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Le Tour du Lac (Jours 16 & 17 - Solo - Important)
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Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Errants
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal
Mer 14 Sep 2016 - 20:53

JOUR 16


Je m'éveillais avant le soleil. Le ciel était invisible, recouvert d'une épaisse couche brumeuse. Le silence était pesant. Anormal même. Je n'osais presque pas respirer. Il y avait quelque chose là, quelque chose près de moi, et je n'aurai su dire quoi. Quelque chose me regardait. Mon coeur remonta dans ma poitrine. Il me semblait battre si fort que toute la vallée risquait de l'entendre. J'avais du mal à garder mon calme.

"L'aveugle s'endort et le sourd s'éveille."

Je sursautais. La voix était proche et lointaine. Comme un écho à l'intérieur de mon crâne. Il fallait que je parte d'ici.


*          *          *


C'était la deuxième fois que je me retrouvais seul à courir le long du lac, fuyant des ennemis invisibles. Et aussi étrange que cela puisse paraître, cela ne m'avait pas manqué. J'avais l'impression de devenir fou, de sentir des souffles chauds et âcres sur ma nuque, d'entendre les bruissements de la course juste derrière moi, mais je ne voyais rien. Je ne voulais pas me retourner.

Cela faisait des jours que je cherchais à mieux y voir, et pourtant maintenant, j'avais peur de regarder.

Le ciel s'éclaircissait à vue d'oeil, mais je commençais à m'essouffler. Les Choses tiendraient plus longtemps que moi. Il fallait que je trouve un échappatoire.
Si quelqu'un observait mes actions à cet instant précis, par volonté malveillante ou simplement parce qu'il trouvait que j'étais un insecte amusant pour sa sorte, fortes étaient les chances qu'il se rit de moi, ou bien qu'il se frappe le visage contre le sol tant ma réaction pouvait paraître stupide. Je n'avais hélas pas réellement le temps de mener ces réflexions en temps réel, et avant que j'ai eu le temps de comprendre ce que je faisais, je plongeais dans les eaux fraîches du lac.

Je ne pris pas le temps de m'arrêter pour regarder si j'étais toujours suivi, et j'inspirais une longue goulée d'air avant de plonger sous l'eau. Peut être que si je m'éloignais sans qu'ils me voient, ils penseraient que j'avais disparu ? Je ne me sentais pas du tout plus en sécurité, mais je n'avais pas le choix.


*           *           *


Mes poursuivants avaient tenté de s'approcher, sans grand succès. J'étais visiblement meilleur nageur qu'eux, et après quelques rondes sur la rives, ils filèrent vers l'ombre des arbres… Hélas, je trouvais leur abandon un peu trop simple et je décidais de continuer mon chemin entre eau et terre, là où je pouvais marcher tout en restant proche de la surface plane du lac. La forêt ne me disait rien, et veillais à garder mes distances. Mon angoisse se dissolvait petit à petit, mais la vague impression d'un danger ne me quittait pas.

Elle resta là jusqu'à la tombée de la nuit, qui était plutôt fraîche. Craignant un incident, je décidais cette fois de dormir dans un arbre et j'en choisis un plutôt isolé avant de m'emmitoufler dans ma fourrure. Ce n'était pas grand-chose, mais je m'y sentais plus en sécurité.
Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
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Sam 8 Oct 2016 - 15:36

Le froid me réveilla aux premières lueurs. J'étais transi et courbaturé mais je me forçais à m'étirer et à descendre de mon perchoir. La menace n'était plus aussi pesante aujourd'hui. Cela reviendrait, j'en étais convaincu. Mon estomac gargouilla. Encore cette faim. Toujours cette faim. Le poisson que j'avais partagé avec Dreth et ses compagnons me semblait déjà un souvenir lointain et irréel.

Le lac était toujours là, plat, lisse, froid. Immonde.

Je frissonnais, je n'avais pas du tout envie de mettre les pieds là dedans. J'hésitais. Si je me mettais à pêcher sans avoir de quoi me réchauffer immédiatement après, la journée serait pénible… Mais si je faisais un feu et que je restais à côté plusieurs heures à pêcher, je risquais de me faire repérer… J'étais assez mauvais pour faire du feu, je ne m'en étais jamais chargé. Qui sait combien de temps cela pouvait me prendre ?

J'optais donc pour la seconde solution et après une lutte interminable, de faibles flammes crépitèrent au pied de mon arbre. Je décidais de m'éloigner un peu pour pêcher.

