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Objet Trouvé. [J21 - Important - Hiss / Staz / Libre]
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Hiss
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Messages : 158

Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
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Dim 1 Oct 2017 - 16:16

Il faisait bon, aujourd'hui. Au matin, lorsqu'ils s'étaient levés, sans ressentir les morsures du froid auquelles ils s'étaient habitués, ils avaient été heureux. Hiss n'avait pas autant partagé cet enthousiasme, mais elle tentait de le cacher comme elle le pouvait. Depuis leur remontée de la veille, elle était comme une épave. Vide à l'intérieur. Et malgré toutes les petites attentions de ses amis, elle n'arrivait pas à sortir de sa torpeur.

Elle avait passé la majeure partie de la journée perchée dans les branches de son nouvel Arbre. Elle montait la garde, et tout le monde la laissait faire, sans rien dire. L'avantage de ce perchoir était qu'elle pouvait voir ce qui arrivait par dessus du gros talus d’où s'enfonçait leur grotte. Alors ses yeux sillonnaient les alentours, inlassablement. Elle ne savait pas bien ce qu'avaient fait les autres de leur journée. Elle n'avait pas mangé, à peine bu en se levant, le matin.

La veille, Okha et les autres avaient trouvé une anfractuosité dans les parois de la grotte, pour y placer le morceau de roche pleine d'insectes étranges et luminescent. Dans le noir, cette lueur était rassurante. Hiss avait l'impression qu'un bout de ciel rempli d'étoiles l'observait sagement. Même si elle détestait ce qu'elle avait découvert sous la surface de la terre, elle ne pouvait s'empêcher d'aimer ce que Okha avait ramené de leur expédition. Les souvenirs de la Maison du Silence lui revinrent en tête, et elle secoua la tête pour les empêcher de s'installer. Elle avait déjà passé trop de temps à y penser.

La deuxième chose auquel elle ne voulait résolument pas faire face, c'était la disparition de Staz. C'était comme une avalanche dans son corps, faisant sombrer tout ses organes vers ses orteils, puis ils remontaient péniblement. Ça faisait un mal de chien. Elle se mettait souvent à sangloter, puis à observer énergiquement tout ce qui se trouvait sous ses yeux, cherchant le moindre signe que tout ça n'était qu'une vaste blague, et que Staz était en bas, en train de l'observer, son sourire sur les lèvres. Elle n'aurait plus qu'à descendre de ses branches, pour lui sauter au cou, et se repaître de sa chaleur, de sa peau, de sa voix. Tout Staz lui manquait.

Un air sombre tomba sur son visage. En bas, une voix s'éleva.

« Hiss, tu n'as pas vu Finn ? Il est parti depuis un moment, maintenant... »

C'était Halya. La brune s'inquiétait toujours pour tout le monde.

« Non, j'ai rien vu passer depuis des plombes. Il va revenir bientôt, ne t'en fais pas. »

C'était étrange de dire ça, alors que c'est ce qu'on lui répétait depuis que Staz avait disparu. La brune hocha la tête, et Hiss la vit retourner d'où elle venait, près de Callixte, à l'entrée de la grotte. Hiss n'avait aucune idée de ce qu'ils pouvaient faire. Elle était dans le gaz. Okha et Aël étaient parties dans la matinée, pour une raison obscure. Halya avait un peu fait la gueule, et surveillait régulièrement les alentours, l'air angoissé. Elle n'avait pas évoqué la rouquine de la journée, sûrement par fierté, mais tout le monde savait qu'elle n'attendait qu'une chose : que son amie rentre au bercail, saine et sauve. Leur relation était tellement ambiguë, par instants.
Okha avait eut cet air indéchiffrable, au matin. Hiss adorait regarder ses yeux, sa carrure. Elle aimait imaginer les mains de la géante broyer tout ce qu'elles trouvaient sur leur passage. Mais Okha n'était pas violente. Du moins, elle ne l'avait jamais manifesté devant eux. Un peu de brusquerie, de tant à autres, de l'impatience.

Quelque chose bougea, entre les branches. C'était au sol, et la cime n'arrivait pas à distinguer ce que c'était. Mais quelque chose avançait, la bas, dans leur direction. La blonde saisi sa lance, et se glissa hors de sa branche, les muscles bandés. Il fallait qu'elle prévienne les autres, qu'ils se planquent. Elle était persuadée que c'était le cannibale qui revenait. Mais, alors qu'elle posait un pied à terre, une tout autre vision la frappa. Elle avait l'impression de rêver, ses entrailles se serrèrent et brûlèrent dans un feu de joie incompréhensible, alors que tout son corps était à l'arrêt.

Pare que la silhouette qui approchait, encore loin, de leur camp, n'était autre que son Staz.

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Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
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Dim 1 Oct 2017 - 18:00


La fin du trajet avait été plus lente, presque calme. Ils avaient fait une autre pause, alors qu'ils étaient presque arrivés, pour se ressaisir une dernière fois. A vrai dire, seul Staz avait besoin de se ressaisir. Il trépignait d'impatience, et les deux petits turbulents qu'il portait dans ses bras rendaient difficile la marche. Mais tellement plus agréable. Les renardeaux glapissaient à tour de rôle, se mordant mutuellement, et croquant souvent aussi le bras du jeune homme qui n'avait rien demandé. Si bien que ce fut les bras couverts de petites marques de dent qu'il pénétra à nouveau dans le petit bosquet, suivi de près par Gallya qui portait toujours le balluchon. Celui-ci contenait les champignons, une bonne vingtaine, tous roulés dans la peau de bête que Ka avait offert à Staz. C'était tout ce qu'ils portaient.

