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Au pas [J21 - Commun - Solo][Clos]
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Okha
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Messages : 99

Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (3)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Journal :
Jeu 5 Oct 2017 - 13:53

Les yeux sur la cime des montagnes, Okha pensait. Entre ses doigts, de longues tiges se laissaient tendre et tresser par le mouvement mécanique de ses larges phallanges. Un vent léger descendait du nord, depuis les hauteurs, pour venir glisser vers le lac.
Après avoir ramassé plusieurs plantes pour ses tressages, la racine avait choisi un endroit ou elle pouvait tranquillement travailler sans se laisser surprendre. Son dévolu s’était jeté sur un agrégat de rocher dans lequel un chêne avait plongé ses racines. Adossé à se promontoire, elle avait laissé Aël partir en avant pour chasser. La rousse lui avait promis de lui ramener un bois assez dense pour lui confectionner une nouvelle lance, soi-disant en remerciement des quelques ajustements qu’Okha avait effectué sur ses vêtements. Ses fins sourcils se froncèrent légèrement lorsqu’elle repensa à l’attitude de la chasseuse. Alors qu’elle essayait de faire tenir son pagne sur ses hanches, elle semblait faire les mouvements exacts pour s’en délester. Et puis ce regard… Elle l’avait laissé faire sans rien laisser paraître. A vrai dire ces signes d’attention ne lui étaient pas désagréable. Avait-elle bien fait de la laisser partir seule ?

Jetant un œil à son ouvrage, Okha grommela et tenta de démêler les erreurs dues à son inattention. Elle n’avait pas le temps pour ce genre de choses. Sa blessure semblait en bonne voie de guérison et le temps s’adoucissait. Peut-être était-il temps de revenir aux Cavernes Rauques.
Déposant le début de tressage qu’elle avait entamé, la grande racine se fendit d’un long grognement de plaisir, les bras levés vers le ciel. Elle se sentait plus forte que jamais.
Un mouvement vers le lac la fit soudain s’accroupir. Les pupilles étrécies se collèrent au formes qui s’approchaient de sa position. Ce n’était pas Aël, ni humain, mais ce n’était pas des monstres non plus.
L’eau monta à la bouche de la racine, ils étaient quatre, non cinq et de taille massive. Un seul d’entre eux pouvait représenter un repas pour au moins six jours, peut-être plus. Jetant un œil à ses arrières, Okha se coula derrière le chêne. Ils se trouvaient entre elle et Aël, tout du moins la direction qu’elle avait prise. Si elle pouvait les rabattre vers la chasseuse, elles pourraient peut-être en tuer un.

Ils s’élancèrent. Dans un roulement de sabots, leur silhouette lourde s’arrachant au sol dans un grondement. Un nuage de poussière s’éleva doucement derrière le troupeau alors qu'il s’éloignait de l’eau. Détachant un regard fasciné de la scène, la racine scruta les abord du lac, pour trouver la cause de leur course, mais tout semblait calme. Pourquoi courraient-ils ?
Mais déjà les animaux ralentissaient pour finalement s'arrêter entre elle et les montagnes, plus proches. Okha discernait trois chevaux adultes et deux jeunes. Leur manière de se mouvoir, de se délester de la poussière qu’ils avaient eux même soulevé les rendaient captivant. Quelque-chose naquit dans sa poitrine, une envie étrange, profonde, une urgence née d'autre chose que d’une nécessité de survie. Elle voulait sentir leur chaleur, toucher leur poil, sentir leur odeur, juste comme ça.
Accrochant son travail à sa ceinture, elle se releva et, avec des pas mesurés, les bras le long du corps, sans chercher à se cacher, se mit doucement en marche vers eux.


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Okha
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Messages : 99

Jour d'éveil : Jour 7
Race : Racine
Métier : Tisserande (3)
Groupe : Cavernes Rauques
Fiche de présentation :
Journal :
Sam 4 Nov 2017 - 12:53