Hélas, la chance semblait me faire défaut, et tandis que j'observais la course du soleil dans le ciel, mon ventre se contractait sous la famine. Je longeais la rive, espérant trouver un meilleur endroit, mais tout ce que je trouvais furent quelques coquillages peu appétissants. Boah. Une fois ouverts, plantés au bout d'un bâton et cuits, ce serait sans doute nourrissant.

Je retournais donc vers le feu avec mon maigre butin. Il fallait que je mange.


______________________


Dé à poissons

1/3 -> Rien
3/8 -> Plusieurs tous petits poissons
8/12 -> Un poisson moyen (15/20cm)
13/14 -> Trois poissons moyens
15/17 -> Des coquillages
18/19 -> Un poisson mordeur mais comestible
20 -> Un gros poisson (50cm)
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Sam 8 Oct 2016 - 15:36

Le membre 'Salim' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'd20' :

Résultat : 16
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Sam 8 Oct 2016 - 22:26

Attention:
 

Et le vent froid soufflait sans jamais faire frémir cette silhouette sombre.

Elle avançait dans la neige. Ses larges bottes laissaient des traces profondes sur le sol blanc. Un vêtement noir, au tissu fin, couvrant sa peau mâte de haut en bas. Et ses larges épaules soutenaient d'amples peaux de bêtes aux poils longs. La fraîcheur du temps ne semblait pas pouvoir l'atteindre.

Le bras levé au dessus de sa tête, l'homme maintenait un ample vase, qu'il portait à la force de son dos.  Chose facile à évoquer : Le vase en question, fait certainement de terre cuite, n'était pas bêtement confectionné. Il s'avérait être orné de nombreux motifs réguliers, en forme de vagues et d'ovales, qui donnaient une qualité esthétique à l'objet.

Le visage dur de l'homme était creusé. Ses rides marquées donnaient un air encore plus sévère à son regard noir perçant. Il semblait vieux, mais ses cheveux n'avaient pas encore tourné au gris, ils étaient d'une couleur aussi sombre que ses iris. A ce sujet, un détail troublant pourrait marquer l'esprit curieux : Sa longue chevelure était emmêlée en une coiffure très compliquée, qui maintenait un petit crâne de bouc blanc en son sein, les mèches passant par les orbites creuses.

Il avançait. De la main qui ne tenait pas le vase, il s'aidait d'un bâton dans sa marche. Ses narines propulsaient l'air avec force. Malgré son âge, il n'avait pas l'air d'être faible. Sa taille et sa corpulence forçaient le respect.

Un sourire monta sur ses lèvres, alors que dans le coin de son œil, une lumière dansait. Il s'arrêta un instant, contempla quelque chose. Son visage parut hésiter. Hésiter encore. Il déglutit, réfléchit, puis décida de marcher dans la direction de ce qui avait attiré son attention. Lui qui auparavant marchait vers le lac, il se trouvait alors à avancer paisiblement dans la direction d'un feu.

Là, on pouvait voir le jeune Salim, essayer tant bien que mal de faire cuire ses coquillages fraichement obtenus. Il était trop occupé pour faire attention à l'ombre qui arrivait dans son dos. Même si elle était imposante, en réalité, cette dernière ne se laissait pas vraiment remarquer dans le paysage.

Et alors qu'il se rendait compte du silence de son arrivée, et bien que respectueux de ce dernier, il choisit de le rompre. En effet, il ne voulait effrayer personne, et peut-être avait-il décidé de devoir respecter davantage l'homme que le silence :

- Voilà l'homme du rivage ! Celui qui arpente les contours du lac. prononça sa voix grave et calme. Peut-être arriveras-tu à pêcher tout ce que la bordure des eaux a à t'offrir.

Fit-il tout en désignant les coquillages du doigt, et en s'approchant davantage pour arriver lui aussi près du feu, avec un sourire franc sur les lèvres. Salim eut l'air surpris de l'apparition de cet homme étrange. Aussi, ce dernier s'expliqua rapidement :

- Je dis ça car je t'ai déjà vu, toi et ta tignasse claire, de l'autre côté de l'eau, à aller rejoindre ceux qui ont fait leur abri sur une bute, au sein d'un groupement d'arbres. Tu étais avec une femme robuste à l'air sévère.