Pourtant, quand ils se retrouvèrent entourés par les arbres épars, presque isolés du monde, une certaine peur grimpa dans la gorge de Staz. Et si l'Être étrange avait mit sa prophétie en oeuvre ? Et si il trouvait Hiss morte ? Et tous les autres ? Et Gràr ?
Staz trébucha, et s'arrêta, fixant les feuillages des arbres avec une anxiété nouvelle. Hiss. Mort. Tout ça s'était-il réellement passé, finalement ? Tout ne ressemblait qu'à un vaste rêve, un étrange cauchemar. Deux nuits auparavant, il sortait de la grotte, cherchant Hiss, implorant pour la revoir. Et là, il se sentait ... Entier. Étrangement. Il avait fait tellement de rencontres ... Il y avait eut Salim, et Ka. Et Gallya, qui dardait sur lui un regard inquiet.

Mais, souriante, celle-ci posa sa main sur son bras, en une caresse apaisante.
- Allons retrouver ta famille.
Staz ferma les yeux une seconde. Une famille ? C'était exactement ça. Il y avait Halya et Aël, et puis Finn et Callixte aussi, mais aussi Hiss et son sourire, Hiss et ses grands yeux. Hiss ne l'abandonnerait jamais, lui. Alors il fallait qu'il y aille. Qu'il marche à sa rencontre. Malgré la peur, malgré l'angoisse. Il ... Il l'aimait comme il n'aimait qu'elle. Alors il rendit un sourire timide à Gallya, et ils se remirent à marcher. Les petits s'étaient tus, se blottissant silencieusement l'un contre l'autre, contre la poitrine de Staz. Ils ne cherchaient même plus à descendre. Peut-être qu'eux aussi avaient décidé de ne plus avoir peur.

Le coeur serré, Staz contourna une grotte, celle de leur départ. Leur premier abri. Miséreux, où, tenaillés par le froid, ils avaient décidé d'en partir. Ils longèrent les arbres, dans la direction approximative d'où devait se trouver le nouvel abri. Staz implorait les arbres pour trouver Hiss, pour trouver la grotte et ses heureux habitants. Ses lèvres bougeaient parfois, sans qu'aucun son n'en sorte. Même Gallya ne parlait plus, le surveillant d'un oeil mature.

Et puis, il la vit. Là-bas. Un peu plus loin. Elle était debout, plus maigre que jamais, presque aussi fine que la lance qu'elle tenait agressivement. Elle l'avait vue bien avant qu'il ne la voit. Et il voyait le trouble dans sa posture, ses mains qui tremblaient légèrement, malgré la distance. Ou peut-être était-ce lui qui inventait ses détails.
Un des petits glapit, et Staz lui-même glapit. Ses pas se firent précipités, et ses yeux se remplirent de larmes. Sa gorge se serra plus que jamais, et tout autour de lui disparut. Il y avait Hiss. Hiss était là. Il la voyait. Elle le voyait. Tout irait bien. Tout allait bien. Hiss allait bien.
Finissant de franchir les derniers mètres qui les séparait encore en quelques foulées, sans lâcher les deux énergumènes qui s'agitaient à nouveau dans ses bras, il sentit les larmes couler le long de ses joues. Et, sans rien dire, il se pressa contre son corps, séparés par les deux petits êtres gigotants qu'étaient les renardeaux. Mais rien ne séparait leurs lèvres, et Staz posa les siennes délicatement sur celles de sa bien-aimée, sans honte, son hésitation, avec rien d'autre qu'une sensation violente de vertige associée à un profond ... soulagement. Hiss était là.


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Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
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Dim 1 Oct 2017 - 18:48

La blonde n'avait pas bougé d'un iota, alors que le grisonnant marchait vers elle. Elle était comme paralysée. Son cerveau avait cessé de fonctionner. Elle se contentait de trembler, légèrement, et d'observer chaque détails de Staz. Il semblait plus grand qu'à l'accoutumée. Son regard avait changé, aussi. Son front n'était plus barré par la peur, mais par la détermination. Son aura n'était plus la même, et Hiss sentit qu'il revenait plus fort qu'elle ne l'avait laissé, dans leur grotte.

Il était vivant. Finalement, c'est la seule chose qu'elle arrivait à articuler, dans son esprit. Lorsqu'il la prit dans ses bras, elle sentit un poids immense s'envoler, et elle vacilla légèrement dans ses bras. Elle pleurait, comme lui, et lorsqu'ils s'embrassèrent, leur larmes se mêlèrent contre leur peau. Il était vivant. Hiss le serrait contre elle, les mains posées dans son dos, dans une étreinte qui voulait dire « je ne te lâcherais plus jamais ».

Toutes les sensations affreuses, les pensées sombres, les réflexions lancinantes, tout ça lui échappa, et elle oublia tout, tout. Tout sauf la sensation d'être enfin entière, de se sentir bien, d'être exactement là où elle devrait être. Seul, un reste de culpabilité lui emprisonnait encore le ventre. Et des tonnes de questions. Mais leur temps viendrait, plus tard, pour l'instant elle ne voulait pas y penser. C'était leur instant, à eux deux, et rien ne devait le briser.

