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La tombe vide [Commun][Jour 21 matinée][Privé Telod Andorah]
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Telod
Administrateur
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Messages : 205

Jour d'éveil : Jour 1
Race : Racine
Métier : Sculpteur (3)
Groupe : Terre Rouge
Fiche de présentation :
Mer 14 Nov 2018 - 20:52

HRP:
 

Je plaquai la paume contre l'écorce grise d'un tronc, la mâchoire crispée. Enjambant une haute racine. Jetant perpétuellement quelques regards noirs dans mon dos, au sein d'un rien stagnant.
Terre Rouge n'était plus très loin, mais cette idée me déplaisait davantage que je ne l'aurais cru. Qu'apportai-je avec moi ? Comment savoir si l'horreur qui avait avalée mon compagnon ne cherchait pas à me suivre ? Étais-je raisonnable, en pensant qu'elle ne pourrait pas se frayer de chemin parmi les arbres ?

La vérité était la suivante : il fallait que je refuse les pensées raisonnables, les douceurs rassurantes, les persuasions optimistes navrantes. Si je voulais, par exclusion absolue, par principe inviolable, interdire toute nouvelle occurrence d'un tel désastre, il fallait que je m'interdise aussi certaines facilités de vie.
Les efforts que je faisais jusqu'à maintenant étaient insuffisants. Il fallait que je les dépasse, pour me donner la capacité de protéger mes camarades. Il me fallait être plus vigilant et plus efficace : ne plus faire la moindre erreur, jamais.

Ainsi, ce que j'avais à faire, c'était de m'armer devant toutes les éventualités.
L'éventualité selon laquelle le monstre m'aurait suivi jusqu'ici devait être envisagée, et je devais la prendre en compte. De cette manière, j'en tirais la conclusion suivante, tout en essuyant mes lèvres avec mes doigts : il fallait que je rejoigne les autres, pour les prévenir et les protéger, et si jamais le monstre venait jusqu'à Terre Rouge je leur dirais de s'enfuir pendant que je resterais à lui faire face.

C'était ainsi.
Mes pupilles fixaient devant moi, repérant quelques signes familiers dans le paysage : un buisson, un rocher, un arbre couché.
Terre Rouge était juste à côté.
Un dernier coup d’œil circulaire, pas de trace d'une énorme forme sombre qui me poursuivrait. J'avais les poings serrés, désarmés. L'absence de ma lance se faisait sentir. Je me revoyais la lâcher dans le lac pour prendre la jeune femme sur mes épaules. Un sacrifice utile.

Après quelques pas, l'odeur du feu, il me suffisait de contourner le tronc du pommier pour voir et entrer dans le campement. J'avais peur, j'avais honte. Une rage rugissait en moi. Et je contournais le pommier, la mine abattue.

Andorah était là, près du feu, c'était elle qui avait monté la garde avec Sevin cette nuit, si mes souvenirs étaient bons. Sevin devait également être dans le coin, je devinais par un simple coup d’œil que quelques membres de la troupe manquaient, dans les quelques abris. Dula, Abh et Konol avaient du partir aller chasser. J'étais livide, le visage tremblant, alors que je m'approchais d'Andorah. Puis les jambes flageolantes, je tombais à genoux, des larmes perlaient au coin de mes yeux.

- Atalant est mort. dis-je simplement à la femme, le ton chavirant.

Elle nous avait vu partir tous les deux, le matin même. Je lui avais dit que nous allions boire parce qu'Atalant ne se sentait pas bien.
Machinalement, je regardais derrière-moi, surveillant.

- Un monstre énorme l'a bouffé. grinçai-je, démuni. Je crois qu'il ne m'a pas suivi, mais je ne sais pas.

Je respirai fort, ramenant mon attention vers Andorah, comme si mon avoeu me permettait de réaliser ce qu'il venait de se passer. Ma voix devenait plus rapide.

- Je ne sais pas quoi faire, avouai-je. Je ne sais pas quoi faire, est-ce que tu crois qu'on doit tous s'enfuir ? Se cacher dans des grottes ? Si ce truc arrive jusqu'ici, on est tous morts : on est, tous, morts. Il est plus grand que le pommier. On ne peut pas se battre contre ça. Je ne sais pas quoi faire... Je ne sais pas quoi faire.

Je secouai la tête de gauche à droite.
Un aveu de faiblesse, décevant pour moi-même. Je ne voulais pas qu'Andorah voit ça de moi, je ne voulais pas qu'elle m'imagine perdu, qu'elle m'imagine incapable de décision. Mais j'étais incapable de contenir la violence de ce que je venais de vivre.