Alors qu'il parlait, il avait déposé son lourd vase à ses pieds pour se libérer de cette charge. Puis, ne voulant visiblement pas - ou ne pouvant pas -  arrêter son monologue , il s'étonna, un semblant de surprise et de joie dans la voix :

- D'ailleurs, il y a beaucoup d'hommes debout ces temps-ci, n'est-ce pas ? Peux-tu me dire combien tu en as croisé ?

L'homme ne semblait absolument pas agressif ni méfiant, il avait le visage ouvert et confiant, et s'adressait à Salim avec un sourire gentil, presque naïf.

Presque naïf. Presque.

Presque, car le vent froid soufflait, et sa silhouette sombre n'en frémissait jamais. Pas le moindre instant.

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Salim
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Jeu 20 Oct 2016 - 15:36

Mes mains pâles me semblaient presque translucides à la lumière du feu. L'eau les avait délavées, et je frissonnai avant de me rapprocher des braises. J'étais probablement en train d'alerter toute la population sombre de la vallée, mais j'étais bien trop transi pour m'en soucier.
J'avais du mal à détacher mes pensées de l'idée de nourriture, aussi quand une voix se fit entendre derrière moi, je manquai de sursauter.

Un simple instant me permit de comprendre que l'individu qui venait de s'adresser à moi était des plus singuliers. Je me retournais lentement, je ne ressentais aucune menace. Son allure ne m'était pas familière et je restais sans voix tandis qu'il reprenait afin de s'expliquer.

Il m'avait déjà vu, mais moi, moi je ne l'avais jamais aperçu… Pas sur cette terre en tous cas. J'avais du mal à articuler une question, ou même une simple réponse. Cette présence à mes côtés me semblait surnaturelle et pourtant, elle allait de soi, et je n'étais pas gêné par ce visiteur inattendu. La question qui chatouillait mes lèvres me semblait incongrue mais me forçais tout de même à l'articuler.


- Excusez-moi mais… qui êtes-vous ?

Il n'y avait aucun reproche, aucune curiosité maligne dans ma voix, une simple surprise. Une question pure, si on voulait.

Je me trouvais soudain fort impoli de répondre à ses interrogations aussi froidement et j'ajoutais :


- Oui oui Merga, elle est restée au bosquet avec les autres.

Je m'arrêtais pour compter sur mes mains.
Dreth, Varl, Merga,… et puis les Oubliés.


- Un peu plus de dix je crois. Mais certains d'entre eux sont morts depuis…

Ma gorge se serra. J'espérais qu'il n'était rien arrivé aux autres.


- Et vous… vous… ?

Vous avez vu beaucoup de monde ? Beaucoup de choses ? Et ce vase ? Et comment voyez-vous si loin ? Et qu'y a-t-il à pêcher dans le Lac... ?



Mais je n'ajoutai rien, et je fixais le reflet de la flamme dansante dans les prunelles de l'étranger.


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Mar 25 Oct 2016 - 12:12

L'homme souriait d'un air tranquille, et s'assit à côté de Salim pendant que ce dernier s'expliquait. Ses yeux calmes et anciens restaient dans ceux de son interlocuteur. Rien ne transparaissait. Il se contenta de rapprocher ses mains du feu et de les frotter avec un air satisfait. Et même lorsque Salim évoqua la mort, pas le moindre trait de l'homme ne réagit. L'attentif saurait que l'homme était en train d'écouter, mais le sceptique, lui, se demanderait s'il entendait effectivement.

L'apparence était trompeuse. Car l'homme répondit avec respect.

- Je suis Ka. dit-il de sa voix profonde. Avant de répondre à ta question, jeune homme, je voudrais te dire quelque chose de très simple.

Il posa sa main sur l'épaule de Salim, et le regarda avec le visage grave.

- L'eau coule. Même si tu ne le veux pas, elle coulera. Lorsqu'elle vient à toi, il faut la laisser couler. La laisser s'affaisser.

Ka plaça alors ses deux mains sous ses yeux, et mima en un mouvement lent de ses doigts la coulée de larmes.

- Mais pas trop longtemps. Le temps nécessaire, jeune homme. Après cela, il faut se battre.

Alors il plaça ses doigts sur le coin de ses lèvres, mima un sourire du mouvement de ses doigts, et se remit à sourire réellement, avec douceur.

- Se battre avec le feu. dit-il en désignant son sourire. Le feu contre l'eau.

Et il conclut.

- Même si cela ne semble pas efficace, voire inespéré, c'est la seule arme que nous possédons. Alors nous devons en user.

