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La Peur au Ventre [Rp Important - Jour 14] - CLOS
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Salim
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Messages : 60

Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Le Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal
Sam 11 Juin 2016 - 21:59

Après m'être réveillé j'avais décidé de prendre l'air. J'avais fini par prendre l'habitude de boire chaque matin, et j'emportais avec moi une des calebasses vides. Au moins, j'aurai rendu service. Une fois au lac, je me passais de l'eau sur le visage. Tout était calme. L'air était frais et agréable, une belle journée s'annonçait.

Je rebroussais chemin vers la grotte, le pot de terre rempli calé contre ma hanche lorsque je tombais nez à nez avec Shabh et Kahraman.

- Bonjour à vous ! J'ai été chercher de l'eau !

Je m'attendais à des réprimandes de Shabh mais il haussa les sourcils et n'ajouta rien. Kahraman claqua des mains en signe de remerciement et nous nous installâmes à l'extérieur afin de profiter de la matinée. Ard ne tarda pas à nous rejoindre, et bientôt quelques discussions commencèrent tandis que nous mangions les quelques plantes restantes de la veille.

Alors que Shabh se levait pour aller chasser, un hurlement nous transperça les oreilles. Kahraman fut la première à réagir, et j'aurai juré qu'elle était devenue encore plus blanche qu'elle ne l'était déjà. Ard s'était redressée, et Shabh avait déjà fait quelques pas vers la source du cri. Je m'aperçus que je me tenais moi-même debout, tous sens en alerte. Était-ce un cri humain que nous venions d'entendre ?

Kahraman se mit à trembler, et à balbutier quelque chose que nous n'arrivions pas à saisir. Que se passait-il ?
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Dim 12 Juin 2016 - 12:19

Non loin de là, une femme. Les yeux exorbités perlés de larmes, le souffle haletant, les mains qui tremblent. Paniquée comme jamais. Devant elle se tenait l'énorme falaise qui menait au plateau et, ne souhaitant visiblement envisager une autre solution que de la franchir, la femme se mit à sauter, à agripper, à tomber, à racler la roche des ongles. Elle ne parvenait à rien. Ses doigts saignaient, elle pleurait, elle suppliait.

- Non ! Criait-elle.

Elle tourna les yeux, un instant très bref, derrière elle. Et elle y vit exactement ce qu'elle pensait y voir. Ainsi elle pleura davantage, en sautant désespérément contre la falaise, en ne faisant que glisser.

- Non ! Hurlait-elle. A l'aide ! Aidez-moi !

Ses gémissements atteignaient les aigus, ils perçaient l'air et venaient à l'oreille des Oubliés. La femme, elle, ne pouvait penser que quiconque l'écoutait. Tournant à nouveau la tête vers ce-qu'elle-ne-voulait-vraiment-pas-regarder sa panique la rattrapa, et elle se rua alors vers le côté. Elle longea la falaise en courant du plus vite qu'elle le pouvait vers le lac.

Elle était tant apeurée, tant fatiguée, tant essoufflée, qu'elle ne tarda pas à trébucher, tombant sur le sol. Son esprit vacillait. Elle n'en pouvait plus. Mais elle ne voulait pas mourir.

- Non ! gémissait-elle.

Elle ne le voulait pas. Alors elle se leva à nouveau, et alors que des douleurs lui parcouraient tout le corps, elle recommença à courir. Son visage était torturé, sa respiration affolée.

Alors qu'elle arrivait enfin, sans les apercevoir, à la vue du clan des Oubliés, la femme tomba à nouveau. Elle ne pouvait plus se mettre debout, elle rampait, elle se débattait. Elle leva les yeux souhaitant apercevoir une silhouette, un héros. Quelqu'un pour lui dire qu'il allait la sauver et abattre l'abominable, quelqu'un pour lui dire que tout ceci n'était qu'un cauchemar.

A sa grande surprise, elle vit, alors, quatre personnes. Ses pupilles couvertes de larmes, eurent l'illusion, alors, d'avoir un espoir, l'illusion d'y voir un miracle, une apparition divine.

- Aidez-moi, pitié. souffla la femme, en dirigeant le regard vers Ard.

- Pas le rat. répondit une voix caverneuse derrière elle.

Elle hurla. Et elle était morte.

Ce que Salim avait pu voir, à l'instant, était une femme blonde aux yeux marrons, un habit de plantes rudimentaire, et un air paniqué, qui essayait de fuir une forme colossale.

