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Petite Nuance de Bleu [J22 | Important | Hiss & Staz & Libre]
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Staz
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Messages : 175

Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Lun 30 Oct 2017 - 17:29


La nuit fut étrangement calme. Il n’y avait ni Finn, ni Aël, ni cette fameuse Okha qu’il n’avait jamais vu. Halya s’était blottie contre elle-même, tapie dans un silence sombre. Gallya avait essayé de discuter un peu avec elle, mais avait fini par abandonner face à son mutisme. Staz, lui, n’avait même pas essayé. Ce n’était pas qu’il n’en avait rien à faire. C’était surtout qu’il n’avait pas la force de réagir. Il se sentait plus fragile que jamais. Toute la nuit, durant ses nombreux moments d’éveils, où le silence de la nuit n’était traversé que par les souffles saccadés du petit groupe d’endormis, il avait essayé de se remémorer les phrases de Ka, celles qui l’avaient poussé à croire que le monde n’était pas si mal fait. Mais, à l’extrême opposé de ces paroles sages, la tête de Finn, ses yeux arrachés, les paroles moqueuses de l’Être Noir, et tous les évènements fous qui s’étaient passés depuis son éveil le taraudaient.
Il n’avait pas eu la force de parler de tout ce qu’il avait vécu à Hiss. A vrai dire, il n’avait parlé que des deux renardeaux, dont ils avaient pris soin ensemble, si bien que les deux petits se blottissaient contre eux à la fois pour profiter de leur chaleur, mais sans doute surtout de leur présence rassurante. Ils n’avaient plus de famille, désormais. Ils étaient seuls. Comme tous les êtres vivants qui logeaient dans la pièce. Une famille qu’ils essayaient de recomposer à leur manière, mais dont chacun des frères et sœurs partaient, un à un, et ne semblaient pas près de revenir.

Quand le jour se leva enfin, Staz était déjà réveillé depuis un certain temps. N’ayant pas osé bouger, pour ne pas réveiller Hiss qui respirait doucement contre son épaule, il fixait l’entrée de la grotte d’un air inquiet. Les petits roulaient l’un contre l’autre en glapissant, mais Eol regardait Staz d’un air qui semblait réclamer autre chose que des caresses. Il semblait avoir faim, lui aussi.
En tout cas, ils n’avaient pas froid, bien au contraire. Le feu s’était éteint depuis longtemps, mais Staz n’avait rien fait pour le rallumer. La chaleur était telle que l’air stagnant dans la grotte en devenait étouffant. Seul le petit sifflement aigu du boyau étroit laissait passer un courant d’air un peu frais qui était vraiment agréable.

Finalement, il finit par se lever, en déposant l’épaule de Hiss contre la roche. Sans doute allait-elle se réveiller, mais le jour était là, il fallait bouger. Oublier, passer à autre chose. Continuer à espérer pour ceux pour qui il y avait encore de l’espoir. Et il y avait encore de l’espoir pour Aël, et pour Okha. Après tout, elles pouvaient avoir eu un contretemps, ou rencontrer un groupe de personnes agréables avec qui passer la nuit. Cela pouvait être ça, ou des dizaines d’autres choses. Des bonnes … Comme des mauvaises …

Halya s’agita dans son coin, et finit par ouvrir un œil. Elle avait l’air affreusement fatiguée. Staz s’approcha d’elle, et s’accroupit devant elle. Il lui sourit, et elle le fixa d’un air horrifié. Un instant, Staz se dit qu’elle aurait sans doute préféré qu’Aël rentre à sa place. Il baissa les yeux, et attrapa sa main, avant de déposer un baiser sur son front.

- Commençons ce nouveau jour ensemble.

Puis, l’aidant à se lever, il lui proposa de sortir de la grotte, où la chaleur ambiante le rendait moite de transpiration. Au dehors, rien ne semblait avoir changé depuis la veille. Toujours les mêmes nuages, mais une chaleur nouvelle, écrasante. Si la veille le temps avait été agréable, désormais c’était presque étouffant. Staz sourit à nouveau, avant de guider par la main Halya quelques mètres plus loin.
C’était le matin, tôt, et l’ombre du soleil traversait les nuages épais juste au-dessus des pointes des montagnes. Un glapissement dans la grotte leur rappela la présence des petits qui s’aventuraient sur le pas de la grotte d’un air inquiet.