Il sourit de plus belles, fit un clin d’œil, puis regarda le paysage. Le jeune homme s'apprêtait sans doute à poser des questions, mais Ka continua son monologue sans lui en laisser l'occasion, peut-être avait-il envie de parler.

- C'est incroyable que tu aies croisé dix hommes. Cela me rend heureux, tu sais. Pour répondre à ta question, ces derniers temps, peut-être, depuis seulement une quinzaine de jours, j'ai vu un certain nombre d'hommes. Une femme robuste et forte, qui vivait dans la falaise, ici bas, et qui chassait dans les parages. Un jeune homme qui, après avoir mangé de la viande d'un cadavre en décomposition, s'en est allé vomir sur le rivage. Le pauvre !

Dit-il, tout en riant. Puis il se racla la gorge, fronça les sourcils en essayant de chercher dans sa mémoire, et poursuivit :

- J'ai croisé aussi une fine jeune femme, qui se promenait souvent entre la forêt et la montagne, elle semblait avoir un talent certain pour confectionner des tissus ! Et puis en marchant dans la plaine, au sud, je t'ai vu toi, et les hommes qui ont fait leur campement dans le bosquet. Nous avons peut-être croisé les mêmes gens, je pense, mais dix me semble colossal comme chiffre. J'ai rarement vu plus de quatre hommes debout en même temps.

Révéla le vieil homme, pensif, son œil dirigé vers le lac. Puis il tourna son visage vers celui de Salim.

- Il faudrait qu'ils construisent des choses, des belles choses. affirma-t-il. Pourras-tu leur dire, à ceux que tu croiseras... Heu...

Il réfléchit, réalisa quelque chose, et demanda :

- Pardonne-moi, je ne t'ai pas demandé ton nom, comment te nommes-tu ?

Il laissa alors enfin Salim parler, et sans doute poser les nombreuses questions qu'il avait pu accumuler lors de l'écoute des propos de Ka.
Le vieil homme, patient, l'écoutera parler avec le sourire. Ce curieux tic cherchait-il à réconforter Salim ?

Ou essayait-il de combattre l'eau par le feu ?
Salim
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Sam 5 Nov 2016 - 20:14

Les phrases de Ka amenaient à mon esprit diverses hypothèses plus ou moins saugrenues. Tant qu'il parlait, il me semblait que tout était clair et cristallin, mais dès qu'un silence ponctuait sa phrase, je retombais dans un flou désolant. Je m'agrippais à ses paroles dans l'espoir d'y arracher définitivement quelque vérité… Le feu et l'eau étaient concrets, vrais, opposés, dans un combat naturel et même logique… Mais si nous avions le feu, qu'appelions-nous l'eau ?
Je frissonnai, à nouveau.
Y avait-il vraiment quelque chose dans les profondeurs du Lac ? Ou bien Ka suivait-il simplement la métaphore des larmes ?


Une question de plus me brûlait les lèvres mais je n'interrompis pas le vieil homme dans son discours. J'écoutais attentivement. Je buvais ses paroles. Faisaient-elles partie de l'eau elles aussi ? L'idée me vint que je réfléchissais trop, et que cela me causerait des ennuis. Étrangement, cette certitude ne me dérangeait pas.

Je réagissais avec spontanéité au discours de l'étranger, enchaînant grimace de dégoût ou haussement de sourcils. A l'entendre il ne me semblait pas vraiment que nous étions si nombreux. Mais il était vrai que tout était rare dans la vallée, y compris les poissons et les herbes comestibles… Alors peut-être qu'en tant que gibier de choses noires, nous étions aussi une ressource limitée…

J'adhérais aux propos de Ka en acquiesçant. Moi qui était Roi des interrogations existentielles, pour une raison obscure, la légitimité du parleur me semblait acquise et évidente. Constater cette impression me déconcertait.

Lorsqu'il finit de parler en me demandant mon nom, je compris qu'il me cédait la parole et que c'était à mon tour…

- Je m'appelle Salim. J'ai ouvert les yeux sur la montagne.

Je montrais du doigt la direction du pic qui m'avait vu « naître ».

- Je… Vous..

Je bafouillais.

- Pardonnez mon hésitation mais ce que vous dites est si étrange et familier à la fois… J'ignore par où commencer…

Ce combat, dont vous parlez… Enfin…


Et puis je terminais d'une traite.

- L'aveugle s'endort et le sourd s'éveille… Est-ce que vous savez ce que cela veut dire ?