Cette forme était entièrement noire, sa peau ne laissait passer aucune lumière. Elle rampait au sol, une queue longue et large derrière elle, et ainsi, elle semblait se déplacer lentement. On pouvait la comparer à une limace. Cependant son corps colossal, un buste levé à la verticale, dont la taille faisait le double de celle de la femme, et dont la largeur était également monstrueuse, et ses bras interminables, robustes et épais, terminés par des griffes terrifiantes, semblait parfaitement justifier la panique.

La femme était tombée, et alors qu'elle demandait de l'aide, la forme l'avait rattrapée. Son visage blanc, tout en haut de son buste gigantesque, l'avait toisée. Il avait prononcé trois mots.

Et, au milieu de son buste, quelque part sur sa peau noire, une fente insoupçonnée s'était ouverte. Une bouche colossale, des dimensions du corps du monstre, qui s'abattit sur sa proie et se ferma aussitôt. Broyant, en un instant, la tête, le tronc, les bras, de la femme. Il ne restait plus que ses jambes, qui jonchaient au sol.

Et tandis que du sang coulait encore de la fente noire, invisible, au milieu du corps de la créature, tandis qu'on venait à peine de comprendre que la femme avait perdu la vie, le visage blanc du monstre tourna, et fixa les quatre Oubliés.

- Pas. Pas. Pas le rat. dit-il.

En se dirigeant vers eux.
Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Le Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal
Dim 12 Juin 2016 - 13:59

Nous étions tous pétrifiés devant la scène qui se jouait devant nous, incapables de réagir, muets d'horreur. En cet instant j'aurai préféré m'arracher les yeux plutôt que d'assister à ce qui allait se passer. Aucun de nous n'avança vers elle, et même si nous avions voulu plus que tout la sauver, je ne suis pas certain que nous en aurions été capables...

C'est Kahraman qui brisa notre silence, chassant de nos tympas l'odieux bruit de mastication que nous avions peut-être imaginé. Elle poussa un hurlement perçant, et infini. Il me sembla qu'elle cria durant toute une vie, sans discontinuer, sans faiblir. C'était le son que faisaient mes entrailles, c'était le cri que nous avions tous retenus.

Et alors, tandis que l'immonde chose inconnue s'approchait vers nous. Shabh joignit la cacophonie.

- COURREZ !

C'est ce qui me sorti de ma torpeur. Mais Kahraman ne se relevait pas. Et Ard était trop lente. Je vis le chasseur hésiter devant le cruel dilemme. Sans réfléchir plus longtemps je bondis vers Ard, tournant le dos au cauchemar. Je préférais encore ne pas le voir, quitte à ce qu'il me dévore.

- Prends Kahraman, A LA GROTTE !

Ard s'était déjà redressée et je voyais qu'elle faisait de lourds efforts pour suivre la course. Shabh portait la silhouette blanche de la jeune femme dans ses bras et était déjà presque au niveau de la faille.

Pas les rats peut-être. Mais pas nous non plus. Pitié.

Plus que quelques mètres. Et peut-être serions nous à l'abri. J'étais le dernier à devoir passer.


H-RP:
 
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Mar 14 Juin 2016 - 17:19

La monstruosité colossale avançait vers les quatre compagnons. Rampant sur le sol avec sa grande queue noire, elle n'allait pas à une grande vitesse. Elle les suivait, simplement, sans sembler avoir besoin de se presser.
Les Oubliés, qui tentaient de courir, allaient à une plus grande vitesse qu'elle, et la distançaient sans difficulté. La créature n'en semblait pas perturbée.

Elle put voir les quatre rentrer, l'un après l'autre, dans une ouverture dans la falaise. Chacun put y passer, et bientôt on ne soupçonnait plus l'existence des Oubliés dans le paysage.

Le monstre, qui avait remarqué et retenu l'ouverture dans la paroi, avança vers celle-ci. Lorsqu'il fut à son contact, il essaya d'y pénétrer, mais rien n'y fit. La créature était bien trop massive pour pénétrer un tel trou. Alors, elle fit passer son bras colossal à l'intérieur de la grotte, et d'un mouvement frénétique tenta d'attraper quelque chose. Cela ne fonctionna pas.

La créature râla, descendit avec lenteur sa tête, amenant son visage blanc au niveau de l'ouverture, et regarda à l'intérieur avec un oeil vide.

- Pas le rat. gronda-t-elle.