Puis, ensemble, ils s’assirent dans l’herbe, pour écouter les chants des oiseaux, étrangement nombreux ce matin-là. Il devait y avoir au moins quatre oiseaux dans les environs, et Staz sourit en essayant de les repérer. Il sentait bien évidemment le regard d’Halya posé sur lui, mais il se contenta de l’ignorer quelques instants. C’était sincèrement dur de voir la Halya qu’il adorait, si vivante et joyeuse en temps normale, être si … morne …
Finalement, il se sentit prêt à affronter le regard de la jeune femme, et planta son regard dans le sien, en prenant entre ses mains ses paumes larges et massives.

- Je suis désolée pour Finn. Je sais que … Que tu l’aimes beaucoup.

Des larmes emplirent les yeux de Halya, qui détourna le regard sans répondre. Staz soupira, et serra les mains de la jeune femme un peu plus fort.
- Tu sais, j’ai rencontré un homme, quand j’étais ailleurs. C’était un vieillard un peu bizarre. Il m’a beaucoup aidé. Il a pris soin de moi comme toi tu prends soin de nous tous. Et il n’arrêtait pas de me rappeler à quel point le monde était beau, tout autour de nous.

Il se tut un instant, et son regard se perdit à nouveau dans les feuillages alentours, essayant autant se convaincre lui-même que de rassurer Halya.

- Ecoute ces oiseaux. Ils chantent. Ils doivent être beaux. Mais ils se cachent. Et c’est seulement quand on les cherche bien qu’on peut les voir. Même si les arbres tout autour sont très sombres, ils sont là. Ils sont beaux, et ils chantent.

Puis, tendant le bras dans une direction, il lui désigna le petit oiseau gris au plumage teinté de bleu qui courait sur une branche, puis s’envolait.



Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Lun 6 Nov 2017 - 22:44

Hiss émergea doucement lorsque le corps de Staz cessa de l'envelopper de chaleur. Elle n'ouvrit pas tout de suite les yeux, trop endormie pour réagir, assez consciente pour comprendre vaguement qu'il faisait jour. Son cerveau lui chuchotait plusieurs choses. La première étant qu'elle était bien mieux ainsi à sommeiller, la seconde qu'elle ferait peut-être bien de se replonger dans le chaos qu'avait été la journée de la veille. Elle lutta ainsi pendant un long moment, entre désir de rester là, sans bouger, à attendre que Staz vienne la réveiller, et besoin de se mettre en route pour une nouvelle journée. La température était nettement plus clémente que les jours précédents, son corps transpirait même contre la paillasse de feuille qu'Halya et Callixte avaient fabriqué la veille. Le soleil commençait à percer par l'entrée de leur grotte, et en entrouvrant les yeux elle pu constater le déclin de la lumière créée par les insectes luminescents. Bien qu'ils soient au fond de la caverne, dans une zone sombre, elle avait des doutes quand à leur propagation, et même leur survie.

Elle entendait Callixte et Gallya respirer à côté d'elle. C'était un son doux, presque rassurant. Tellement de monde manquait à l'appel qu'elle s'en voulait maintenant de rester ainsi à glander dans la grotte. Se dépliant lentement, s'étirant comme un chat, elle resta un moment à contempler la paroi de leur caverne, remettant ses idées en place, préparant mentalement ses prochains gestes d'une façon machinale. Halya était dehors avec Staz. Elle entendait ce dernier sans pour autant saisir le sens de ses paroles, et elle soupira lentement en se levant. Callixte bougea dans son sommeil lorsqu'elle passa près de lui, puis Hiss lui posa une main sur l'épaule et lui sourit lorsqu'il ouvrit les yeux.

La lumière lui fit plisser les paupières lorsqu'elle passa le seuil de leur abri, et l'air lui parut encore plus lourd qu'à son réveil. Staz et Halya étaient assis à même le sol, un peu plus loin, et elle s'approcha doucement. Ils fixaient tout deux quelque chose dans l'arbre, qu'elle identifia vite par son mouvement. De légères trilles provenaient des cimes et la blonde sourit. Ces petits détails lui étaient complètement passés au dessus de la tête depuis quelques jours, et sans vraiment s'en rendre compte, elle répondit à un des oiseaux qui chantait là. Halya sursauta et Staz se tourna vers elle, le visage surpris par son arrivée.