Tiens ce n'était pas du tout ce que je pensais demander, mais pour une fois ma langue allait plus vite que ma tête.

- Et les choses noires… J'en ai vu une… déchirer et broyer une femme en deux…

Ma voix se brisa.

- Elle nous demandait de l'aide et… et je n'ai pas pu l'aider.

Je me rappelais soudain ce qui m'avait mené ici et dans cette aventure.

- Oh. La chose qui l'a tué. Je la suivais et j'ai perdu sa trace. Elle est partie brusquement !

Je me rendis compte que je commençais un monologue incohérent. Je fus gêné et j'ajoutais simplement.

- Vous semblez savoir des choses sur cette vallée… D'où venez-vous ?

Trop de questions, trop peu de mots, trop peu de temps… Je me perdais, je m'accrochais, je m'accrochais à Ka. Je craignais qu'il ne disparaisse dans un nuage de fumée sans crier gare. J'entendais des mots et des phrases… Peut-être qui lui même n'était que le produit de mon imagination ?

Non.

Je m'interdisais cette pensée.

Je n'étais pas fou. Pas encore.






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Dim 6 Nov 2016 - 9:29

Comme avant, Ka ne réagissait que peu aux dires de Salim. Il écoutait sans sembler être affecté, ni étonné. Parfois il hochait la tête, comme pour affirmer comprendre que le jeune homme se posait certaines questions.

Et, arbitrairement, en cet instant, l'une de ces interrogations lui semblera plus importante à élucider que les autres. Le sort décidera de cette dernière.

1 - 2 : L'aveugle s'endort et le sourd s'éveille.
3 - 4 : Les choses noires qui mangent les hommes.
5 - 6 : Ce que Ka sait et d'où il vient.


***


Le vieil homme hocha la tête. Son oeil s'était plissé, et il avait sourit, lorsqu'il avait entendu Salim dire la phrase "L'aveugle s'endort et le sourd s'éveille". A présent il avait le visage calme, sans expression particulière. Il répondit tout d'abord à la dernière question que le jeune homme lui avait posé :

- Je me suis éveillé dans une grotte souterraine, entre les racines. répondit Ka. C'est pourquoi j'aime à dire que je suis un Racine. Les gens, comme toi, qui naissent dans la neige, je les appelle les Cimes.

Il sourit en affirmant cela. Puis il révéla :

- Souvent, les Cimes sont plus curieux et vifs d'esprit, alors que nous les Racines nous sommes très pragmatiques et bourrus. A mon éveil, il était impossible de communiquer normalement avec moi, j'étais fermé et un peu crétin. Je ne me posais aucune question ! constatait-il en rigolant.

Il fit un clin d’œil et remarqua :

- Alors que toi, jeune Salim, tu t'en poses énormément, en étant éveillé depuis une poignée de jours. C'est pourquoi je n'avais pas vraiment besoin que tu me révèles tes origines.

Son regard porta sur la vallée à nouveau. Il sembla hésiter un instant, et, avec sa voix grave et rassurante, se permit de conseiller :

- Ne te préoccupe pas trop des créatures noires. C'est la même chose que le feu et l'eau. Tu le comprendras avec le temps. Si...

Il réfléchit quelques instants, ramena son visage vers celui de Salim, et dit :

- Si tu passes trop de temps à penser à la douleur, il n'y aura pas d'instant où tu ne souffriras pas. Les monstres font partie du monde, mais la beauté y est présente tout autant. Lorsqu'il n'y a pas de monstre dans le paysage, profites-en pour l'admirer. Tu comprends Salim ?

Son propos fut illustré, à nouveau, par quelque chose d'imagé :

- J'ai un lézard, près de chez moi. Il se méfie terriblement de moi. Mais pourtant, même s'il me craint, lorsqu'il y a du soleil, il sort de sa cachette pour profiter des rayons, de la chaleur, de la douceur. Il faut prendre exemple sur lui. Il y a une différence entre vivre, et... Se ronger les ongles. conclut-il en mimant, faisant semblant de manger ses doigts.

Puis Ka, souriant, revint sur la première question que Salim lui avait posée :

- Quant à la phrase : L'aveugle s'endort et le sourd s'éveille, je la trouve très bien tournée, très belle. Elle évoque tout à fait ce qu'il se passe. Et, oui, je sais très exactement ce qu'elle veut dire. Malheureusement, il faut du temps, pour comprendre le sens de ce qui nous entoure, pour saisir les subtilités, pour accepter certains détails, pour entendre les nuances. Il faut du temps pour être capable de digérer les mots de cette phrase. Je veux que tu retiennes que cette phrase est une bonne chose, une belle chose, Salim. Mais je ne peux pas te l'expliquer directement, sans quoi tu risquerais de mal interpréter, de mal comprendre, de mal le vivre. Il te faut du temps, de l'expérience, avant de l'entendre.