J'espérai seulement qu'on agisse pour moi, qu'on me dise quoi faire, pour une fois. Que les autres se réveillent, qu'ils comprennent tous la situation.
Andorah
Membre
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Messages : 8

Jour d'éveil : 17
Race : Echoué
Métier : Chercheuse (1)
Groupe : Terre rouge
Fiche de présentation : Ici
Journal : Ici
Mer 14 Nov 2018 - 21:50

Quatre jours depuis son réveil et l’amnésique avait déjà compris. Vivace d’esprit, elle savait pertinemment comment ça se passait ici. Un beau jour on se réveillait comme une âme à la recherche de son corps, puis parfois l’heureux élu se faisait atrocement broyer par les choses et parfois il trouvait une communauté pour veiller sur lui. A ses yeux ces quelques données étaient aussi certaines qu’elle ne désirait pas mourir. L’éveillée se battra jusqu’à la fin bec et ongle pour trouver la sortie de ce cauchemars et les monstruosités n’auront qu’à bien se tenir. Enfin, elle pensait ça, mais elle n’en avait encore jamais affronté une, alors il était facile de tenir de telles pensées sans avoir vu la vérité de face.

Le soleil se levait. Les guetteurs semblaient absents ou tout du moins elle n’en avait pas vu de son côté. Plutôt silencieuse, elle prenait son rôle très au sérieux et était vigilante. Oui, elle ne mourrait pas ce soir ni demain. Elle décrivait avec nonchalance des pas nébuleux en faisant des allers retours pour surveiller le périmètre. Faiblement vêtue, lorsque ses doigts changeaient de couleurs, elle s’arrêtait quelques minutes pour rester assise près du feu et se réchauffer.

Des bruits anormaux attirèrent son attention. C’était dans la forêt, c’était rapide et ça se rapprochait. Instinctivement elle prit sa lance en main et donna un puissant coup de bras à Sevin. « Prépare-toi ! » L’homme à la peau noire était plutôt serviable et sympathique malgré son manque d’énergie. Andorah l’appréciait bien. « O-Ouai ! » Il se mettait sur ses gardes et fier de ses appuis, l'homme guettait un potentiel danger tout en silence, le but étant de ne pas attirer plus que nécessaire l’attention. La veilleuse plongea derrière un arbre jusqu’à ce que la silhouette face son apparition. Rien d’autre qu’un Telod paniqué. Un Telod paniqué... Une chose bien rare, si rare qu’Andorah en concluait qu’il s’était passé quelque chose.

La chercheuse quittait son abri. Elle s’approchait de lui en déposant ses mains sur ses épaules, un geste de soutient. « Telod ? Raconte-moi ! » Une affirmation aussi brutale qu’attendue. Un nouveau nom venait de s’ajouter aux nombreuses victimes des monstruosités.  Son regard empathique parcourait le visage de Telod pour constater son état et cette fois-ci, ce n’était pas comme d’habitude, même si habitude il n’y avait pas en ces Terres Maudites. Ne sachant quoi dire concernant la mort de son ami, la brune se faisait rationnelle. « Un énorme monstre ? Encore une chose différente des autres ? Vous étiez où, c’était loin ? Le colosse était plus grand que le pommier encore ? Il devait certainement être lent à cause de sa corpulence non ? »

Andorah réfléchissait aux dires de celui qu’elle considérait être comme le chef de cette tribut. Normalement c’était à lui de répondre à ces questions, lui cela faisait plus de temps qu’il était là et elle venait d’arriver. Pourquoi était-celle de donner un avis, un conseil aussi important que celui-ci ? La fille se mit à gratter son cuir chevelu de nervosité avant de répondre à l’ours.

« Ils nous tuent alors faisons pareil. Juste...Survivre...c’est pas... c’est pas comme ça qu’on survivra ! » Commençait-elle en secouant son interlocuteur. « Depuis que je me suis réveillée, je ne cesse de me poser des questions et les réponses ne viennent pas. Il faut agir ! » Continuait-elle en redressant le visage perdu dans l’anxiété vers ses yeux noisettes. « Soyons logique. On ne sait rien d’eux ok ? Rien ! Etudions-les ? On pourrait en capturer un et trouver leurs points faibles ? Ils craignent sûrement quelque chose en particulier ? Ont-ils les mêmes sens que nous ? La même perception ? Sentent-ils ? Voient-ils ? Se reconnaissent-ils ? Si ça se trouve on pourrait les faire se retourner l’un contre l’autre avec un quelconque moyen astucieux ! Trouvons la source de ses monstruosités et combattons-les à la racine. C’est, je suis désolée, je ne le connaissais pas comme toi, mais c’est pas en pleurant et en fuyant qu’on vivra. Même si on part, ils nous retrouveront, j’en suis certaine. On ne ferait que ralentir notre mort. »

Concluait-elle d’une façon presque voir totalement insouciante. Mais en l’occurrence, c’était sa vision des choses. Elle voulait étudier les monstruosités et les combattre. Au même moment Sevin revenait vers eux, le visage inquiet. « Tout va bien ? »


Andorah parle en #FA8072
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