« Parfois, ils répondent, mais il faut que je m'entraîne encore un peu. »

Hiss sourit à Halya, qui avait le visage blême d'inquiétude, et qui restait étrangement silencieuse. La cime s'assit à côté d'elle, après avoir passé sa main sur l'épaule de Staz, et vint lui prendre la main. Ils se faisaient tous du souci pour Aël et Okha, et peinaient à se sortir de la torpeur dans laquelle les avaient plongés la mort brutale de Finn. La blonde aurait aimé qu'Aël soit là, justement pour prendre les choses en main. Elle eu la gorge un peu sèche et une expression grave pendant un instant, puis sourit en parlant.

« Aël va revenir, et quand elle sera là, elle nous traitera tous d'abrutis. Hier était une journée étrange, et affreuse, mais il faut qu'on aille de l'avant. Il faut qu'on soit forts, ensemble. »

Halya avait le regard vague, brillant de larmes. La blonde fit une moue tordue en pensant que cette phrase n'avait rien de très encourageant, et qu'elle était assez maladroite. Elle soupira un instant en cherchant le regard de Staz, tentant d'y trouver un encouragement, ou une aide.

« Et si elle ne revient pas ?... »

Hiss soupira, serra la main de la grande brune, prenant son temps pour répondre.

« Staz est revenu. Il est parti quasi-mort. Mais il est là. Aël est forte, plus que nous tous, et Okha est avec elle. Toutes les deux, je vois mal qui pourrait leur causer du tort. Et Aël ne t'abandonnerais jamais. »

La racine eu un sanglot douloureux, puis éclata en pleurs. Hiss la prit dans ses bras, s'efforçant de lui murmurer des mots réconfortant, appelant Staz à l'aide des yeux, quelques larmes trahissant sa propre peine. La matinée était lourde comme un tas de pierres, autant par sa moiteur que par ses tragédies.  

Halya mit un peu de temps à reprendre son calme, mais quelques hoquets demeuraient lorsque Hiss repris enfin la parole, du bout des lèvres, questionnant son amant du regard.

« Peut être qu'on devrait... Fabriquer quelque chose, pour Finn. Pour que jamais personne n'oublie qui il était. Notre petit frère... Un truc qui lui ressemble, je ne sais pas trop. On pourrait peut-être même en faire pour chacun de nous. »


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Ne les écoute pas, ne plie pas. Tu es seule.
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Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Lun 20 Nov 2017 - 16:58


Hiss sifflait comme un oiseau. A vrai dire, elle était un oiseau. Peut-être pas physiquement mais ... Elle était capable de voler. De grimper au dessus des nuages et de voir le monde différemment. Peut-être que c'était elle, l'hirondelle, après tout. Alors que, Staz, telle une taupe aveugle, se contentait de renifler la terre qu'il creusait péniblement en espérant un jour voler comme un oiseau.

Un instant, Staz observa les deux femmes, leurs interactions douces sur une question si violente. Aël reviendrait-elle ? Peut-être. Peut-être pas, aussi. Avec tout ce qu'il avait vu, il ne pouvait pas juste se bercer d'illusions. Effectivement, il était parti presque mort. Mais entre temps, il avait effectivement failli mourir. Et sans Ka ... Il serait mort.
Alors, comme une vague soudaine, une pulsion, un besoin de tout dire, de tout faire savoir, de se libérer de son poids se fit sentir. Il se redressa à la demande de Hiss, hochant la tête en se rappelant des galets de l'ancêtre. Après tout, sans doute toutes les personnes peintes ainsi n'étaient peut-être pas toutes mortes ... ni toutes vivantes.

- Très bien. Je pense savoir ... Ce qu'on pourrait peut-être faire pour lui. Hiss ... Viens avec moi au lac, j'ai besoin de me rafraîchir ...

Se tournant vers Halya, il la prit dans ses bras une seconde, avant de se remettre sur ses pieds.

- Va donc réveiller les autres, Halya. Aujourd'hui, on fera un grand feu. Pour Finn. Je te laisse organiser ça, si tu le veux bien.