Puis elle se détourna, et, sans prévenir, donna un violent coup de patte dans la roche. Celle-ci ne céda pas. La monstruosité recommença, sans succès, donna encore un autre coup, puis attendit. Elle restait à l'entrée de la grotte. Son corps massif se tenant sur le côté de l'ouverture, patientant.
Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Le Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal
Jeu 16 Juin 2016 - 14:43

Nous étions tous terrés vers le fond de la grotte, à l'opposé de l'entrée... Il ne pouvait pas rentrer. Je soupirais presque de soulagement. Il ne pouvait pas rentrer. Malheureusement...

Nous ne pouvions pas sortir.

Je sentis l'intérieur de mon corps se liquéfier à nouveau lorsque le visage de l'abomination s'arrêta au niveau de la faille. Qu'est-ce-que-c'était-que-cette-chose ? Etait-ce apparenté aux autres créatures noires que j'avais déjà indirectement croisé à plusieurs reprises ? Y en avait-il d'autres ?! Combien d'horreurs encore recelaient cette vallée ?

Il fallait qu'elle disparaisse. Qu'elle ne revienne plus. Nous ne serions jamais en sécurité si cette chose retenait l'emplacement de la grotte... Un coup d'oeil vers Shabh m'indiquait qu'il pensait comme moi. Je me glissais vers lui.

- Il faut se débarrasser de ce truc.

Il me regarda tout d'abord comme si j'étais un fou furieux, mais après quelques instants de silence, il acquiesça.  Je jetais un coup d'oeil vers la fissure. Nous n'avions pas de quoi nous débarrasser de ça.

- Tu crois que ça brûle ?

Shabh grogna.

- Ca vaut le coup d'essayer.

Ard le rattrapa par le bras.

- Ne vous approchez pas. Il vous attraperait.

Kahraman était toujours muette, l'air perdu.
Le feu était accessible sans nous approcher trop de la sortie mais... Une fois là que pouvions nous en faire ? Il y avait bien mon bâton, qui pouvait former une sorte de pieu si on le taillait... Mais aurions-nous la force de transpercer une bête aussi immense ? Peut-être se viderait-elle de son sang. Les cordes pouvaient l'entraver mais... Comment concevoir un piège de l'intérieur ?

Et puis c'était quoi ce "Pas le rat". Ça mangerait tout sauf le rat ? Si ça parlait, est-ce que cela pensait ?

- Bon. Voilà ce que je propose : moi je fais diversion... quand il essaie de m'attraper, Shabh tu immobilises son bras avec un filet ou une lance ou je ne sais pas ce qu'on a. Et une fois qu'on a son bras... On y met le feu.

- T'es vraiment complètement taré tu le sais ça ?

- Tu as une meilleure idée ?

Il ne répondit pas. Bien. Au moins c'était clair. Je le laissais se faufiler sur le côté et je m'avançais face à la fissure, tout en restant hors de portée.

- Eh toi là !

Mon estomac se tordit. Il avait raison j'étais complètement taré.

- C'est qui le rat ?
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Sam 18 Juin 2016 - 12:43

La créature s'était détournée pendant quelques instants, elle restait à côté de la faille.
Salim prononça :

- Eh toi là !

Elle ne réagit pas. Et, juste après, de manière totalement inégale par rapport à son comportement précédent, elle se mit à s'agiter, énormément, comme prise d'un sursaut, se retournant vers le jeune homme.

- C'est qui le rat ?

La créature pencha vivement sa tête vers Salim, le fixant avec intérêt. Puis elle lança son bras vers lui à toute vitesse. L'allonge de la créature faillit surprendre le jeune Cime, mais heureusement ce dernier se tenait juste assez loin pour ne pas avoir à la craindre.

La monstruosité gardait son bras tendu, son regard vide planté dans celui de Salim, tentant de faire venir son bras plus loin, tentant de toucher le jeune homme. Sa frustration était palpable. Comme pour répondre au désir qu'elle avait de tuer, ou peut-être de manger l'homme, la bouche au milieu de son corps noir s'ouvrit d'elle-même, en grand, tandis que son bras continuait d'essayer de s'approcher de Salim. Ce dernier put alors constater l'horreur de cette cavité immonde : des dents noires, incroyablement longues et pointues, dégoulinantes de bave noire, recouvraient l'intérieur de la bouche. Une quantité innombrable d'armes mortelles disposées sans régularité dans la gigantesque ouverture noire, un seul coup de mâchoire pourrait happer Salim.