Elle aurait voulu rester là, dans cette étreinte pleine d'amour jusqu'à la fin des temps, mais des petites morsures lui remirent les pieds sur terre. Elle s'écarta doucement de Staz, pour regarder ce qui en était la cause. Des renardeaux la fixaient, trépignant contre le torse de son amant, glapissant doucement.

Elle eut une sorte de petit rire, puis passa sa main sur la tête des petits, dans une caresse tendre. Ils étaient encore minuscules, et tout chez eux lui inspirait de la tendresse. Contempler Staz, beau comme jamais, avec ces deux petits monstres dans les bras, était une image folle, qui resta gravée dans les rétines de Hiss.

« Tu n'imagine pas comme tu m'as manqué, Staz. Mais je ne voulais pas croire que tu sois mort. C'était impossible. »

Puis elle remarqua enfin la présence d'une femme, qui était restée un peu en retrait, observant les alentour d'un œil très intéressé, un petit sourire sur les lèvres. Hiss rosit légèrement, sans pour autant ressentir de gêne. Elle se racla la gorge, et sourit à Staz.

« On rentre chez nous ? Les autres vont sauter de joie en te voyant. »

Puis, elle se tourna vers l'inconnue, et lui adressa un petit signe de tête.

« Désolée, je ne t'avais pas vue. Je m'appelle Hiss. Tu viens avec nous ? »

« Je m'étais douté que c'était toi, Hiss. J'ai entendu parler de toi. Moi c'est Gallya. »

La cime lui sourit, et passa sa main une nouvelle fois sur l'arrête de la mâchoire de Staz, en plongeant ses yeux dans les siens. C'était comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Et si jamais elle rêvait, que personne n'ose la réveiller.

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Staz
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Dim 1 Oct 2017 - 19:40


Staz pleurait, mais c'était comme si la tristesse et le désespoir, durant un instant, s'était enfuis de son corps. Ils étaient là, l'un contre l'autre, et il n'y avait qu'eux. Plus rien d'autre ne semblait les perturber, car après tout, ils étaient ensemble. Staz n'avait envie de rien d'autre que d'elle, de se blottir contre sa peau fraîche, de passer ses mains à nouveau sur ce corps qui semblait plus maigrichon que jamais, d'ancrer à jamais son image dans son crâne. Ils étaient là, l'un pour l'autre, et plus jamais ils ne s'abandonneraient.

Mais c'est toi qui l'a abandonnée ...

Un pincement au coeur, et Staz s'éloigna légèrement. Il savait, et peut-être qu'elle aussi, que c'était lui qui était parti. Il l'avait abandonnée. Et si Ka n'avait pas été là, il serait ... mort. Alors, quand Hiss lui avoua n'avoir jamais voulu croire à sa mort, il baissa les yeux sur leurs mains jointes, un éclair de douleur traversant son regard.
Mais Hiss était radieuse. Si belle, si douce ... Elle adressa une caresse à Eol et à Naem, qui s'étaient déjà fait une belle place dans le coeur de Staz, le sourire remonta sur ses lèvres. Il avait tellement de choses à lui raconter, tellement de choses à lui montrer. Il souriait, un air débile sur le visage. Son regard se perdit dans l'ombre des arbres pendant une seconde, où il croisa celui d'un guetteur, qui les fixaient d'un peu plus loin. Le sourire de Staz se réduit légèrement, en une grimace étrange, mais son attention revint à nouveau vers Hiss qui souriait de toutes ses dents. Elle était belle.
- Tu es là.
Ces quelques mots s'étaient échappés seuls de sa gorge, et il rougit légèrement. Finalement, il hocha la tête et passa une main autour des hanches de Hiss. Il posa dans ses bras le petit Naem, qui se tenait bien plus tranquille que Eol, qui commençait à se tortiller furieusement. Et, ensemble, ils se dirigèrent vers l'entrée de la grotte où devaient les attendre tout un beau monde.
- Ils vont bien ?
Sa question resta suspendue à ses lèvres quelques instants, mais Gallya les dépassait déjà en marchant rapidement en direction de ce qu'elle pensait être l'abri. Puis, l’apercevant réellement, elle entra sans se poser de question, ni la moindre peur des réactions déclenchées. Au contraire, elle lâcha d'un ton joyeux :
- Salut ! Moi c'est Gallya !
Puis, elle se détourna des yeux écarquillés de Halya pour aller poser sa charge, avant que n'entre à leur tour Staz et Hiss. Un grand sourire grimpa sur les lèvres de Staz, qui se rua dans les bras de la brune, tout sourire. Celle-ci posa un regard protecteur sur lui et l'accueillit dans ses bras comme une mère retrouvant son grand garçon.
- Te revoilà enfin ! On s'est fait un sang d'encre !
Après une courte étreinte, Staz adressa un petit signe de la main en direction de Callixte, qui s'était tassé dans un coin sans trop savoir ce qu'il faisait, et revint vers Hiss. Il posa Eol sur le sol, qui roula sur lui-même, et prit le petit Naem pour le déposer à son tour sur le sol, avant de finalement serrer plus fort que jamais sa Hiss dans ses bras. Il était enfin chez lui.




