviant sa liberté de mouvement et d'état dont il s'en orgueillissait d'un rire étouffé tout à la fois inaudible pour les êtres bruyants, insouciants et corrompus par la décadence humaine caractérisé par son incapacité à s'élever vers l'Au-delà, à ce satisfaire du silence et des bruits minutieux de la Nature.
Une phrase lui vint à l'esprit.
Hallucination ? On pouvait le croire, mais, rien de cela. Non, elle était sensible et consciente.
Elle se répétait dans la conscience de la cueilleuse.
Par analogie, elle tenta de répéter cette incantations non voulus à vois basses, l'analysant :


" Écoute le silence. Goûte l'insipide. Regarde le gris. "



Le gris...
Depuis son admiration pour le blanc, Mizore évitait de regarder ses longs cheveux argentés.
Insipide...
Ses cheveux, insipides ?
Elle restait un long moment, à genoux, tirant une dizaine de fils en argent hors de son cuir chevelu, obsédée par l'impureté de son être, de sa mortalité, faiblesse et beauté décadente, reflet de son esprit égocentrique et paranoïaque. Ce tic stressant à l'arrêt, elle redressait son visage fin, la douleur l'ayant fait rougir les joues, les yeux humides.
D'un soupire lassé, envieux, la fille du Monde implorait son pardon et sa rédemption afin de retrouver ses terres maternelles et originelles. De son gouffre d'isolement, froid et inanimé de couleurs, elle ne pouvait atteindre cette perfectibilité dans ce qu'elle définissait comme étant l'impasse, le point de non-retour dans le basculement entre divinité/mortel et homme/penseur omniscient.
Elle était une simple mortelle, aux yeux de tous, qui souriait, riait de ce spectacle.
Mizore n'était pas la dernière des idiotes.
Elle savait la moquerie de l'Au-delà, elle savait sa sentence, silencieuse, comme tout bon sage acceptant ses erreurs de parcours philosophiques.
Son frère s'était éclipsé dans une obscurité instantanée et assommante à l'ouïe - Mizore pensait à la Mort, sauveuse de sa honte et souffrance face à ses 2 jours de jeune, indice au fait révélateur de son échec à sa raison existentielle et vitale. Par une certaine crainte du châtiment irréversible de ses Pères pour son premier cri, ses pêchés et son égoïsme répété, Mizore se recroquevilla au fond de son gouffre de tourments et de torpeurs. Elle répétait ses excuses, ses forces, ses désirs à voix basse, apeurée. Au coin de sa prison caverneuse, les yeux fermement clos, la peur  venant étripée les entrailles, les ligotant d'une destinée imposée à ses yeux, elle pria de vivre.
Un choc...
Brutal... Puis paisible.... Silencieux.
Etait-ce l'Au-delà ? Le Néant ?
Non... Pensées. Pensées la trahissant. Ces pensées reliés aux sensations de la chair, à son existence, la fit découvrir la réalité qui n'était que corruption de son imagination et paranoïa, les yeux aveuglés par la venue d'une Peur à fleur de peau, ayant partager ses angoisses et fausses vérités.