Alors, Shabh, fier et hargneux, muni d'un solide bâton taillé en pointe, sortit de sa cachette et tenta avec beaucoup de vivacité de planter l'énorme bras noir qui se tenait devant lui.

C'est ainsi que le hasard voudra alors que l’événement se déroule...


1 à 3 : Shabh plante sa lance dans la peau du monstre, se rend compte que sa peau est trop dure pour être percée avec une arme si faible. Le monstre réagit immédiatement, agrippe l'arme de Shabh à son tour, tire dessus, et fait basculer le chasseur en avant. Ce dernier tombe au sol et son bras gauche (qui avait tenté de tenir fermement le bâton) se retrouve étendu devant lui. En un instant la créature donne un coup dans ce bras tendu, et l'avant bras de Shabh est sectionné net par les griffes monstrueuses.

4 à 10 : Le même événement que ci-dessus se produit, cependant, au lieu de sectionner le bras de l'homme, cette fois la bête plante simplement une griffe dans l'avant bras qui le transperce de part et d'autre. Les Oubliés essayent d'aider Shabh mais ils n'en ont pas le temps, le chasseur est emporté par la force colossale de la créature, qui le tire vers elle et qui le projette en dehors de la grotte. Il atterrit à quelques mètres sur le sol, derrière le monstre, et peut envisager la possibilité de s'enfuir.

11 à 15 : Le même événement que ci-dessus se produit, cependant, cette fois les Oubliés arrivent à porter secours à Shabh, le tirent de toutes leur forces et parviennent à le faire revenir dans la grotte. Le chasseur souffre tout de même d'une blessure conséquente au bras.

16 à 30 : De même, sauf que Shabh est un peu moins blessé, la griffe de la créature ne lui a cette fois pas perforé le bras de part en part, elle lui a juste laissé une entaille profonde et visible tout le long de son avant-bras, qui saigne beaucoup.

31 à 50 : De même, sauf que Shabh ne subit qu'une blessure légère au bras, qui nécessitera tout de même des soins mais qui ne met pas sa vie en danger pour l'instant.

51 à 70 : De même, sauf que cette fois Shabh n'est pas déséquilibré et ne tombe pas vers l'avant, il se contente de lâcher la lance qui est cassée et écrasée par la créature. Retour à la situation initiale.

71 à 90 : Dans un élan d'intelligence, Shabh se rend compte qu'il ne pourra pas espérer perforer la peau de la bête, il se contente alors, avec beaucoup de rapidité, de pousser l'énorme bras noir vers le mur de la caverne, espérant le bloquer à l'aide d'une cavité dans la roche. Il parvient à le bloquer ainsi quelques instants, mais sans difficulté la créature ramène son bras vers elle.

91 à 96 : Le même événement que ci-dessus se produit, sauf que cette fois la créature reste bloquée suffisamment longtemps pour que les Oubliés puissent essayer d'y mettre le feu, et constater avec désespoir que sa peau n'est pas plus inflammable que la peau humaine. Le feu fait mal à la créature, ce qui la fait redoubler d'effort si bien qu'elle parvient à se libérer.

97 à 100 : De même que ci-dessus sauf que cette fois la créature ne parvient toujours pas à se dégager.

HRP:
 
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Sam 18 Juin 2016 - 12:43

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Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
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Groupe : Le Clan des Oubliés
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Lun 4 Juil 2016 - 19:30

- Ça ne sert à rien, on ne peut pas l'avoir !

Ce furent les mots de Shabh qui me secouèrent et me firent revenir vers les autres. Kahraman n'avait toujours pas lâché un mot, quant à Ard, elle posa ses yeux sur nous et se contenta de baisser la tête vers le sol, sans doute pour nous signifier de nous asseoir.
Le chasseur comprit lui aussi instantanément le geste et nous rejoignîmes les deux femmes.

- Shabh a raison. Attendons un peu. Il ne peut pas nous attraper de toutes façons.

Je jetais un coup d'oeil inquiet vers la fissure. La pierre semblait solide. Mais au bout de combien de temps la faim se ferait-elle sentir ?

H-RP:
 
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Mer 6 Juil 2016 - 12:03

- Pas le rat.

Le temps passait. Les nuages défilaient dans le ciel. La créature ne bougeait plus beaucoup. Plus le temps passait, moins elle ne se mettait en colère.
Elle restait à côté de l'ouverture, et elle ne cherchait plus à mettre de coups dans la pierre, comme si elle s'en désintéressait.

Petit à petit, les Oubliés en arrivèrent à se demander si la chose était encore là. Et puis...