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Hiss
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Dim 1 Oct 2017 - 21:45

Hiss caressait le renard distraitement, sa petite tête plaquée contre sa poitrine. Elle jetait sans cesse des regards à Staz, et souriait bêtement. Elle ne s'était pas souvent sentie aussi bien, depuis son éveil dans la neige des Montagnes. Elle avait hâte de tout raconter à Staz, et qu'il lui explique ce qu'il avait vu, ce qu'il avait fait, qu'il lui raconte tout. Lorsque Gallya entra dans la grotte, la blonde rit un peu, puis y pénétra à sa suite. La tête d'Halya était assez comique. Elle les regarda s'enlacer rapidement, il lui sembla que la tension qui régnait ici depuis deux jours s'envola vraiment à cet instant. Callixte rendit timidement son salut au grisonnant, tandis que la nouvelle rescapée s'asseyait près de lui.

Hiss regarda un instant les renards que Staz avait posés au sol, ils se rejoignirent avant de renifler l'air, leur petites moustaches frémissantes. Puis la chaleur de la  peau de son échoué l'envahit, tandis qu'il la prenait dans ses bras. Cette étreinte ci était plus ardente, plus profonde peut être, que celle qui les avait réunit, quelques minutes auparavant. Hiss se serra tout contre lui et soupira longuement, le nez contre son torse, le souffle de Staz lui réchauffant doucement le cou. Si elle lui avait dit qu'elle partait, ils n'auraient pas enduré tout ça. Il fallait qu'elle le lui dise. Son corps frémit doucement, et elle resserra encore son étreinte. Derrière eux, les trois autres conversaient doucement entre eux, et les  renards poussaient de petits cris incohérents.

« Tu m'as tellement, tellement manqué. »

Hiss avait murmuré, très faiblement, ces quelques mots. Mais elle savait que son amant les avaient entendus. Son odeur lui donnait des vertiges, ses bras autour d'elle lui procuraient un sentiment de protection et de sécurité qu'elle n'avait jamais connu auparavant. Elle s'en détacha cependant, au bout d'un long moment, puis embrassa doucement cet homme qui lui avait tant manqué.

« Il faut qu'on discute. Tout les deux. »

Elle lui prit la main et l'entraîna juste devant la grotte, la ou elle avait passé tant de temps à guetter son retour. La roche était froide, mais ça lui importait peu. Elle s'assit en tailleur et lui prit les mains pour qu'il la rejoigne. D'ici, les autres ne pouvaient pas vraiment comprendre ce qu'ils se diraient, et ils étaient cachés par le dénivelé de la grotte.

« C'est ma faute. Je ne sais pas pourquoi je ne t'ai pas réveillé pour te dire qu'on allait chasser, avec Aël. J'ai été stupide. Je ne sais pas pourquoi tu es parti, mais tout ça, c'est de ma faute. Je suis désolée... »

Elle avait une grosse boule dans la gorge, et ces mots lui faisaient mal. Elle avait parlé lentement, avec difficulté. Elle avait posé son regard dans le sien, sur ses mots d'excuses. Ses joues avaient pris une drôle de couleur, et de petites larmes perlaient aux commissures de ses paupières.

« Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je ne sais pas ce que tu as affronté, à cause de ça. Mais maintenant, je ne te laisserais plus jamais sans que tu sache ou je suis. Je te le jure. »

Ces paroles avaient pris une teinte emplie de détermination, de promesse sacrée. Elle essuya ses yeux, et repris les mains de Staz dans les siennes, caressant les jointures de ses doigts, ses paumes, l'os saillant de ses poignets.

« Tu es revenu, tu es la. Pour de vrai. Je... Sans toi, c'était affreux. Je t'ai cherché, pas aux bons endroits, d'ailleurs je ne sais même pas pourquoi je suis allée chercher là-bas. Quand tu n'es pas là, je ne fais rien de cohérent. »

La cime ferma les yeux, soupira encore, et eut un petit sourire plein d'une joie calme et rassurante.

« Tu es vivant. »

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Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
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Dim 1 Oct 2017 - 22:28


La tête dans les nuages, Staz suivit Hiss d'un air absent. Il était complètement absorbé par tout ce qu'il se passait entre lui et la belle, comme si tout le monde avait fondu en une chose molasse et informe autour d'eux. Il n'entendait des autres que quelques brefs éclats de voix dénués de sens, et il se contentait de vouloir se rapprocher toujours un peu plus de sa Hiss, sa Hiss. Celle dont il avait rêvé chaque nuit depuis son départ, celle pour qui il s'était tordu en deux de douleurs, celle pour qui il avait continué d'avancer malgré la peur, celle pour qui il était là, debout, presque entier.
Alors, il s'assit près d'elle. Face l'un à l'autre, leurs genoux se touchaient. Il aurait aimé se rapprocher encore, mais leurs jambes les en empêchaient. Et puis, il fallait se méfier, aussi. Ne pas être une biche insouciante. Alors il garda un oeil sur la silhouette rachitique d'un monstre hideux qui se terrait, à peine plus loin. Mais celui-ci, en une seconde, disparut à nouveau de son regard, et Staz eut pour la première fois l'impression d'être vraiment seuls à seuls.

Hiss parla. Parla de son départ, surtout. Du jour où il était parti, la cherchant elle, et de tous les jours où il était parti, elle le cherchant lui, à son tour. Ce jeu du chat et de la souris prenait enfin fin, et ni l'un ni l'autre ne paraissait avoir été dévoré en cours de route. Staz passa machinalement une main le long de son collier étrange, souriant parfois et hochant la tête d'un air grave souvent, et l'écouta en silence, respectueusement. Il passait ses mains sur celles de sa belle, au début, puis sur ses bras, ses coudes, ses joues, ses épaules, l'arête de sa mâchoire. Sa peau était si douce, et elle était si ... belle. Plus que jamais.
Lorsqu'elle eut enfin fini de parler, il essuya une larme qui perlait à ses yeux du bout du doigt, en effleurant sa peau si fragile comme on eut effleuré une fleur.