Un Homme ?
Un Homme.
Le mot Humanité lui vient à ses lèvres sèches, creusées par la déshydratation.
Un homme se tenait là.
Un homme gisant sur le sol.
Un autre être privilégié...
Mizore ne voulut croire. Elle criait au ciel son questionnement existentiel à vif,. Les entrailles libérant le second affrontement avec les cieux, un second degré sur l'évolution de sa décadence humaine coulant dans ses veines rouges, vertes, puis bleues, qu'elle avait étudié dans son attente. La blessure légèrement rétablie, elle avait observé avec étonnement cette apaisement, cette réparation corporelle inédite. Elle se sentait faible, forte, elle voulait être au dessus de ce qu'elle était à sa naissance. Rejoindre sa Mère éternelle. La fille sauvage se délecta de la vision de l'être, se comparant à lui, découvrant des divergences à ce qu'elle possédait en tant qu'humaine. Ce mot lui semblait assez barbare, caractérisant les êtres du même paraître qu'au sein, à peu près maintenant qu'elle vit l'existence de différences par rapport à sa vision d'elle-même au travers de la face externe du miroir aqueux qu'était le lac.
Silence. Chants d'oiseaux vifs et temporaires.
Le calme était revenu face à la nouvelle source de confusion et de questionnement en provenance de ces ancêtres. Les yeux observateurs, curieux, la jeune femme s'approchait finalement du corps inerte  de ce qui lui semblait être un problème à résoudre par ses Pères sur l'existence de ce Monde et de son propre être, ainsi que d'autres ?...
Le partage ? L'intimité ? La perpétuité de l'espèce ?
Des notions faisant surface à l'esprit de l'illuminée, qui avait prit en compte la nudité de l'être masculin en face de celle-ci, l'acceptant sans préjugé. La chaleur venait emplir son cœur, un instinct féminin, maternel fit lueur à ses pupilles dilatées. Le visages au dessus de l'oreille de cet inconnu perdu, elle murmura d'une berceuse idyllique celui-ci à reprendre la raison :



" Qui es-tu, humain, toi qui vient pour se repentir dans la prison aux pêchés et à la foi des cieux éternels et observateurs du Monde ?
Qu'as-tu fait aux Pères pour connaître le triste sort qu'est le mien ?
Parle moi, je te guiderai vers cet Au-delà, loin de ce qui te semble immonde...
Délivre-toi de craintes, de toi à moi, sois serein. "




Ce miracle envoyé, Mizore prit conscience de ce qu'était la Religion, se vouant corps et âme à ce qu'elle prenait pour un don inhumain, qui la rapprochait de son Père et de sa Mère dont elle n'haïssait plus les agissements mais les écoutait, acceptait et transmettrait à autrui.
Poe
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Racine
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Mer 8 Juin 2016 - 20:44

La meilleure façon de marcher, c'était encore celle de Poe. Il mettait un pied devant l'autre, puis il recommençait. Mais pas le même pied, attention, c'est plus efficace en alternant. Une fois à gauche, attention à ne pas marcher sur ce cailloux pointu, une fois à droite, et là une brindille menaçante à éviter. C'est énervant les brindilles, ça casse et ça fait du bruit, et ça fait mal au pieds aussi. C'est à se demander pourquoi les animaux ne portent rien aux pieds, est-ce qu'ils sont différents de ceux de l'homme ? Eux, roses et tout mous étaient seulement recouverts d'une petite couche de terre séchée, mais ce n'était jamais suffisant pour protéger de quoi que ce soit.
Poe, au moins, il avait eu l'idée de se fabriquer un truc à pieds, qui tiendrait chaud la nuit, ça c'était sûr. Il appellerait ça une chaudsûr. Ou chaussure, peu importe comment il l'écrirait, il ne savait pas écrire.

Et une chose était certaine, c'était que Poe devait être sacrément plus intelligent que la paire de pieds qui se tenait devant lui. Comme il avançait la tête baissée, c'était la première chose qu'il vit de l'homme d'en face. Il releva lentement la tête jusqu'à arriver à sa tête. Elle était bizarre sa tête, les traits tirés, sourcils vachement hauts sur son front, en dessous de plein de plis parallèles dans sa peau et au dessus de gros yeux globuleux quasiment prêts à sortir de sa tête. Vraiment bizarre, comme agencement de visage. Ou alors il avait juste peur, sourcils haussés et yeux exorbités. Mais c'était assez improbable comme hypothèse, Poe ne voyait vraiment pas de quoi cet inconnu pouvait avoir peur, il était gentil Poe, tout le monde ne savait. N'est-ce pas Saul ?

Mais après quelques instants quand même vachement rapides passés à se mirer dans le blanc des yeux, le nouvel homme s'enfuit en courant. Un pas devant l'autre, lui aussi, mais super vite. Est-ce qu'il faisait tout aussi vite ? Surpris, interloqué, Poe tendit une main en avant, un timide « Hé... » sortant de sa gorge dans un son grave.
C'était étrange. La veille, Poe avait croisé une femme beaucoup plus petite, visiblement affamée, et elle ne s'était enfuie ni face à Poe ni face à l'ours de Saul, et là un homme avait pris ses jambes à son cou juste parce que Poe avait voulu lui dire bonjour. Peut-être qu'il était juste bizarre, mais en tout cas ça expliquait son visage avec ses gros yeux et ses sourcils vachement hauts. Si ça se trouvait, quand il flippait pas il avait une tête normale.