Un petit sourire, et la jeune femme hocha la tête. Sa mine était triste, mais peut-être que l'idée de rendre hommage à son ami l'aida à se mettre debout, et à leur tourner le dos.

Alors, attrapant Hiss par la main, et sans vraiment lui avoir laissé le temps de réfléchir à sa proposition, il se dirigea vers le lac. Et, sur le trajet, sans laisser le temps à la blonde de poser la moindre question, il lui raconta, de but en blanc, tout ce qu'il lui était arrivé, de son départ jusqu'à son arrivée, sans oublier le moindre détail, la moindre horreur, la moindre larme.



Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
Fiche de présentation :

Journal :
Mar 28 Nov 2017 - 23:48

Elle ne savait pas précisément ce que ses paroles avaient déclenché chez Staz, mais force était de constater qu'elles avaient eu un sacré effet. Elle le regarda dans les yeux lorsqu'il lui demanda de le suivre au Lac, tout en hochant la tête, puis se leva et marcha dans ses pas, main dans la sienne.

Hiss ne dit pas un mot alors qu'il racontait ce qu'il lui était arrivé lors de ces derniers jours loin d'elle. Elle était heureuse qu'il lui parle, qu'il lui explique. Cependant, beaucoup de choses lui semblaient complètement incroyables. Son teint devint livide lorsque Staz raconta sa rencontre avec cet être noir, ces choses qu'il lui avait dites. Elle n'avait jamais rien vu d'autre que des guetteurs... L'idée que des créatures beaucoup plus intelligentes la fit frissonner. Malgré tout, ce fut la description du vieillard, Ka, qui l’intéressa le plus. Elle avait du mal à imaginer comment il était possible d'avoir une maison, et de pouvoir construire des belles choses, alors qu'elle avait l'impression de passer sa vie à fuir, avoir faim, froid, et à se battre. L'image qu'elle se faisait de Ka n'avait probablement rien a voir avec la réalité, mais elle le remercia intérieurement d'avoir sauvé la vie de son Staz.

Lorsque celui-ci eu terminé son récit, Hiss posa de nombreuses questions, sur l'être noir, sur Ka, sur ce Salim aussi. Elle ne revint pas sur les horreurs qu'il avait traversées – les hallucinations dans lesquelles il avait été plongé lui donnaient la chair de poule, et elle bouillonnait en pensant aux mots de la monstruosité. Il lui répondit calmement, dans la mesure de ses connaissances, et elle passa un moment à marcher de long en large de la berge du Lac, se mordant les lèvres.

Ils s'étaient à demi plongés dans l'eau, geste qui leur avait tiré des soupirs d'aises. Puis le silence s'était installé quelques secondes, la cime tentant d'intégrer le flot d'informations que l'échoué venait de lui transmettre. Son épaule collée contre celle du grisonnant, ses doigts entremêlée aux siens, elle soupira longuement.

« Tout ça est incroyable. J'aurais aimé voir ce que tu as vu, et rencontrer ces gens. Mais ça n'est vraiment pas rassurant... »

Elle cala sa tête sur l'épaule de Staz, mordillant encore ses lèvres.

« Mais j'aimerais bien qu'on aie une maison, nous aussi. Qu'on aie chaud. C'est vraiment dingue que Ka ait pu se fabriquer tout ça, seul. Pour Finn, tu pensais à peindre sur des galets aussi ? Tu me montrera tes champignons de dessin ? »

Plusieurs choses que Staz avait dit depuis son retour lui revinrent en tête. A propos de l'harmonie, de la beauté, aussi. Elle avait maintenant envie de belles choses autour d'elle, qui puisse la réconforter et la faire se sentir moins prisonnière de toutes les horreurs qui se déroulaient autour d'elle. Elle articula doucement, en fermant ses paupières, juste assez fort pour que Staz l'entende.