Et à son tour, il expliqua.
- Tu n'étais pas là, et j'étais malade. Fou.
Il secoua la tête, baissant les yeux sur ses propres mains.
- J'ai cru qu'il ... Enfin ... Que Gràr t'avait tuée.
Sa gorge se serra une seconde, et il jeta à la jeune femme un regard paniqué.
- Je voulais te retrouver, et j'ai été stupide.
Il marqua une pause, et planta à nouveau son regard dans celui, noir, intense, de Hiss.
- Je suis parti, et ça a été terrible. J'étais paniqué, effrayé, seul, et j'avais froid. Mais ... Mais tout ça, ce n'est pas important.
Il ferma les yeux, et bascula la tête en arrière, dévoilant sa gorge à Hiss, alors qu'il tournait son visage vers le ciel.
- J'ai appris tellement de choses. Je ne suis plus le même, désormais. On m'a laissé cette chance, cette chance d'avancer, de ne plus voir le monde comme si le monde entier voulait ma mort. On m'a laissé cette chance de m'ancrer dans ce monde, d'en faire partie, et de vivre avec lui ... En harmonie.
Il rouvrit les yeux, fixant un instant silencieusement le ciel, puis rebaissa un regard empli de détermination en direction de Hiss.
- Je me suis rendu compte que tout ce qui nous entoure n'a pas besoin d'avoir de sens. Car je suis là, ici, maintenant. Et tu es là, ici, maintenant. Alors ...
Il tendit la main, et caressa la joue de Hiss, un sourire quasi serein sur le visage.
- Je veux vivre avec toi. Ici ou ailleurs, ça n'a aucune importance. Tant que tu es là.


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Hiss
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Mar 3 Oct 2017 - 16:55

C'était bon d'entendre sa voix. Hiss l'écoutait, l'observait, mêlait ses doigts aux siens, suivait ses caresses obsédantes avec une patience vibrante. Mille questions lui brûlaient les lèvres. Elle pinça des lèvres lorsque Staz évoqua le fou furieux cannibale, mais se retint de dire quoi que ce soit. Lorsqu'il bascula sa tête en arrière, elle contempla la ligne de son cou, sa pomme d'adam, ses clavicules saillantes. Sans réussir à vraiment s'en empêcher, elle posa ses doigts sur sa peau, et traça le contour de ses épaules. Leurs mains furetaient comme si elles étaient complètement indépendantes. Staz avait changé, c'était clair comme le nez au milieu du visage. Il semblait moins paniqué. En prononçant le mot « harmonie », Hiss réussit à associer le terme à l'homme qu'elle avait en face d'elle. Enfin, ça n'était pas encore exactement ça, mais un semblant d'harmonie s'était insinué en lui. Il en était magnifié. Ses yeux gris avaient presque changés de couleur, son sourire était plus assuré.

« Je veux vivre avec toi. Ici ou ailleurs, ça n'a aucune importance. Tant que tu es là. »

La blonde posa sa main sur la sienne, et lui sourit. Aucun des mots qui lui venaient à l'esprit ne pouvait clairement décrire ce qu'elle voulait lui dire, alors elle délia ses jambes, et alla maladroitement se caler contre Staz, embrassant au passage son cou. Elle mis un moment à trouver une position confortable, bien que complètement improbable. Mais elle était tout contre lui, et elle finit par soupirer d'aise.

« Moi aussi, je veux vivre avec toi. »

Elle passait ses doigts dans les cheveux qui tombaient le long de la nuque de Staz, distraitement.

« Tu penses qu'il est toujours en vie ? Gràr ? »

Elle avait le regard vague, et se mordit légèrement la lèvre, avant de reprendre, sans laisser le temps à Staz de répondre.

« Même si c'est le cas, il ne me fait plus vraiment peur. Quand tu étais parti, j'avais la trouille qu'il te tombe dessus, mais maintenant qu'on est ensemble, qu'on est plus forts... Il ne pourra pas autant nous atteindre que la dernière fois. »

Hiss se blottit un peu plus contre lui, calant sa respiration sur la sienne.

« Une racine nous à rejoint, le jour ou tu es parti. Elle devrait revenir d'ici peu avec Aël. Elle est forte, elle aussi. Je ne sais pas si elle va rester. Elle m'a aidé à te chercher. On est allées sous terre. »

Le rappel de ce moment, à la fois si proche et tellement loin, la fit légèrement frissonner. Elle se tut un long moment. Malgré ces souvenirs, elle se sentait bien. Ça n'était pas comme le reste de la journée, qu'elle avait passé dans son Arbre. Puis elle se rendit compte que sa peau touchait également le lourd collier de Staz, mais qu'il n'avait rien dit. La blonde se demanda un instant s'il en avait appris plus à ce sujet, mais préféra ne pas en parler.