Il avait le visage grave, et il parlait avec convictions. Et, levant les yeux au ciel, il pensa à différentes choses. Alors il révéla :

- Pour te dire pourquoi il s'agit d'une bonne phrase, au moins un peu, je peux te faire comprendre que... L'aveugle ne voit pas le chemin. Il est dérangé par toutes sortes de bruits, autour de lui. Et cela ne l'aide pas à... Comprendre où marcher. Alors que le sourd, lui, sait où est le chemin, et peut s'y diriger sans même être dérangé par les bruits. La fin de l'aveugle, le début du sourd, c'est le passage de l'égarement à la détermination.

Il n'y avait pas de doute dans sa voix. Lorsque Ka faisait des pauses, c'était pour réfléchir à la formulation de sa phrase, et cela se voyait dans ses mimiques et ses gestes.

- Il y a des gens... Pour qui être déterminé n'est pas une très bonne chose. Mais pour toi, Salim, c'en est une bonne. dit-il tout en posant sa main sur l'épaule du jeune homme.

Il reprit :

- Lorsque, toi, tu entends cette phrase, c'est une bonne nouvelle. D'accord ? Il faut que tu sois content de l'entendre.

Puis Ka ramena son bras à lui et, d'un ton calme répéta :

- Mais il te faudra du temps pour vraiment la comprendre. Le temps est quelque chose d'étrange. Il est très précieux, si bien qu'on ne veut pas le laisser s'écouler. Mais, d'un autre côté, il est nécessaire de le laisser s'écouler, pour tirer des bénéfices de son côté précieux. C'est ton plus grand trésor, et tu dois le laisser se dilapider un peu, pour en profiter.

Il sourit, après sa conclusion. Et alors il claqua dans ses mains, les frotta l'une contre l'autre, posa ses doigts sur son vase, et affirma :

- Malheureusement on ne peut pas toujours dilapider son temps. Je suis venu ici pour chercher de l'eau. Veux-tu m'accompagner, jeune Salim ? Je vais jusqu'au lac, je remplis mon vase, et je rentre chez moi. Tu es le bienvenue. affirma-t-il.

Et, sans attendre la réponse du jeune homme, Ka se leva, prit son vase, le posa sur son épaule et se mit à marcher vers le rivage. Tournant l’œil, il regarda Salim et lui sourit, comme pour l'inviter à le suivre.
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Dim 6 Nov 2016 - 9:29

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Salim
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Dim 4 Déc 2016 - 15:33

Chaque mot semblait éclairer d'une lueur nouvelle les cimes de la vallée et pourtant rien ne changeait, rien ne bougeait. Ou du moins, mon regard ne décelait aucun changement. Mais si je suivais ce que disait Ka, cela ne voulait pas dire grand-chose.
Son explication me rassura en premier lieu. Elle semblait limpide et évidente, c'était même étonnant que je ne l'ai pas compris ainsi moi-même. Au bout de quelques instants cependant, ses premiers mots sur le sujet revinrent tournicoter dans mon esprit et l'idée qu'elle puisse dissimuler une vérité inquiétante ne fit qu'attiser ma curiosité.
J'avais envie de rester auprès de Ka, de l'écouter parler du monde, de la vallée, de l'eau et du feu. Mais s'il y avait quelque chose que la présence du vieil homme me signifiait, s'il y avait une impression que je pouvais retenir de ses discours, c'était que ce n'était pas là mon rôle. Oui, j'étais intimement persuadé que ce n'était là que le début d'un voyage, et que Ka n'était là que pour me montrer le chemin à suivre. Et ensuite, je le connaîtrai. Et ensuite, l'aveugle mourrait.

Je n'osais pas l'interroger sur l'autre phrase que j'avais entendu dans l'eau du Lac, alors que je pêchais avec Varl. Peut-être pourrait-il me rassurer à son sujet, car un frisson me parcourait l'échine chaque fois que j'y songeais. Mais plus tard. Ce n'était pas le moment.