- Pas le rat.

Ils en avaient la confirmation.
Mais la période de folie était passée. Une paix oppressante se mettait en place.

Un oiseau chantait, au-dessus. Le vent soufflait. Les Oubliés parlaient.

Quelque chose d'étrange se produisit alors. La créature leva la tête. Elle se mit à bégayer à nouveau.

- Pas. Pas. Pas le rat.

Et elle s'élança, réveillée. Une forme de haine revenait en elle. Elle s'écartait de l'ouverture de la grotte et se dirigea vers une direction étrangère aux Oubliés. Elle s'en allait.

Un esprit valeureux pourrait tenter de comprendre ce qui l'avait fait partir. Du moins, de regarder où la chose allait sévir. Mais un esprit plus peureux ne cesserait de se cacher les yeux. Mieux vaut qu'elle soit loin, de toute façon, plutôt qu'auprès d'eux.
Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Le Clan des Oubliés
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal
Jeu 7 Juil 2016 - 23:22

Le temps passait. Kahraman n'était endormie à côté de Shabh et je regardais ces deux là en me demandant si je n'avais pas raté quelque chose. Ard restait silencieuse, apparemment somnolente, mais je savais que comme moi elle guettait le moindre mouvement de la créature.
Je traçais dans le sol des motifs incertains. Un œil peut-être. Je soufflais sur la fine couche de poussière afin d'effacer et de recommencer. De toute façon nous étions tous piégés là.

- Nous devrions manger quelque chose.

- Mais… S'il reste encore ? Il vaut mieux économiser.

Il n'osait pas la contredire mais on devinait aisément dans la voix de Shabh son désaccord absolu avec la proposition de la vieille femme.

- Attendons que Kahraman se réveille alors.

Les deux se tournèrent vers moi et Shabh acquiesça. Sans doute était-il trop fier pour se montrer reconnaissant mais je ne doutais pas qu'au fond de lui-même il s'en rappellerait.

Il y eut un vague mouvement dehors. La chose était toujours là, mais elle s'était calmée. Elle semblait attendre, comme nous. Étrangement, je ne ressentais plus l'effroi viscéral qui m'avait tout d'abord saisi. L'atmosphère était plus paisible et seule la peur rationnelle de la situation de danger restait implantée.
Kahraman poussa un léger grognement et cligna des paupières. En se relevant elle nous regarda avec un air incrédule mais ne prononça pas un mot. Shabh se leva alors et ramena un des lapins attrapé la veille. Il lui en tendit un morceau avant de déclarer sur un ton autoritaire :

- Mange, tu en as besoin.

Je dus me retenir de sourire. Il avait beau tenter de faire le chasseur sombre, à côté de la petite Kahraman aux cheveux d'argent, les ficelles de son rôle se découpaient grossièrement sur la toile de fond, et il ne dupait personne. Je vis au regard pétillant d'Ard qu'elle songeait à la même chose.

Alors que nous finissions la collation, une agitation nouvelle se fit sentir à l'entrée de la grotte. Le monstre gigotait, tournait et recommençait avec cette maudite phrase. Et puis d'un coup, elle partit.

Nous restâmes assis en silence plusieurs instants, guettant un son qui trahirait encore la présence de la bête noire, mais rien. Alors… doucement, nous nous approchâmes de la fissure. Mais il n'y avait plus rien. Elle s'était volatilisée.


*     *     *


Notre sommeil fut léger cette nuit là, et je pense qu'aucun de nous ne rêva… ce qui vu les images de la journée précédente était une immense chance. Je me retournais sans cesse sur les peaux de bêtes, jusqu'à ce que je sente Shabh se rapprocher de mon oreille en silence. C'était son tour de garde.

- Toi aussi ça te dérange non ?

Je ne répondis pas.

- Que ça soit parti comme ça sans raison.

Il avait raison, cela me dérangeait. Il réfléchissait peut-être plus qu'il en avait l'air. Mais je soupçonnais que son inquiétude principale était un éventuel retour de la créature… N'était-ce pas ce qui me préoccupait aussi ?

Non. Si elle revenait, nous pourrions toujours courir, et retourner à l'abri ici. Encore et encore. Je ne doutais pas que nous pouvions nous en sortir de la même façon.

Non. Ce qui me gênait tant, encore une fois, c'était de ne pas savoir. Ne pas savoir quelle force avait poussé la créature à nous laisser en paix.

C'était une question de plus sur ma liste.
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