« Ça me donne un peu le vertige, tout ça. C'est nouveau... Et c'est vaste. »

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Staz
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Jour d'éveil : Jour 16
Race : Echoué
Métier : Aucun
Groupe : Errant
Fiche de présentation : Clic
Journal : Clic
Mer 29 Nov 2017 - 10:30


Déballer tout ça au grand jour lui fit un bien fou. Il ne se rendit compte qu'après avec fini de parler à quel point tout ça lui avait pesé. Il avait failli mourir à plusieurs reprises, mais il n'était pas mort, et il était même là, à parler à sa Hiss. Alors peut-être, après tout, que Ka n'avait pas menti. Peut-être que la manière dont on essayait de voir le monde pouvait, ne serait-ce qu'un peu, changer cette sensation de peur constante, d'angoisse terrible, en quelque chose d'autre. Un instant, Staz se souvint de Gràr, Gràr et sa colère. Lui ne voulait ni de peur, ni de colère. Il voulait simplement une sérénité, un calme intense et apaisant. Alors, la proposition de Hiss lui parut si douce, si belle, si conforme à ce que lui-même désirait, qu'un sourire doux apparut ses ses lèvres. Malgré l'angoisse de mourir, malgré la peur de toutes ces choses néfastes, il y avait Hiss, son regard si lumineux, et puis cet mince espoir d'obtenir un jour une vie paisible, avec elle.

Même l'eau ne lui paraissait plus si terrible, bien que toujours aussi mystérieuse. Quel monde pouvait bien se cacher sous les reflets du ciel ? Le collier battait son torse au rythme des petites vaguelettes, et il resta là, à observer les nuages se mouvoir avec lenteur dans le ciel. Oui, tout ce monde donnait le vertige. Il serra un peu plus fort Hiss contre sa peau, et ferma les yeux un instant. Il sentait la force de l'eau, il sentait le petit vent frais, il sentait la chaleur douce qui irradiait du corps de Hiss. Un instant, il oublia la mort de Finn, il oublia la disparition de Aël et se sentit presque bien, là, à cet instant précis.

Mais bientôt il fallut rouvrir les yeux, redescendre sur terre. Ils n'avaient pas le droit de rester ainsi si longtemps, et ils avaient encore trop de choses à faire pour construire ensemble leur lendemain. Il fallait chercher à manger, et trouver de quoi se défendre. Ainsi, ils pourraient peut-être, avec le temps, construire ce que Hiss désirait, et qu'il enviait tant à Ka. Une maison, un jardin.
- On peut très bien avoir tout ça. Si Ka l'a, on peut l'avoir. Et je ferais pour Finn le plus beau des galets.
Serrant fort la main de Hiss dans la sienne, Staz sortir de l'eau, un air de détermination nouveau sur le visage. Il jeta un oeil à son collier, s'assurant qu'il était toujours à sa place, et hésita un instant. Ka voulait le détruire. Finalement, il renonça à le rendre au lac, et, le gardant bien fièrement autour de son cou, il chercha le plus beau des galets, pendant quelques instants. Puis, après en avoir trouvé cinq ou six qu'il serrait dans sa main, il posa un baiser sur les lèvres de Hiss et lui fit un clin d'oeil.
- Allons trouver et préparer un bon repas, pour célébrer le retour d'Aël et d'Okha. Célébrons tout ce que nous pouvons, tant que nous le pouvons.
Puis, sur le chemin du retour, en direction du campement, ils ouvrirent grand leurs yeux pour peut-être trouver de quoi faire un bon repas le soir.


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Messages : 368

Mer 29 Nov 2017 - 10:30

Le membre 'Staz' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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Résultat : 1
Hiss
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Jour d'éveil : Jour 10
Race : Cime
Groupe : Errant
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Journal :
Mer 17 Jan 2018 - 18:55

Hiss se laissa emmener par son amant, léger sourire au lèvres. Il lui avait donné une nouvelle impulsion, un petit quelque chose qui la rassurait. Même si leurs soucis continuaient de stagner dans son esprit, des petites lueurs d'espoirs florissaient de-ci de-là.

Tandis qu'ils marchaient vers la grotte avec discrétion, ils tendaient le cou pour trouver le moindre petit quelque chose qui pourrait les nourrir. La blonde avait faim, mais ne se sentait pas de partir chasser aujourd'hui. Elle fit la moue : elle n'avait aucune connaissance des plantes comestibles. La plupart de ses précédents repas – si-tenté qu'on puisse appeler ça des repas – étaient constitués de viande. Jetant un œil de temps à autre vers Staz, pour être sûre de ne pas le perdre de vue – l'angoisse qu'il disparaisse à nouveau état bien présente – la cime s'aventura dans les fourrés, reniflant l'air et scrutant le sol et les branches. Elle entendit alors l'échoué l'appeler d'une voix joyeuse, et elle bondit presque du sous bois pour le rejoindre.