Ça, c'était à Poe de le découvrir. Alors, il parti dans la même direction que le fuyard, marchant plus rapidement qu'avant avec l'infini espoir de le rattraper un jour ou l'autre. Il pouvait toujours le voir, au loin, batifolant en panique entre les arbres. Et en un instant il disparu. Un clignement d'yeux et il n'était plus là. Étrange. Tellement étrange que Poe alla voir là où ça s'était passé.

Et à ses pieds, une crevasse qu'il vit juste à temps pour ne pas tomber dedans. Il aurai eu l'air fin. C'était un large trou dans lequel on aurait pu entasser tout plein de Poe. Mais heureusement Poe était seul, il aurait eu de la place s'il y était tombé. A un détail près, les deux habitants de ce faussé creusé à même la terre ou la pierre ou peu importe.
« Bah, qu'est-ce que vous faites là-dedans ? » demanda-t-il aux deux personnes qui pouvaient profiter de la magnifique vue d'en dessous de lui. Mais il fini tout de même par s'accroupir au bord de la crevasse pour mieux pouvoir les observer, posant sa lance sur le sol à côté de lui. Il y avait un homme, le fuyard de tout-à-l'heure allongé sur le sous-sol (comme le sol, mais en dessous du sol sur lequel se tenait Poe, parce qu'il n'était pas dans la crevasse (lui)), et une femme bizarre qui le regardait, sans dire un mot.

« Vous habitez là-dedans ? C'est bizarre » dit Poe, ensuite. Il avait besoin de savoir, parce que c'était quand même une drôle d'idée de se ficher au fond de ça, ça protégeait à peine des prédateurs, juste du vent. Mais il devait faire froid là-dedans, non ? Et faim surtout, rien d'autre à manger que de la terre, de la boue et des racines. Merci mais non merci, esprits de la forêt, vous faites de très bons fruits juste au dessus des arbres alors c'est pas pour en manger les racines.

« Comment vous faites pour sortir de là quand vous en avez marre ? Ca a l'air vachement haut quand même. » Depuis le début il avait parlé avec sa même voix grave et inquiétante qui cachait à quel point il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il était en train de faire. Au mieux, il avait l'être d'être quelqu'un de déterminé, curieux, pas forcément à qui on peut faire confiance mais qui sait se débrouiller. Sinon, il aurait juste l'air d'un psychopathe assoiffé de sang, avec ses jambes ensanglantées et sa lance.


Ni le coq ni la musaraigne

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Ne pas gravir pour ne pas tomber.
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Jeu 23 Juin 2016 - 13:52

Une voix fend la masse, la dépasse,
L'ouïe stimulé d'une langue travaillé,
Ce fruit mûr que l'homme ramasse,
Le croque, la connaissance juteuse dans son immensité.
Les Cieux nous en voulaient.
Calmons-les.
Calmons-les.
Ils grondent, guetteurs de la montée en puissance,
De l'Homme qui se tenait sur ses pieds,
L'abomination de l'aisance.
L'Homme peupla la Terre de Musaraignes.
L'Homme fauta en défiant les règnes.
Animal, Astral, Végétal,
Celui des profondeurs et du rien impérial.
Dans ce trou, nous supplions l'Au-delà pour nos fautes.
Nous murmurons notre admiration à ces hôtes.
Je serai prêtresse de ces Hommes innocents,
Qui ne font silence, n'écoutant pas les murmures anciens,
La Décadence attend son bain de sang,
Donnons lui ce qui n'est point sien :
La fraternité.