« Au fait, comment s'appellent les bébés renards? Ils sont adorables. »


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Staz
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Mar 3 Oct 2017 - 17:17


Et puis Hiss vint se blottir. Si proche, tellement proche. Il sentait ses petits poumons gonfler à chaque inspiration, il sentait ses cheveux courts frotter contre sa peau. Alors il ferma ses bras contre elle, dans une étreinte qui se voulait rassurante. Staz en avait marre d'être celui qu'on rassure, après tout. Il avait eu la chance de rencontrer Ka, et c'était à lui désormais d'aller de l'avant. De respirer calmement, de relever les yeux, et de se mettre debout. Fini de ramper.
La révélation de Hiss le fit sourire. Il savait, tout ça. Ce qu'il venait de dire, ce qu'elle venait de dire, ils n'avaient aucunement eu besoin de se le dire, ils le savaient bien avant. Mais les mots, ainsi formulés, avec tant de douceur, n'était qu'une caresse de plus, qui faisait frémir Staz de la tête aux pieds. Il était de retour, et c'était tout ce qui comptait. De pouvoir se dire ces mots sans avoir à les rêver.

Et la belle blonde évoqua Gràr. Le corps de Staz se tendit, et une ombre passa sur son visage. Il avait presque oublié cet homme. Enfin, il ne l'avait pas oublié, à vrai dire. Il était juste passé à autre chose. Pourtant, l'évocation de son nom, une fois de plus, lui serra la gorge. En vie ou non cela ne devait plus avoir d'importance.
Il écouta Hiss d'une oreille attentive, et peu à peu son sourire reprit sa place sur ses lèvres. Il fixait Hiss avec une douceur infinie, et fini par égarer sa main dans les cheveux coupés de la belle. Alors, quand le silence s'installa, il se contenta d'écouter paisiblement la respiration de sa Hiss, et d'observer les alentours d'un regard vague. Ils étaient si bien.

La question finale de Hiss le surprit quelque peu, et il posa sur elle un regard doux en riant doucement.
- Tu en sais presque autant sur eux que moi ... A vrai dire, je les ai trouvé tout à l'heure. J'ai appelé le gris Eol, et le petit futé Naem. J'espère que tu prendras soin d'eux avec moi ...
Il soupira, et massa avec une inquiétude latente l'épaule de Hiss, le regard perdu.
- Leur mère et autres frères et sœurs sont retournés à la terre. Ils ont peu de chance de survivre. Je ne sais même pas s'ils mangent déjà de la viande. Et puis, on a pas vraiment assez de viande pour nous alors ...
Il serra le poing et baissa les yeux, une moue perplexe sur le visage. Avait-il fait le bon choix, finalement ? Peut-être que les achever aurait été plus ... humain. Il secoua la tête. Ces doutes le blessaient beaucoup, mais il finit par se rassurer lui-même en posant ses lèvres sur celles, si douces, de Hiss. Finalement, il reprit d'un air légèrement absent.
- Et pour Gràr. J'espère pour lui qu'il est mort. Il est son pire ennemi.
Il haussa les épaules et sourit légèrement.
- Mais dire qu'il ne me fait pas peur serait mentir.
Il se pencha, embrassant le cou de Hiss, puis chuchota à son oreille.
- Beaucoup de choses me font peur.
Il s'écarta en souriant, les sourcils trahissant son inquiétude, mais soudain, Gallya débarqua de la grotte, et les fixa d'un air étrange. Bon, leur position était bizarre, mais tout de même ! Finalement, elle adressa un grand sourire à Staz, avant de lancer un petit caillou dans leur direction.
- Bon, les amoureux, vous avez fini ? C'est pas en se dorlotant toute la journée que les choses vont avancer !
Le sourire de Staz s’agrandit, et il embrassa à nouveau Hiss, avant de lui jeter un regard complice.
- Elle n'a pas tord. Allons voir ce que nous pouvons faire.





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Hiss
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Jeu 5 Oct 2017 - 10:37

La peur. Ils en étaient tous victimes, et c'était difficile de faire autrement en connaissant leur quotidien. Non, en fait, ils n'avaient pas de quotidien, justement. L'idée frappa Hiss alors que Gallya les interrompait, narquoise.

C'était justement d'un quotidien dont elle rêvait, la tête enfouie dans le cou de Staz. Un quotidien, avec des rituels, des petites choses futiles mais tellement importantes. Elle ne savait même pas précisément quoi. Mais ils auraient le temps de le découvrir. Lorsque Staz l'embrassa, une nouvelle fois, elle lui sourit, et ils se levèrent, encore soudés l'un à l'autre.

Ils rentrèrent dans la grotte, et Halya leur fit un grand sourire, avant de parler précipitamment.

« C'est chouette de vous revoir ensemble, tout les deux. Désolée de vous tirer de vos câlins, mais ils faut qu'on refasse un feu, on a plus de bois. »

Son visage se rembrunit, puis elle dit, un peu moins fort :

« Et il faudrait trouver Finn, aussi. Ce n'est pas normal qu'il soit parti autant de temps... »

Hiss eut un léger vertige. Depuis que son amant était de retour, elle avait oublié tout le reste. Elle s'en voulait, avait un peu honte. Pour une fois, ce fut Callixte qui parla. C'était rare, et la blonde écouta ses paroles avec attention.

« Il n'a rien dit de spécial avant de partir, il était comme d'habitude. Peut-être est-il parti chercher à manger, ou bien du bois... »

Tous réfléchirent. C'était étrange qu'il soit parti seul. Finn était un être juvénile, naïf, mais pas téméraire. Les renards s'étaient roulés en boule non loin d'eux, et émettaient parfois de petits sons dans leur sommeil. Hiss les regarda un instant, avec l'inquiétude de ne pas pouvoir les protéger, et en même temps, l'envie de les voir grandir, de courir dehors avec eux. Elle décrochait souvent ses pensées lorsqu'elle n'arrivait pas à réfléchir. Elle finit par soupirer doucement.