De combien de temps disposions-nous ici ? Et combien de temps devrais-je attendre pour mieux comprendre ? Depuis combien de temps Ka errait-il en ses lieux ?
Je comptais mentalement les jours. Dix, déjà. Dix jours, et dix nuits. Était-ce long ? Court ? Cela me semblait une éternité, la seule que j'ai connu. Ou la seule dont je me rappelais.


*          *          *


Je suivais des yeux le sage -car j'avais décidé qu'il l'était- lorsqu'il se dirigea vers le Lac. Je passerai volontiers la soirée en sa compagnie, et j'étais reconnaissant qu'il se soit montré si aimable à mon adresse. Il me rappelait vaguement Ard, d'une certaine manière.

Je me levai et lui emboîtai le pas. En quelques mouvements rapides je fus à nouveau à ses côtés. Même si cela me semblait inutile de le préciser je répondis :

- Je vous suis. Mais je dois repartir demain, je dois finir le tour du Lac.

Pourquoi cela était-il devenu si important pour moi ? C'était l'objectif que je m'étais fixé pour l'instant, et j'avais peur d'être perdu et déçu une fois que j'aurai terminé. Et si je n'apprenais rien ? Et s'il n'y avait rien à apprendre ? Ka semblait tout savoir, et il n'avait pas l'air malheureux. Mais moi, je n'avais pas la sagesse de rester à accepter les vérités. Il me faudrait toujours plus. J'eus soudain peur de tout ce que je recherchais. Le Lac, les êtres noirs, tout cela n'était rien face à ce que j'étais capable de m'infliger à moi-même. Est-ce pour cela qu'il me fallait de la détermination ?
Soit, pour le moment je serai déterminé. Et je continuerai ma recherche. Après tout, tout cela n'était pas vain. J'aurai au moins fait une rencontre. Je souris.


*          *          *


Je restais silencieux en marchant à côté du vieil homme. C'eut été déplacé de ma part de briser le calme.

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Lun 5 Déc 2016 - 14:55

- Je vous suis. Mais je dois repartir demain, je dois finir le tour du Lac.

Ka sourit, tourna la tête pour observer Salim, avant de répondre :

- Si cela te rend heureux, jeune Salim, personne ne pourra t'en empêcher.

Ils marchèrent ensemble jusqu'aux eaux froides. Les flocons de neige qui virevoltaient au vent se décomposait lorsqu'ils touchaient la surface. Le vieil homme s'abaissa, et d'un mouvement ample et calme, passa son récipient dans l'eau sombre. Le silence régnait, cassant un peu avec la discussion précédente qui avait été animée.

On pouvait deviner que le vase était bien plus lourd à présent, mais Ka ne semblait pas en souffrir davantage. Il avançait tranquillement à la même vitesse qu'à l'allée, sur le chemin du retour.

- C'est par ici. indiquait-il à Salim en levant le menton.

Ce qu'il indiquait se trouvait quelque part à la lisière de la forêt, ou bien dans les montagnes.

Ils marchèrent vers le nord-ouest pendant un bon moment, longeant la forêt. Malgré sa robustesse, on devinait au bout d'un certain temps que le vieil homme avait du mal à porter sa charge. Il restait silencieux et soufflait assez fort, ayant peu l'occasion de parler pour pouvoir respirer. Parfois, il devait déposer le vase quelques instants, avant de repartir à nouveau. Et si Salim lui proposait son aide, Ka la refusait immédiatement et catégoriquement.

Arrivé à mi chemin entre le lac et les montagnes, le vieil homme sourit en soufflant :

- Nous y sommes presque. Tu pourras te réchauffer.

Et peu de temps après cette remarque, ils s'enfoncèrent légèrement dans les bois. Alors, se situant non loin de l'orée de la forêt, Salim put apercevoir une petite clairière, comportant un sol d'herbe et de roche. Légèrement décalée par rapport au centre de cette clairière, cachée par l'ombre de quelques branches, une humble maison attendait.
Elle avait un socle de pierre, des murs en bois et un joli toit dans une matière qui ressemblait à de la paille. Petite, elle ne cherchait pas à abriter plus d'un individu. Une fine porte de bois se trouvait à son devant, et à l'arrière du petit toit, on voyait un conduit en terre cuite que l'on pourrait deviner être une cheminée.