Une ombre masquait le corps de l'endormi. Mizore supposa qu'il dormait profondément, son souffle lent à sa joue lorsqu'elle s'était penché vers lui. Elle recula devant l'ombre, avant de n'être bloqué par les parois imposantes.
La voix dictait l'inquiétude :


" Bah, qu'est-ce que vous faites là-dedans ? "



Silence. Mizore observait l'ombre dans la fente lumineuse, ne pouvant percevoir son interlocuteur, mise dans une situation de trouble face à l'inconnu. Les lumières l'éclairer, et pourtant, son reflet ne fut que plus noir. Elle comprit l'Ombre, voyant là une expression de cette impureté humaine, de cette Mort omniprésente au dessus des têtes humaines, les doigts sous le cou, prêt à embrasser sa victime d'un baiser morbide. L'illuminée fut prisonnière de ses pensées, les yeux dilatées d'une adrénaline la dépassant.
C'était un Homme, c'était sa première certitude. Un homme masculin.
A la vue du cadavre sommeillant face à sa carcasse frêle et déshydratée.
Les Tourments de la Décadence faisait ses avances sur l'esprit de ce dernier. Mizore voulut répondre, mais elle ne put, la peur la figeant sur ses positions. L'ombre réussit à la tourmenter. Que fallait-il dire à celui-ci ?
Elle pesa à un fait, revoyant en sa mémoire visuelle la chute de la victime.
Victime ? Ne serait-ce pas la victime de cet homme inquiet pour ses actes erronés ? Il reprit une nouvelle fois son interrogation de manière détourner :


"Vous habitez là-dedans ? C'est bizarre"



Rien ne vint à l'esprit de Mizore, elle accusa celui-ci d'avoir amener cet homme à tomber ici-bas alors qu'il n'avait sans doute pas fauté. Subitement, à son regard, l'homme allongé, prieur du sol, se mit à bouger légèrement, avec peine, gémissant sa douleur d'un air dépassé.
Blessé ?
Elle s'approcha à nouveau de lui, la cheville lui provoquant des pics surmontable de douleur, essayant de contourner l'ombre impérial projeté sur le corps vivant du conjoint, la démarche lente. Elle vit un liquide rougeâtre se rependre sur le sol sombre au niveau de sa hanche. A son observation, la plaie lui semblait large, mais que peu profonde à la vue de la chair superficielle. Rien de casser, mais l'hémorragie lui semblait anormale. Mais la Mort s'en abreuvait, avidement, ne perdant une goutte. Il ne resta qu'une trace de couleur sur le sol légèrement humide. Les bêtes furent attirés, la salive gourmande et les yeux trop gros pour leur taille infime. Mizore essayait des les repousser d'une mouvement violent de sa main, il ne pouvait être mangé, il vivait. Elle observa une long moment le fluide se répandre vers elle, s'en éloignant par crainte à sa pureté, avant de voir une possibilité à l'arrêter. La troisième hypothèse résonna dans la faille :


" Comment vous faites pour sortir de là quand vous en avez marre ? Ca a l'air vachement haut quand même. "


Le Sang.
C'était le sang, il coulait, ce flux vital de l'Homme, ce flux dont la Mort s'en passionnait jusqu'à vider les créations des divins. Elle ne put se résigner à laisser faire une telle scène. La chaleur monta en elle, les poings clos, impuissante encore face à l'Ombre.
Ce n'était pourtant pas lui - la Mort. Il était un Homme qui faisait des erreurs, principal caractère à la Décadence qui rongeait les êtres petit à petit. Mizore prit son courage, se voulant aider autrui face à ses forces invisibles et divines, allant au chevet de l'homme ensanglanté, les mains venant presser la plaie afin que le sang ne s'y échappe plus. Le moins possible espérait-elle. Cependant, à l'issu, elle ne pouvait tenir, la soif la guettait, l'énergie s'évacuant par la déshydratation, arme morbide.

Non pas que son protégé ne soit plus en danger qu'elle, la blessure n'était pas mortelle véritablement, mais la Mort l'utilisa comme leurre auprès de la jeune femme innocente et croyante qui - elle - avait ses chances de mourir en ce jour. Elle se mourrait bien plus rapidement que l'hémorragie qui se serait arrêter avec le temps. Elle ne le savait pas, elle ignorait.