« Je pense qu'il faut qu'on cherche Finn. On peut en profiter pour ramasser du bois. Et il faut que quelqu'un reste ici, pour protéger l'abri, attendre Aël et Okha, et même Finn, s'il revient. Il n'a pas dû trop s'éloigner d'ici, de toute façon... »

Elle lança un regard à l'extérieur de la grotte, dans la lumière étrange de la fin d'après midi.

« Il faut faire vite, il fera noir bien assez tôt. Qui vient avec moi ? »



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Staz
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Jeu 5 Oct 2017 - 11:30


Faire un feu, chercher du bois. C'était étrange, comme si tout était enfin redevenu normal. Plus personne sur qui compter pour chasser, faire le feu, cuisiner, chercher de l'eau, et monter la garde. Il ne pouvait plus compter sur les autres, désormais, il devait être celui sur qui comptaient les autres. Enfin, essayer, au moins, d'être digne de confiance. Ne plus essayer de se noyer, ne plus essayer de mourir, ne plus être un poids. Ce serait déjà un bon début.
Il sourit timidement, et hocha la tête à la demande de Hiss. Il adressa un regard à Gallya, qui sourit à son tour. Malgré la longue durée de leur marche précédente, la journée n'était pas terminée, et ils devaient redoubler d'efforts, chaque jour, pour faire de belles choses. Et survivre. Il s'assit une seconde, histoire d'enlever un caillou qui harcelait la plante de son pied, et se releva immédiatement, un sourire sur les lèvres.
- Allons chercher Finn.
Il adressa un signe de la main à Gallya qui les rejoignit, et tous deux se tournèrent vers Halya et Callixte.
- On compte sur vous pour monter la garde. Mieux vaut deux paires d'yeux, au cas où.
Gallya hocha la tête.
- Rester seul me paraît dangereux.
Staz adressa un sourire à Hiss, lui indiquant clairement qu'ils iraient tous les trois chercher Finn et le bois nécessaire, puis son regard se perdit dans le vague une seconde, avant de revenir vers Halya, alors qu'il passait une main autour des hanches de Hiss, en veillant bien à ne pas toucher sa plaie.
- Peut-être que vous pourriez ... faire des paillasses un peu plus confortable pour cette nuit, pendant notre absence.
Une lueur se ralluma dans le regard d'Halya, qui semblait trépigner à l'idée d'être utile.
- Oh oui, il y a ces espèces de fougères à l'entrée de la grotte, on pourrait en mettre un peu plus, et ce sera parfait !
Staz sourit, et, attrapant la main de Hiss, ils sortirent, Gallya sur leurs talons. Peut-être même trouveraient-ils quelques baies en chemin, avec beaucoup de chance.


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Hiss
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Jeu 5 Oct 2017 - 22:03

La frontière ou elle se trouvait sur le plan émotionnel était assez chaotique. D'un côté, elle avait envie de sombrer dans cette angoisse, moins forte sûrement, mais présente tout de même, qu'elle avait expérimenté ces deux derniers jours. De l'autre, elle avait juste envie de serrer Staz contre elle, de le regarder pendant des heures, et de sourire niaisement. Alors Hiss errait entre ces deux phases, consciente que sombrer dans 'une ou l'autre serait contre-productif. Cependant, faire quelque chose, être utile, et surtout le faire avec Staz, lui redonna un gain d'énergie. Elle répondit au sourire du grisonnant, et frissonna lorsqu'il la prit par la main, l'entraînant vers l'extérieur.

La lumière était spéciale, jaunâtre, douce. Ces derniers jours, elle avait été tellement blanche et terne que rien que ce détail changeait toute l'atmosphère, pour rendre leur environnement moins agressif. Ou bien c'était le fait de retrouver son échoué qui changeait tant son regard sur les choses.
Plus tôt dans la journée, alors que la cime était perchée dans son arbre, elle avait observé vaguement Finn sortir de la grotte, sans y faire vraiment attention. Il avait pris en direction de l'est. C'était la seule piste qu'ils avaient.

« Il est parti par là. C'est tout ce que je sais... J'espère qu'on va vite le retrouver. »

Elle s'était retourné pour parler aux deux autres, et avait pointé son doigt dans la direction citée. Avant de sortir de la grotte, elle avait récupéré sa lance, et pris la tête du petit groupe, avançant à grands pas et les yeux furetant partout autour d'eux.
Ils marchèrent ainsi, au gré de potentielles traces, et longèrent toute la lisière est du bosquet.

« C'est un vrai fantôme, votre Finn... »

« Il n'a jamais été très expansif. »

C'était vrai. Finn observait et écoutait beaucoup, sans trop oser prendre la parole. Seules quelques fois, il s'était détendu et avait baragouiné plein de choses, faisant sourire les autres. Il semblait tellement jeune. Halya aimait beaucoup le protéger, comme une maman. Aël lui lançait souvent des petites piques qui le faisaient rougir. Il était le timide du groupe. Même Callixte ne semblait pas aussi réservé.