Après une dizaine de pas seulement, les première volutes lui parvinrent. Pointes volatiles dont la profondeur lui échappait tant leur passage dans l’air était éphémère. Une odeur forte, poignante, qui lui enveloppait le nez dans un étau chaud, animal, avant de se soustraire à ses sens. Descendant des montagnes le vent soufflait dans sa direction, ils ne l’avaient pas encore perçue.
Que faire ? S’ils se rendaient compte de sa présence trop tard, elle ne ferait que les effrayer. L’image de Hiss vint à l’esprit de la Racine. Bien que contente de retrouver un peu de solitude, Okha aurait aimé pouvoir utiliser ses sifflements pour annoncer sa présence. Contrairement à la voix humaine, il lui semblait que les sons émis par la Cime lui permettrait de se présenter de manière plus appropriée. Formant un « o » avec sa bouche, elle s’essaya le plus silencieusement qu’elle put. Le résultat s’apparentait davantage à un souffle aigu qu’à autre-chose, mais ferait l’affaire pour le moment.
Portant ses mains à sa bouche, la Racine produisit un premier son, le faisant doucement gagner en puissance, l’un des chevaux adultes releva la tête. Au second sifflement, cinq paire d’yeux se posèrent sur elle. Okha fronça les sourcils, tentant d’interpréter ce simple mouvement de tête. Les chevaux ne semblaient pas vouloir bouger, comme s’ils attendaient la suite. Elle reprit son monologue sifflé, tentant d’y insuffler des intonation rassurantes. Contournant ce qui était probablement l’un de ses parents, l’une des jeunes bêtes se mit à s’approcher ; son poil marron et ébouriffé rutilait sous le soleil. Aussitôt, le reste du groupe se mit à s’agiter et, coupant la route à sa progéniture téméraire, l’un des adultes le fit se retourner. La poussière s’éleva de nouveau alors que le bruit de leurs sabots décroissait. La main en visière, la racine les regarda s’éloigner en silence, tentant de tempérer sa curiosité frustrée par ce brusque départ.
Puis, haussant les épaules, elle fit demi-tour. La journée était bien avancée, elle pouvait décider de retourner avec les autres maintenant ou de travailler encore un peu en solitaire en attendant le retour d’Aël. Des montagnes plus au nord, un cri lui parvint, distordu par son rebond sur les parois de roche et de glace. Impossible de savoir s’il venait du bouche humaine, animale ou… La Racine frissonna. L’écho ne provenait pas de la direction ou était partie Aël, ou essayait-elle de s’en convaincre ? Son regard parcourut le paysage en direction de l’est, aucun mouvement.  Le bois aux lucioles semblait lui aussi calme, hormis deux écureuils se poursuivant à son orée.
Une lance se ficha à deux pas devant elle, son cœur fit un bond. Tassant les épaules, Okha fit face à son assaillant, prête à esquiver un second projectile. Les poings sur les hanches, la rousse la fixait avec un sourire goguenard, ses longs cheveux rouges se lovant  autour de son cou et de sa poitrine.

- Pas très efficace tes techniques de chasse. Tu comptais les attraper à main nues ?


Les mâchoires de la tisserande se serrèrent alors que le rouge lui montait aux joues.

- Je ne voulais pas les attraper.

Aël haussa légèrement les sourcils, l’air surpris, puis haussant les épaules elle désigna la lance, encore enfoncée dans l’herbe.

- Cadeau.

Avec lenteur, Okha souleva l’arme. Plus légère que la précédente, elle semblait en revanche plus robuste. Sa pointe avait été taillée grossièrement, mais avec quelques ajustement, elle pourrait être tout à fait convenable. La densité du bois lui plaisait tout particulièrement. L’air satisfait, la chasseuse la laissa faire quelques passes et moulinets avant de se rapprocher.

- J’aimerais bien te voir te battre un jour.

L’intéressée s’immobilisa et dévisagea Aël. Malgré sa constitution robuste et ses talents évidents de chasseuse, elle ne devait pas avoir vécu la moitié de ce qu’Okha avait subi pour se permettre une pareille remarque. Refoulant une remarque incisive, cette dernière se contenta de faire vibrer la longue tige de bois assez près de sa tête pour soulever quelques cheveux rouges.

- J’aimerais autant éviter que ça arrive. Mais merci.

Loin de se démonter, Aël eut un rire bref et, en quelques pas, dépassa la garde de la Racine.

- Au lieu de perdre ton énergie à fendre l’air, j’ai encore besoin d’un petit service. J’ai laissé une proie de taille, un peu plus loin. Est-ce que tu consentirais à m’allouer tes larges épaules pour la ramener au camp ? Je ne pense pas y arriver seule.

Jetant un regard à la chasseuse, Okha haussa légèrement les sourcils. Elle faisait une bonne tête de moins qu’elle, peut-être un peu moins robuste, mais autrement plus souple et nerveuse. A moins d’avoir abattu un ours à elle seule, la tisserande doutait qu’Aël ait réellement besoin de son aide, elle ne savait pas quoi répondre, la profondeur des yeux noisette qui la fixaient avec attention n’arrangeait rien, et puis cette odeur…
Mais déjà la rousse s’éloignait.

- Dépêche-toi, il ne faudrait pas que le soir nous attrape dehors.


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