La Mort se vengeait face à cet affront, rieuse de son piège, venant révéler sa véritable victime, la plus bagarreuse avant de finir son repas par celui qui avait délaissé la raison au réel si le corps ne se laissait pas faire. Prise dans des certitudes et des tourments, les mots lui en échappèrent, elle réclama à celui qui se dressait comme être supérieur au dessus d'eux une aide :


" De l'eau, des feuillages, des cordes, des lianes, n'importe !
Vite, toi qui semble être libre de la Mort,
Cueille, cours, chasse et aide ton prochain qui se meurt ici-bas ! "



Mizore lui déclara distinctement ce qu'elle espérait de son interlocuteur dont l'inquiétude n'allait pas s'évanouir face aux propos anxieux et précipités qu'avait prononcé la jeune femme dont les mains furent ensanglantés. Elle accorda sa confiance à l'être, voyant en elle une possibilité que ce dernier soit bon, raisonné.
Elle murmura que ce sang n'était pas le sien, qu'elle ne l'avait pas versé. Elle murmura le pardon des Hommes sur ce sang qui fuyait entre ses doigts glissant, tachés par la Mort.
Son être se salissait pour un autre, mais elle en fut heureuse, la lumière venant caresser chaleureusement sa joue.
Père ... - Elle trouva dans l'obscurité sa voie vitale.

S'agissait-il d'hallucinations, de visions venant d'une soif qui défaillait sa raison ?
Ou est-ce la sagesse qui lui imposait des dogmes et croyances ?
Mizore se voyait là comme un lien entre le Monde des mortels et leur créateur, la Décadence influençant sa personne par le biais de son inconscience. Si elle le savait, elle se maudirait, mais l'espoir et la foi la fit vivre l'instant, la conscience lui masquant cette mascarade entre la Décadence et la Mort qui se moquèrent de cette humaine.




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Jeu 23 Juin 2016 - 16:30

Destiné de la blessure :



1- Le sang coulait davantage, Mizore retira précipitamment ses mains, ne sachant pas quoi faire pour stopper cela.
2- Mizore aggrava la blessure en l'infectant.
3- Le sang ne coulait plus, un liquide translucide faisant son apparition.
4- Le sang coulait moins, favorisant la cicatrisation.
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Jeu 23 Juin 2016 - 16:30

Le membre 'Mizore' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'd4' :

Résultat : 3
Poe
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Jeu 23 Juin 2016 - 17:06

Mais qu'est-ce qu'elle pouvait bien raconter, celle-là... Sa façon de répondre à Poe semblait bien étrange. Ses mots avaient du sens lorsque pris les uns séparément des autres, mais ensemble ils ne voulaient plus rien dire. Sujet, verbe, complément, c'était pourtant pas compliqué. Peut-être que c'était la vie au fond de son trou qui l'avait rendue idiote. Il fallait qu'elle sorte de là si elle voulait retrouver la raison. C'était ça de vivre en dessous des arbres aussi. Lorsque l'on vivait à leurs côtés on était bien plus fort que lorsque l'on se mélangeait à leurs racines. Poe lui-même s'était réveillé lorsqu'il s'en était libéré (délivré).
« Tu veux pas sortir de là plutôt ? demanda alors l'homme sans voir le sang qui se rependait lentement au fond de la crevasse. Et lui, il va bien ? Il dort ? » fit-il ensuite, le plus naïvement du monde.
En même temps, il n'avait pas grande expérience des autres humains, de leurs problèmes de santés en tout genre, comment pouvait-il savoir que le frêle individu qui l'avait fuit jusqu'à plonger la tête la première au fond d'une crevasse pouvait aller mal s'il n'en trouvait aucun indice ? Poe n'était pas très observateur, encore moins perspicace, tout ce qu'il pouvait se dire c'était qu'il trouvait cela étrange que cet inconnu fuyard se soit endormi aussi vite après s'être enfuit (sans raison valable, en plus).