Hiss lança un regard à Staz. Il n'avait pas vraiment eu le temps d'apprendre à connaître les deux hommes. Il avait failli mourir d'hypothermie le jour qui suivait leur arrivée à la grotte, et avait disparu le lendemain. Pourtant, il avait cette lueur déterminée dans les yeux, prêt à passer du temps à chercher ce jeune homme frêle. La blonde sourit, et lui prit la main.

« Il commence à se faire tard, le soleil est bien bas... »

Hiss leva les yeux vers les Montagnes qui commençaient à manger le soleil, puis acquiesça. Ils n'avaient rien trouvé d'autre que du bois sec, et des oiseaux effrayés s'enfuyant devant eux. Leur bras étaient déjà chargés, et ils firent demi-tour, passant par un autre chemin pour tenter de trouver une quelconque trace du jeune cime.


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Lancer de dés :

Sur la route du retour, ils vont trouver :
- 1-2 : des prunes
- 3-4 : des oeufs
- 5-6 : rien


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Jeu 5 Oct 2017 - 22:03

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Staz
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Lun 30 Oct 2017 - 9:34

Finn pouvait être allé n’importe où. Les traces qu’ils suivaient pouvaient autant être les siennes que celles de n’importe qui d’autre. Une sorte de trace de pied, un endroit piétiné … Rien n’indiquait que c’était le jeune homme qui était passé par là, mais après tout, ils n’avaient aucune piste … Simplement « vers l’est ». Alors ils allaient vers l’est.
Staz ne connaissait pas vraiment Finn, à vrai dire, mais il savait qu’il avait passé les derniers jours au côté de Hiss et du groupe, alors que lui n’avait pas été là. Et cette seule idée suffisait à donner la détermination suffisante à Staz pour chercher assidument, fouillant du regard les alentours, s’approchant de la moindre silhouette qui paraissait humain. Pourtant, il n’y avait que des guetteurs. Ils tombèrent sur du bois étrangement sec à plusieurs reprises, qu’ils prirent donc le temps de ramasser, mais finalement, Gallya déclara qu’il était tard, et tout ce que put faire Staz, c’est de hocher la tête, un peu dépité.
Son cœur balançait entre la joie d’avoir retrouvé Hiss et la peur d’avoir perdu Finn. Et, bien sûr, c’était avec un immense sentiment coupable qu’il se rendait compte à quel point Hiss avait plus d’importance que tout le reste. Alors, il s’acharnait d’autant plus à chercher, et se résigner à faire demi-tour lui fit un coup au cœur.

Ils marchèrent silencieusement, laissant Hiss les guider, Staz se laissant presque traîner par la main à sa suite. Bien sûr, il était loin de désirer lâcher cette main si douce, mais renoncer était difficile. Il avait disparu, lui aussi, mais avait trouvé Ka, et Salim. Alors que Finn était probablement seul …
Il continua donc à chercher, et c’est lui qui repéra une espèce de nid étrange qui était tombé sur le sol. Les œufs, qui étaient tombés sur le sol, étaient tous intacts, sauf un qui avait déversé un liquide nauséabond sur le sol. Mais les quatre autres semblaient bons, et feraient un bon repas.

Finalement, ils étaient presque arrivés à la grotte quand ils le trouvèrent enfin. Ils avaient empruntés un chemin différent, passant un peu plus au sud, et c’est sur ce chemin qu’ils remarquèrent l’amas sombre en contrebas d’un promontoire rocheux. Et avant de le voir, ils avaient ressenti ce silence lourd et pesant, celui de la mort. C’était comme si le bosquet tout entier retenait son souffle, et finalement, ce silence avait été percé par le bruit étrange qui se dégageait de l’endroit. Staz sut avant de voir. Il eut l’espoir, un instant, que ce fut autre chose, mais les silhouettes noires, penchées au-dessus d’un amas noir de sang coagulé, lui rappelèrent la réalité comme une gifle en plein visage. Gallya émit un petit cri, et Staz détourna le visage. Il n’avait pas vu souvent le visage de Finn, mais la touffe de cheveux qui dépassait des griffes du guetteur qui avait détaché sa tête de son buste ne lui laissa aucun doute.

Sans rester un instant de plus, Staz tourna les talons, tirant cette fois Hiss et Gallya sans leur laisser le temps de protester, sans non plus écouter les sanglots de Gallya, et sans prendre le temps lui-même de réfléchir, pour se diriger en grandes enjambées en direction du seul refuge qu’ils avaient.

Ils arrivèrent à la grotte alors que le soleil finissait de disparaître derrière les montagnes. La mine déconfite de Staz, l’air complètement terrorisé de Gallya, et Halya à son tour se blottit contre elle-même, tentant de cacher ses larmes. Il n’y avait rien à dire. Il n’y avait rien à dire.
Alors ils passèrent le reste de la soirée en silence. Staz se pressait contre Hiss comme si c’était tout ce qui lui restait, son regard voilé de peine tourné vers le sol. Il laissa les autres manger les œufs, se contentant de faire tourner dans sa main le champignon que Ka lui avait permis de découvrir. Et, sans rien dire de plus, il s’endormit, laissant Hiss et sa peau brûlante se blottir contre lui, caressant ses cheveux comme si ce simple geste permettait d’effacer tout ce qu’il venait de voir. Et, à son tour, la tête pleine de questions sans réponses, d’une peur étrange qui grandissait dans sa gorge, mêlée d’incompréhension, il s’endormit.

Ce soir-là, ni Aël, ni Okha ne revinrent à l'abri.



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