Il était agenouillé dans une zone touffue du bosquet, de la mousse épaisse et lumineuse recouvrant une bonne partie du sol et des pieds des arbres. Dans les plantes sauvages, a la lumière qui perçait doucement entre les minces branches de arbres, Staz effleurait du bout des doigts une espèce de grosse plante épaisse, ornée de motifs compliqués et satisfaisants : un chou. Hiss n'en avait jamais vu avant mais elle était persuadée que c'était bien ça.

« Il est gros ! Et joli. »

La blonde sourit à Staz avant qu'il ne passe ses mains sous le chou pour délicatement l'arracher de terre. Elle s'était agenouillée près de lui, le regard perdu sur son visage, un air niais scotché sur ses lèvres. Sans vraiment y penser, sa main se tendit pour caresser la nuque de l'échoué, puis son corps suivit doucement, et elle se retrouva en train de l'embrasser, sa peau scindée à la sienne. Elle les avait entraînés au sol, sur le tapis de mousse confortable, et son esprit se retrouvait pris dans cet état insensé et irréel que seul Staz savait déclencher chez elle. Tout était brûlant en elle, mais cette sensation de brûlure était délicieuse. Les joues rouges et le souffle court, les mains de son Staz sur son corps, elle murmura a son oreille, entre deux baisers, les quelques mots d'amour qui semblaient exploser dans son esprit.

« Je t'aime, Staz... »

Et les oiseaux de murmurer au dessus d'eux, des trilles légères ou rieuses, tandis que les amoureux se perdaient dans leur amour sans plus se préoccuper du reste du monde.

.....

Lorsqu'ils revinrent au camp, sourires niais sur le visage, mains entremêlées et l'air léger comme des nuages, ils eurent du mal à reposer pieds sur terre. Ce fut une voix familière et inespérée qui les sorti de leur rêverie. Une voix tranchante et moqueuse, une voix pleine de flammes et de fierté.

« Alors les roucoulants, la vie est belle ? Vous avez de drôles de manières de faire mon deuil. »

Hiss tourna la tête violemment pour poser son regard sur Aël, leur guerrière disparue, qui se tenait face à eux, sourire sardonique sur le visage, bras croisés et menton fier.

« Aël ! Tu es là ! »

Et, sans plus attendre, la blonde lui sauta dessus dans une étreinte amicale et rassurée, la rousse riant légèrement.

« Bien sûr que je suis là, on m'achève pas comme ça ma grande. »

Elle se dégagea doucement pour regarder Staz, et son expression changea subtilement en quelque chose de plus mystérieux, quoique toujours aussi amical.

« Et alors, Prince des Flaques, toi aussi t'es dur à achever. Tu sais qu'on pensait pas pouvoir récupérer notre Hiss intacte, elle devenait zinzin. »

Halya émergea de la grotte, joues rosies et grand sourire, pour venir près de sa rouquine. Elle avait radicalement changé de tête. Autant lorsqu'ils l'avaient laissée la un peu plus tôt, une angoisse noire se lisait sur ses traits, autant à présent, elle semblait rayonnante et chaleureuse, bien que ses yeux soient encore gonflés des larmes de soulagements qu'Hiss savait qu'elle avait versé. Cependant, tout comme dans le regard de la cime, demeurait une sorte de peur de perdre à nouveau son amie.
Callixte et Gallya sortirent du bosquet, les bras chargés de bois sec, tandis qu'Okha les rejoignait, le visage impassible, léger sourire sur les lèvres. Elle et Aël semblaient ne pas avoir dormi depuis une éternité, et outre la fatigue physique, un quelque chose chez elle trahissait ce qu'elles avaient vécu hors de la grotte. Peut être la tension qui ne s'était pas encore volatilisée de leur muscle, les rendant aussi sensibles que des fauves.

« Je crois qu'on a tous plein de choses à se raconter. »

C'était Callixte qui avait parlé, continuant d'installer le bois pour le feu de joie. Et il avait raison, évidemment. Les renards se ruèrent dans les jambes des amoureux, jappant doucement et jouant entre eux, tandis que leur famille n'était que soulagement, sourire et chaleur.

 


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