La particularité du lieu, qui frappait quiconque le regardait pour la première fois, était le soin porté à l'esthétique. Au dessus de la porte, un symbole simple et joli était gravé dans le bois, au devant de la maison on apercevait un petit potager dont les plantes étaient disposées avec symétrie et bon goût. A certains endroits on pouvait voir des petites sculptures de pierre, et sur le devant de la maison une grande peau de bête soyeuse semblait être là pour décorer l'ensemble.

Ka ouvrit la porte, et se tourna vers Salim pour l'inviter à entrer. A l'intérieur de la maison, un certain nombre de meubles simples en bois étaient disposés, munis de petites décorations rigolotes. Des outils variés, des récipients, ainsi qu'un lit relativement bien formé s'y trouvaient également. Des peaux de bêtes sur le sol servaient de tapis.

- C'est un peu étroit, mais on s'y sent bien ! révéla Ka à Salim. Je vais faire le feu pour que tu puisses te réchauffer, n'hésite pas à visiter les lieux si tu en as envie. Il me reste un peu de viande, nous pourrons rester au chaud pour le reste de la journée, inutile de chasser.

Et si Salim avait, comme le vieil homme le proposait, voulu visiter les lieux... Un détail aurait pu attirer son attention. En réalité, il s'agissait d'un détail tellement colossal qu'il aurait pu le remarquer directement sans avoir besoin de visiter quoi que ce soit. Mais, en le découvrant pour la première fois, on pouvait avoir l'esprit ailleurs. Et puis, la maison était déjà toute une attraction.

Alors on ne pourrait pas vraiment en vouloir à Salim... De ne pas nécessairement avoir vu... Cet énorme symbole circulaire, formant un dessin colossal sur l'ensemble du sol rocheux de la clairière, à l'arrière de la maison, détaillé de centaines de caractères géométriques complexes qui remplissaient l'intérieur du cercle, et dont l'écriture était d'un noir inquiétant.
Salim
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Jour d'éveil : Jour 6
Race : Cime
Métier : Pécheur (2)
Groupe : Errants
Fiche de présentation : Fiche
Journal : Journal
Jeu 5 Jan 2017 - 11:34

Il y avait quelque chose d'hétéroclite qui émanait de tout ce que Ka semblait toucher. Quelque chose de différent, d'étrange. Quelque chose d'Autre. Pourtant, comme je m'étais déjà fait la réflexion, le vieil homme m'inspirait confiance, et ce fut sans hésitation que je le suivis. Bien que son fardeau lui pesa de manière évidente, il refusa mon aide. Je cessais d'insister, de peur de ne le froisser.

Je mis plusieurs secondes à comprendre ce que mes yeux me montraient et en quoi cela était extraordinaire lorsque nous arrivâmes près de la maison du sage. La maison en elle-même, bien que fort jolie, n'avait rien de particulièrement exceptionnel, non. Ce que me frappa, c'est qu'elle me semblait justement si normalement jolie, cette petite maison charmante dans la clairière. Mais rien de ce que j'avais vu chez les autres hommes ne pouvait se comparer à cela. Au lieu de couteaux grossiers, de tas de brindilles et de fourrures à peu près cousues, la maison était réfléchie, pratique et esthétique.

Pendant quelque secondes je fus émerveillé et puis quelque chose se tordit dans mon ventre. Comme lorsque l'on sursaute, que quelque chose ne va pas, seulement, j'ignorais pourquoi. J'entrais dans la maison à l'invitation de Ka, mais cette impression ne me quitta pas… Qu'est-ce que mes yeux avaient vu ? Qu'est-ce qui clochait dans ce paysage ? Je n'avais pas eu le temps de m'arrêter sur le détail qui m'avait perturbé et plus j'y pensais moins je trouvais. Je contemplais le visage du vieil homme. Non, rien de plus que tout à l'heure.

Tandis que Ka s'affairait à faire le feu, je passais en revue l'intérieur de la maison. Je n'avais nulle envie de sortir et je prétextais le froid pour rester à l'intérieur. En vérité, j'avais furieusement envie de savoir ce que qui me gênait tant que ça, mais la nuit tombait, j'étais fatigué et malgré mon impression désagréable, je tenais à l'idée que Ka ne me ferait aucun mal. Je remettais donc cette interrogation à plus tard et je profitais de la soirée de repos qui m'était offerte.

Cependant mes questions s'étaient suspendues et je les gardais pour moi le temps de la soirée, n'osant pas troubler le vieil homme ou dévoiler mon malaise. Je me couchais tôt et je décidais de partir à l'aube, non sans demander avant si je pourrais revenir le voir un de ces jours.

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