Mais ce n'était pas une raison pour les laisser au fond de ce trou. Il était fortement improbable qu'ils y restent par pur plaisir (sauf peut-être le fainéant qui y pionçait bien tranquillement). La jeune femme en tout cas (parce que Poe n'était peut-être pas observateur mais il savait reconnaître une femme quand il en voyait une (c'était pas compliqué en même temps c'était bien plus joli)) ne devait pas s'être trouvée là volontairement. Elle était peut-être tombée accidentellement (comme Poe était déjà tombé de Saul sans faire exprès) ou s'était retrouvée faite prisonnière du beau au bois dormant. C'était déjà plus triste comme perspective, mais l'individu semblait bien trop maigrichon pour pouvoir imposer sa force à qui que ce soit. Il n'avait même pas la force de se tenir lui-même éveillé alors à quoi bon.

Alors, Poe mit à quatre pattes par terre, se penchant en avant pour tendre son gros bras à l'intérieur de la crevasse. « Donne moi ta main je vais te sortir de là » dit-il de sa voix grave. C'était une offre qu'elle ne pourrait refuser, parce qu'elle ne semblait pas avoir grand intérêt à rester au fond de ce trou, à rester assise sur le sol à côté d'un gars endormi. Par contre, Poe espérait qu'elle arrêterai de parler bizarrement et qu'elle commencerait à faire de vraies phrases. Il ne la remettrai pas là où il l'avait trouvé si elle continuait, mais cela nuisait plutôt pas mal à sa compréhension. Déjà qu'il ne comprenait pas grand chose en général...

Son bras fort serait largement suffisant pour la sortir de là, il aurait un peu de mal mais il était assez fort pour y arriver. Loin de lui l'idée de se vanter mais il avait quand même réussi à soulever d'une seule main une jeune femme (Hiss, si sa mémoire était bonne) qui manquait de tomber d'une banche de Saul, pour la reposer sur l'arbre. Peut-être qu'il lui avait sauvé la vie ce jour-là, qui sait. Alors, cette maigrichonne-là ne devrait pas poser énormément de problèmes non plus.

Et alors qu'il approchait ses yeux de la crevasse, Poe s'habitua à son obscurité ambiante. Auparavant cachés par sa propre ombre, il discernait désormais bien mieux les deux habitants du trou. La femme semblait appuyer de ses mains sur le corps de l'homme endormi, comme pour arrêter le flot rouge qui en sortait. C'était pas normal qu'un corps fasse ça, ça devait faire mal. C'était déjà arrivé à Poe, il n'y avait qu'à voir l'état du bout de ses doigts qu'il avait tailladé à force de vouloir arracher l'écorce du tronc de Saul, et tout le sang qui en était sorti. C'était tout petit un doigt, et beaucoup de sang s'en était échappé, le gars qui dormait était beaucoup plus gros qu'un doigt, il risquait de saigner beaucoup.
« Qu'est-ce qui lui arrive ? Il va bien ? Faut le faire sortir de là non ? » dit Poe, déjà un peu plus inquiet.

Il hésita quelques instants puis sauta au fond du trou à son tour. Il n'y avait pas tellement de place, mais suffisamment pour qu'il s'y insère et trempe ses pieds dans le sang qui y recouvrait la terre. Accroupi à côté de la femme de la crevasse, il regarda quelques instants le corps inerte. Il semblait avoir arrêté de saigner, puisque le flot qui sortait d'en dessous des mains de l'inconnue s'arrêta. Alors, puisque cela paraissait sans danger, Poe le ramassa sans trop de problèmes. Il était un peu plus lourd que Hiss mais pas beaucoup, pas assez pour l'empêcher de se relever et de poser le blessé sur le sol, le vrai, en dehors du trou. Puis il grimpa à son tour, sauta jusqu'à poser son lourd torse par terre puis, en se tirant avec la force de ses bras, il était ressorti de la crevasse.
Poe se retourna alors, à quatre patte sur le sol, penché vers la jeune femme encore en dessous de lui, il tendit son épais bras vers elle.
« Allez, tu viens ? »


Ni le coq ni la musaraigne

Creuser pour monter.

Ne pas gravir pour ne pas tomber.
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